L'ATELIER NATIONAL SUR LES RESSOURCES NATURELLES ET LE DEVELOPPEMENT PROVINCIAL EN RDC : PARTICIPATION ET GESTION RESPONSABLE
Les recommandations de l’atelier national sur « les ressources naturelles et le développement provincial en RDC : gestion et participation ».
Sous le haut patronage du Gouverneur de la Province Orientale, le CENADEP a organisé un atelier national à Kisangani dans la salle du Centre d’Accueil la Vanille du 14 au 16 janvier 2009 auquel ont participé les délégués de la société civile de la Province Orientale, des Provinces du Maniema, Nord Kivu et Sud Kivu, mais aussi des responsables des institutions publiques de Kisangani notamment, de l’Assemblée Provinciale, des Ministères provinciaux des Mines et de l’Environnement, le SAESSCAM , le CEEC, les Médias, les Confessions religieuses ainsi que des comités et pré coopératives d’exploitants artisanaux……
Les participants ont réfléchi en s’appuyant sur le Code Minier, le Code Forestier, et le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement de la Région des Grands Lacs, sur la problématique de l’exploitation des ressources naturelles dans les provinces de la RDC et son impact sur le développement durable.
Après avoir fait un diagnostic sévère décelant les goulots d’étranglements et leur impact négatif sur l’exploitation des ressources naturelles des provinces de la RDC, les participants ont souligné clairement le paradoxe d’une grande pauvreté des communautés locales alors que les ressources naturelles (minières, forestières…) sont abondantes. Pour transformer l’exploitation des ressources naturelles en richesses pour la population, les participants à cet atelier ont formulé les recommandations suivantes :
Aux Gouvernements national et provinciaux
- Adopter une politique claire sur l’exploitation des ressources naturelles dans un plan intégré de développement provincial ;
- Contraindre les entreprises à respecter leurs responsabilités sociales (RSE)
- Appuyer le fonctionnement et renforcer les capacités de l’administration forestière et minières et doter l’administration des outils adéquats de travail ;
- Sécuriser les exploitants locaux en assainissant les sites d’exploitation minière par la réduction du nombre de services publics intervenant dans les lieux d’exploitation artisanale ;
- Interdire la présence incontrôlée des militaires, des policiers et autres agents de sécurité et la présence des milices d’origine nationale ou étrangère dans les sites miniers et leur implication dans la transaction des ressources naturelles ;
- Lutter contre la corruption en sanctionnant sévèrement les magouilles dans l’administration locale qui réduisent drastiquement les recettes fiscales et découragent les exploitants ;
- Veiller à l’application des textes légaux et réglementaires ;
- Etablir une carte minière actualisée des provinces ;
- Identifier les exploitants locaux ;
- Pacifier entièrement toutes les provinces du pays en neutralisant les groupes armés qui opèrent dans les carrés miniers et les forets, en enlevant les barrières sur les routes secondaires.
A la société civile
- Appuyer la structuration des creuseurs artisanaux en coopératives, et en comités locaux de développement orientés vers l’amélioration des conditions des vies des communautés et au développement des villages et centres ;
- Renforcer les capacités des communautés locales sur la connaissance de la valeur des ressources de leur milieu notamment sur l’expertise et la commercialisation du diamant, de l’or, du coltan et autres substances minérales précieuses et semi-précieuses ;
- assurer une éducation permanente sur les droits humains et obligations civiques.
- Sensibiliser les populations et communautés locales à entreprendre des initiatives économiques permettant d’améliorer leur niveau de vie ;
- Accompagner l’encadrement psycho sociale des victimes de viols et des violences sexuelles dans les carrières minières, et exiger la sanction contre les coupables ;
- Former et sensibiliser les communautés locales sur les ISTet le VIh/sida ;
- Soutenir l’élaboration des plans d’action de développement élaboré de manière et appuyer financièrement et techniquement les initiatives des coopératives et comités locaux de développement.
Aux exploitants
- Adopter et encourager la politique de transformation et de valorisation des matières premières localement afin de créer des emplois aux jeunes et encourager la consommation de la production locale ;
- Exécuter les cahiers de charge signés conjointement avec les communautés locales et s’engager à réaliser la RSE ;
- Respecter les lois nationales et internationales concernant l’exploitation des ressources naturelles.
Fait à Kisangani, le 16 janvier 2009.
