OBSERVATOIRE DES CONFLITS AU SUD-KIVU : Conflits observés aux mois d'avril, mai et juin 2003.
CONSEIL POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION
COPARE
Tél : (00243) 98674020
E-mail : coparec@yahoo.fr
B.P. 124 Cyangugu. Rwanda
2567 BUKAVU, RD CONGO
OBSERVATOIRE DES CONFLITS AU SUD-KIVU.
COPARE /Bureau de coordination
Rapport des mois d’avril, mai et de juin 2003.
Réalisé grâce à l’appui de la Commission Européenne.
L'observatoire des conflits est un projet du COPARE (Conseil pour la Paix et la Réconciliation) qui s'intéresse à assurer le suivi et l'analyse scrupuleux des conflits qui sévissent dans la province du Sud-Kivu, à l'Est de la République Démocratique du Congo.
La finalité de cet observatoire est de prévenir les conflits et d'encourager les efforts de paix dans les coins et recoins de la province du Sud-Kivu.
Y parvenir nécessite l'atteinte des objectifs ci-après :
- recueillir les données et les informations sur les conflits ;
- analyser ces éléments (données et informations) sur les conflits;
- vulgariser et alerter l'opinion sur les conflits en vue de leur transformation constructive.
Cet observatoire étend ses activités sur l'ensemble de la province du Sud-Kivu et dans les territoires qui lui sont périphériques, à savoir la sous région des Grands Lacs de l'Est africain.
Quant à son fonctionnement, le COPARE abrite le bureau central et les micro-observatoires correspondent aux associations de paix ciblées dans la province, qualifiées de "Foyers de paix".
Les micro-observatoires facilitent la collecte des données sur le terrain qu'ils transmettent au bureau central de l'observatoire pour traitement, analyse et diffusion sous forme de rapport. L'observatoire doit, en plus s'occuper d'un lobbying éventuel.
REMERCIEMENTS
Nous remercions la Commission Européenne à travers le COSI (Conseill pour la Solidarité Internationale avec l'Afrique) de nous avoir permis la réalisation de l'observation des conflits en mars 2003 et la production du présent rapport.
Nous réitérons les mêmes sentiments aux associations et organisations de la Société Civile du Sud-Kivu ainsi qu'aux artisans de paix qui ont fourni les données constituant le matériau de ce rapport. Nous citons :
- AVREO/Uvira,
- PRODES/Uvira
- Arche d'Alliance/Uvira,
- EMAC/Fizi,
- IPP/Bunyakiri et Kalehe,
- ORASA/Mwenga.
- Visio Teqoa/Walungu
- ADIF /Kalehe,
- APDR/Mwenga
- ADR asbl/Shabunda
SIGLES ET ABREVIATIONS
AFDL : Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Kinshasa
FPR : Front Patriotique Rwandais
RCD : Rassemblement Congolais pour la Démocratie
26ème CLMC : 26ème COMMUNAUTE LIBRE METHODISTE AU CONGO
TPD : Tous pour la Paix et le Développement.
FRDKI : Front de Résistance et de Défense du Kivu
INTRODUCTION
I. CONTEXTE
Les mois d'avril et de mai n'ont pas été épargnés par les turbulences entre les communautés et couches sociales peuplant villages et centres urbains de la province du Sud-Kivu. La plupart semblent ancrés dans le passé lointain des communautés impliquées et n'ont été mis à nu que suite à la donne politique actuelle, celle de la guerre. C'est le cas des conflits ethniques relevés ici et là. D'autres par contre, et très moins nombreux sont conjoncturels, comme ceux observés à Ishamba en territoire de Walungu ou à Makobola en territoire de Fizi.
Quoiqu'il en soit, ils nécessitent tous un suivi soutenu.
Tous les conflits notés dans le présent rapport ont été identifiés en milieu rural, avec un cachet spécial pour l'axe Uvira-Fizi d'où le gros des faits émane.
Il est à remarquer également que certains conflits déjà analysés persistent. Le différend entre Bahutu-Bahavu en territoire de Kalehe en constitue un cas patent.
L'analyse menée autour des conflits relevés au cours de cette période permet de les grouper dans quatre catégories que voici :
1. Le conflit d'identité
2. Les conflits fonciers et politico-administratifs
3. Les conflits ethniques
4. Les conflits politico-militaires.
Cette analyse a permis aussi d'en épingler les acteurs, très nombreux (les communautés, les groupes armés, les individus, le pouvoir,…) et parfois les causes sous-jacentes ainsi que les manifestations visibles de ce jour.
Comme cela transparaît déjà, la complexité caractérielle desdits conflits, tels que catégorisés ci-haut n'a pas facilité leur groupement et identification. Bien d'entre eux présentent plus de similitudes que de distances. Cet aspect se fera peut-être voir à la lecture des pages détaillées de chacun d'eux.
Nous tenons à remercier tous les artisans de paix de la Société Civile du Sud-Kivu pour leurs micro-observatoires, leur assiduité et la coopération dont ils ont fait preuve dans la transmission des conflits traités tout au long de six mois de fonctionnement de cet observatoire.
II. Méthodologie d'approche
La connaissance et la compréhension des conflits-phare a été rendue possible grâce à une démarche méthodologique simple qui a consisté à :
- l'identification des conflits sur le terrain par les observateurs avisés formés par le COPARE, chacun là où il œuvre au quotidien;
- enrichir les données primaires par les sources secondaires parmi lesquelles les entretiens ou interviews et les informations documentaires (tirés des rapports, études et autres publications).
La théorie de Chris MITCHEL a permis d'analyser les différents confits observés suivant l'approche de 3P (Problème-Personne-Processus). Elle a rendu facile leur catégorisation selon le contexte et selon l'origine, et leur interprétation.
1. LES CONFLITS OBSERVES
1.1. Les conflits sociaux
1). Conflit entre Bavira – Bafulero – Babembe et les Banyamulenge en territoire d'Uvira – Fizi.
a) Présentation géographique
Les territoires d'Uvira – Fizi couvrent une superficie approximative de 22514 km². Cette région est située entre 3° 23' et 4° 51’ longitude est et entre 27° 10' et 29° 15' de latitude sud.
Ces territoires sont limités :
- Au Nord par le territoire de Walungu à Kamanyola.
- Au Sud par le district de Tanganyika en province de Katanga.
- A l'Ouest par les territoires de Mwenga et de Shabunda , et par le territoire de Kabambare en province du Maniema.
- A l'Est, la rivière Ruzizi et le lac Tanganyika les séparent des républiques du Burundi, du Rwanda et de la Tanzanie.
Ces territoires sont peuplés par plusieurs communautés tribales autochtones à savoir : les Babembe, les Bafulero, les Bavira, les Bazoba, les Babuyu, les Banyindu et les Babwari ainsi que les immigrés Burundais et Rwandais et des « Banyamulenge ». Ces populations sont en général des sédentaires vivant de l'agriculture, de la pêche et de l'artisanat hormis les Banyamulenge qui sont des éleveurs. Jusqu'aux années 1993, ces populations vivaient en harmonie, les uns travaillant la terre et les autres élevant les vaches sur les hauts plateaux.
b) Contexte.
C'est depuis la domination allemande puis belge que beaucoup de rwandais ont été contraints de fuir les exactions commises par les colons à l'égard de la population. A côté de ces immigrations provoquées par les exactions coloniales et la fièvre de l'indépendance, d'autres immigrations étaient dues à la famine de 1917-1918 appelé , ainsi qu'au recrutement des travailleurs pour les mines et les plantations du Zaïre. Pour ceux-là qui s'étaient dirigés vers Uvira – Fizi, ils s'étaient installés sur la colline Mulenge où ils vivaient en harmonie avec les autochtones. Les Babembe, les Bavira, les Bafuliro et autres vivaient en collaboration à tel enseigne que, pour leurs études, les Bafuliro, les Bavira, les Babembe hébergeaient des enfants des « Banyamulenge » et, ces derniers, en signe d'amitié et/ ou de compensation donnaient des vaches aux familles d'accueil de leurs enfants.
Tout a commencé à se dégrader quand les antagonismes se sont installés entre les ethnies pour la gestion du pouvoir :
1) les immigrés rwandais ne veulent plus se reconnaître comme tel et se considèrent dès lors comme des congolais à part entière,
2) les « Banyamulenge » qui veulent eux aussi assumer des responsabilités politiques tant au niveau local que national,
3) les « Banyamulenge » qui se proclament unilatéralement congolais, chose mal perçue par les tribus autochtones des territoires d'accueil et par l'opinion publique en général,
4) en 1991, la situation sera exacerbée par le fait que lors de la guerre du FPR au Rwanda, les « Banyamulenge » vont plier bagages et rentrer au Rwanda se battre aux côtés du FPR. Ce fait va prouver à suffisance la préférence ouverte de la nationalité rwandaise par les Banyamulenge,
5) dans ces conditions, les tensions interethniques s'installent entre les « Banyamulenge » et les autres ethnies d'Uvira – Fizi dont les principales sont les Babembe, les Bafuliru, les Bavira et les Babuyu.
c) Manifestations
- En 1996 lors de la 1ère guerre dite de libération par l'AFDL, les « Banyamulenge » combattaient aux côtés des rwandais pour renverser le régime de Mobutu. Lors de cette guerre, ils avaient commis beaucoup d'exactions sur les membres des tribus voisines et cela en terme de règlement des comptes. De ce fait, les Babembe, les Bafuliru, les Bavira…ont vu dans cette guerre, une invasion de leur territoire par des >, ‘’ Banyamulenge ‘’
- Désormais, le conflit qui était latent venait d'atteindre l'étape d'escalade.
- Les guerres à répétition entre les combattants Banyamulenge et les hommes de Willy Dunia à Mboko, Baraka, Fizi, etc en constituent un exemple ainsi que le climat d'animosité mutuelle entre eux et les autres tribus et ethnies de la région.
- Le déclenchement des guerres ethniques opposant les émigrés ‘’Banyamulenge’’ aux tribus autochtones (Bembe, Fuliru, Vira,…)
- La tendance persistante de la communauté ’’Banyamulenge’’ à dominer les autres tribus et vice versa.
- Les incendies des maisons et des villages.
- Le faible dialogue faible entre les Banyamulenge et les autres tribus localement établies.
- La création des bandes armées par les différentes tribus pour leur sécurisation.
d) Acteurs
- Les populations des tribus localement établies dans les territoires d'Uvira - Fizi.
- Les leaders Babembe, Bavira, Bafuliru et Banyamulenge
- L'élite intellectuelle autochtone.
- Les gouvernements rwandais, burundais et ougandais.
- Le RCD et le pouvoir central de Kinshasa.
- Le régime de Mobutu et le pouvoir colonial.
e) Perspectives
Ce conflit qui dure depuis de longues dates et qui a connu des périodes d’escalades, de violences et d’élargissement nécessite un suivi. Celui-ci permettra d’initier de grandes rencontres entre les groupes/communautés impliqués pour qu’ils définissent des alternatives à leurs différends. Une transformation rapide serait indiquée. Sans quoi, il pourra revêtir d’autres formes et être convoité par les politiques afin de servir de prétexte pour le déclenchement d’une autre guerre. Ce conflit a permis à l’AFDL l’accès au pouvoir.
2. Le conflit entre les Bashimwenda et les Bashilwamba à Makobola en territoire de Fizi.
a) Présentation géographique
La localité d'Iamba est située dans la collectivité Tanganyika au Nord du territoire de Fizi. Elle est coincée à la limite Sud entre les territoires d'Uvira et de Fizi. Elle est habitée par des populations d'ethnie Babembe appartenant aux clans des Bashimwenda et des Bashilwamba aux quelles s'ajoute une minorité des Bavira (Bazoba). Cette localité couvre les villages ci-après : Iamba, Atuta, Bangwe, Kahama, Evovo, Elambe, Mitambo, Elenge,… habités par une population estimée à 12.000 habitants.
b) Contexte
Depuis bien longtemps, Iamba est une terre appartenant au peuple Bazoba – Vira et dont le chef s'appelait Makobola. Le voisin direct de ce peuple étaient les Bashilwamba qui vivaient sur les collines surplombant la localité d'Iamba. Des jours passant, les Bashilwamba vinrent s'installer à Bangwe, village de la localité d'Iamba situé au pied des collines. Ils y érigèrent une église protestante sur l'initiative du missionnaire anglais SCOTT. Cette église est l'ancêtre de l'actuelle 26ème CLMC (Communauté Libre Méthodiste au Congo).
Des années plus tard, les Bashimwemba ont quitté en masse les hautes terres pour s'installer à leur tour à Bangwe auprès des Bashilwamba. Ils se mirent aussi, par sympathie, à fréquenter l'église locale des Bashilwamba.
Au fil du temps, les Bashimwenda suscitèrent l'organisation des élections au sein de l'Eglise afin de renouveler l'équipe dirigeante, comptant, semble-t-il, sur leur majorité numérique. Cette proposition n'avait pas rejoint l'assentiment de Bashilwamba minoritaires, qui craignaient de perdre le contrôle de l'église. Cette situation va provoquer des polémiques entre les Bashimwenda et les Bashilwanba et conduit le responsable de l'église, le Pasteur Thomas MCIBA, à quitter Bangwe pour Atuta, un village proche (de la même localité). Il fut suivi par les Bashilwamba. Plus tard, le pouvoir colonial ouvrit une école primaire à Atuta au détriment de Bangwe, très peuplé. La présence de vastes espaces à Atuta fut brandie comme atout. Cette nouvelle donne ouvrit une nouvelle brèche à la tension qui existait déjà entre les 2 clans.
En 1959, le pouvoir colonial avait investi Monsieur CHELFANI, issu du clan Bashilwamba, comme chef de localité d'Iamba. Ce qui mécontentera une fois de plus les Bashimwenda.
En 1964, la rébellion muleliste a exacerbé la situation de façon que les tueries ont été opérées par et entre les deux clans. Après la rébellion, dès 1965, des alternances pour la gestion du pouvoir politico-administratif entre les clans Bashimwenda, Bashilwamba et Bazoba –Vira ont été initiées, sans toutefois mettre un terme à la crise. Les différents chefs de Collectivité – secteur de Tanganyika ont tenté, en vain, entre 1976 et 1992, de réconcilier les clans en conflit.
Les guerres de 1996 et 1998 sont venues exacerber la situation relationnelle entre ces deux clans, une situation longtemps précaire.
c) Manifestations
- incendies à répétition des maisons d'habitation,
- nombreuses pertes en vies humaines observées,
- collaboration trop timide entre les membres de ces deux clans et leur faible participation aux initiatives de développement communautaire,
- esprit de suspicion manifeste entre les membres de ces deux clans et mariages inter claniques très peu encouragés / contractés.
d) Acteurs
· Les acteurs clés (locaux) sont:
- DJUMA LUBAMBWE, chef actuel de la localité de IAMBA (un mushilwamba)
- MBALE MWECI OMBE ONGE, rival du chef actuel (un mushilwamba)
- Elite intellectuelle de ces deux clans,
- Les politiciens de tous bords de la collectivité de Tanganyika.
· Les autres acteurs (lointains) sont:
- Le pouvoir colonial belge,
- Les hauts cadres de l'Eglise CLMC.
- Les populations de ces deux communautés.
e) Perspectives
Ce conflit nécessite la relance du dialogue entre ces deux communautés et autour du leadership de l’Eglise CLMC. L’implication de l’autorité administrative constitue également une voie de sortie.
3. Conflits d'identité et d'intégration des « Banyamulenge »
a) Contexte
Selon les sources locales, les Banyarwanda (‘’Banyamulenge’’) sont arrivés dans la collectivité de Bafuliru sous le règne du mwami Nyamugira alors qu'ils fuyaient la guerre qui opposait le roi Mutara au président Kayibanda, guerre qui marqua la fin de la monarchie au Rwanda.
Ils seraient entrés en territoire d'Uvira par la collectivté Bafuliru et plus précisément par les villages de Bwegera et Luberizi avant de se diriger vers Lemera en passant par Luvungi. Dans leur périple, ces derniers ont continué la route en quête des lieux qui seraient favorables à leurs activités pastorales. C'est ainsi que, dit-on, ils se sont installés à Mulenge, un village des pygmées.
Au moment de leur installation, ils ont tenu à gagner la confiance des chefs et populations autochtones auxquels ils ont offert vaches et chèvres. L'harmonie s'étant installée entre les populations autochtones et les nouveaux venus, leur leader en la personne de Kayira fut séduite par le tipoy et le prestige dont jouissait le mwami qu'il tenta de renverser. Une guerre survint de suite de cet incident. Ceci obligera les Banyarwanda à poursuivre leur migration, se dirigeant vers Katobo en passant par Nyamikombe, Kataka et Kishembwe en collectivité des Bavira. Dans ce processus d'installation en collectivité des Bavira, la majorité se serait installée à Rurambo, Mushojo et Masanga du côté des Bafuliru. Au fil des temps, les Bami, emportés par les dons de ces immigrés, leur ont confié par moment une parcelle du pouvoir. Ainsi par exemple, dit-on, M Nyiraminege a été le premier capita immigré qui a dirigé le village de Kamingo en collectivité des Bafuliru et Mushishi pour le village de Rugarama en collectivité des Bavira.
Par petits groupes, d'autres sujets Banyarwanda ont continué leur chemin jusqu'à atteindre le territoire de Fizi où ils ont occupé Tulambo. Jusque là et nulle part cette occupation ne blesse. La complication n'a commencé que par les faits ci-après :
- les immigrés commencent à débaptiser les cours d'eau et les montagnes pour les désigner par des noms rwandais,
- le changement surprenant de leur appellation de Banyarwanda en ‘’Banyamulenge’’.
De la lecture de ces deux faits, les populations ont réalisé que les Banyarwanda venaient de leur ravir les terres et de se naturaliser, s'imposant unilatéralement congolais et ce au mépris de la loi.
Pour Kanyambari père de Zinguru, ce changement de nom a comme raison le souci de nous différencier de ceux de nos frères restés au Rwanda. Quant à d'autres immigrés, Mulenge est le village qui a vu naître leur ancêtre éponyme à travers lequel ils s'identifient. Par contre, tous les immigrés qui habitent le village Rubibi, avec le pasteur Mushara n'ont jamais accepté cette appellation de "Banyamulenge", ils se veulent seulement Rwandais.
A travers ces différentes discussions, il ressort dans ce conflit un problème d'identité, les immigrés qui veulent se confirmer en tant que groupe ethnique, si pas de droit mais de fait, faisant partie de la population congolaise et qui cherche à s'intégrer dans la nation. Voilà le début d'un conflit qui sera attisé en 1987 par l'opération de l'identification nationale, lorsque Gisaro était commissaire du peuple. Les immigrés vont déchirer ces fiches d'identification revendiquant ainsi leur nationalité congolaise. C'est à partir de ce moment que l'harmonie qui caractérisait les relations entre ces communautés va laisser place à la suspicion et à la haine, et à la longue, à l'éclatement de la guerre dite de libération de Laurent Kabila suivi de celle du RCD.( ).
b) Manifestations
- l’eclatement de la guerre dite de libération à partir des Hauts plateaux de Fizi et de la plaine de la Ruzizi,
- la guerre dite de rectification commanditée par la plupart des leaders de la communauté ‘’Banyamulenge’’,
- les différentes guerres interethniques entre tantôt Babembe et Banyamulenge, tantôt entre les Babuyu alliés au Banyamulenge contre les Babembe,
- le refroidissement du dialogue entre les communautés autochtones et la communauté de Banyamulenge,
- l'incendie des villages et les tueries en grande échelle (cas de Makobola, Katogota etc.),
- le territoire divisé en zones d'influences,
- la balkanisation du pays.
c) Acteurs:
- les populations autochtones et les immigrés Banyamulenge,
- les leaders de ces deux communautés : Masunzu, Willy Dunia, Madoadoa, Nyamushebwa, etc.,
- le pouvoir de Kinshasa,
- le RCD,
- le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda,
- la communauté internationale.
-
d) Perspectives
Ce conflit est très complexe. La clarification de la loi sur la nationalité pourra y mettre un terme. Toutefois, des efforts en matière de cohabitation pacifique entre les communautés impliquées doivent être amorcés et renforcés
1.2. LES CONFLITS ECONOMIQUES
1°) LE CONFLIT ENTRE TROIS GROUPEMENTS ET QUATRE GROUPEMENTS DANS LA COLLECTIVITE DES BAKISI EN TERRITOIRE DE SHABUNDA
a) Contexte
Pour asseoir leur pouvoir au Congo, à l'époque coloniale, les Belges ont fait recours à des alliés locaux, lesquels du reste devraient être des chefs coutumiers. Leur arrivée à Shabunda, en l'occurrence chez les Bakisi, a introduit un nouveau type de pouvoir. Le peuple Bakisi qui a toujours évolué sous une structure segmentaire s'est vu imposer un pouvoir centralisé consacré par la création de la chefferie > institutuée selon le PV n° 111/1904 et reconnu par le décret du 3/06/1906 et dont le 1er chef fut le Mwami MOPIPI MUTIMANA.
Dans sa configuration initiale, cette collectivité – chefferie des Bakisi ainsi constituée comprenait 3 groupements à savoir : le groupement Bamuguba, le groupement Baliga et le groupement Bakyunga. Néanmoins, cette suprématie de MOPIPI sera mise en cause par des faiseurs d'opinion des clans Bazobo,Bangoma et Beigala qui selon eux, MOPIPI ainsi que les chefs de 3 groupements précités n'avaient pas été choisis selon les règles de la coutume. Pendant ce temps, MOPIPI dirige la chefferie avec despotisme s'intéressant seulement aux membres de sa famille.
Par l'arrêté n° 21/111/ du 14 Août 1946 du gouverneur provincial, le chefferie Bakisi fut constituée en secteur afin de laisser plus d'autonomie aux groupements qui la constituaient. Il fut également procédé au découpage de la chefferie dont le nombre de groupement est passé de trois à sept : Bangoma, Bamuguba nord, Bamuguba sud, Baliga, Bagabo, Beigala et Bakyunga. En 1959, MOPIPI rentre aux affaires, ce qui provoque des remous du côté des clans Bagabo, Beigala et Bangoma qui vont se liguer contre l'autonomie réinvestie en vue de sa déstabilisation. Du reste, ces clans qui sont hostiles au Mwami appartiennent aux quatre groupements nouvellement créés pendant que les clans de trois premiers groupements lui sont dociles.
Faisant face à cette opposition, le Mwami MOPIPI appelle la réunion du conseil de chefferie en date du 4/4/1964 et démet tous les chefs de"quatre" groupements pour les faire remplacer par les éléments qui lui sont favorables. Cet incident constitue le geste inaugural qui a ouvert le conflit entre les 4 groupements hostiles au Mwami et les trois autres lui restés fidèles, conflit qui jusque là évoluait dans la latence. Il importe de signaler que le conflit ainsi créé a été caractérisé par des hostilités très prononcées à l'instar des tortures, assassinats, détentions illégales et enlèvements entre les éléments de deux groupes protagonistes. Cette situation a évolué jusqu'à l'éclatement de l'actuelle guerre qui de fait divise la RD Congo en blocs. Ce conflit a pris avec le temps plusieurs formes débouchant sur des crises devenues presque cycliques. >.
b) Manifestations
- Les relégations en cascade : toute personne qui osait attenter à l'autorité du chef de collectivité encourait la peine de relégation. Citons parmi eux ; Mulepa, Fundi, Mukulumania, Kiziba, Kankoko, Kaleba, Kakozwa, etc.
- Les velléités séparatistes manifestes à travers les différentes revendications des leaders des clans issus de quatre groupements:
Exemples :
* En 1965 : Venance KILUWE tente d'ériger son clan en groupement et créer ainsi une chefferie qui s'appelerait " la collectivité de Kigamba Liga en opposition au Mwami MOPIPI et à la chefferie de Bakisi.’’
* En 1966 le Chef de groupement de Baliga, Mubake sollicitera l'annexion de son groupement au territoire de Mwenga mais rencontrera le refus du responsable des services de l'administration du territoire en ces termes : "Quant à votre lettre du 26/1/1967 par laquelle vous demandez d'être détaché de la collectivité de Bakisi et d'être annexé au territoire de Mwenga, je vous fais savoir que seules les limites existant au 30/6/1960 sont respectées.
* La division de l'élite intellectuelle.
* La bipolarisation de la vie socio-politique avec un impact sur les rapports des individus selon qu'ils appartiennent aux quatre ou trois groupements.
c) Acteurs
- La population de quatre et de trois groupements.
- Les leaders de trois et quatre groupements.
- Le pouvoir colonial et le pouvoir politico-administratif au niveau local.
d) Perspectives
Le problème demeure dans son entièreté. Aucun effort n’a jusque là été entrepris pour lui trouver une issue. Il est grand temps pour que l’administration publique et d’autres acteurs intéressés d’amener les protagonistes autour d’une même table.
2°) Le conflit foncier et de gestion de pouvoir entre les cités d'Uvira, de Kagando et de Sange avec les chefferies coutumières du territoire d'Uvira.
a) Contexte
Depuis l'époque coloniale, l'autorité du mwami des Bafuliru s'étendait de la localité de Makobola au sud jusqu'à Ngomo au nord-est d'Uvira. Suite à l'immensité de la juridiction territoriale sous le contrôle du mwami des Bafuliru, son insoumission et son incapacité à gérer un si vaste territoire, les colons belges ont réduit et fixé les limites des collectivités de la plaine de la Ruzizi jusqu'à Kamanyola.
Pendant ce temps, le chef des Bafuliru s'est vu déstabiliser jusqu'à perdre son pouvoir et faire l'objet d'une relégation. Pendant que le mwami était suspendu, c'est alors que l'autorité coloniale décida d'éclater la collectivité du Bufuliru pour donner naissance à deux autres collectivités coutumières à savoir : la collectivité des Bavira et la collectivité de la plaine de la Ruzizi. C'est avec ce nouveau découpage qu'ont commencé à partir de 1960, les premiers conflits liés aux limites qui ont opposé ces collectivités voisines.
En dehors des questions des limites, il y a eu aussi les questions du leadership que se disputeront désormais les trois chefs de collectivités. Car le mwami des Bafuliru souffrait déjà du fait de l'amenuisement de son pouvoir de suite de ce découpage et de la présence de deux autres concurrents. Par cette nouvelle délimitation territoriale, il a vu son prestige et son autorité automatiquement mis en jeu. Ce qui est à la base des conflits entre ces différentes chefferies coutumières. Cet état de chose va se compliquer en 1987 par la création des nouvelles entités territoriales appelées " Cités" et qui seront également instituées dans le territoire d'Uvira. Il s'agit de :
a) La cité d'Uvira : elle est limitée au nord par la cité de Kagando, au sud par la rivière Kambekulo, à l'est par le lac Tanganyika et à l'ouest par la chaîne de montagnes Munanira.
b) La cité de Kagando : elle est limitée au nord par la rivière Runingu et les confins du domaine de la sucrerie de Kiliba, au sud par la rivière Kamvinvira et le lac Tanganyika, à l'ouest par la route nationale Bukavu – Uvira et à l'est par la rivière Ruzizi.
c) La cité de Sange : elle est limitée au nord par la localité Nyakabere, au sud par la rivière Ruzizi et à l’ouest partiellement par localité de Rwengero parallèlement à la route Bukavu – Uvira.
Ces cités ainsi créées ont davantage morcelé les collectivités du territoire d'Uvira, amoindrissant la zone d'influence des chefs coutumiers au bénéfice de l'autorité politico-administrative. Ceci provoque un manque à gagner pour le pouvoir coutumier dont le gros des recettes émane de la perception des différentes taxes auprès des populations. De l'autre côté, la population se trouve confrontée aux payements des taxes multiples : d'un côté à l'autorité politico-administrative et de l'autre côté à l'autorité coutumière.
L'autre problème engendré par cette institution cité est celui de la distribution des terres. Il y a des endroits où l'on ne sait plus qui de l'autorité politico-administrative ou de l'autorité coutumière est habilité à distribuer la terre. Le même problème de distribution des terres se pose entre les populations étant donné que les superficies et les limites exactes entre les cités et les collectivités ne sont pas très bien spécifiées. Ceci est à la base des conflits entre d'un côté la population et le pouvoir administratif, de l'autre côté la population contre le pouvoir coutumier. C'est aussi un conflit entre les différentes entités administratives, à savoir les cités contre les collectivités
b) Manifestations
- La multiplicité des conflits fonciers entre les habitants de la cité et ceux des collectivités limitrophes,
- Le dialogue réduit entre les chefs des cités et les autorités coutumières,
- L’absence des données démographiques fiables pour ces entités (cités et collectivités-chefferies),
- Les tiraillements multiformes entre les chefs coutumiers et les autorités politico-administratives pour des raisons soit de perception des taxes, soit au sujet de la distribution des terres,
- La division au sein de la population. Les uns sont partisans de l'instauration des cités, ce qui réduit et démystifie le mwami et d'autres pour la restauration de l'ancienne division administrative,
- Les chefs Bavira et Bafuliru en ont marre avec la forme d’administration, les multiples lettres de revendication adressées à l’autorité provinciale et au bureau provincial de la division de l’intérieur.
c) Acteurs
- la population autochtone fuliru et vira,
- les chefs coutumiers des Bavira, des Bafuliru et de la Plaine de la Ruzizi,
- les autorités politico-administratives anciennes et actuelles,
- l'élite intellectuelle autochtone qui véhicule les revendications de la base et du pouvoir coutumier,
- l'élite allochtone qui appuie l’Etat dans cette décision libéralisant la participation de tous à la gestion du pouvoir politico-administratif des juridictions jadis restées l'apanage de seuls chefs coutumiers.
d) Perspectives
Ce conflit demeure entier. L’administration du territoire doit examiner la question en profondeur afin de satisfaire les parties.
CONFLITS POLITIQUES
1. Le conflit d'intégration sociale et de gestion de pouvoir politico-administratif à Kalehe.
a) Présentation
Kalehe est l'un des huit territoires que compte la province du Sud-Kivu. Il est situé dans la partie nord de la province et coincé entre les territoires de Masisi (Nord-Kivu) au nord, de Kabare au sud et de Bunyakiri à l'ouest, et le lac Kivu à l'est. Sur le plan administratif, il est divisé en quatre collectivités chefferies, à savoir Buzi, Ziralo, Mbinga Nord et Mbinga Sud.
b) Contexte
Depuis de temps immémoriaux, la population de Kalehe, en dépit de sa diversité ethnique, a vécu dans la convivialité, dans l'entente mutuelle et dans la tolérance réciproque. Le Havu vivant dans le bas plateau exploitait facilement les vastes domaines agro-pastoraux des hauts plateaux où habitait le Hutu et vice versa. Il en était de même pour la garde de bétail : le Hutu, Tutsi et le Havu à Kalehe se rendaient mutuellement service.
Cependant, le Havu, autochtone disposait des vastes étendues de terre par rapport aux deux autres supposés venus du Rwanda (et trouvant le Havu déjà installé). Il pouvait donc faire louer sa terre, utiliser les autres peuples comme main d'œuvre agro-pastorale et avait d'énormes possibilités de faire scolariser ses enfants.
L'avènement des guerres en RD Congo depuis 1996 a bouleversé la donne dans le territoire. Entre 1995-1996, on assiste au retour du Tutsi au Rwanda amenant avec lui son bétail et vendant le peu de terre déjà acquis.
Avec la guerre de 1998, celle du RCD, certains Tutsi ayant regagné le Rwanda marquent le come-back à Kalehe, récupérant les terres vendues et s'imposant sur d'autres, armes à la main. Les Hutu résidant aussi cherchent à s'imposer sur les Havu dans le bas plateau, en complicité avec les Hutu rwandais interhamwe, où ils sèment panique et désordre, pillages, enlèvement et déportation, conduisant le Havu à fuir son terroir. Avec l'appui du TPD (Tous pour la Paix et le Développement, parti politique de Serufuli, gouverneur du Nord-Kivu), ils font recours aux armes, organisant des milices sur le haut plateau, instrument qui leur facilitera l'intégration sociale et la conduite des affaires dans le territoire par la force.
c) Manifestations du conflit.
Comme déjà mentionné, le territoire de Kalehe, du moins la partie basse, riveraine du lac Kivu, fait l'objet d'une instabilité, si pas d'une déstabilisation, et d'une insécurité sans nom. Les localités concernées sont celles de Bushushu, Chihumba, Rumbira, Kabushungu, Kanyunyi, Nyamukubi, Lushebere, Bujuki, Nkubi, Muhongoza, Luzira, Mishebere et Kasheke Buzunga.
Les faits et événements ci-après, survenus dans l'une ou l'autre de ces localités au cours du deuxième trimestre de l'an 2003 prouvent combien le conflit entre Hutu-Tutsi et Havu est très ouvert à Kalehe.
1° Le 23 avril 2003, à Kanyunyi- Chihumba-Bushushu, 10 personnes sont portées disparues dont 3 fillettes de moins de 15 ans (Neema Moroy, Shugi Kasuzaguro et Riziki M'Nyakabandi qui ne seront jamais retrouvées) ;
2° Dans la nuit du mercredi 14 mai 2003, Nyamukubi, Kanyunyi et Bushushu sont pillés systématiquement par des hommes armés. Les militaires du RCD/Goma vont intervenir et occasionner la mort de trois personnes parmi les pillards. Cette dernière action va entraîner l'indignation de Bahutu.
3° Autour du 31 mai 2003, le capitaine Jams NGAZO, commandant du RCD/Goma en place, va organiser une campagne de sensibilisation pour que la population de Bushushu réfugiée dans les îlots de Chime, Mabula, Chigera et ailleurs de retourner chez elle, organiser des réunions de sécurité et les patrouilles la nuit.
En guise de protestation, les Bahutu de Hauts plateaux vont lancer une nouvelle attaque contre les populations du capitaine Jams NGAZO, mais sans succès. Dans l'entre temps, ils vont demander aux jeunes Hutu de ne pas faire partie du corps de local defense pour garantir la sécurité dans le milieu. L'esprit de vengeance nourrie par les Bahutu contre les Bahavu, sous protection du commandant Jams, est entretenu par certains leaders Hutu, parmi lesquels on peut citer HARIMBA, WEGEMIYE et RUMAZIMISI.
4° Le chef de poste d'encadrement administratif de Muhongoza Monsieur Apollinaire BUSHENYI se voit poursuivi par les Hutu pour avoir bloqué le passage aux interhamwe, en route vers le bas plateau. Ils sollicitent son remplacement auprès de l'administration du territoire de Kalehe pour cette action (combien louable pour plus d'un observateur épris de paix) ;
5° Les milices du TPD brandissent des menaces à l'égard des chefs Havu coutumièrement établis (au niveau des localités, groupements, collectivités) et du territoire qu'elles cherchent à tout prix à remplacer. A titre illustratif,
- l'administrateur assistant, Monsieur KININI, vient de céder son poste de force à un sujet Hutu du Haut plateau,
- Monsieur HARAMBI, un Hutu et de façon secrète, s'auto proclame chef du groupement de Haut plateau (jusque là inexistant).
Bref, la tendance qui se dessine ouvre la voie à l'idée de création d'un Hutuland à Kalehe.
d) Acteurs
Les principaux acteurs impliqués dans ce conflit sont :
- les leaders Hutu de Haut plateau, de Masisi et de Rutshuru,
- les militaires rwandais résidants associés aux miliciens rwandais interhamwe,
- les hommes politiques locaux et au niveau du RCD/Goma,
- le TPD et les milices armées qu'il encadre,
- la population autochtone Havu,
- la population Tutsi retournée (du Rwanda).
e) Perspectives
Au vu du caractère affiché de ce conflit (politico-administratif, ethnique et armé), il s'avère impérieux qu'il fasse l'objet d'un véritable suivi. Le cas contraire ouvrirait la route à une nouvelle tension qui risque de mettre en péril les accords signés et en application jusqu’à ce jour.
2. Conflit entre le RCD/Goma et les Mudundu 40
a) Contexte
Le 2 août 1998 éclate à Bukavu la guerre dite de rectification. Quelques fils du pays télécommandés par le régime de Kigali prennent les armes avec l'intention de mettre un terme au régime de feu MZEE Laurent KABILA qu'ils qualifient de tribalo-régionaliste et de "génocidaire". Les commanditaires de la guerre envisageait partir de Bukavu pour enfin débarque sur Kinshasa à l'instar de ce que firent des troupes de l'AFDL contre le feu Maréchal Mobutu.
Malheureusement, le commandement de troupes appelées pour cet assaut était presque en majorité confié à des sujets d'origine rwandaise. Or, les Congolais gardaient encore en mémoire les exactions, les tracasseries ainsi que divers traitements combien inhumains qu'ils venaient de subir de la part des militaires rwandais qui ont accompagné MZEE KABILA dans sa course sur Kinshasa. Pour manifester leur mécontentement face à ces militaires rwandais, les populations locales en général et particulièrement ceux du Sud-Kivu ont constitué diverses milices comme pour protester contre cette nouvelle percée rwandaise, cette fois-ci qualifiée de guerre d'agression contre la RD Congo. C'est dans cette mêlée que virent le jour d'innombrables milices dans l'ancienne province du Kivu.
Les milices ont été formées autour de quelques leaders (combattants) tel que Padiri sur l'axe Bunyakiri-Mwenga-Shabunda, Willy Dunia sur la ligne Uvira-Fizi, Nakabaka et Zabuloni sur les hauts plateaux de la plaine de la Ruzizi, Nakiliba à Kasika et Odilon Kurengamuzimu, ancien garde de corps du commandant Thierry ILUNGA du RCD/Goma, à Walungu avec sa milice appelée les Mudundu 40.
Au départ le Mudundu 40 était un mouvement de résistance populaire dont le quartier général était basé dans la localité de Mushinga en territoire de Walungu. A partir de l'année 2000, le Mudundu 40 contrôlait un vaste territoire de Walungu ainsi que quelques localités du territoire de Kabare, de Mwenga et de Shabunda et les périphéries de la ville de Bukavu. Ce qui a témoigné la force d'action militaire de cette milice. A partir du mois de janvier l'an 2002, l'on assista à un rapprochement entre le Rwanda et la milice Mudundu 40. Ce rapprochement avait un double objectif selon qu'on pouvait le regarder du côté rwandais ou du côté de Mudundu 40.
Pour les Mudundu 40, ce rapprochement avec le Rwanda a permis l'approvisionnement facile en armes et minutions du Rwanda. Ce qui facilita le contrôle de ce vaste territoire étendu sur les espaces de trois territoires. Aussi, les Mudundu 40 réussiront même à faire passer l'un de leur au poste de gouverneur de province du Sud-Kivu en la personne de Patient Mwendanga. Quant au Rwanda, en armant les Mudundu 40, il s'en est servi comme position avancée qui empêcherait toute infiltration vers le Rwanda de quelqu'interhamwe, soit-il, qui tenterait de renter au Rwanda.
Avec ce rapprochement, le Rwanda se trouve au milieu de deux mouvements rebelles au Sud-Kivu lesquels doivent évoluer dans le même environnement sans que l'un et l'autre se porte sincèrement à cœur. Cela parce que les amitiés entre le Mudundu 40 et le Rwanda font l'objet d'une toute autre lecture du côté du RCD/Goma qui n'est pas consulté ni par le Mudundu 40, ni par le Rwanda dans ces nouvelles tractations. D'où, un sentiment de rivalité timide s'installe entre ces deux mouvements militaro-politiques :
- le RCD/Goma, perçoit que le Mudundu 40 est devenu le second bras du Rwanda au Congo qui, potentiellement pourrait le remplacer,
- quant au Mudundu 40, la main tendue du Rwanda le rend orgueilleux et prétentieux. Elle le nourrit d'ambitions grandissantes que le Mudundu 40 voudrait s'égaler au RCD/Goma et envisage ainsi l'effacer sur la scène militaro-politique,
- du côté du Rwanda, il se lit la tendance d'agir au Sud Kivu directement à travers le Mudundu 40 sans consulter le RCD/Goma.
Suite à cette attitude, le RCD/Goma confirme le risque de son remplacement par le Mudundu 40 et décide de passer à la vitesse supérieure :
La rivalité entre ces deux fractions n'est plus à rechercher ou à camoufler. Le leadership du mouvement RCD/Goma, sans ambages révoque Patient Mwendanga du poste de gouverneur de province, mécontentant d'avantage le Mudundu 40.
b) Manifestations
- Déploiement des troupes du RCD/Goma venues d'Ikela, Kasongo, Lodja autour de Walungu pour disperser les M40,
- Le 3/4/03 les positions de M40 sont attaquées à Ikoma, Bugobe et Cirunga
- 4/4/03 le RCD/Goma envoie des renforts à Kabare et le 5 avril à Bagira,
- Arrestation de Mr Patient Mwendanga par les autorités du RCD/Goma le 5 avril 2003 a mis du poudre au feu qui entraîna la prise de près de 95%de la ville de Bukavu, le 6 avril 2003, où on dénombra 14 personnes tuées,
- Eclatement de la guerre à Kabare le 5 avril 2003 et le 6 avril 2003 à Bukavu,
- Dans son message du 7 avril, le gouverneur Xavier CIRIBANYI nommé à la place de MWENDANGA qualifie le M40 de mouvement tribalo-terroriste et d'Interhamwe,
- Ramification de la guerre dans la localité de Ntondo et à Mubumbano,
- Offensives en territoire de Walungu entre le 7 et le 14 avril 2003 par les troupes du RCD/Goma appuyées par une division de l'APR
- Cinquante cinq personnes tuées dans les localités de Izirangabo, Karhundu, Irhumvu, Cirhimura, Mwegerera, etc.
- Viols et violences faites aux femmes,
- Pillages et destructions méchantes des maisons dans le territoire de Walungu.
- Offensive à Mulamba.
c) Acteurs.
- Le RCD/Goma
- L'élite intellectuelle de Walungu (certaines personnes)
- Patient MWENDANGA président du M40,
- Le Rwanda,
- La population locale,
- Les maï- maï
- Le mudundu 40.
d) Perspectives
Ce conflit est lié à la conjoncture politique et trouvera solution avec en place des institutions de la transition politique en RD Congo et la réunification du pays.
II. PERSPECTIVES ET STRATEGIES
Comme vous l'auriez remarqué, les conflits observés au cours de ces deux derniers mois de la première phase du projet "Observatoire des conflits au Sud-Kivu" , ne sont pas éloignés de ceux relevés au cours des mois précédents. Ils tournent autour des questions de gestion du pouvoir (politique et administratif) et d'identité/affirmation/intégration entre ethnies dans certaines entités, en dépit de quelques nuances.
Les conflits liés à la gestion du pouvoir sont à la une dans les territoires d'Uvira, de Shabunda et de Walungu.
A Uvira, c'est la lutte entre les collectivités – chefferies (des Bavira, Bafulero et Plaine de la Ruzizi) et les cités autonomes créées par le régime Mobutu qui se fait sentir. Le problème s'y pose de suite de l'amenuisement des recettes fiscales pour les collectivités – chefferies, certaines taxes échappant à leur contrôle.
A Walungu, le conflit le plus vécu tient ses racines au différend idéologique entre les forces rebelles du RCD/Goma et Mudundu 40.
A Shabunda par contre, c'est autour de la légitimité du pouvoir de la descendance du Mwami MOPIPI MUTIMANA de la collectivité des Bakisi.
Les conflits ethniques analysés entre Babembe-Banyamulenge à Fizi, Banyamulenge-autres tribus d'Uvira à Uvira et Bahavu-Bahutu à Kalehe ont été exacerbés par la guerre et se manifestent par des attitudes de méfiance ou hégémonies entre les uns et les autres.
Il est vrai que tous les conflits observés font des victimes déjà, mais ils nécessitent en plus d'une attention particulière, un suivi permanent et la recherche des voies heureuses de sortie. Certains, comme celui de Kalehe, risquent même de conduire la province du Sud Kivu à la dérive et porter préjudice au processus de paix déjà enclenché en RD Congo. Y regarder par deux fois s'impose.
COPARE pour sa part n'a pas de solutions miracles à proposer aux acteurs impliqués dans l'un ou l'autre conflit. Toutefois, il recommande ce qui suit :
1° Aux pouvoirs et gestionnaires des entités politico-administratives :
- de vulgariser la loi sur la nationalité
- de ne pas résoudre les conflits fonciers et entre entités locales par la force,
- de bien interpréter les textes officiels instituant les cités en territoire d'Uvira,
- d'éviter de tracer de nouvelles limites entre groupements et localités en dehors de celles instituées par le pouvoir colonial (comme à Shabunda, Kalehe, …), et en cas de nécessité, associer toutes les parties,
- de favoriser l'auto-détermination des populations de collectivités rurales en organisant le référendum là où cela s'avère impérieux,
- de vulgariser les droits des minorités et les principes démocratiques y afférents,
- de favoriser le dialogue et la cohabitation pacifique entre les communautés.
2° Aux populations et communautés impliquées / touchées:
- d'éviter d'influencer le pouvoir dans la prise de décisions (en faveur ou en défaveur de);
- d'ouvrir des débats francs (Shabunda, Uvira, Kalehe, …) sur les questions qui les divisent afin de briser les mythes et tabous,
- de soutenir les initiatives de résolution pacifique des conflits et la cohabitation pacifique,
- de réhabiliter les rencontres sous l'arbre à palabre afin d'éviter l'impartialité des tribunaux et d'agir sur fond de l'approche gagnant-gagnant.
3° Aux artisans de paix
- de sensibiliser les leaders des communautés à la cohabitation pacifique et de dialogue,
- de vulgariser les droits des minorités et les principes démocratiques y afférents, et la loi sur la nationalité,
4° A la Communauté Internationale
- de soutenir les initiatives de résolution pacifique des conflits et la cohabitation pacifique entre communautés au sein de la province du Sud-Kivu,
- d'encourager toutes les actions tendant à ramener la paix durable en RD Congo,
- d'appuyer les artisans de paix et le COPARE dans leur travail d'observation des conflits au Sud-Kivu et dans la région africaine des Grands Lacs.
Annexe
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
PROVINCE DU SUD KIVU
FRONT DE RESISTANCE ET DE LA DEFENSE DU KIVU
E.mail MUDUNDU40@yahoo.fr.
MEMORANDUM DU FRDKI M40 AU DIALOGUE INTERKIVUTIEN
1. PRESENTATION DU MOUVEMENT
Le FRDKI M40 est né dans le Sud-Kivu en Novembre 1997. les membres fondateurs sont principalement certains intellectuels du Sud-Kivu et autres notables BASHI.
Le FRDKI M40 appelé vulgairement Maï-Maï est un mouvement créé pour le peuple contre les abus qui ont été commis par les précédents régimes. Il est un mouvement politico-militaire appelé >. MUDUNDU étant une plante qui pousse dans le BUSHI, possédant des propriétés thérapeutiques certaines, sa tige est utilisée comme bâton pour se défendre ou pour administrer une correction (fouet). Il est utilisé comme balaie pour nettoyer et débarrasser la saleté. Cet arbuste à 40 usages est résistant à toutes les intempéries climatiques. Le FRDKI M40 s'identifie donc à cette plante.
Cependant, nous faisons remarquer que le FRDKI M40 n'est pas un mouvement exclusif pour les BASHI, beaucoup d'autres fils du Sud-Kivu et même d'ailleurs y ont adhéré et y militent efficacement. C'est pour cette raison que nous disons sans complaisance que le FRDKI M40 constitue le fer de lance pour les autres groupes armés de la résistance dans la recherche de la paix dans la Province du Sud-Kivu, en particulier et dans la région des Grands-Lacs en général.
De part sa structuration actuelle, son organisation et son ouverture, il est en mesure d'amener toutes les autres forces éprises de paix à adhérer dans sa politique.
2. MOTIVATION OU RAISONS DE LA RESISTANCE ARMEE
Historiquement, le FRDKI M40 n'est pas issue d'un simple hasard mais beaucoup des faits ont concouru à sa création :
En avril 1994, avec l'assassinat du Président Rwandais J. HABYARIMANA débute le génocide. Cela va entraîner un afflux massif des réfugiés rwandais sur le territoire de la RDC et plu précisément au Nord et au Sud-Kivu. Ceux-ci sont munis d'armes et bagages au vu et au su du gouvernement de Kinshasa et de la Communauté Internationale.
La notabilité du Sud-Kivu n'est pas restée inerte à ce malheureux événement. Elle va rédiger un mémorandum à l'adresse du Gouvernement KENGO WA DONDO, qui réagira positivement et va demander l'aide à la Communauté Internationale et au Conseil de Sécurité de l'ONU pour évacuer ces réfugiés et les rapatrier dans leur pays d'origine. Le premier Ministre sera contredit par son Président, qui venait de rejeter cette idée, préférant protéger cette masse d'hommes estimée à 3 millions sur son territoire avec les conséquences que cela implique et qui sont les suivantes :
1° Les camps des réfugiés vont devenir des Etats dans un Etat. L'on a retrouvé des Ministres de l'ancien régime rwandais qui s'y réunissaient, des banques y fonctionnaient, des passeports et des diplômes y étaient délivrés etc.
des abus de tout genre perpétrés par les réfugiés, une fois rétractés dans leurs camps, ces derniers devenaient impunissables. Le peuple du Sud-Kivu va manifester son ras-le-bol, à travers la Société Civile, le clergé, mais malheureusement sans pouvoir y remédier faute d'une force d'autodéfense. Ce qui va pousser alors la création de MUDUNDU M40.
2° Ces camps des réfugiés étaient transformés en centres d'entraînement et d'instruction militaires pour les jeunes recrus et cela au vu et au su de la Communauté Internationale et des autorités locales de l'époque.
3° L'on va proposer aux autorités coutumières du Sud-Kivu de distribution des terres cultivables aux réfugiés Hutu pendant que les Provinces du Sud-Kivu et du Nord-kivu ont des sérieux problèmes d'espaces cultivables. Ceci a montré qu'il y a anguille sous roche.
4° il y eu destruction méchante et systématique de la faune et flore du Kivu par les réfugiés : coupe des arbres pour le feu et sans politique de reboisement; l'abattage de nos bêtes domestiques et destruction des animaux des parcs pour l'alimentation et pour le commerce de l'ivoire et des cornes de rhinocéros.
5° L'avènement de l'AFDL a été bien accueilli au Kivu. L'espoir va vite s'étouffer avec les arrestations arbitraires des Bamis, qualifiés d'appuyer les forces de résistance.
6° Plusieurs interprétations de la guerre vont naître dans la population du Kivu. D'aucuns parlent d'expansion territoriales, d'autres d'annexion, d'autres de balkanisation, d'autres de libération, d'autres de la transplantation de la guerre du Rwanda au Congo entre Hutu et Tutsi.
7° On va constater avec beaucoup de regret et d'amertume, la marginalisation et l'exclusion volontaire de certaines ethnies dans les actions politiques et la monopolisation des postes par certaines ethnies au détriment des autres.
3. LES OBJECTIFS DE MUDUNDU.
1. La défense de l'intégrité du territoire;
2. La protection du patrimoine nationale et coutumier;
3. La restauration des infrastructures démolies par les effets de la guerre en ville comme dans les villages,
4. Le rétablissement d'un climat de paix et de cohabitation pacifique entre les différents groupes ethniques, de tolérance pour un développement harmonieux de la nation,
5. Garantir la sécurité des personnes physiques et leurs biens, des organismes nationaux et internationaux;
6. Le développement des relations de bon voisinage avec les pays limitrophes;
7. Assurer une éducation morale, politique et militaire à tous les jeunes pour la défense de la patrie;
8. Lutter contre une mauvaise exploitation des ressources minières et forestières,
9. Assurer la justice sociale et distributive,
10. Restaurer l'équilibre morale et le respect de la personne humaine.
Le FRDKI " MUDUNDU 40 " s'est battu avec détermination et conviction pour les causes ci-haut décrites.
Il s'est battu avec les moyens de bord ne bénéficiant d'aucun appui logistique, militaire ou financier ni de Kinshasa, du RCD, ni d'un allié quelconque. Seule la population locale s'est investie à contribuer et à aider tous les combattants sur le terrain.
MUDUNDU 40 n'a jamais lutté contre une ethnie quelconque, au contraire c'est lui qui sécurise la population dans la partie qu'il contrôle après l'avoir libéré des forces négatives "Interhamwe".
Le FRDKI "MUDUNDU 40" souscrit à la charte de L'ONU et soutient toutes les résolutions condamnant le génocide de 1994. Cependant, il déplore le fait que les forces populaires MUDUNDU 40 soient qualifiées au même titre que les Interhamwe par le RCD comme force négative.
Condamnons certains groupes de résistance Maï-Maï qui ne veulent pas s'inscrire dans la démarche de la paix et perpétue ensemble avec les Interhamwe des exactions sur la population civile dans la province du Nord-Kivu, du Maniema et une partie du Sud-Kivu.
d) CONSTATS.
1. Constatons que malgré les actions positives que MUDUNDU 40 mène contrairement aux forces négatives certaines autorités du RCD ne veulent pas le reconnaître. Comme qui dirait que certaines personnes souhaitent que cette situation perdure.
2. Il y a une grande tendance à vouloir diaboliser expressément et à tord "MUDUNDU 40" d'être à l'origine d'insécurité, des troubles et des manifestations dans la région.
3. Vous constaterez tous c'est la première fois que MUDUNDU 40 soit associé dans une manifestation de ce genre et qu'il a répondu présent sans tergiverser, tout simplement car il devait répondre à son objectif principal qui est la recherche de la paix et la sécurité pour tous.
e) MISSION DE FRDKI >
Le FRDKI "MUDUNDU 40" s'est fixé pour mission le retour des "Interhamwe" au Rwanda par un mécanisme de désarmement volontaire ou involontaire afin que les pays voisins puissent recouvrer la paix et la sécurité. Ce qui permettra à l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) de rentrer retrouver leurs familles, dont ils sont séparés.
"MUDUNDU 40" s'engage à réintégrer l'armée nationale qui sera constituée après le dialogue Inter-Congolais d'Addis-Abeba. Eu égard à ce qui précède, nous proposons à toutes les délégations ici présentes de se rendre dans les zones contrôlées par MUDUNDU 40 en vue palper des doigts la tranquillité et la sécurité qui y règne car les populations qui avait fuit leurs villages y sont retournées et y vaquent à leurs occupations habituelles. Aussi les originaires citadins partent en week-end dans leur village chose qu'ils n'avaient plus fait depuis plus deux des années.
Je vous remercie!
PRESENTATION DU COPARE
Le COPARE a été crée le 09 mars 1996 par 7 organisations non gouvernementales impliquées dans la recherche de la Paix. Parmi elles figuraient des associations et des Eglises. Aujourd’hui, le COPARE compte 34 Associations et organisations membres et reste ouvert à l’adhésion de toute autre organisation ou association impliquée dans la recherche de la paix.
Il poursuit entre autres les objectifs suivants :
* servir de cadre d’échange et d’expérience entre les intervenants en matières de paix, de réconciliation et de cohabitation pacifique ;
* faciliter la conjugaison des efforts des membres ;
* harmoniser les vues sur la paix et la réconciliation selon les contextes.
Pour son fonctionnement, le COPARE comprend 3 organes, à savoir :
* L’Assemblée Générale ;
* Le Conseil d’Administration composé de 7 membres ;
* Le Bureau de Coordination ayant deux animateurs.
I. ACTIVITES DE PAIX MENEES PAR LE COPARE
Depuis sa création et en vue de faire bien aboutir ses stratégies d’action, COPARE a mis un accent particulier sur la formation des artisans de paix. Cela dans le souci de disposer des animateurs capables de prêcher la paix, d’assurer la médiation et de faciliter le dialogue entre communautés ou individus. Dans cette perspective, COPARE a eu à organiser des sessions de formation à l’intention des animateurs - artisans de Paix - des associations membres ; sur :
* la transformation des conflits et la détraumatisation en 1996 avec l’appui de MCC / Grands-Lacs ;
* le rôle des rumeurs dans la gestion des conflits en 1997 avec l’appui, de la Mairie de Bukavu ;
* les techniques de médiation et de gestion des conflits en 1997 avec l’appui de MCC / Grands-Lacs ;
* les techniques de négociation en mai 2002 avec l’appui de MCC/ Grands-Lacs.
* les techniques d'observation et d'analyse sociale avec l'appui de la Commission Européenne.
Toujours dans le cadre d’assurer une formation adéquate aux artisans de paix de la Société Civile, le réseau a eu à organiser / fournir :
* deux voyage d’études respectivement au Kenya en décembre 1997 et à
Brazzaville (Congo) en 1998 ;
* un voyage d’échange des artisans de paix du Sud-Kivu (15 au total) au
Kenya en 1997 ;
* une expertise en formant les Assistants sociaux de Save the Children / UK-Bukavu sur la paix et la détraumatisation en mai 2000 à Bukavu ;
* l’entraînement à la paix des animateurs des associations - membres dans leurs milieux respectifs (Bideka, Nyangezi et Walungu), en vue de la création des noyaux de paix, en l’an 2000.
* la facilitation des formations aux animateurs du Bureau de coordination sur la transformation des conflits à Cyangugu au Rwanda du 3 au 10 août 2002 et à Mindolo à L'eocumenical Institute of Peace en Zambie.
Le COPARE publie un bulletin d'information sur la paix "MPATANISHI".
Aussi dans le souci de promouvoir la culture de la paix, la réconciliation et la cohabitation harmonieuse entre et au sein des communautés au Sud-Kivu, COPARE avait entrepris une série d’activités de sensibilisation populaire à travers :
* la production et diffusion de deux spots promotionnels sur la paix, sur les ondes de la RTNC / Bukavu - la Voix du Peuple - pendant six mois (Janvier à Juin 2000) ;
* la production et la distribution de 1.500 autocollants « PAS DE DEVELOPPMENT SANS PAIX », en l’an 2000 ;
* l’impression et la distribution de 150 T-Shirt « NINAPENDA AMANI ».
* Organisation d’un séminaire sur les initiatives de paix au Sud-Kivu en Août 2001 avec l’appui de Life and Peace Institute.
Enfin, dans le cadre de canalisation, d’information et de communication des actions de promotion de la paix au Sud-Kivu et dans les Grands - Lacs, COPARE initie des activités d’études et de recherche sur la paix.
Ainsi, il a eu à :
* réaliser une collecte des données sur les initiatives de paix au Sud-Kivu, en collaboration avec Life and Peace Insitute / Suède en juin 2001 ;
* Il appuie aussi les travaux de recherche (des indépendants et des étudiants) sur les questions de paix et des conflits.
* Elaborer un programme provincial de paix pour lequel nous sommes dans l’étape de préparation des ressources humaines à impliquer et dans la mobilisation des ressources financières ;
* ouvrir un centre de documentation (bibliothèque) de plus d’une centaine d’ouvrages et comptant beaucoup de revues, bulletins et rapports spécialisés sur la paix, la démocratie et les droits humains au bénéfice du public, surtout les chercheurs, les universitaires et le mouvement associatif.
II DES PARTENAIRES :
A l’heure qu’il est le COPARE entretient le partenariat avec le réseau MCC( Mennomite Central Committee) ainsi qu’avec LPI (Life and Peace Institute) organisation œcuménique dont le siège est basée en Suède et la Commission Européenne à travers COSI.
Personne de contact : Laurent MIKALANO M.
Coordinateur du COPARE
Tél. (+243) 98674420
Email : coparec@yahoo.fr
