7 MOIS APRES LE PASSAGE DE CIAT, L'INSECURITE PERSISTE AU SUD KIVU: COMMUNICATION DE LA SOCIETE CIVILE BUREAU DE COORDINATION DU SUD KIVU DU 22 JUILLET 2005

01/01/1970 - 01:00

SOCIETE CIVILE DU SUD KIVU
BUREAU DE COORDINATION PROVINCIALE
BP. 43 BUKAVU Tél : 98 62 58 69
courriel : sociv_bureausk@yahoo.fr
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

« LE CIAT AU SUD-KIVU SEPT MOIS APRES LE PASSAGE DU CONSEIL DE SECURITE»

MEMORANDUM DE LA SOCIETE CIVILE DU SUD-KIVU A L’INTENTION DE LA DELEGATION DU CIAT

Excellences Mesdames et Messieurs membres du Comité International d’Accompagnement de la Transition,
La Société civile/Forces vives et toute la population du Sud-Kivu vous souhaitent la bienvenue dans notre Province.

Nous sommes réconfortés par votre arrivée en si forte délégation dans notre Province du Sud-Kivu et vous remercions grandement pour l’honneur et le privilège que vous nous accordez à travers cette tranche de temps nous imparti pour porter notre voix ; celle de notre population devant votre haute instance.

La population du Sud-Kivu à travers son mouvement associatif ici représentée par le Bureau de Coordination de la Société Civile saisi cette opportunité pour exprimer sa gratitude à l’endroit de Son Excellence le Secrétaire général des Nations Unies par le biais du CIAT pour les efforts menés en vue de l’aboutissement de notre transition.

Excellences Mesdames et Messieurs membres du Comité International d’Accompagnement de la Transition,

Il y a sept mois, exactement depuis Novembre 2004 que la Société civile du Sud-Kivu avait porté son pladoyer en 10 points au Conseil de sécurité des Nations unies avec ampliation au CIAT pour résumer les grandes préoccupations auxquelles nous souhaiterions avoir l’appui et l’assistance de tous ceux qui dans leurs attributions devraient nous aider.

Sans minimiser l’ampleur des progrès réalisés dans certaines questions y débattues, notre plaidoyer avait été focalisé sur les dix points ci-après :
• La paix et la sécurité chez-nous en RDCongo,
• De la cohabitation pacifique
• Des élections prochaines en RDCongo,
• Du débat sur la question de la Nationalité,
• Du développement économique et du combat contre la pauvreté,
• Des viols et violence faites à la femme congolaise,
• De la démobilisation, du désarmement et de la réinsertion,
• De la problématique des réfugiés dans la sous région,
• Du terrorisme africain naissant,
• De la MONUC.

Nous profitons donc de la présente opportunité pour rappeler les même doléances, évaluer quelques progrès réalisés et, exprimer notre sincère gratitude à la communauté Internationale pour les réalisés et relancer notre profonde préoccupation, celle de toute notre population entière en vue d’améliorer les ratés et faciliter l’avènement d’une paix véritable et durable dans notre Pays.

Excellences Mesdames et Messieurs membres du Comité International d’Accompagnement de la Transition nous voudrions devant votre auguste délégation revenir présentement sur certains d’entre ces points dont:

• L’insécurité persistante chez-nous en RDCongo et, particulièrement au Sud-Kivu
Par rapport à la paix et la sécurité comme premier terme de plaidoyer déposé au conseil de sécurité des Nations unies auquel allusion est faite ci haut; l’insécurité est persistante et toujours croissante du jour au lendemain ces derniers temps dans notre Province. De toute évidence, cette dernière est produite par des forces étrangères, des bandes armées rwandaises qui occupent voici une décennie l’intérieur de la Province et plus particulièrement les forêts difficilement accessibles et les endroits où le coltan, or, cassitérite et autres minerais sont exploités artisanalement et exportés par le Rwanda. D’autre part, cette insécurité s’avère également être entretenue et généralisée par les militaires congolais non payés en quête de survie sur les mêmes populations tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Ceci à travers des cas de brigandage, des barrières impromptues, des ravissements des effets de valeur sur la route tel les téléphones mobiles, les irruptions des personnes en uniformes dans les maisons des habitants nuitamment …
Des rapports à ce sujet abondent mais nous avons encore frais dans la mémoire l’assassinat à 8h30’ avant midi, à bout portant du gérant de l’entreprise MUYEYE par le Colonel Simba USENI de la 10ème Région militaire (composante RCD) après discussion sur le prix d’un pneu de voiture…

Derrière toute cette barbarie, la main du Rwanda n’est pas exclue. Car depuis l’annonce du retour de leurs compatriotes FDLR et Rasta, de l’autre coté de la frontière il s’est multiplié des actions pour décourager ce retour en radicalisant le Gacaca qui contraignît même l’évasion d’autres Hutu présents au Rwanda à fuir au Burundi en Uganda et en Tanzanie. Pour notre part comme nous avions déjà des mois plus tôt démontré la relation existante entre FDLR, Rasta d’avec leur Rwanda officieux, à partir de leur approvisionnement en arme, en logistiques et en débouchés des minerais exploités au Congo ; l’escalade de criminalité et des sauvageries observées ces derniers mois à Kaniola, Walungu, Nindja, et tout récemment à Mamba/Kalonge ne peuvent relever que de la même planification qui entrevoyait s’étendre jusque dans la ville de Bukavu au 30 juin dernier. Fort heureusement la société civile, les forces vives et le pouvoir public avaient pris des précautions utiles en vue de couper tout prétexte qui viserait la rupture de tout le processus et ouvrir ainsi au Rwanda l’alibi de solliciter le soutien de quelques pays favorables à la politique de la Balkanisation de la RDCongo pour continuer l’occupation d’une partie de la RDCongo aux fins d’agendas bien connus et indéfiniment fustigés par les amis d’une RD.Congo unie.

La matérialisation de cette planification est présentée dans l’opération dite « INZU MUNANIRA » dans le Nord et Sud-Kivu qui fut dénoncée en son temps mais qui malheureusement continue son cours d’application sous camouflage des rwandophones au Congo et dont les effets se lisent à travers les assassinats, les enlèvements, les viols les razzias, les rapts orchestrés continuellement contre la population du Sud-Kivu dans les milieux ruraux de Kabare, Walungu, Mwenga, Nindja, Kalonge et tout dernièrement à Kaziba …

Enfin, pendant que la paix en RDCongo constitue notre préoccupation majeure, il se fait que la hantise des nouvelle guerres se lie à travers les formations militaires de quelques congolais dans différents camps au Rwanda, les rencontres/réunions continuent à se tenir dans ce pays voisin avec comme finalité de redémarrer une nouvelle aventure guerrière dans cette partie de la RDCongo.

• Des élections prochaines en RDCongo,
« Avoir des élections libres démocratiques et transparentes d’ici 2005 pour se doter des dirigeants choisis sur base de leur efficacité et, un état crédible dans le concert des nations ; telle est la volonté du peuple congolais … » cfr mémo au Conseil de Sécurité des N.U
Telle est l’attente de toute notre population.
Maintenant que le report a été accordé pour un temps bien précis, il sied de s’y mettre pour ne plus les reporter une seconde fois au risque de conduire notre population à une exacerbation. La société Civile/forces vives avec toute la dynamique associative s’y est investie pour les avoir bonnes.
La Commission Electorale Indépendante est visiblement à pied d’oeuvre mais c’est la fin qui justifie les moyens et nous demandons de porter à profit ce temps pour baliser toutes les zones d’ombre encore existantes. Toutefois, l’enrôlement et l’identification à partir des documents tel le permis de conduire, la carte d’élève … ne pourra pas nous garantir l’orthodoxie de l’opération ni garantir l’efficacité face à la fraude pour autant que déjà à Kinshasa nous apprenons la légèreté avec laquelle la population s’y prend en créant ou en achetant en grand nombre ces documents en vue d’apprêter un électorat plus grand. Cette identification et enrôlement tel que défini par les textes pourra avoir une application plus difficile dans les provinces voisines du Rwanda et du Burundi où nous avions déjà dénoncé la politique des colonies de peuplement concocté par le Rwanda dans le Sud-Sud du Kivu et dans le Territoire de Kalehe et d’Idjwi. L’on se souviendra que pour les dernières élections du Rwanda, des congolais habitants cette île d’IDJWI avaient été amenés en masse au Rwanda par le RCD pour voter pour la Président Kagame. Il n’est donc pas impossible que sous cette forme d’enrôlement un débordement sorte de ce côté-là.

Enfin, la Société Civile/Forces vives milite pour une capacitation tous azimut pour amener notre population au choix d’un système électoral qui réponde au mieux à notre réalité et non qui réponde seulement à la volonté des partenaires financiers. Le découpage des circonscriptions électorales, l’identification et l’élaboration de notre système électoral constituent les priorités sur lesquelles on doit s’atteler continuellement.

• De la problématique des réfugiés dans la sous-région,
Nous avons longuement parlé de cette problématique et proposé des pistes de solution pour lesquelles nous constatons qu’il y a peu de réalisé. Des millions des réfugiés Congolais sont toujours éparpillés dans le monde dont le grand nombre est cantonné dans le camp de Kigoma en Tanzanie (150.000 personnes) depuis 1996. Le Territoire de Fizi est quasi vide et nécessite une attention particulière de la part de CIAT maintenant.

Cependant, nous attendions de tout cœur l’implication du UNHCR dans ce dossier des réfugiés dans les deux directions car on retrouve également la présence d’autres réfugiés Rwandais et Burundais cloisonnés et confondus aux interhamwe dans notre Province. Ceux-la de même que leurs compatriotes armés risquent de poser à la RDCongo un nouveau problème lié à ce qu’on appelle en droit le jus soli au regard du nombre d’années passées sur le sol Congolais.

• De la démobilisation, du désarmement et de la réinsertion,
« Le Processus DDR est pour la RDCongo une opération salutaire dans la mesure où il serait conséquent à la prise en charge et de l’individu, de sa communauté, mais aussi de son environnement. Cependant pour la société civile du Sud-Kivu il convient de tenir essentiellement sur une approche systémique,une stratégie appropriée et une implication significative de la Monuc. »
Sic dans notre plaidoyer auprès du Conseil de Sécurité des nations Unies.

Pour le Sud-Kivu, la dernière opération de DDR avec les démobilisés venus du Bas-Congo n’a pas été de nature à rassurer car le déversement des démobilisés dits enfants n’était rien d’autre que des adultes et leur non prise en charge est pour nous une source permanente d’insécurité car ces derniers déclaraient tout haut qu’ils étaient informés de la nouvelle guerre en perspective et qu’ils y seraient favorables.

• Du terrorisme africain naissant,
La Société Civile l’a toujours dit et a l’impression de ne pas être entendu face au terrorisme naissant dans la Sous-Région des Grands Lacs quand elle argumente comment le Rwanda recrute, forme, arme, finance un gang des terroristes constitué des officiers militaires dissidents de l’armée Congolaise et des repris de justice Congolaise. Si on en ne prend pas ce danger à juste titre tous les efforts seront toujours annihilés.

• De la MONUC.
La Société Civile du Sud-Kivu rappelle que depuis le passage du Conseil de Sécurité a plaidé pour la consolidation de l’esprit du mandat actuel de la MONUC renforcé par la Brigade Kivu, afin de lui doter d’une capacité lui permettant le recours à la force contre les bandes armées étrangères qui opèrent au Kivu, seul langage pouvant imposer le rapide départ du territoire Congolais des forces nuisibles à la sécurité de notre pays et celles des pays de leur origine.
Les dernières opérations conjointes MONUC-FARDC dans Walungu, Nindja, Kalonge donneraient plus de satisfaction à notre population si le mandat d’user de la force contre ces bandes armées lui était octroyé.

Excellences Mesdames et Messieurs membres du Comité International d’Accompagnement de la Transition, nous vous transmettons en annexe le mémorandum adressé au Conseil de Sécurité des Nations Unies et celui adressé à son Excellence le Chef de l’Etat pour les nos grandes recommandations qui restent toujours d’actualité.

Beni soit le Conseil de sécurité des Nations Unies,
Béni soit le CIAT
Béni soit la RDCongo

Nous vous remercions.

Fait à Bukavu le 22 juillet 2005
Pour la Société Civile du Sud-Kivu.
N° NOMS, Post -Noms ORGANISATION/ASSOCIATION
01 Emmanuel RUGARABURA Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu, Pdt Ff
02 Constantin CHARONDAGWA Bureau Coord. Société Civile du S-K, Composante Philanthropique.§ Caritative
03 Charles SADI Bureau Coord. Société Civile du S-K, Composante Jeunes
04 Rigobert LUHINZO Bureau Coord. Société Civile du S-K, Composante Jeunes
05 Mick MUTIKI KILUMBA Bureau Coord. Société Civile du S-K, Composante Culturelle et sportive
06 Patrick NYAMATOMWA AFCDI et APACE
07 KADALI AFRIKA ISFB
08 Athanase BARUTI UCOMADEC
09 Rév MBALO WILONDJA RHUD/Asbl
10 Joseph ASSANDA EMAC/FIZI
11 Bernard ZAGABE GRAPES/BAGIRA
12 Vendicien RUBONEKA GAM
13 Vincent MUDEKEREZA OCAD
14 Vital MUTABUNGA SOFADE
15 Georges KAROMO
16 KEIKA POLEPOLE GREDES
17 Salvator MUBALAMA AJPS/CODES
18 Chance MONGANE UPROSA
19 Chantal NAMUGURWA LIVAP
20 MUDERHWA KABWIKA CEDEVPYKI
21 J.P CHIRUHULA GRAM-KIVU
22 Céline KALUMUNA FFP
23 BABINGWA MULONDA ACP
24 Honorine KIZENDE APACE
25 Ghislain KASONGO DAUPHIN MUNZIHIRWA KATALIKO
26 Ghislain MUDERHWA MPP
27 David NGANIRWA,CAPD-asbl,Congolese Action for Peace and Democracy
Email:capdbkv2003@yahoo.fr, Phone: 002438410841909
28 BUTOCHIMA LUTA SIBU