les OPJ du Commissariat Urbain Lukunga appelés à faire respecter les droits de l'homme et les mesures barrières à Kinshasa

Les Officiers de Police Judiciaire (OPJ) des communes de la Gombe, Kinshasa, Barumbu sont appelés à faire respecter les droits de l’homme de manière stricte pour ne pas commettre les violations de ces droits et aussi à faire observer les mesures barrières édictées par les autorités dans leurs milieux de travail en cette période de la pandémie du Covid-19 qui sévit dans le pays.
Cet appel a été lancé samedi 11 juillet , au cours de la Journée de sensibilisation de ces auxiliaires de justice sur les questions des droits de l’homme, de la participation citoyenne et de la mise en place des mécanismes d’alerte de protection liés au Covid-19 organisée par l’ONG » Action Contre les Violations des Droits des Personnes Vulnérables (ACVDP), en partenariat avec le Centre Carter, à travers son programme » Maison des Droits de l’Homme( MDD) ».
Me Jean-Paul Makwela qui a animé cette journée de sensibilisation, s’est longuement entretenu avec les participants sur les questions liées aux droits de l’homme et à la campagne de participation citoyenne en cette période de Covid-19.
Responsable de l’Association de Défense des Droits de l’homme : » Secours aux Détenus ( ADSAD) », il a rappelé que les OPJ qui sont les yeux, les oreilles et les bras du Ministère public dans leurs activités, doivent faire respecter de manière stricte les droits de l’homme et aussi faire observer les mesures barrières telles que recommandent les autorités et la structure de riposte.
L’orateur a insisté sur le respect des droits de l’homme en cette période particulière de la pandémie du Covid-19.
« Un OPJ est celui qui fait respecter les droits de l’homme, participe à la sensibilisation et à la protection des droits de l’homme à travers ses procès-verbaux d’audition », a dit Me Makwela.
Il a, dans son intervention magistrale, fait savoir aux participants que la philosophie des droits de l’homme tire son essence du grand penseur Confucius qui déclara : « Ce que tu ne veux pas qu’on te fasse , ne fais pas à l’autre ». C’est la règle d’or des droits de l’homme, a-t-il dit, avant de définir les droits de l’homme comme un ensemble des droits inaliénables de tous les êtres humains sans distinction aucune.
Me Makwela a parlé des sources des droits de l’homme ( conventions internationales, pactes internationaux, traités et autres instruments, lois, constitution, déclarations, résolutions entre États) ; des attributs des droits de l’homme ( inaliénables, indivisibles, universels); les catégories des libertés publiques ( individuelles et collectives) et les mécanismes.
Par ailleurs, l’orateur a évoqué les douze (12) droits de la personne à protéger expliquant notamment aux OPJ le droit d’informer de façon immédiate la personne arrêtée des motifs de son arrestation dans la langue qu’elle comprend.
En cette période de la pandémie du Covid-19, Me Jean-Paul Makwela a réitéré l’appel aux OPJ à faire respecter les mesures barrières notamment la distanciation sociale, le port des masques, le lavage des mains dans leur milieu de travail.
Img 20200711 Wa0038
Il les a aussi invité à un engagement citoyen par une franche collaboration avec la population.
Auparavant, le commissaire supérieur Musangu, expert au Comité de Suivi de la Réforme de la Police (CSRP), avait salué l’initiative de l’ONG avant de parler de la réforme initiée au niveau de la police visant comme objectif de rétablir le dialogue rompu entre les services de sécurité et la population.
Il a souligné que la sécurité est au centre de tout développement car sans elle , on ne peut espérer à un quelconque développement.
Il a rappelé la mission régalienne de la police qui est celle d’assurer la protection des personnes et de leurs biens, faisant savoir que police est un service à rendre à la population.
En cette période de Covid-19 où la sécurité sanitaire de la population est menacée, la police est appelée à intervenir en jouant véritablement son rôle.
De son côté, Me Sese, Point focal du Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et de Justice (RRSSJ), avait rappelé aux participants le concept de la police de proximité, à savoir : 3P: Proximité-Partenariat- Prévention et 3R: Redevabilité- Résolution et Respect des droits de l’homme avant de parler de dix règles d’or de la PNC.
Outre ces interventions, il s’en est suivi d’un échange riche où les participants ont été éclairés sur certaines questions liées dans l’exercice de leur travail.
Pour sa part, le président de l’ACVDP, Crispin Kobolongo, a remercié les participants avant de les inviter en cette période de la pandémie, à éviter la stigmatisation et surtout à faire respecter les mesures barrières pour lutter contre l’expansion de la pandémie. A cette occasion, des documents et autres outils ont été distribués aux participants.
Notons que cette activité s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la deuxième et dernière phase du projet de sensibilisation pour une meilleure protection des droits de l’homme et participation citoyenne que mène cette organisation du 10 juin au 25 juillet 2020, dans les districts de Mont-Amba, Lukunga et Tshangu.
Une Tribune d’expression populaire est prévue le mardi 14 juillet 2020, à la maison communale de Kinsenso suivie d’une autre à la maison communale de Ndjili.