PLAIDOYER AUPRES DES OPERATEURS JUDICIAIRES DU KASAI-OCCIDENTAL POUR OBTENIR AMENAGEMENT DANS LA DETENTION DE LA FEMME

Les opérateurs judiciaires de notre province ne s’apitoient guère de la situation de la femme. Cela se traduit par des gardes à vue, détention et condamnation des femmes à des peines de prison ferme. Les opérateurs n’ont aucun souci de sauvegarder des valeurs universelles considérant par exemple que la femme , qui donne la vie, est un être vulnérable .

Mariée ou célibataire, enceinte ou non, avec ou sans nourrisson , une femme faisant l’objet d’une plainte peut être soit gardée à vue, soit mise sous mandat d’arrêt provisoire sans que l’opérateur judiciaire, maître de la décision ne se tourmente sur ce qui peut être le sort de la femme détenue.

Dans la plupart des cas, la femme détenue subit maintes violences de la part de son gardien (policier de garde, OPJ, gardien de la prison, surveillant, etc.) allant jusqu’au viol, harcèlement sexuel, tortures, etc. Mais pour des raisons de pudeur, de crainte de rupture de mariage, de considération dans la communauté…, la femme préfère se taire.

Il faut stigmatiser que la détention d’une femme mariée crée non seulement une rupture familiale qui amène souvent les enfants à la délinquance juvénile, à aller dans la rue, à se prostituer, à se faire enfant de la rue ,mais aussi la rupture d’un mariage en cas de viol constaté par le mari avec tout ce que cela emporte comme conséquences néfastes . En effet, l’arrestation d’une femme enceinte peut entraîner l’avortement à cause des infections dues au manque d’hygiène adéquate . Cette arrestation peut également constituer une source des maladies pour les nourrissons, qui ne pourraient pas supporter les conditions souvent malsaines de nos lieux de détention.

Loin de rétablir l’ordre public troublé, pareil comportement des opérateurs judiciaires détruit notre société à petit feu, lorsqu’on sait que bon nombre des ménages de notre province sont soutenus par des femmes.

Plaise aux opérateurs judiciaires de la province du Kasaï-occidental de respecter les conditions légales, d’avoir en tête que l’arrestation de toute personne constitue une exception, la liberté étant la règle, surtout de reconnaître que la femme est une personne vulnérable qui doit être protégée par la société à l’instar des enfants ; en conséquence d’éviter de la sacrifier en la gardant sans raison à vue ou en la mettant en détention ou en la condamnant à une peine ferme si n’est que pour des faits manifestement très graves

APDFE(Action pour la Protection des Droits de la Femme et de l’Enfant)