OBSERVATOIRE DES CONFLITS AU SUD-KIVU : Conflits observés au mois de mars 2003.
CONSEIL POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION
COPARE
Tél : (00243) 98674420
E-mail : coparec@yahoo.fr
B.P. 124 Cyangugu. Rwanda
B.P. 2567 BUKAVU, RD CONGO
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OBSERVATOIRE DES CONFLITS AU SUD-KIVU
Rapport de mars 2003.
COPARE / Bureau de Coordination
Réalisé grâce à l'appui financier de la Commission Européenne.
L'observatoire des conflits est un projet du COPARE (Conseil pour la Paix et la Réconciliation) qui s'intéresse à assurer le suivi et l'analyse scrupuleux des conflits qui sévissent dans la province du Sud-Kivu, à l'Est de la République Démocratique du Congo.
La finalité de cet observatoire est de prévenir les conflits et d'encourager les efforts de paix dans les coins et recoins de la province du Sud-Kivu.
Y parvenir nécessite l'atteinte des objectifs ci-après :
- recueillir les données et les informations sur les conflits ;
- analyser ces éléments (données et informations) sur les conflits;
- vulgariser et alerter l'opinion sur les conflits en vue de leur transformation constructive.
Cet observatoire étend ses activités sur l'ensemble de la province du Sud-Kivu et dans les territoires qui lui sont périphériques, à savoir la sous région des Grands Lacs de l'Est africain.
Quant à son fonctionnement, le COPARE abrite le bureau central et les micro-observatoires correspondent aux associations de paix ciblées dans la province, qualifiées de "Foyers de paix".
Les micro-observatoires facilitent la collecte des données sur le terrain qu'ils transmettent au bureau central de l'observatoire pour traitement, analyse et diffusion sous forme de rapport. L'observatoire doit, en plus s'occuper d'un lobbying éventuel.
Remerciements
Nous remercions la Commission Européenne à travers le COSI (Conseil pour la Solidarité Internationale avec l'Afrique) de nous avoir permis la réalisation de l'observation des conflits en mars 2003 et la production du présent rapport.
Nous réitérons les mêmes sentiments aux associations et organisations de la Société Civile du Sud-Kivu ainsi qu'aux artisans de paix qui ont fourni les données constituant le matériau de ce rapport. Nous citons :
- AVREO/Uvira,
- PRODES/Uvira,
- Commission Diocésaine Justice et Paix /Uvira,
- Arche d'Alliance/Uvira,
- EMAC/Fizi,
- IPP/Bunyakiri et Kalehe,
- Communauté Ecclésiale de base de Bitale/Paroisse de Bunyakiri,
- PAC/Mumosho-Kabare,
- CVDI/Nyangezi-Walungu,
- ADIP/Mwenga,
- ORASA/Mwenga.
CONTEXTE
Au cours du mois de mars 2003, la province du Sud Kivu n'a pas été épargné par les frictions entre communautés et entre couches sociales diverses qui habitent ci et là dans ses villages et agglomérations. Même si cela relève de la dynamique sociale, le cachet avec lequel elles se sont manifestées prouvent à suffisance qu'elles constituent de véritables gangrènes ou conflits dont certains présentent un caractère éphémère, passager (ceux armés ou socio-économiques par exemple) d'autres semblent s'inscrire dans un contexte beaucoup plus complexe et durable (ceux d'identité ou fonciers par exemple). Ces derniers peuvent, une fois de plus s'il y a somnolence politique, ouvrir une nouvelle brèche sur laquelle sauteraient, par la première occasion, les pêcheurs en eau trouble et mettre en péril le processus de paix en cours en RD Congo.
Comme on peut déjà s'y attendre, la plupart des conflits observés au cours de ces mois sont vécus en milieu rural. Ils sont coulés dans 5 catégories majeures, à savoir :
· les conflits de pouvoir (politique et administrative),
· les conflits fonciers,
· le conflit d'identité,
· le conflit socio-économique.
Dans bien des cas, ces conflits impliquent beaucoup d'acteurs (pouvoir, communautés ou groupes ethniques, villages, groupes armés, individus, …) et tiennent à des causes multi- sectorielles (pour un seul conflit). Cette situation rend confuse leur identification, surtout qu'il y a compénétration ou chevauchement des facteurs et des acteurs dans un seul et même conflit. A titre illustratif, les conflits de pouvoir portent la coloration d'un conflit de leadership, ethnique, d'identité,…, ceux fonciers prennent les allures d'un conflit ethnique, politico - administratif ou idéologique.
La compréhension de cette inquiétude et la connaissance de la primeur de tous les conflits identifiés et décrits par nos micro-observatoires seront bien perçues dans les pages qui suivent.
Méthodologie d'approche
La connaissance et la compréhension des conflits-phare a été rendue possible grâce à une démarche méthodologique simple qui a consisté à :
- l'identification des conflits sur le terrain par les observateurs avisés formés par le COPARE, chacun là où il œuvre au quotidien;
- enrichir les données primaires par les sources secondaires parmi lesquelles les entretiens ou interviews et les informations documentaires (tirés des rapports, études et autres publications).
La théorie de Chris MITCHEL a permis d'analyser les différents confits observés suivant l'approche de 3P (Problème-Personne-Processus). Elle a rendu facile leur catégorisation selon le contexte et selon l'origine, et leur interprétation.
SIGLES ET ABBREVIATIONS
- AFDL : Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Kinshasa)
- RCD : Rassemblement Congolais pour la Démocratie.
- DICO : Dialogue Inter congolais
- PPGL : Paix pour les Grands Lacs.
- ANC : Armée Nationale Congolaise/RCD.
- FAC : Forces Armées Congolaises/Mai-Mai.
- APR : Armée Patriotique Rwandaise/Rwanda.
- MCC: Mennonite Central Committee.
1. LES CONFLITS OBSERVES.
I. LES CONFLITS POLITIQUES
Les conflits politiques observés au cours du mois de mars sont liés aux questions de succession au pouvoir dans certaines entités administratives et au contexte de guerre et de l'administration rebelle du RCD/Goma.
1. Conflit entre les chefs de collectivités à Bunyakiri
a. Présentation.
Bunyakiri est l'une des trois nouvelles entités territoriales créées par le RCD/Goma en septembre 1999. Ce territoire, jadis collectivité chefferie du territoire de Kalehe, est situé au nord ouest de la province du Sud Kivu, en pleine forêt équatoriale qui héberge le parc national de Kahuzi Biega. Il est frontalier des territoires de Kalehe à l'est, de Masisi et Walikale (Nord Kivu) au nord, de Kabare et Walungu au Sud et de Shabunda à l'ouest.
Sa population est majoritairement composée des Batembo qui cohabitent depuis les temps des âges avec les Bashi, Bahavu, Balega, Batwa (pygmées) et quelques communautés des Bahutu vivant à la lisière entre Bunyakiri-Masisi et Bunyakiri-Kalehe.
b. Contexte
La deuxième guerre déclenchée par le RCD/Goma en 1998 a entraîné la population Batembo à fuir les villages en se réfugiant dans les fins fonds de la forêt pendant des années. Ses chefs, notables, étaient aussi du nombre. Les villages déserts ont soit été brûlés, soit servi de camps pour l'armée du RCD/Goma et de son allié le Rwanda.
Profitant du retour de quelques braves, le RCD/Goma a sauté sur l'occasion pour nommer les nouveaux notables ou chefs des collectivités ( groupements) en lieu et place de ceux reconnus coutumièrement toujours en cachette . Il est question de 80 % des chefs coutumiers exilés chez PADIRI Bulenda, commandant mai-mai.
Le remplacement a été opéré de la manière que voici :
Ordre Collectivité/ groupement Ancien chef Nouvel élu par le RCD
1. MUBUKU NJAI Ndalemwa IV KATORA Ndalemwa
2. BULOHO/KARALI RUGANZA KUMBUKA Ruganza
3. KALONGE ENAKALONGE Mirindi TESO Enakalonge
4. BULOHO/BAGANA ESUBALIKALI Enabagana KITENGE Musinganya
5. MUBUKU/RAMBA BUTAERA Lubula NDEZI Alphonse
6. KALIMA MUSIKAMI Claude NZIBIRO Musikami
7. KALIMA/MAFUO ENAMAFUGO Ruhusa ENAMAFUGO Olivier
8. MUBUKU/KACHIRI NGENDO Maurice KABIHULA
c. Manifestations
Avec le retrait des troupes rwandaises de Bunyakiri le 30 septembre 2002, tous les chefs nommés par le RCD prennent la direction de Bukavu, en fuite, d'autres la direction du Nord Kivu. Ceux revêtus du pouvoir coutumier vont ainsi retrouver leur fauteuil (respectif) et bénéficient d'un grand appui de la population.
Par la suite, des frictions et tentatives de revendications sont enregistrées entre les anciens "rois" et les "rois" pro RCD, fuyards. A titre d'exemple :
· En collectivité de Buloho, entre ESUBAKALI Enabagana et KITENGE Musinganya, appuyé par sa mère, le torchon brûle. Ce dernier réclame à cor et à cri son élévation à la tête de la collectivité malgré qu'il a eu à œuvrer sous la houlette de l "ennemi" c'est-à-dire le RCD/Goma, car dit-il, il jouit de la légitimité.
· Dans la collectivité de Mubuku, la situation est loin d'être rose entre NJAI B. Ndalemwa IV et KAJORA Ndalemwa , ex –régent de Mubuku, qui cherche à tout prix à retourner dans son fief et y régner.
d. Acteurs
- les membres des différentes familles régnantes au niveau des collectivités;
- le RCD/ Goma et les FAP/ Mai-Mai de Padiri;
- la population Tembo.
- L'APR
e) Perspectives
Ce conflit affiche un caractère purement conjoncturel car lié au contexte de guerre. Le règlement politique du conflit qui déchire le pays (la RD Congo) apportera une issue heureuse à ce différend observé entre les chefs régnant et ceux supposés légitimes sur les différentes collectivités de Bunyakiri. Dans le cas contraire, d'autres voies peuvent servir de secours pour contourner ou éviter le pire. L'administration devra s'y atteler.
2. Conflit entre lignages dans le groupement Balighi en collectivité des Wamuzimu à Mwenga.
a. Présentation.
Le groupement Balighi est l'un des 23 groupements que compte la collectivité-chefferie des Wamuzimu et dont il occupe la partie septentrionale, en territoire de Mwenga. (au centre sud de la province du Sud Kivu). Il est limité au nord par le groupement Buse, au sud par le groupement Banakyungu, à l'est par le groupement Bashibugembe, au nord-est par celui des Bashikasa et à l'ouest par celui des Basimbi.
Le clan Balighi, qui peuple ce groupement, comprend 5 lignages :
- Les Bananyassa,
- Les Banakamikya,
- Les Banajala,
- Les Banakasinda,
- Les Banamusombo.
Le lignage des Bananyassa est celui des aînés et donc devant, coutumièrement donner le chef au groupement et assurer les commandes du clan.
b. Contexte
Avant la colonisation, les membres de ces différents lignages vivaient en parfaite harmonie. Peu après, durant la période coloniale, des divergences sur la gestion du pouvoir au sein du clan vont surgir.
Pour rappel, en 1926, date de création du groupement par l'administration coloniale belge, Mr WANGALALA Sultani, du sous-clan Bananyassa, fut choisi chef du groupement ou notable du clan.
Les travaux forcés initiés par le colonisateur, notamment la récolte du caoutchouc naturel, vont amener Mr WANGALALA à réduire ses contacts avec l'administrateur du territoire de Shabunda, en se faisant chaque fois représenter par Mr KALEMA Mbilizi, du sous-clan Banamusombo, son planton. Ce dernier, s'étant attiré la sympathie des Blancs, se verra élever au rang du notable du clan Balighi, au détriment de WANGALALA, chef reconnu par la coutume.
A sa mort KALEMA Mbilizi se fera remplacé par son fils KAMITUGA Kyanduma en 1944. Ce lignage régnera ainsi sur le groupement Balighi jusqu'en 2002, avec dernier comme chef MASUMBUKO.
En 2002, le RCD/Goma procédera à la nomination d'un nouveau chef à la tête de ce groupement en la personne de M. MUSIWA, au détriment de MASUMBUKO jugé non légitime. Or, M. MUSIWA, qui semble incarné l'idéologie du RCD/Goma, et donc favorable au régime, est lui aussi illégitime car issu du lignage Banajala.
Ainsi se multiplient des divergences entre les différents lignages de ce clan autour de la gestion du pouvoir coutumier par suite des manipulations dont ils sont l'objet.
c. Manifestations
- La rancune et la vengeance sont devenues les règles du jeu dans ce groupement. Ainsi pour venger la mort de KINDI du lignage des Banajala, présumé tué par KAMI et les siens les Bananyassa, KAMI sera abattu à coup de lance dans le village des Banajala.
- Depuis la mort de KAMI son neveu, le chef de collectivité des Wamuzimu a cessé d'appliquer la règle naturelle en matière de succession qui accorde à la famille régnante le monopole de proposer un candidat à la tête du groupement.
- Les Bananyassa, lignage des aînés chez les Balighi, dépouillés de leur privilège (le monopole de la direction du groupement) sont frustrés, aigris et acceptent difficilement les chefs de groupement désignés par le Mwami des Wamuzimu.
- Des revendications de part et d'autres de la population sont adressées soit au tribunal coutumier, soit au parquet secondaire de Kamituga, soit encore à la cour de grande instance sur la légitimité du pouvoir coutumier chez les Balighi.
d. Acteurs
- La population du groupement en général parce que appartenant toute à l'un ou l'autre lignage.
- Le chef de la collectivité-chefferie des Wamuzimu.
- Les différents chefs et notables du groupement.
- Les cours et tribunaux.
- Le RCD.
- Le pouvoir colonial.
e. Perspectives
Ce conflit, vieux de plus de six décennies, nécessite un suivi pour une transformation positive. Il implique beaucoup d'acteurs et a déjà fait des victimes. Le parti pris manifesté par celui qui devrait y mettre fin, le Mwami des Wamuzimu, il paraît impérieux que l'administration du territoire s'y implique et la volonté entre les membres des différents clans. Une séance de réconciliation s'impose donc.
3. Les Batembo face aux Bahutu à Bunyakiri-Kalehe.
a. Présentation.
Bunyakiri est l'une des trois nouvelles entités territoriales créées par le RCD/Goma en septembre 1999. Ce territoire, jadis collectivité chefferie du territoire de Kalehe, est situé au nord-ouest de la province du Sud-Kivu, en pleine forêt équatoriale qui héberge le parc national de Kahuzi-Biega. Il est frontalier des terrtoires de Kalehe à l'est, de Masisi et Walikale (Nord Kivu) au nord, de Kabare et Walungu au Sud et de Shabunda à l'ouest.
Sa population est majoritairement composée des Batembo qui cohabitent depuis les temps des âges avec les Bashi, Bahavu, Balega, Batwa (pygmées) et quelques communautés des Bahutu vivant à la lisière entre Bunyakiri-Masisi et Bunyakiri-Kalehe.
b. Contexte.
Tout remonte à l'érection de Bunyakiri en territoire à part entière. Cette élévation va engendrer des sentiments de mécontentement au sein de la population et parmi certains dirigeants administratifs d'antan qui ont perdu leurs parcelles de pouvoir. Parmi eux est cité le mwami KAMIROGOSA Ntale de Buhavu qui a vu une grande partie de son entité échapper à son contrôle car cédée au territoire de Bunyakiri. Depuis lors il n'avait jamais caché ses visées revanchardes. Or ce territoire constitue le bastion des miliciens mai-mai d'obédience Tembo qui affichent une opposition farouche au RCD/Goma et à l'occupation de l'Est du pays par le Rwanda.
Comme on le sait, depuis le "départ" des troupes rwandaises, le territoire de Bunyakiri est sous administration totale des mai-mai du Général Padiri BULENDA. Le RCD/Goma a tenté à maintes reprises, mais vainement, à le conquérir. Des attaques et incursions se comptent par dizaines mais se sont soldées par des échecs cuisants.
c. Manifestations
Le 18 février 2003, des attaques sont lancées contre les mai-mai par les militaires à la solde de SERUFULI, gouverneur actuel du Nord Kivu, un hutu. Ces attaques ont été menées grâce à l'appui de KAMIROGOSA accordé à un certain RUTAMBUKA, représentant de tous les Hutus de hauts plateaux vivant à Shanje, Luzirandika, Mianzi, Chabangi, Nyamugari, Nyawaronga et Chinono. Ceci dans le souci de récupérer tous les hauts peuples et en faire un territoire à eux à l'instar de Bunyakiri, car n'ayant pas été représentés dans l'échiquier politico administratif provincial, depuis 1960 (Lire à ce sujet MUNYORORO. B. J. 2001,op. cit, p. 23).
Le mwami KAMIROGOSA a même donné l'ordre d'incorporer de force 250 élèves de la région qui, pour l'heure, sont en formation à Mushinga dans le Masisi (au Nord Kivu). Ce centre de formation est approvisionné par SERUFULI du RCD/Goma. Il semble que le plan en vue prévoit le lancement de nouvelles attaques à partir de Ufamandu I et II, Ziralo, Mubuku, Hombo et Bulambika. Pour l'heure, Walikale et Katasomwa vivent sous les chocs des affrontements. Le dernier en date a eu lieu à Walikale le 9 avril 2003.
Voilà une guerre de plus qui s'annonce après la guerre.
d. Acteurs
- Les Batembo et les mai-mai (FAP).
- Les Hutu congolais de Kalehe et Masisi.
- Mr Eugène SERUFULI, le TPD et le RCD.
- Mr KAMIROGOSA Ntale et les Bahavu de Kalehe.
e. Perspectives
Ce conflit nécessite un suivi et une transformation rapide car la violence avec laquelle il se manifeste risque d'embraser tout le territoire de Kalehe, pourquoi pas toute la province du Sud-Kivu. La présence des rwandophones dans cette contrée et leur implication pourrait encore une fois servir de prétexte à une nouvelle incursion du Rwanda en RD Congo, Kalehe étant situé à quelques pas du Rwanda.
II. LES CONFLITS ECONOMIQUES
Les conflits économiques observés sont relatifs à la gestion de la terre et au contrôle du marché.
1°. Le conflit Buzi – Ziralo à Kalehe/Bunyakiri.
a. Contexte
Avant l'époque coloniale, le Buzi et le Ziralo étaient chacun dominé par un chef traditionnel militairement fort. Le Buzi est une entité appartenant majoritairement aux Bahavu. Cependant, il fut objet des disputes entre eux et les Bahunde. Le Ziralo par contre est une entité habitée par les Batembo souvent appelés les Baziralo.
Avec la colonisation, en 1926, le législateur belge annexa le Ziralo au Buzi avec le chef du Buzi à la tête de ces deux entités unifiées du territoire de Kalehe. Les Batembo se sentant blessés et humiliés, tentèrent à plusieurs reprises de se soulever contre cette décision. D'où l'éclatement régulier des conflits entre les Bahavu et les Batembo. Après l'indépendance, les Batembo tentèrent à plusieurs reprises de revendiquer leur autonomie face aux Buhavu mais en vain. Il a fallu attendre le 25/9/1974 pour voir la notabilité de Ziralo être élevée au rang de groupement autonome par l'arrêté n° 0295 du commissaire d'Etat à l'Administration du Territoire. Cependant cet arrêté ne précise malheureusement pas les limites exactes entre le Buzi et le Ziralo.
Une décision du genre est venue aggraver la situation déjà précaire. En effet, le RCD, par l'arrêté n° 001/MJ/DAT/MB/ROUTE/1999 du 9 septembre, crée le territoire de Bunyakiri et détache le Ziralo du territoire de Kalehe. Cette décision n'a pas plu non plus aux Bahavu, la qualifiant d'injuste surtout que les précédents découpages leur avaient arraché les entités d' Idjwi et de Buloho.
b. Manifestations
- protestation des sages du Buzi dans leur lettre d'indignation du 14/12/1999 adressée au Chef de Département de l4administration du Territoire du RCD/Goma contre la création du territoire de Bunyakiri.
- Protestation du chef de la chefferie de Buhavu par sa lettre du 2/12/1999 adressée au président du RCD/Goma dans laquelle il demande l'abrogation de l'arrêté ou la révision de la composition de la chefferie de Bunyakiri et du Buhavu. Pour lui le Ziralo devrait revenir à sa chefferie.
- Les Banyarwanda de Kalehe quant à eux réclament aussi que le RCD/Goma leur octroie un territoire propre.
- L'insécurité : il n'y a plus libre circulation des personnes et des biens entre le Buzi et Ziralo.
- La rupture des échanges entre le Buzi et le Ziralo est consommée.
- La tension entre les Batembo et les Bahavu.
- Descente d'une équipe d'enquête sur le conflit des limites entre Buzi-Ziralo le 20/9/2000, conduite par Mr MUNDJO MUNZENZE, alors vice-gouverneur chargé de l'administration du Sud-Kivu.
c. Acteurs
- le RCD (les autorités politico administratives)
- les Bahavu habitant Buzi
- les Batembo de Ziralo
- les Banyarwanda du territoire de Kalehe
- les autorités coutumières.
d. Perspectives
Ce conflit tourne autour des intérêts économiques liés à la gestion de la terre. Il date de l'époque coloniale mais s'est vu amplifier avec l'occupation et l'administration de l'Est par le RCD/Goma. Il pourra engendrer plus tard d'autres conflits et conduire aux catastrophes au vu des manifestations étalées. L'administration du territoire, pensons-nous avec la fin des hostilités armées en RD Congo, doit trouver une issue, le plus tôt à ce dossier.
2° Conflit entre les Babembe et les Babuyu en collectivité de Lulenge, territoire de Fizi.
a. Présentation générale du milieu
Le territoire de Fizi est situé au Sud du Sud-Kivu à la frontière avec le Katanga et le Maniema. Il est ouvert au Burundi et à la Tanzanie par le lac Tanganyika qui sépare la RD Congo des pays précités. Il est habité essentiellement par les ethnies suivantes : les Babembe, les Babwari, les Babuyu, les Banyamulenge,…
La majorité de la population de ce territoire est constituée des Babembe (qui constituent les ¾ des habitants).
Sur le plan administratif, le territoire de Fizi compte 4 collectivités à savoir :
- la collectivité secteur de Mutambala,
- la collectivité secteur de Tanganyika,
- la collectivité secteur de Nganja
- la collectivité secteur de Lulenge.
b. Contexte
Depuis des temps immémoriaux, les Babembe vivaient sur les montagnes surplombant le lac Tanganyika dans tout le territoire de Fizi où ils s'occupaient de l'agriculture et de la chasse.
Les Babwari eux habitaient le littoral du lac Tanganyika où l'activité principale demeure la pêche. Les Babuyu quant à eux habitaient le bassin de la rivière Lwama, un domaine fertile en collectivité secteur Lulenge où ils s'adonnaient à la pêche. Enfin, les "Banyamulenge", derniers arrivant se cantonnaient sur les hauts plateaux de Fizi où l'élevage constituait l'occupation primordiale. Ceci prouve combien la population était répartie géographiquement de façon distincte.
Pendant la période coloniale, les Belges ont introduit la culture du coton à Fizi. La communauté Babuyu se voulant pêcheur par nature, et dit-on aussi paresseuse, s'était révoltée contre cette culture forcée en prenant le chemin de l'exil en territoire voisin de Kabambare (au Maniema et abandonnant ainsi leur terre). Soucieux de produire du coton, l'autorité coloniale va recruter sa main- d'œuvre au sein de la plaine de la Lwama en vue d'y cultiver le coton et d'y vivre. Au fil de temps, les Babembe occupèrent toute la plaine de la Lwama où ils vont jouer un rôle politique, administratif et religieux de premier rang suite à leur importance numérique et ce, grâce à la bénédiction de l'autorité coloniale.
Cette prédisposition a préparé ce territoire à l'émergence d'un conflit de type foncier entre les Babembe et les Babuyu autour de l'occupation du bassin de la Lwama. Autour de ce conflit s'imbriquent d'autres conflits, notamment le conflit de pouvoir et de leadership entre ces deux communautés (en collectivité de Lulenge).
Devenus majoritaires, l'élite locale sera constituée d'un grand nombre des Babembe qui en conséquence auront le monopole du leadership dans la collectivité secteur de Lulenge. Cette situation est à la base du mécontentement des Babuyu absents dans la gestion des affaires depuis longtemps et des conflits.
Ces conflits qui ont longtemps évolué dans la latence, ont connu leur point culminant en 1996 lors de la guerre de l'AFDL, guerre dite de libération, et une réédition sous l'administration rebelle du RCD/Goma de 2000 à 2003.
c. Manifestations
- Les minoritaires Babuyu ont profité de la tension entre Babembe et "Banyamulenge" pour coaliser avec ces derniers et combattre les Babembe par les armes.
- Les affrontements de temps à autre entre les deux communautés (jusqu'à ce jour).
- Le climat de méfiance mutuelle entre les deux communautés.
- La coalition entre les Babembe de Lulenge et ceux de Nganja pour faire face au tandem Babuyu – "Banyamulenge".
- La chasse aux Babembe en territoire de Kabambare par les Bangubangu apparentés aux Babuyu.
- Migrations massives des Babuyu vers d'autres collectivités du territoire de Fizi mais surtout vers Kabambare au Maniema.
- Tueries sur fond d'appartenance ethnique et incendies des villages
d. Acteurs :
- L'administration coloniale,
- La population Babembe de Lulenge et de Nganja,
- La population Babuyu,
- Les Banyamulenge,
- Les Bangubangu du Maniema,
- Le pouvoir en place (2ème République, AFDL, RCD).
e. Perspectives
Quoi qu'ancien, ce conflit a été exacerbé par la guerre du RCD/Goma qui a armé les Babuyu afin de faire face aux résistants mai-mai Babembe, profitant du fossé existant entre les deux communautés. Nous estimons que la solution à la crise politique dans le pays ouvrira une brèche pour que ce conflit trouve un début de solution. Sa deuxième facette, celle liée au foncier agricole, nécessite l'intervention du pouvoir et des artisans de paix afin de régler à l'amiable les différends créés autour de la terre. Des tentatives de rapprochement de ces deux communautés sont envisageables et à envisager.
3°. Conflit entre la population de Makobola et les militaires du RCD/ Goma à Fizi.
a. Contexte :
Makobola se situe au Sud de la cité d'Uvira sur la route principale Bukavu – Uvira – Fizi – Kalemie. Cette localité est à cheval sur le territoire d'Uvira et le territoire de Fizi. Ce site est d'une notoriété de triste mémoire suite au massacre dont il a été le théâtre, de passage au feu de plus de 800 personnes et de l'incendie de plusieurs maisons perpétrées par les troupes de l'APR, alliées au RCD/Goma.
Les militaires du RCD/Goma qui assurent la sécurité du village de Makobola vivent sur le dos de la population locale en se comportant vis-à-vis d'elle avec une brutalité sans nom. On dirait une armée étrangère et barbare en pays conquis. Leurs tracasseries sont insupportables qu'elles appellent déjà à la révolte.
Les militaires empêchent aux paysans de jouir des produits de leurs efforts en n'ayant plus accès à leurs champs dont les produits sont récoltés et vendus au marché par des militaires et leurs femmes. Ils ravissent les bois de chauffe ramassés par les paysans et en font de même.
Les check-point et barrières sont installés partout pour rançonner la population. Tout passant est sommé au payement de 20 FC devant chaque barrière, autrement, il fait l'objet de supplice. Un trou de 5 à 10m qui a la capacité de contenir au plus cinq personnes mais où l'on entasse au moins une vingtaine sert de prison. Les jours du marché; mercredi et dimanche, sont les jours de prédilection pour ce genre de tracasseries. D'autant plus que ces jours là, les paysans descendent des montagnes pour venir vendre leurs produits et acheter les articles de 1ère nécessité. Ceux-là constituent des proies faciles; on les attend sur le chemin de retour où on les dépouille cyniquement de tout. Tout ceci se passe sous les regards impuissants des autorités politico - administratives.
Devant toutes ces exactions, les jeunes gens du village adhèrent au mouvement mai-mai en vue de préparer la vengeance. D'autres paysans, entrent tout simplement en intelligence avec les mai-mai pour dénoncer les positions militaires de leurs tortionnaires. C'est cette nouvelle forme d'esclavage qui constitue la pomme de discorde entre population et militaires à Makobola.
b. Manifestations
- Suspicion de la population qui est accusée d'être mai-mai par les soldats du RCD/Goma.
- L'armée qui se livre à des destructions méchantes, aux viols et aux tracasseries sous toutes les formes.
- La trahison des positions des militaires par des paysans.
- Le dépeuplement du village dont les habitants migrent à Uvira et dans les localités environnantes.
- L'oppression de la population locale par les militaires en place.
c. Acteurs
- Les militaires du RCD/Goma positionnés à Makobola, ainsi que leurs chefs hiérarchiques.
- Les autorités politico- administratives locales et territoriales.
- La population de Makobola.
- Les mai-mai.
d. Perspectives
C'est un conflit conjoncturel dont le terme coïncidera avec la cessation des hostilités en cours en RD Congo. Cependant, une éducation civique auprès des hommes en armes s'avère indispensable.
III. LE CONFLIT SOCIO-CULTUREL
Le conflit observé est de type identitaire.
C'est le Conflit entre les Bavira et les Bafuliru à Uvira.
a. Contexte
Les Bavira et les Bafuliru sont deux peuples originaires du territoire d'Uvira. Il convient cependant de mentionner que les Bafuliru sont majoritaires et comptent ipso facto beaucoup plus d'intellectuels que les Bavira. Ils sont plus fortunés et leur dialecte est la langue de communication sur toute l'étendue du territoire.
Des sources Fuliru, les Bavira en tant que communauté tribalo-éthnique n'existe pas dans le territoire d'Uvira. Ils reconnaissent cependant que ces peuples qui s'appelaient Bavira par prétention sont des Bafuliru. Car, avancent-ils, tous les clans des Bavira se retrouvent chez les Bafuliru. Pour étayer ces dires, les mêmes sources ajoutent que c'est le mwami de Bafuliro NYAMUGIRA qui aurait représenté le territoire d'Uvira à la table ronde de Bruxelles en tant que chef coutumier qui régnait sur tout le territoire autour des années 50. Suivant les mêmes sources, les Bavira doivent comprendre que c'est par relâchement que la collectivité des Bavira existe. Il suffisait que le mwami des Bafuliru s'y oppose pour que celle-ci n'ait pris naissance.
Les Bavira quant à eux lisent dans ce récit historique et sociologique une tendance des Bafuliru à diluer, à phagocyter le peuple et la culture vira, en les prenant comme partie intégrante du peuple et de culture Fuliru. Ce dont ils ne sont pas d'accord.
Les sources Bavira quant à elles, déclarent que les deux tribus sont différentes tout en démontrant que les Bafuliru sont venus du nord et les Bavira du sud vers Katanga avant de s'installer tous à Uvira. Ces deux sources affirment que ces deux tribus sont sur le sol d'Uvira à partir des courants migratoires aux premiers siècles de notre ère (BIRHAKAEKA, 1997). Ces deux peuples doivent s'accepter dans leur différence, se considérer d'égal à égal malgré les quelques recoupements culturels qui amènent à croire que c'est un seul et même peuple. Pour les Bavira, il n'est pas question de les considérer comme un sous groupe non plus, mais comme un peuple à part entière.
Des sources indépendantes, il est affirmé que les Bavira en tant que tribu existent indépendamment des Bafuliru. De ce qui précède et les faits actuels attestent que la communauté Bafuliru est numériquement importante tant en élite intellectuelle qu'en hommes d'affaires par rapport aux Bavira. Le privilège ci-haut évoqué fait que les Bafuliru occupent des postes avantageux tant au niveau religieux, administratif que dans les affaires. Les Bavira quant à eux se contentent des postes de 2ème ou 3ème ordre car pour toute offre réservée aux ressortissants d'Uvira, les Bafuliru sont les premiers à sauter dessus.
Cet état des choses est à la base d'un conflit culturel, économique et de leadership entre les deux tribus autochtones. Bien entendu, ce conflit d'identité qui du reste demeure latent connaît de temps en temps des moments de crise.
b. Manifestations
- Mécontentement permanent des Bavira face aux attitudes hégémoniques des Bafuliru.
- La méfiance mutuelle entre les membres de ces deux communautés.
- Le complexe de supériorité des Bafuliru lié aux avantages démographiques, économiques et intellectuels.
- Le sentiment de révolte des Bavira du fait d'être minoritaire et leur souci de se confirmer en tant qu'entité ontologique.
c. Acteurs
- La communauté Bavira et plus particulièrement les intellectuels et les hommes d'affaires.
- La communauté Bafuliru et plus spécialement les intellectuels et les hommes d'affaires.
- Les pouvoirs depuis l'époque coloniale.
d. Perspectives
Ce conflit fait partie de la dynamique sociale. Cependant, il s'avère impérieux de le surveiller afin d'éviter d'éventuels débordements. Des séances d'éducation à la paix et à la cohabitation pacifique sont d'une grande nécessité pour ces deux communautés.
II. PERSPECTIVES ET STRATEGIES.
Le travail d'observation des conflits abattu au cours du mois de mars 2003 dans la Province du Sud-Kivu dégage un certain nombre des faits conflictuels se situant à un stade beaucoup plus avancé. Quoi que certains conflits puissent demeurer latents et tenir à la conjoncture socio-politique d'il y a quatre ans, bien d'entre eux incitent à réfléchir et nécessitent un suivi soutenu devant conduire à leur transformation.
Le dénominateur commun de tous les conflits observés reste la gestion du pouvoir (socio-politique et administratif) appelant des éléments catalyseurs comme le clivage ethnique (Bafuliru-Bavira en territoire d' Uvira, Batembo-Bahutu en territoire de Kalehe et les Babembe-Babuyu en territoire de Fizi ),la question des terres et des limites entre entités,…Comme mentionné lors de la phase d' analyse, certains conflits ont ouvert la voie à des affrontements armés ayant abouti à la destruction des vies humaines et aux
déplacements des paisibles citoyens, paysans. A Kalehe, Bunyakiri etFizi , la situation est plus qu'à déplorer. Ces affrontements et les préparatifs y relatifs persistent. La déstabilisation dont la R.D CONGO fait l'objet depuis déjà sept ans est loin d'être enrayée, en dépit des avancées politiques intéressantes enregistrées depuis la signature de l’Accord global et inclusif et sa mise en application.
Ainsi, pour que la stabilité revienne dans les villages et agglomérations du Sud-Kivu, l'observatoire des conflits du COPARE recommande:
1. Aux belligérants dans le conflit congolais et impliqués dans l'application de l'Accord global et inclusif, notamment le R.C.D / GOMA et les Mai-Mai …
- d'éviter de prendre des décisions qui amènent les groupes qui cohabitaient sans heurts depuis des années à s'opposer et à les plonger dans des luttes meurtrières sans issue. C'est le cas des nominations des chefs des entités locales signalées en territoire de Bunyakiri, chez les Baligi en territoire de Mwenga,…
- de ravitailler régulièrement leurs troupes stationnées ici et là dans la Province afin de ne plus réitérer les tensions sociales enregistrées entre la population et les militaires et / ou leurs épouses comme ce fut le cas à Makobola, Kiliba, Fizi,…
- de cesser toute nouvelle conquête des territoires jadis perdus ou actuellement sous contrôle d'un groupe opposé sous prétexte que c'est recommandé par l'Accord de Pretoria. Au contraire, ils doivent s'impliquer sans relâche dans l’application de cet Accord qui constitue le dernier espoir de paix pour tout le peuple Congolais et ouvre la voie vers la stabilité sociale et politique dont la R.D.Congo a besoin.
- de faire preuve de prudence dans la gestion des affaires coutumières afin d'éviter l'immixtion et de perturber l'ordre ancestralement établi par des désignations impopulaires / illégitimes pour la gestion des affaires locales (cas de Bunyakiri , de Kalehe , … )
2. Aux populations et Communautés impliquées :
- d'éviter de flirter avec les politiques dont les agendas nous sont souvent inconnus, et avec une vision égocentrique ; autrement dit de cesser d'être l'objet de manipulations politiciennes.
- de replonger le regard dans le lointain passé commun afin d'en dégager les faits et valeurs qui les ont toujours rapprochés tout en minimisant ceux qui les divisent. Cas des Babuyu et Babembe à Lulenge / Fizi , de Batembo et Bahutu à Kalehe – Bunyakiri , et Bavira – Bafuliru à Uvira .
- de s'attaquer au mal qui ronge leurs communautés respectives au lieu de pointer un doigt accusateur vers des individus ou groupe pris comme tel.
3. Aux artisans de paix
- de persévérer dans le travail de l'observation pour lequel ils font déjà preuve d'efficacité ;
- d'encourager les communautés en conflit à recourir aux solutions négociées pour leurs différends au lieu de recourir aux armes ou aux politiques (qui ignorent les réalités profondes de nos milieux et notre passé) ;
- d'assurer le suivi des conflits déjà notés et de prévenir toute escalade
- de travailler constamment sur l'éducation des communautés à la paix et la transformation sociale constructive.
4. A la Communauté Internationale
- d'appuyer les efforts des communautés locales, des artisans de paix et du COPARE dans leur travail d'observation pour la prévention des conflits au Sud –Kivu et dans la région des Grands – Lacs.
PRESENTATION DU COPARE
Le COPARE a été crée le 09 mars 1996 par 7 organisations non gouvernementales impliquées dans la recherche de la Paix. Parmi elles figuraient des associations et des Eglises. Aujourd’hui, le COPARE compte 34 Associations et organisations membres et reste ouvert à l’adhésion de toute autre organisation ou association impliquée dans la recherche de la paix.
Il poursuit entre autres les objectifs suivants :
* servir de cadre d’échange et d’expérience entre les intervenants en matières de paix, de réconciliation et de cohabitation pacifique ;
* faciliter la conjugaison des efforts des membres ;
* harmoniser les vues sur la paix et la réconciliation selon les contextes.
Pour son fonctionnement, le COPARE comprend 3 organes, à savoir :
* L’Assemblée Générale ;
* Le Conseil d’Administration composé de 7 membres ;
* Le Bureau de Coordination ayant deux animateurs.
I. ACTIVITES DE PAIX MENEES PAR LE COPARE
Depuis sa création et en vue de faire bien aboutir ses stratégies d’action, COPARE a mis un accent particulier sur la formation des artisans de paix. Cela dans le souci de disposer des animateurs capables de prêcher la paix, d’assurer la médiation et de faciliter le dialogue entre communautés ou individus. Dans cette perspective, COPARE a eu à organiser des sessions de formation à l’intention des animateurs - artisans de Paix - des associations membres ; sur :
* la transformation des conflits et la détraumatisation en 1996 avec l’appui de MCC / Grands-Lacs ;
* le rôle des rumeurs dans la gestion des conflits en 1997 avec l’appui, de la Mairie de Bukavu ;
* les techniques de médiation et de gestion des conflits en 1997 avec l’appui de MCC / Grands-Lacs ;
* les techniques de négociation en mai 2002 avec l’appui de MCC/ Grands-Lacs.
* les techniques d'observation et d'analyse sociale avec l'appui de la Commission Européenne.
Toujours dans le cadre d’assurer une formation adéquate aux artisans de paix de la Société Civile, le réseau a eu à organiser / fournir :
* deux voyage d’études respectivement au Kenya en décembre 1997 et à
Brazzaville (Congo) en 1998 ;
* un voyage d’échange des artisans de paix du Sud-Kivu (15 au total) au
Kenya en 1997 ;
* une expertise en formant les Assistants sociaux de Save the Children / UK-Bukavu sur la paix et la détraumatisation en mai 2000 à Bukavu ;
* l’entraînement à la paix des animateurs des associations - membres dans leurs milieux respectifs (Bideka, Nyangezi et Walungu), en vue de la création des noyaux de paix, en l’an 2000.
* la facilitation des formations aux animateurs du Bureau de coordination sur la transformation des conflits à Cyangugu au Rwanda du 3 au 10 août 2002 et à Mindolo à L'eocumenical Institute of Peace en Zambie.
Le COPARE publie un bulletin d'information sur la paix "MPATANISHI".
Aussi dans le souci de promouvoir la culture de la paix, la réconciliation et la cohabitation harmonieuse entre et au sein des communautés au Sud-Kivu, COPARE avait entrepris une série d’activités de sensibilisation populaire à travers :
* la production et diffusion de deux spots promotionnels sur la paix, sur les ondes de la RTNC / Bukavu - la Voix du Peuple - pendant six mois (Janvier à Juin 2000) ;
* la production et la distribution de 1.500 autocollants « PAS DE DEVELOPPMENT SANS PAIX », en l’an 2000 ;
* l’impression et la distribution de 150 T-Shirt « NINAPENDA AMANI ».
* Organisation d’un séminaire sur les initiatives de paix au Sud-Kivu en Août 2001 avec l’appui de Life and Peace Institute.
Enfin, dans le cadre de canalisation, d’information et de communication des actions de promotion de la paix au Sud-Kivu et dans les Grands - Lacs, COPARE initie des activités d’études et de recherche sur la paix.
Ainsi, il a eu à :
* réaliser une collecte des données sur les initiatives de paix au Sud-Kivu, en collaboration avec Life and Peace Insitute / Suède en juin 2001 ;
* Il appuie aussi les travaux de recherche (des indépendants et des étudiants) sur les questions de paix et des conflits.
* Elaborer un programme provincial de paix pour lequel nous sommes dans l’étape de préparation des ressources humaines à impliquer et dans la mobilisation des ressources financières ;
* ouvrir un centre de documentation (bibliothèque) de plus d’une centaine d’ouvrages et comptant beaucoup de revues, bulletins et rapports spécialisés sur la paix, la démocratie et les droits humains au bénéfice du public, surtout les chercheurs, les universitaires et le mouvement associatif.
II DES PARTENAIRES :
A l’heure qu’il est le COPARE entretient le partenariat avec le réseau MCC( Mennomite Central Committee) ainsi qu’avec LPI (Life and Peace Institute) organisation œcuménique dont le siège est basée en Suède et la Commission Européenne à travers COSI.
Personne de contact : Laurent MIKALANO M.
Coordinateur du COPARE
Tél. (+243) 98674420
Email : coparec@yahoo.fr
