Djolu /Equateur: des inquiétudes sur le processus électoral encours

Dans une interview au Journal le citoyen, le grand démographe Père Léon de Saint Moulin avait classé le Territoire de Djolu à cause de son enclavement parmi les entités les plus inaccessibles à cause des obstacles majeurs au déploiement du matériel électoral. ‘’ Quels sont les territoires où on n’a pas atteint 50 % ce de qui était attendu ? Ce sont les deux territoires terriblement enclavés, isolés : Djolu dans la province de l’Equateur, dans la Tshuapa….cela reflète les difficultés d’accès .On n’a réellement pas réussi à aller implanter les bureaux de vote pour qu’ils soient accessibles à la population …. Malgré la satisfaction des acteurs impliqués pendant les opérations préélectorales, le déploiement tardif des kits électoraux avec un personnel inexpérimenté, la démotivation, l’absence d’une campagne d’éducation civique en matière électorale, etc. ont influencé la situation actuelle. Trente bureaux de vote, pour 77.010 enrôlés sur une population de plus de 200.000 âmes dans une superficie de plus de 17000 Km² avec ses routes impraticables. Djolu, un no man’s land dit- on.

Si ces obstacles constituent des facteurs du sous – développement pour les uns, cela est pour les autres un moyen de s’enrichir sur le dos d’une population meurtrie. Pour mémoire le Bureau de Liaison de Bokungu est géré par un ancien clergé de l’Eglise catholique, qui selon les avis de tous incarne les valeurs chrétiennes. L’œil de l’observateur voit juste les opérations pré- électoral, notamment l’enrôlement et l’identification des électeurs, le referendum constitutionnel, etc.

1. De l’enrôlement des mineurs.
Pendant l’enrôlement dans cette juridiction des mineurs de 13 à 15 ans ont été enrôlés par la force au motif de gonfler les effectifs des électeurs pour obtenir plus de sièges. Des violations de la convention relative aux droits de l’enfant par les agents de la CEI méritent d’être porté à l’attention des pouvoirs publics et aux organisations ayant mission la protection des droits de l’enfant. Le risque de trouver des mineurs sans pouvoir de décision devant les urnes est certain. Les adultes risques de monnayer leurs voix et ainsi influencer les résultats des prochaines élections.

2. Du Détournement des primes des agents électoraux.
Au cours des opérations précédentes les activistes des droits de l’homme n’ont pas manqué de dénoncer le laxisme et la complicité des responsables du bureau de liaison (CEI) de Bokungu sur les actes de corruption et de détournement des primes des opérateurs de saisie que le responsable de la logistique du Bureau Relais CEI Djolu, une somme autour de 10.800 $ USD pour dix bureau de vote. L’incivique a eu la vie sauvée grâce à l’intervention de la population qui ne pouvait se contenir. L’information a été relayée par la radio onusienne, et l’hebdomadaire Le Potentiel dans sa livraison du 22 février 2006.

3. De la corruption
Situé à 200 Km de BL (Bureau de Liaison) , la plupart des opérateurs de saisie , les Contrôleurs Techniques et voire quelques Chef de bureau de vote sont recrutés ou désignés à partir de Bokungu. Pour figurer sur la liste du personnel à temps partiel de la CEI, les enseignants et autres se recrutent au milieu des diplômés des humanités. Le candidat ‘’agent’’ doit corrompre par le produit de son élevage qui de chèvre, porc, mouton, et voire des espèces sonnantes comme il a été déclaré par un ambulant de la place. « Pour inscrire ma femme comme agent à la CEI,j’ai déboursé 20$ USD, je pari que les prochaines élections ne seront pas du tout crédibles au regard du comportement des animateurs du bureau de liaison de Bokungu. Pour recruter les agents, ils ne jurent par la corruption ».

Sous informés, les corrupteurs dont la plupart ne savent pas ce qu’ils vont percevoir à la fin de l’opération rêvent des centaines des billets verts. Le rapport des activistes des droits de l’homme atteste que les agents de la CEI ont ramené plusieurs têtes de bétails fruit de la moindre effort à la fin de leurs missions. Aussi faudrait- il souligner que les propriétaires des locaux ayant abrité les bureaux d’enregistrement des électeurs se plaignent de n’avoir rien perçu de la Commission Electorale Indépendante, les frais de loyer pendant toute la durée des opérations électorales. Si les écoles et d’autres bâtiments des services publics de l’Etat peuvent faire l’objet de l’usage gratuit par cette institution citoyenne, les maisons des particuliers doivent bénéficier de leurs dus comme elle le fait avec les motos d’autrui sont loués pour les déplacements des agents électoraux.

La prime de la CEI pendant les opérations référendaires s’élève à 35$ USD. L’agent commis pour la paie oblige à chacun d’accepter 20$ USD contre remise d’une décharge attestant qu’il a réellement reçu le montant prévu. Le payeur qui empoche la différence avance une justification selon laquelle ses frais de mission sont pris en charge par les enrôleurs et non à la hiérarchie de cette institution d’appui à la démocratie. L’enseignant victime ne dit mot car c’est un habitué. La moindre révolte de la victime peut entraîner sa à la radiation de liste prochain tour.

4. l’Insécurité
Au cours d’une mission de contrôle des effectifs, les experts de la Police Nationale Congolaise, suivi par la paie des agents de l’ordre au premier semestre de l’année 2006. Certains éléments n’étaient pas payés par le trésor suite au processus d’intégration des unités de la police encours. Des agents de l’ordre insubordonnés pour n’avoir pas perçu leurs soldes se sont illustrés aux actes de pillage des biens des petits commerçants au marché de la cité de Djolu. Bilan un enfant tué. Devant cet état de chose, la cohabitation entre les éléments de la police et la population de Biimbi (Cité de Djolu) devenait plus en plus difficile jusqu’à entraîner des bagarres. Malgré la décision de la hiérarchie de les affecter dans les chefs – lieu des secteurs (Bokondo, Lingomo, Yoseki et Bolafa). Le pire est à craindre car les populations font l’objet des actes de tortures, vol et extorsion par les agents de l’ordre. Au lieu de s’occuper de l’encadrement du processus électoral, la police congolaise de cette juridiction excelle aux arrestations arbitraires avec des amendes éléphantesques allant de 5000 à 25.000 FC pour un citoyen habitant cette région enclavée, où la circulation monétaire est devenue une casse – tête depuis que les cours mondiaux du café ont connu une baisse considérable, il y a plus de cinq ans. Le café étant le principal produit d’exportation et principale source de revenu ; les populations se rabattent au commerce des produits saisonniers tels que les chenilles, champignons, courges, etc.… pour se procurer des produits manufacturiers dans les marchés de Kisangani (500 Km), Boende et Lisala (300 Km) à pieds avec des colis au dos à leurs risque et péril sous les intempéries.

Face à cette culture d’antivaleurs, il est probable que les résultats qui sortiront des urnes soient contestés par l’un ou l’autre candidat malheureux. Le climat politique dans la circonscription électorale avec neuf candidats à l’assemblée nationale pour un seul siège et plus de vingt candidats aux provinciales pour trois sièges présage une période post – électorale agitée. Sur ce nous recommandons ce qui suit:
- A la CEI de diligenter une mission d’enquête pour recueillir les informations sur terrain, et procéder aux sanctions des auteurs. La RDC a tant souffert de la mauvaise gouvernance à la base de la crise de légitimité consécutive à la crise actuelle,
- A la MONUC de faciliter le déploiement du matériel électoral et des observateurs.
- Au Ministère de l’Intérieur qui a dans ses attributions la gestion de la Police Nationale Congolaise de rappeler à l’ordre ses troupes pour que la population puisse aller voter dans la tranquillité,
- Au Ministre des droits humains de diligenter une enquête sur la situation des mineurs enrôlés par la force pour des raisons électorales de poursuivre les auteurs et de les traduire devant la justice.

Source :
1. Rapport d’activités ILDI juin 2006,
2. Loi n°06/006du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielles législatives, provinciales , urbaines , municipales et locales, Kinshasa , mars 2006.
3. www.lepotentiel.com/afficher_ article.php?id_edition=&id_article=22979 - 10k ,
4. www.groupelavenir.net/article.php3?id_article=110 - 22k,
5. www.panosparis.org/fichiersprodfr