CENADEP KISANGANI PLAIDE POUR UN DIAMNT DE DEVELOPPEMENT EN PROVINCE ORIENTALE RDC
ETUDE EXPLORATRICE SUR LE MODE DE VIE
DES CREUSEURS ET DES COMMUNAUTES LOCALES EN PROVINCE ORIENTALE
Par
Les Consultants CENADEP/Antenne Kisangani
Christophe LIPIPA
Ghislain LOKONDA
Assisté par
Eurydice BAFINI
Modeste LOMBOTO
Agents SAESSCAM/Antenne Kisangani
Avril 2007
TABLE DES MATIERES
Pages
Cartes de la Province Orientale 5
0. INTRODUCTION 6
0.1. PROBLEMATIQUE 6
0.2. HYPOTHESES 7
0.3. METHODOLOGIE 7
0.4. DIFFICULTES ET LIMITES DU TRAVAIL 8
0.4.1. Difficultés rencontrées 8
0.4.2. Limites du travail 9
0.5. SUBDIVISION DU TRAVAIL 10
CHAPITRE PREMIER : CONSIDERATIONS GENERALES 11
I.1. PRESENTATION DE LA PROVINCE ORIENTALE 11
I.1.1. Géographie de la Province Orientale 11
I.1.2. Espaces miniers et différents axes de provenance de diamant
dans la Province Orientale 12
I.2. DECOUVERTE DU DIAMANT EN PROVINCE ORIENTALE 13
I.3. LA LIBERALISATION DE L’EXPLOITATION
DES MATIERES PRECIEUSES 14
I.4. SORTES ET FINALITES DE LA PIERRE INDOMPTABLE 15
I.5. PARTIES PRENANTES 17
I.5.1. Les creuseurs 17
I.5.2. Les négociants 17
I.5.3. Les Responsables des Foyers Miniers (AFM) 17
I.5.4. Les femmes 17
I.5.5. Les fournisseurs 18
I.5.6. Les plongeurs 18
I.5.7. La population locale 18
I.5.8. Autorités politico administratives 18
CHAPITRE DEUXIEME : MODES DE VIE DES CREUSEURS ET DES
COMMUNAUTES LOCALES EN PROVINCE
ORIENTALE 19
II.1. DESCRIPTION DU MILIEU D’ETUDE 19
II.1.1. Banalia et le tronçon Amex bois 19
A. Banalia 19
A.1. Présentation géographique 19
A.2. Caractéristiques climatiques 20
A.3. Population 20
A.4. Activités de la population 20
B. Carrière Bogbolo 21
C. Carrière village Pumuzika 21
II.1.2. Bafwasende 21
A. Brève historique 21
B. Situation géographique 22
C. Caractéristiques climatiques 22
D. caractéristiques du sol 23
E. subdivision administrative du territoire de Bafwasende 23
II.2. ORGANISATION D’UNE CARRIERE 24
II.2.1. Structure dirigeante 25
II.2.2. Revenu d’une carrière 27
II.3. SITUATION DES FEMMES ET ENFANTS DANS LES CARRIERES 27
II.4. ACTIVITES DE CREUSAGE DE DIAMANT 29
II.4.1. Les différentes étapes de l’extraction de diamant 29
A. Méthode dite « Gecamines » 29
B. Méthode de barrage ou « Konge » 30
C. Méthode dite « Zamazama » ou « Zolozolo » 30
D. Méthode semi industrielle ( avec scaphandre) 31
II.5. CIRCUIT COMMERCIAL DE DIAMANT 31
II.5.1. Circuit formel 32
II.5.2. Circuit informel 33
II.6. CONDITIONS DE VIE DES CREUSEURS ET DES COMMUNAUTES
LOCALES EN PROVINCE ORIENTALE 34
II.7. CONSEQUENCES DE L’EXPLOITATION ARTISANALE
DE DIAMANT SUR LA COMMUNAUTE LOACALE ET CREUSEURS 41
II.7.1. Pour les communautés locales 41
II.7.2. Pour les creuseurs 43
CONCLUSION 44
BIBLIOGRAPHIE 50
ANNEXES
Carte de la Province Orientale.
0. INTRODUCTION
0.1. PROBLEMATIQUE
La République démocratique du Congo est un scandale géologique. Son sous-sol renferme presque toutes les variétés des matières premières.
Cette situation qui semblerait favorable, n’a pas contribué à l’amélioration des conditions de vie de la population Congolaise.
Les ressources naturelles d’un pays traduisent la puissance de ce pays. « La RDCongo en 2003, les exportations officielles de diamants étaient évaluées à 642 millions de dollars, une augmentation, en valeur, de 62,5 % par rapport à l’année précédente. » (1). Cette exploitation est dans sa grande partie de type artisanale.
Aussi vaudrait-il que ces ressources soient rationnellement exploitées et utilisées au profit de la communauté locale et nationale en priorité. Ce qui est loin d’être le cas en RDCongo. L’exploitation et la commercialisation de diamant profitent scandaleusement à une minorité de citoyen composée d’exploitant, vendeurs, commissionnaires, acheteurs, quelques autorités locales et bien sûr aux bailleurs de fonds étrangers, et cela au détriment du peuple qui croupit toujours dans la misère indescriptible caractérisée par une crise multidimensionnelle. Or, La Province Orientale réalise certaine performance, à titre illustratif, elle a produit et vendu dans sept ans (2000 à 2006) « 1.609.790,032 carats soit en termes d’argent 73.643.846,28 $ US, » (2)
A la lumière de ce qui précède, nous soulevons les interrogations ci-dessous :
- A qui profite l’exploitation artisanale de diamant en Province Orientale ?
- L’exploitation et la commercialisation de diamant contribuent-elles à stimuler
le développement économique et social de la province orientale ?
- Quelles sont les difficultés majeures des creuseurs pendant l’exploitation artisanale de diamant en Province Orientale ?
- Quels sont les impacts de l’implantation des carrières sur les modes de vie des communautés locales ?
0.2. HYPOTHESES
A ces interrogations, les hypothèses suivantes ont été émises, à savoir :
l’exploitation artisanale de diamant en province orientale profiterait aux autorités politico administrative, aux services spécialisés de l’Etat, aux négociants et aux acheteurs (expatrié) et les responsables des carrières.
l’exploitation et la commercialisation de diamant ne contribueraient pas à stimuler le développement économique et social de la province orientale.
les difficultés majeures des creuseurs pendant l’exploitation artisanale de diamant en province orientale seraient l’insuffisance des matériels appropriés du travail, la nutrition, le logement, mauvaises conditions d’hygiène et du travail.
les impacts de l’implantation des carrières de diamant sur les modes de vie des communautés locales seraient la paupérisation, le dépeuplement des villages, la baisse de production agricole, la déperdition scolaire, la dépravation des mœurs, etc.
0.3. METHODOLOGIE
En vue d’atteindre les objectifs de notre étude, nous avions utilisé les techniques documentaires, par questionnaire, d’interview semi-structuré et d’observation directe.
La technique documentaire, celle-ci nous a permis d’accéder dans les documents, entre autres les ouvrages, les travaux de fin d’étude, le code minier, les articles, les rapports de services spécialisés (Division des mines et centre d’évaluation d’expertise et certification des substances précieuses et semi-précieuses), etc.
- La technique d’observation directe, nous a aidé à identifier nos en quêtés sur le terrain et de voir réellement ce qu’ils font.
- La technique par questionnaire, nous a aidé d’administrer plus au moins 100 questions auprès nos enquêtés.
- La technique d’interview semi-structurée, nous a permis de pénétrer nos interlocuteurs. Elle a été utilisée pour recueillir des informations auprès de 303 enquêtés repartie dans les sept parties prenantes illustrées dans le tableau n°1 ci-après :
Tableau n°1 : Répartition de notre échantillonnage
Parties prenantes Nombre Observation
Autorités Politico administratives 6 4 Administrateurs du Territoire et 2 Chefs de secteur
Responsables des carrières 14
Creuseurs et Plongeurs 66 60 creuseurs et 6 plongeurs
Membres des communautés locales 90
Négociants 18
Femmes 60
Fournisseurs 49
TOTAL 303
Source : échantillon de nos enquêtes.
Ces différentes techniques nous ont permis de récolter les données.
Les techniques d’analyse de contenu et de quantification des données, nous ont permis de traiter et d’analyser les données.
0.4. DIFFICULTES ET LIMITES DU TRAVAIL
0.4.1. Difficultés rencontrées
Toute recherche n’a jamais été épargnée des difficultés, la notre n’a pas fait exception de cette réalité.
Les principales que nous avons connues sont :
- l’impraticabilité des tronçons routiers à partir de point kilométrique 164 au point kilométrique 262 (pour le territoire de bafwasende) et pour l’axe du territoire de Banalia de point kilométrique 171 (banalia – carrière Bogbolo).
- Très mauvais état des pistes d’accès dans des carrières qui nous ont contraint soit de parcourir de longues distances à pieds, soit à pousser nos motos ;
- L’indisponibilité de nos enquêtés, en l’occurrence les négociants, les fournisseurs, les creuseurs et les responsables des carrières qui étaient impatients de vaquer à leurs occupations respectives.
- Manque de sommes alloués pour la mise en » confiance » pendant l’organisation de focus group ;
- La réticence de nos enquêtés à nous livrer des informations utiles à notre enquêtés, nous suspectant d’être des agents de l’Etat ou de service de sécurité.
- Le délai consacré à notre étude était court par rapport à l’étendue de la recherche.
- La difficulté de trouver les documents liés à notre étude.
Pour contourner certaines parmi elles. Nous étions obligés de nous présenter, d’exhiber notre ordre de mission, d’expliquer à long et à large le bien fondé de notre étude. Aussi, nous avons procédez à la « mise en confiance » en leur offrant quelques articles en nature tels que, savons, sucrés, sel de cuisine, cigarettes, produits pharmaceutique etc.
0.4.2. Limites du Travail
Compte tenu de l’étendue de la Province Orientale et du délai nous est impartie, a poussé le CENADEP et le RRN/PO d’opter pour deux axes (Banalia et Bafwasende). Mais, néanmoins les réalités de vie des communautés locales et des creuseurs seraient semblables aux autres zones minières de la Province Orientale.
L’enquête proprement dite a commencé du 26 mars au 03 avril 2007.
0.5. SUBDIVISION DU TRAVAIL
La présente étude s’articule autour de deux chapitres à part l’introduction et la conclusion.
Le premier chapitre est consacré sur les considérations générales dans lesquelles nous allons parlé de la présentation de la Province Orientale, l’historique d’exploitation artisanale diamant en province orientale, de libéralisation de l’exploitation artisanale de diamant en RDCongo, de sortes et finalités de diamant et enfin des parties prenantes.
Le second chapitre axé sur les modes de vie des creuseurs et des communautés locales en Province Orientale dans lesquels, nous allons décrire le milieu d’étude, présenter l’organisation d’une carrière de diamant, parler sur la situation des femmes et enfants dans les carrières de diamant en province orientale, de l’activité de creusage de diamant, du circuit commercial de diamant, de conditions de vie des creuseurs et des communautés locales et enfin des conséquences d’exploitation artisanale de diamant sur les communautés locales et les creuseurs.
CHAPITRE PREMIER :
CONSIDERATIONS GENARALES
Ce chapitre « vernissage » théorique de notre étude est fractionné en plusieurs sections. La première présentera la province orientale, espace d’enquête, la deuxième va retracer l’historique du diamant en Province Orientale. La troisième, se penchera à la libéralisation de l’exploitation artisanale des matières précieuses. La quatrième, à l’utilisation du diamant. Et nous atterrirons avec sur les parties prenantes.
I.1. PRESENTATION DE LA PROVINCE ORIENTALE
I.1.1. Géographie de la Province Orientale
Située au Nord-Est du pays, la Province Orientale a une superficie de 503.446 Km2. Elle bien évidemment parmi les provinces les plus vastes du pays, la République Démocratique du Congo.
La Province Orientale est subdivisée en quatre districts avec un Chef lieu, la ville de Kisangani. Ces quatre districts sont :
- Le district de la Tshopo avec 197.657 Km2 ;
- Le district du Bas-Uélé avec 148.331 Km2 ;
- Le district de l’Ituri avec 68.658 Km2 ;
- Le district de Haut-Uélé avec 88.800 Km2.
Elle comporte en outre six centres urbains importants à savoir : Kisangani, Isiro, Buta, Bunia, Isangi et Aketi.
Elle est limitée au Nord par la République Centrafricaine et la République du Soudan, au Sud par les Provinces du Kasaï-Oriental et du Maniema. A l’Est par l’Ouganda et la Province du Nord Kivu et à l’Ouest par la province de l’Equateur.
La Province Orientale est à cheval sur l’équateur. C’est ainsi que le climat équatorial se localise dans la cuvette centrale dont la couverture végétale est la forêt dense. Ce climat tropical humide se localise de part et d’autre de l’équateur, c’est-à-dire au nord et au sud de la région et on trouve comme végétation des savanes boisées et herbeuses. On trouve à l’est un climat de montagne ou climat tropical d’altitude, le relief est dominé par la savane et les chaînes des monts bleus et monts hoyo.
Sur le plan hydrographique, il faut noter que la Province Orientale est entièrement situé dans le bassin hydrographique du fleuve Congo par ses affluents dont les plus connus sont Arwimi, la Lomami, l’Ituri, la Tshopo, La Ibamu, la Lindi et la Kibali.
I.1.2. Espaces miniers et différents axes de provenance de diamant dans
la Province Orientale
Bien entendu, sont considérées comme zones minières en République Démocratique du Congo et pour la Province Orientale :
- Toute l’étendue du District de l’Ituri ;
- Toute l’étendue du District du Haut-Uélé ;
- Le District de Bas-Uélé, territoire de Bondo et cité de Buta ;
- Le District de la Tshopo, territoire de Bafwasende, territoire de Banalia, territoire d’Opala, territoire d’Ubundu.
Le diamant de la Province Orientale sort effectivement à partir de plusieurs directions :
Axe Kisangani-Opala ;
Axe Kisangani-Buta ;
Axe Kisangani- Ubundu ;
Axe Kisangani-Bafwasende ;
Axe Kisangani-Lubutu.
Sur le fichier politique, la Constitution en vigueur en République Démocratique du Congo projette selon ses textes, un « compartimentage » de la Province Orientale en quatre parties ou exactement en quatre Provinces. Au fait les Districts d’aujourd’hui, vont devenir dans trois ans les Provinces. Bien évidemment, chaque District aura à gérer ses foyers miniers à lui. En effet, nous n’assisterons absolument pas à une véritable carence d’espaces miniers à administrer par ces futures provinces.
I.2. DECOUVERTE DU DIAMANT EN PROVINCE ORIENTALE
L’exploitation du diamant de la Province Orientale remonte depuis l’époque coloniale. En effet, les nombreuses reliques retrouvées en pleine forêt de la Province constituent en soi des preuves convaincantes. Le colonisateur bien entendu faisait extraire de façon clandestine le diamant sous divers prétextes (cultures pérennes, prospection, etc.).
Après l’indépendance, l’exploitation artisanale des matières précieuses et en singulièrement le diamant n’était pas autorisée comme à l’époque coloniale. Il fallait bien entendu « ménager » la patience pour assister en 1982 à la promulgation de la loi portant sur la libéralisation de l’exploitation artisanale des matières précieuse.
Toutefois la réalité sur le terrain n’était pas du tout « mécanique » car, la découverte du diamant en Province Orientale remonterait seulement en 1986. Plusieurs sons de cloche retracent cette genèse mais, le plus crédible peut être celui qui a précisé que le tout a commencé sur l’axe Kisangani-Buta précisément à 34 Km dans la carrière de maman Taly. Par après, cette extraction a été suivie à la même année de celle de la carrière dénommée « machine » au point kilométrique 36 toujours sur l’axe Kisangani-Buta.
La fortune et les bruits issus de ces carrières ont fait en sorte que les prospections et les découvertes se multiplient sur toute l’étendue de la Province Orientale au point que l’exploitation artisanale de diamant ait l’ampleur qu’elle a actuellement.
I.3. LA LIBERALISATION DE L’EXPLOITATION ARTISANALE DES
MATIERES PRECIEUSES
Dans son discours du 04 février 1980 sur la politique générale du pays, le Président de la République le feu Maréchal Mobutu émettait déjà les options fondamentales sur l’organisation du secteur minier. Quelques temps après l’ordonnance loi n° 81-03 du 02 avril 1981, matérialise ses options.
Pendant cette période certaines voies étaient déjà élevées pour la libéralisation de l’exploitation de certaines matières premières en l’occurrence le diamant et l’or. Ainsi, l’ordonnance loi n° 39 du 05 novembre 1982 va effectivement libéraliser le commerce de ces deux matières précieuses. Et TSHILOMBO WA NSHIMBA souligne : « le Conseil Exécutif a rendu publique la décision de libéralisation de la recherche, la détention, le transport et le commerce de l’or et du diamant d’exploitation artisanale … la libéralisation des matières précieuses s’inscrira dans l’histoire du Zaïre parmi les décisions à la fois politiques et économiques les plus importantes que le gouvernement ait prises depuis l’indépendance en 1960. » (1)
La libéralisation de l’exploitation artisanale des matières précieuses permet aussi d’exploiter les gisements de ces matières précieuses dans certaines contrées qui ne peuvent pas être extraire de manière industrielle étant donné les quantités minimes des matières qui s’y trouvent.
D’une part cette libéralisation avait pour but de faire bénéficier l’autochtone de la richesse de la richesse nationale et permettre aussi à l’Etat de créer une source des recettes publiques en dehors de celles existantes déjà. D’autre part, cette mesure lui procurerait directement l’entrée des devises.
Les données géologiques disponibles renseignent que toute la cuvette est couverte de nappes diamantifères. De ce fait, le diamant peut constituer une matière imposable importante pour le pays et financer largement les dépenses publiques.
Le souci du législateur, en libéralisant cette activité était celui de permettre aux nationaux qui ne disposent pas d’importants moyens financiers de se livrer à l’activité minière et de jouir également de la richesse du sous-sol dans les stricts respects de la loi.
L’exploitation artisanale des matières précieuses et le diamant en particulier n’a pas seulement produit des effets positifs mais, a conduit aussi à certains « déraillement », « trop souvent en effet la libéralisation est appréciée dans les propos officiels presque exclusivement en termes de bénéfices qu’en tire la trésorerie publique. Rarement l’accent est mis sur ses méfaits ou « effets secondaires » comme dirait un pharmacien ; encore moins envisage-t-on sérieusement d’y remédier, or la situation est de plus graves dans les zones diamantifères et aurifères ». (1)
I.4. SORTES ET FINALITES DE LA PIERRE INDOMPTABLE
D’une manière générale, on regroupe deux principales sortes de diamant. Il s’agit de diamant industriel et de diamant de joaillerie.
• Le diamant industriel, à cause de sa dureté plus élevée des minerais, ce diamant a une seule qualité : son usage dans la fabrication des matériels ou appareils les plus denses possibles. Exemple, scie à couper les métaux ou verre. On trouve cette qualité à Mbuyi-Mayi.
• Le diamant de joaillerie, ce diamant aussi dur, est très brillant et utilisé dans les bijouteries pour les objets ou appareils de luxe et brillantes. Ce diamant présente beaucoup de configurations : rond, taille, plat, losange, etc.
Le diamant de joaillerie est celui exploité dans la Province Orientale. Son prix est bien évidemment lié à la qualité.
Quatre éléments entrent en jeu pour mieux faire le choix d’une belle pièce de diamant :
• La taille ;
• La couleur ;
• La pureté ;
• Le Poids.
Henri Jean SCHUBNEL (1) nous aide à comprendre plus au moins en détails la réalité diamant et ses différentes utilisations. En effet, pour être de première qualité, le diamant de joaillerie doit être parfaitement incolore et pur à la loupe, la présence d’inclusions et de particularités de cristallisation trop visibles (glaces, carpeaux, ligne de mâle, givres, cristaux étrangers, etc.) lui retirera beaucoup de sa valeur, ainsi que des teintes jaunâtres ou brunâtres. Les jolies teintes roses, bleu, jaune d’or (jonquille), vert vif, etc. augmentent par contre sa valeur lorsqu’elles sont homogènes.
Le diamant se taille de diverses façons : à facettes en « rose » avec un dessous plat, en forme de « baquette », en « taille à degré » ou « taille émeraude », en « navette », en « poire » ; la taille la plus utilisé étant la taille en « brillant » rond constitué d’une table entourée de 32 facettes sur le dessus et de 24 facettes sur le dessous, soit57 facettes qui portent au maximum les scintillements colorés quid font le charme et la beauté de cette éclatante pierre précieuse. L’unité de poids du diamant est le carat métrique, qui équivaut à deux cents milligrammes (5 carats = 1 gramme).
La consommation du diamant par l’industrie sidérurgique avoisine 7 carats pour 100 tonnes d’acier. Ses usages sont variés : outils de tour, aléseurs, forets, couronnes de sondages, scies diamantées, dresse-meules, fraises de dentiste. Indispensables à l’industrie, les 50 millions de carats produits annuellement doivent être complétés par la même fabriquée par la synthèse pour répondre à une demande sans cesse croissante. En janvier 1982, 400 tonnes de diamants naturels auraient été extraites des mines depuis le début des exploitations, soit 2 millions de carats.
I.5. PARTIES PRENANTES
I.5.1. Les creuseurs
Le creuseurs est une personne physique qui « pioche » dans les zones minières et en particulier dans les espaces diamantifères avec les matérielles rudimentaires.
I.5.2. Négociant
Le négociant est toute personne qui détient une carte dite de négociant, octroyée par la Division des Mines et Géologie. De ce fait, elle est autorisée d’ouvrir une maison d’achat de diamant et organiser les achats au sein de ladite maison et voir même en dehors de celle-ci (sites d’exploitation, etc.) auprès des creuseurs et bien entendu le revendre aux acheteurs des comptoirs.
Ces derniers (acheteurs) sont des détenteurs de comptoirs d’achat de diamant et sont autorisés de vendre leurs colis à l’étranger après évaluation, expertise et certification par le Centre National d’Evaluation, d’Expertise et de Certification des Matières Minérales (CEEC en sigle).
I.5.3. Responsables des Foyers Miniers
Le responsable du foyer minier est une personne physique, propriétaire d’une carrière d’exploitation artisanale pour le cas d’espèce de diamant. Il détient un permis d’exploitation délivré par la Division des Mines et Géologie.
I.5.4. Les Femmes
Une femme est un être humain du sexe féminin qui peut mettre au monde des enfant. Le plus souvent, elle est chargée de faire le ménage dans une maison.
Dans le cadre de notre étude, elle exécute plusieurs tâches quotidiennes liées à la survie de sa communauté.
Néanmoins, il y a certaines qui s’égarent de la mission noble qui leur sont reconnues par la société et se donnent à la prostitution.
I.5.5. Fournisseurs
Le fournisseur est une personne qui approvisionne les communautés locales et les carrières en produits de première nécessité et certains produits manufacturés.
I.5.6 Les Plongeurs
Il en existe deux réalités dans le contexte de notre recherche :
• Le ZOLOZOLO ou ZAMAZAMA, est un plongeur qui n’utilise aucun matériel de protection pendant l’exploitation ou la quête du diamant dans un cours d’eau.
• Le scaphandrier est un plongeur équipé des matériels de protection au moment de l’exploitation des matières précieuses et le diamant en particulier.
I.5.7. La Population Locale
La population locale est une communauté des personnes qui vit plus au moins aux périmètres les plus proches de l’exploitation artisanale de diamant.
I.5.7. Autorité Politico-Administratives
C’est une personnalité mandatée par le pouvoir central (gouvernement) pour gérer et administrer la cité. Par conséquent, elle assure la sécurité des personnes et de leurs biens, règlemente la vie sociale par l’application de la loi.
CHAPITRE DEUXIEME :
MODES DE VIE DES REUSEURS ET DES COMMUNAUTES LOCALES
EN PROVINCES ORIENTALE
Dans ce chapitre, il sera question de décrire le milieu d’études, l’organisation des carrières, la réalité des questions femmes et enfants dans une carrière d’exploitation artisanale de diamant, de circuit commercial de diamant des conditions de vie des creuseurs et des communautés locales et enfin les conséquences de l’exploitation artisanale de diamant sur la communauté locale.
II.1. DESCRIPTION DU MILIEU D’ETUDE
II.1.1. BANALIA ET TRONCON AMEX BOIS
A. BANALIA
A.1. Présentation géographique
Avec une superficie de 23.430 km2, le territoire de Banalia est l’un de sept territoires que compte le district de la Tshopo dans la province orientale. Son chef lieu qui porte le même nom (Banalia) est situé 128 Km de la ville de Kisangani sur la nouvelle route Buta.
Le territoire de Banalia est borné à l’Est par le territoire de bafwasende, à l’Ouest par les territoire de basoko, Isangi, au Sud par la ville de Kisangani et au Nord par le territoire de Buta (District de Bas-Uélé).
En tant qu’une Entité Administrative, il est subdivisé en cinq collectivités dont quatre secteurs à savoir, la collectivité de Popoy, Banalia, bamanga, les Babua de kole et une chefferie (baboro).
A.2. Caractéristiques climatiques
Le territoire de Banalia est situé à l’équateur avec comme conséquences : abondance de pluies et présence d’une forêt équatoriale extrêmement dense et regorgent diverses espèces d’arbres et d’animaux.
Il est drainé à l’ouest par deux grandes rivières :
- La lindi située aux kilomètres 36 de Kisangani ;
- L’aruwimi qui traverse le chef lieu du territoire, elle reçoit beaucoup d’affluents avant de se jeter au fleuve Congo.
A.3. Population
Le Territoire de Banalia a un effectif de 102.511 habitants, Selon les autorités de Banalia.
Lors de notre enquête, les données statistiques de démographie relatives à ce territoire depuis l’exercice 1985, jusqu’à nos jours (2007), n’ont pas été à notre possession suite aux pillages enregistrées au sein du territoire.
A.4. Activités de la population
L’agriculture est l’une des activités principales de la population de Banalia. La grande majorité de cette population fait le champ. Cette activité intervient une fois par an et cela pendante les mois de décembre et janvier. Après avoir cultivé, la population s’occupe d’autres activités en attendant la récolte. Les cultures qui relèvent de l’agriculture soient entre autres, le manioc, la banane, le riz, le maïs et tant d’autres. Il y a de fois où la population pratique la pêche de différentes sortes de poissons dans la rivière aruwimi et dans les petits ruisseaux.
La chasse fait aussi partie des activités principales de la population de Banalia. Avant l’exploitation artisanale de diamant, la population vivent des produits de la chasse.
Depuis la découverte de diamant dans ce territoire, les autres domaines de la vie semblent être négligés. C’est ainsi que nous constatons que beaucoup de denrées alimentaires proviennent de Kisangani.
Le transport dans ce territoire de Banalia est presque inexistant. Les grandes routes ayant existées à l’époque coloniale ne sont plus que de nom. Actuellement, la seule route qui permet l’accès des véhicules, des vélos et motos est la route Kisangani-Buta, mais cela avec beaucoup de difficultés suite à l’état avancé de dégradation.
B. CARRIERE BOGBOLO
C’est une carrière située sur la route Panga, elle se trouve à 43 Km de Banalia en entrant à partir de 27 Km (village ALOLO) route Panga et vous enfoncer de 16 Km dans la forêt du côté gauche pour arriver. C’est dans ladite carrière qu’on a obtenu une pierre de diamant ayant une valeur de 140 carats au cours de cette année 2007. La carrière a une capacité de plus au moins 5000 personnes.
C. CARRIERE VILLAGE PUMUZIKA
Pumuzika, est un village situé à 86 Km de la ville de Kisangani route Amex bois, via route kisangani-banalia. Ce village est entouré des carrières de diamant dont Alabanda, Azunu, Ngeno I, Ngeno II, Ngeno III, Ngeno IV.
Actuellement, seule la carrière Ngeno II est à exploitation, les gens partent travailler et revenir au village en question.
II.1.2. BAFWASENDE
A. brève aperçu historique
L’histoire du territoire de bafwasende remonte avant l’époque coloniale. Ce territoire compte deux collectivités appelées respectivement Bakundumu et Bekeni kondolole ; à cette époque, on l’appellait Bamubi-babali.
B. Situation géographique
Le territoire de Bafwasende situé dans la province orientale, district de la tshopo à 262 km de la ville de Kisangani avec une superficie 48.482 Km2.
Le territoire de Bafwasende est limité :
- Au Nord, par le territoire de Poko et les rivières L’Epoko et Aruwimi
- Au Sud, territoire de Walikale, la rivière Mombayo étant la limite naturelle
- A l’Est, territoire de mambasa, la limite naturelle la rivière Ituri
- A l’Ouest, territoire d’Ubundu et cla ville de Kisangani.
- Au Sud-est territoire d’Ubundu et Lubutu
- Au Sud-Ouest teritoire d’Ubundu et Lubutu.
En outre certains cours d’eau traversent le territoire de Bafwasende à savoir :
- la rivière Itruri
- la rivière lindi
- la rivière tshopo
- les rivières loyo et lobilo.
Ces cours d’eau contiennent plusieurs espèces de poissons et reptiles dont les crocodiles, les caïmans, les hippopotames.
C. Caractéristique climatique de Bafwasende
Le territoire de bafwasende jouit d’un climat équatorial de type continental appartenant selon la classification de kopeen autour de 25oc. Ses précipitations sont reparties à deux saisons : la saison des pluies et la saison sèche.
D. Caractéristique du sol
Le sol de bafwasende est du type ferralitique, sa teneur humus et faible à cause de la décomposition rapide des matières organiques dues à l’intensité de l’activité biologique.
Le territoire de bafwasende présente trois qualités de sol :
- le sol argilo-sablonneux
- le sol soblono-argileux
- le sol argileux
E. Subdivision administrative du territoire de Bafwasende
Le territoire de bafwasende est une Entité Administrative Décentralisées comprenant six collectivités, 34 groupements, 407 localités. La population de cette entité est d’environ 94.080 habitants d’après le recensement de l’exercice 1994, avec une superficie 48.482 Km2.
Le six collectivités sont à savoir : Bakundulu, bemeli, bafwandaka, bekeni, Kondolo, Bakumbi et bakumu d’Angumu.
Bafwasende chef lieu du territoire partant le même nom. Situé à 162 Km de la ville de Kisangani ; abrite le bâtiment administratif en délabrement comprenant les services divers de l’Etat dont l’antenne de mines et géologique. Il est arrosé dans sa partie Sud par la rivière Lindi et entouré de plusieurs ruisseaux dont mangada kenge, …. C’est un centre important de négoce, Le cité de bafwasende dispose d’un réseau téléphonique « Vodacom, » nous mais ne dispose aucun institut supérieur et pas même d’écoles des métiers.
Outre le centre de bafwasende et les trois carrières, nous avons aussi mené nos enquêtes dans les villages ci-après :
Village Angasede : est situé à 7 km de bafwasende centre jadis unique centre agricole avec une école agricole la plus réputée où on formait les moniteurs agricole.
Village bafaluzi : il est localisé de 10 km de bafwasende, c’est là où réside le chef de groupement Bakundumu.
Village Besibe : situé à 12 km de bafwasende et à 2 km de la rivière lindi, constitue ainsi le passage obligé pour atteindre les carrières.
Les trois dans lesquelles nous avons mené nos investigations sont :
Carrière « Don de Dieu » : elle est située à 17 km dans la forêt à plus au moins 2 km de la rivière lindi soit 30 à 40 minutes de marche à pieds. Cette carrière a une capacité de plus au moins 300 personne et disposants 7 latrines, pas de source d’eau potable.
On dénombre 50 creuseurs dont la majorité extrait le diamant dans la rivière Akwende qui arrose cette Carrière.
Carrière « Ceci-cela » : elle est située au point kilométrique 25 de bafwasende. Elle est à une capacité d’accueil de 200 personnes dont la moitié des occupent sont des creuseurs.
Carrière « vie nouvelle » : elle est la plus éloignées des carrières visitées se trouvent à 30 km de bafwasende. Jadis, elle accueillait plus de 700 personnes et actuellement, elle est compte 250 personnes à cause de diverses tracasseries et insécurité.
II.2. ORGANISATION D’UNE CARRIERE
Lorsqu’une personne découvre à partir de quelques indices la présence de diamant dans un terrain, elle ne peut rien faire sans l’accord du responsable du terrain et du service des mines.
Lorsqu’une personne découvre à partir de quelques indices la présence de diamant dans un terrain, elle ne peut rien faire sans l’accord du responsable du terrain et du service des mines.
Le responsable de la carrière doit être un fils natif du village où on a découvert le diamant, qu’il soit ailleurs ou sur place au village. Il trouvera le service des mines qui lui accordera un document lui permettant d’exploiter le diamant.
Il sera enregistré et reconnu à la direction provinciale des mines comme exploitant minier. Mais, le document accordé par le service des mines ne constitue pas un titre minier qu’il devra s’acquérir plus tard. C’est un document purement local. Dés qu’il est en possession de ce document, il descend sur le terrain. Il pourra en ce moment là établir son règlement d’ordre intérieur qui sera sanctionné et approuvé par le service des mines.
II.2.1. Structure dirigeante
La gestion et l’administration d’une carrière sont assurées par un comité composé des membres choisis par le propriétaire de la carrière, ce comité est présenté de la manière suivante :
• AFM (Administrateur du Foyer Minier)
Souvent on l’appelle encadreur. C’est le propriétaire de la carrière, il coordonne toutes les activités et oriente toutes les actions d’autres services. Il a le « droit de veto », cela revient à dire qu’il est vêtu de tout pouvoir.
• Le Président Directeur Général (PDG)
Celui-ci centralise les rapports provenant de la direction (encadreur). Il est le chef de tous les départements existant dans l’organisation. I
