QU'EN EST -IL DE LA TRANSITION EN RDC:

01/01/1970 - 01:00

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Ce samedi 13 mai 2006, la radio congolaise online Congonet Radio.com a intervieuwé l'auteur de l'article ci-dessous. Suivez l'échange en cliquant sur le site: Congonet Radio.com

LA TRANSITION A ECHOUE !!!

C’est un constat d’échec. Selon des observateurs, c’est le coordonnateur de l’équipe gouvernementale, Joseph Kabila, qui porte la lourde responsabilité de l’insuccès.

Après trois ans du gouvernement de transition, le printemps en RD Congo ne s’est pas levé. Le bilan est jugé globalement négatif, de l’avis général. Aucun des objectifs essentiels assignés à la transition n’a été atteint.

Il s’agissait de « la réunification, la pacification, la reconstruction du pays ; la restauration de l’intégrité territoriale et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ». Il s’agissait aussi de « la réconciliation nationale, la formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée, l’organisation d’élections libres et transparentes à tous les niveaux permettant la mise en place d’un régime constitutionnel démocratique ».

Enfin « la mise en place des structures devant aboutir à un nouvel ordre politique ».

Malgré un constat d’échec, ils sont nombreux les membres du gouvernement à briguer la magistrature suprême. Le président de la République, Joseph Kabila avait prononcé un discours programme en rapport avec ces objectifs de la transition.

C’était le 2 décembre 2003, devant les deux chambres réunies du parlement. Dans le domaine social, le chef de l’Etat s’engageait avec son gouvernement à mener les actions de « lutte contre la pauvreté d’une part, par l’exécution, à court terme, du document national des stratégies de lutte contre la pauvreté dont les principaux axes sont la paix et la bonne gouvernance, la stabilisation macro économique, la réhabilitation et la croissance « pro-pauvre » et l’appui à la dynamique communautaire, et d’autre part, par la recherche et la mobilisation des ressources au financement des actions recensées ».

Tous les indicateurs sociaux indiquent « C », comme catastrophe. « Joseph » affirmait avec force que les élections seront organisées « à l’échéance nous impartie par la Constitution ».

Et d’ajouter plus tard lors d’une conférence de presse « si à la date du 30 juin 2005 les élections ne sont pas organisées, la logique veut que nous démissionnions (ndrl : le président de la République et toutes les institutions de la transition) ».

Cette logique n’a pas été suivie d’effet. L’étonnement est grand au vu de la suite du programme gouvernemental : « la poursuite du programme de réhabilitation des écoles, hôpitaux, routes et unités de production d’eau et d’électricité », martelait Kabila. Rien de tout cela n’a été réalisé.

Que diront les fonctionnaires quand ils comparent leur situation d’aujourd’hui et les objectifs du gouvernement proclamés le 2 décembre 2003 ?

Le gouvernement visait « l’amélioration du cadre et des conditions de travail et de rémunération du personnel de l’Etat ». Sur le plan de la sécurité et de la défense nationale, le locataire du palais de la Nation affirmait « notre pays connaît aujourd’hui une forte circulation des armes à feu principalement dans ses parties est et nord ».

Des avis concordants des témoins, cette année, la situation s’est aggravée. La pacification du pays a été mise à mal particulièrement dans la partie orientale du pays qui n’a pas connu de répit, sans que le président de la République n’esquisse la moindre réaction. Des soldats en divagation, des miliciens armés et des bandits y sèment la désolation.

Dans toute impunité. Le général dissident Laurent Nkunda, campe en toute liberté quelque part au Kivu malgré un mandat d’arrêt du tribunal pénal international. Le pays compte des milliers des déplacés et des sous-alimentés, conséquence des conflits armés permanents, selon le PAM (Programme alimentaire mondial des Nations unies).

Dans certains endroits du territoire national qualifiés de « zone de non droit » par l’ONG Human Right Watch, le viol y est utilisé comme arme de destruction massive. Véritables cauchemars à grande échelle. Le 16 mai 2005, le successeur de Mze a reconnu implicitement l’échec de son gouvernement lorsqu’il a jugé « inefficace » son action et a voulu la « redynamiser » avec le concours des composantes et entités.

C’était lors de la présentation de la nouvelle Constitution. Par la suite, le CIAT (Comité international d’accompagnement de la transition) a accusé le gouvernement de « mauvaise gouvernance » et les membres dudit gouvernement de « corrompus », dans un communiqué énergique daté 25 novembre 2005 qui est tombé comme un couperet. Le vice président en charge de la commission politique, défense et sécurité, Azarias Ruberwa Manywa, candidat lui aussi à la présidence de la République, assiste en spectateur à tous les phénomènes d’insécurité (kata- kata, vol à main armé, crimes de tous genres, etc.).

Il a été pressé de toute part (organisations non gouvernementales de défense des droits humains, confessions religieuses, partis politiques, etc.) sans résultats tangibles. Le vice président chargé de l’économie et des finances, Jean-Pierre Bemba Gombo, également candidat président de la République, voit se détériorer, sans réaction de sa part, le tissu économico-social.

Pourtant depuis 2003, le Congo a reçu une assistance financière massive de la communauté internationale. Paradoxalement le vécu quotidien de la population ne s’est pas amélioré. Le rapport de la Cour de compte déplore la transgression de la loi financière et du règlement général sur la comptabilité du 2001 à 2004.

Il relève des dépassements importants dans la consommation des crédits pour certains services non prioritaires pour le développement du pays.

Par ailleurs, l’indiscipline dans la gestion a conduit le FMI à priver le pays de la dernière tranche au titre d’appui à la balance des paiements évaluée à 31,5 millions d’euros.

Le risque est grand de compromettre à l’avenir la relative stabilité des taux d’échange et des prix intérieurs. « A l’allure où vont les choses, je crains pour l’avenir immédiat », affirme une ménagère de Kananga, Monique Kashala. Le ministre de la Recherche Scientifique, Gérard Kamanda wa Kamanda, autre candidat à la magistrature suprême, a été très discret dans son ministère. Trois ans sont vite passés sans qu’il n’ait eu le temps de présenter un plan de travail.

Pourtant dans le domaine spécifique de la recherche scientifique, le gouvernement devait veiller à « élaborer une loi organique sur la recherche scientifique et réhabiliter les centres et institutions de recherche et financer la recherche fondamentale », annonçait avec pompe le chef de l’Etat dans son discours programme précité.

A la décharge du ministre Kamanda wa Kamanda, le budget de l’Etat 2005 par exemple, ne consacrait que 4,6% pour l’ensemble du secteur éducatif. Une part « anti-sociale », ont toujours protesté les syndicats. Mais n’empêche !

Pour sa part, le ministre de la Coopération régionale, Antipas Mbusa Namwisi qui convoite le fauteuil présidentiel, a participé à plusieurs conférences sur la paix, la sécurité et le développement dans la région.

Le pays attend toujours les retombées concrètes de ces activités. Même constat pour son collègue de la Solidarité et Affaires humanitaires, Catherine Nzuzi wa Mbombo, autre adversaire de Joseph Kabila dans la course.

Le bilan général est donc mauvais.
Selon des observateurs, c’est le coordonnateur de l’équipe gouvernementale, Joseph Kabila, qui porte la lourde responsabilité de l’échec. Le président candidat concentre l’essentiel du pouvoir. Il dispose de la banque d’émission, de la police, de l’administration et d’une milice personnelle appelée « garde républicaine ».

Ali KALONGA ( CongoIndependant.com )