CENADEP KISANGANI EN DECENTE A PANGA POUR LANCER L'ETUDE SUR L'OR EN PROVINCE ORIENTALE
INTRODCTION
1. PROBLEMATIQUE
Les conditions de l’exploitation artisanale de l’or peuvent influencer la production et apporter une amélioration de la vie socio-économique du milieu dans lequel l’opération est faite.
En effet, la détérioration du tissu économique de la République Démocratique du Congo en général et de la Province Orientale en particulier ne peut laisser insensible tout observateur averti pour autant que le pays ou la Province Orientale constitue un surface géologique dont les potentialités des richesses du point de vue humain et géologique demeurent encore inexploitées ou mal exploitées jusqu’à ce jour.
Tout secteur économique en RD Congo offre une véritable éventualité d’une croissance ou d’un développement. Cette réalité pourrait trouver une explication même à l’époque coloniale où chaque Province était soumise à une politique d’autogestion.
Au cas d’un déséquilibre de l’autosuffisance, les autres Provinces venaient en appui ; une sorte de « complémentarité » en matière économique.
Le développement constituait ainsi une politique, une stratégie du pouvoir colonisateur. Ce dernier essayait d’orienter ladite politique selon les réalités et les potentialités propres à chaque Province.
C’est dans cette optique que l’on va remarquer d’abord la Province Orientale tourner vers le secteur agricole que vers les mines ; cela non pas parce que il avait carence des ressources minières mais plutôt par une stratégie du Colon Belge, laquelle stratégie avait payé car les plantations de café, d’hévéa, de coton, de palmier en sont des témoignages.
L’essor économique était palpable non seulement il y avait disponibilité d’emplois mais aussi les capitaux générés étaient bien gérés et les ressources profitables à la population.
En ce qui concerne l’exploitation industrielle des minerais, trois grandes firmes étaient implantées dans trois différentes Provinces malgré les diverses ressources qu’elles possèdent.
- La Province de Katanga, la GECAMINE (Général des Carrières et des Mines) pour l’extraction du cuivre ;
- Le Kasaï-Oriental, le MIBA (Mine de Bakwanga) pour exploiter le Diamant ;
- La Province Orientale avec l’OKIMO (Office d’or de Koli-moto) pour l’exploitation de l’or.
« Le Zaïre dispose de richesses minières très importantes qui suscitent beaucoup d’envie à l’extérieur et sans nul doute, ce sont les richesses minières qui entre autre rationnellement exploitées permettront au Zaïre d’occuper une place de tout premier ordre dans le continent africain et serviront de support au démarrage d’activité primaire vitale telle l’agriculture. »(1)
Cependant le minéral Or va très vite être exploité en nombre et de façon industrielle par l’OKIMO.
Néanmoins en 1982 lors de la promulgation de la loi sur l’exploitation artisanale des matières précieuses, c’est maintenant la population qui s’y mêle en quantité dans la « danse ». Et l’on va assister à un engouement spectaculaire et étonnant de la population vers les de gisements d’or.
Ainsi, l’or va devenir l’un des minerais d’attraction dans la Province Orientale. Le fait que la population s’y soit intéressée a laissé croire que le secteur offrirait sans doute des moyens pour l’essor socio-économique de la Province.
En effet, pendant les rebellions dites de « libération », les ressources naturelles en particulier l’Or et le Diamant voir même le bois constituaient l’enjeu nodal en Province Orientale.
En 1998, les pratiques d’influences dans les circuits aurifères et diamantifères entre les deux alliés du mouvement rebelle Rassemblement Congolais pour la Démocratie (R.C.D. en sigle), les Rwandais et les Ougandais ont dégénéré à un conflit ouvert pendant une période.
Dans ledit conflit, la Ville de Kisangani était devenue la cible de disputes pour son contrôle. Une série d’affrontements se sont d’ailleurs succédé dans la Ville. L’on peut citer, le 06 Août 1999 là où il y a eu la bataille d’une journée. Du 15 au 17 Août, l’affrontements de trois jours. Le 05 mai 2000, l’affrontement d’une journée. Et du 05 au 11 juin 2000 se produiront les batailles sanglantes et meurtrières appelées « guerre de six jours » MAVINGA TINA(1) souligne que : » les bombardements ont touché la population. Les tires à l’arme lourde (roquettes,…) et légères ont fait des centaine des victimes parmi la population au sein de laquelle les membres de l’armée se dissimulaient… cette population de 700.000 habitants mise en otage n’a pas pu fuir, la contraignant à se cacher dans les habitations. ».
La majorité des carrières à l’intérieur de la Province était pendant le règne de la rébellion sous l’emprise de l’armée ougandaise. D’ailleurs certains officiels de cette armée ougandaise étaient mêlés directement dans l’exploitations de l’or et du diamant pour ne pas dire dans le pillage de l’or et autres ressources naturelles de la R.D. Congo.
Par rapport à la gestion minière, le Décret n° 038/2003 du 26 mars 2003 stipule que : « l’exploitant artisanal est tenu de ne pas défricher par le feu. L’exploitant artisanal doit réaliser le défrichement et l’aménagement de la zone d’exploitation artisanal de façon à ce que déterrées ou coupées et que les branches ou plantes soient écartées plutôt que taillées…L’exploitant artisanal est tenu de ne pas couper l’arbre qui ne se trouve directement sur le site d’extraction et à les contourner s’ils présentent un obstacle » (1)
Le paradoxe de l’exploitation artisanale de l’or est que le secteur est censé produire beaucoup d’argent mais le creuseur « le tenant du travail » n’a pas assez de moyens voir n’a presque rien. Et la population environnante croupit dans la pauvreté.
En plus, ces secteurs semblent être géniteurs de beaucoup d’incidences socio-économiques.
« L’ethnologue ne juge pas, ne condamne pas au nom d’un point de vue « supérieur ». Elle cherche avant tout à comprendre en approchant le lointain, en rendant familier l’étranger… D’une certaine manière faire du terrain revient à rendre justice, voire réhabiliter, des pratiques ignorées, mal comprises ou méprisées. » (2)
C’est ainsi que nous voulons par là appréhender certaines réalités qui les entourent et qui pourront nous élucider par rapport à ces points de vue.
Delà, notre préoccupation s’articule autour des interrogations ci-après :
- Comment fonctionne une carrière d’exploitation artisanale de l’or ?
- Quelles sont les conditions qui entourent le travail d’un creuseur de l’or ?
- Quel est le circuit suivi par l’or dès l’exploitation jusqu’à la vente dans une carrière d’exploitation artisanal ?
- Quelles sont les conséquences de l’exploitation artisanal de l’or sur l’environnement en général ?
Ces quatre principales questions ont orienté notre investigation sur le terrain. Tous les détails qui ont été trouvé dans cette étude entrent soit dans l’une ou l’autre question posée.
Une recherche devient une navigation à vie si les objectifs à atteindre ne sont pas clairement définis.
2. OBJECTIFS POURSUIVIS
L’objectif général, c’est faire une monographie de l’exploitation artisanale de l’or en Province Orientale.
Ainsi, cette étude s’est fixée donc pour objectifs spécifiques :
- Comprendre l’organisation d’une carrière d’exploitation artisanale de l’or ;
- Identifier les différentes modalités de commercialisation de l’or dans une carrière ;
- Parler des rapports existants entre l’Etat et les Responsables des carrières ;
- Reconstituer les différentes étapes de l’extraction artisanale de l’or ;
- Quantifier l’exploitation industrielle par rapport à celle d’artisanale ;
- Décrire les retombées sociales et économiques de l’exploitation artisanale du métal jaune.
Une fois que les objectifs sont bien définis, la démanche devient une évidence car elle facilite l’assemblage des informations.
3. METHODOLOGIE
La production d’un travail de recherche nécessite que la démarche soit accompagnée par de mécanismes et techniques méthodologiques pouvant faciliter une nette cohérence et sans faille des données formant le noyau de l’étude.
GRAWITZ. M., affirme que : « la méthode est constituée de l’ensemble des opérations intellectuelles, par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités, qu’elle poursuit, les démontre, les vérifie. » (1)
Ainsi, la règle d’une bonne recherche recommande que la stratégie émise pour une étude soit ajustée à l’objet à analyser.
C’est pourquoi devant la réalité de notre étude, nous avons opté pour deux sources, écrites et orales, c’est-à-dire la documentation et l’interview.
1. Sources écrites
La source documentaire, nous a d’abord permis de consulter quelques documents écrits qui ont trait à notre objet d’étude tels que de journaux, d’ouvrages, de revues, etc.
2. Sources orales
Nous avons utilisé l’interview libre qui était d’une importance capitale car, elle nous permis de recueillir les informations auprès de nos sujets (creuseurs, négociants, services de l’Etat, gestionnaires des carrières et les responsable de l’OKIMO).
Notre interview libre était destinée à un échantillon composé de 123 sujets tirés au hasard dans le contexte d’un échantillonnage stratifié non proportionnel, regroupés de manière suivante :
- 60 creuseurs engagés dans l’exploitation artisanale de l’or ;
- 5 gestionnaires des carrières ;
- 20 négociants du métal jaune ;
- 3 agents de l’Etat ;
- 20 personnes tirées dans la population ;
- 15 fournisseurs ou commerçants.
Le recueil des informations dans le cadre d’une recherche ne se fait pas toujours sans embarras.
4. DIFFICULTES ET LIMITES DE L’ETUDE
Dans cette étude, nous étions buté bien évidemment à certain nombre de difficultés. D’abord l’étendue du sujet lui-même. En effet, le problème de l’exploitation artisanal de l’or englobe plusieurs paramètres : structurels, sociaux, économiques, agricoles, etc… vouloir les aborder dans un délai plus au moins court ne peut pas permettre de les saisir dans toute leur totalité. Ensuite l’état de la route qui est déplorable.
En principe, nous devions visiter toutes les carrières d’or dissimulées un peu partout dans la Province Orientale, territoire de Buta, à Bondo, dans le District de l’Ituri, etc.
Néanmoins, cela ne peut en aucun cas remettre à cause notre recherche car la similitude des réalités des carrières d’or en Province Orientale n’est pas à démonter.
5. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Outre, cette introduction notre étude comporte deux parties :
La première porte sur les considérations relatives à la présentation de la Province Orientale, de l’histoire, finalité et intervenants dans l’exploitation artisanal de l’or.
La deuxième partie est consacrée à la dissection de l’exploitation artisanale du métal jaune.
Une conclusion enrichie de quelques suggestions termine le travail.
PREMIRE PARTIE :
CONSIDERATIONS GENERALES
Dans cette partie consacrée aux généralités, il sera question de présenter dans la première section le cadre spatial de notre étude. La deuxième section parlera d’un bref historique sur l’or en Province Orientale. La Troisième section traitera des différentes personnes impliquées dans l’exploitation artisanale de l’or. Et la quatrième section va énumérer les différents usages de l’or.
Section I : CONFIGURATION GEOGRAPHIQUE DE LA PROVINCE
ORIENTALE
La Province Orientale est l’une de plus vastes provinces que compte la République Démocratique du Congo. Elle compte quatre districts dont le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, Ituri, Tshopo et la Ville de Kisangani, le Chef lieu.
Toutefois, la Ville de Kisangani, le Chef lieu de la Province, le centre nodal du point de vue politique et administratif. Elle constitue aussi un espace géostratégique dans la configuration territoriale de notre pays, et mérite ainsi d’être située géographiquement.
Elle est en effet située à l’extrémité de la partie navigable du fleuve Congo en amont de Kinshasa. La Ville de Kisangani est le point de rencontre du trafic venant :
1. des Provinces du nord et du Sud du pays aux quelles elle est liée par route ;
2. des régions Est et Sud-Est auxquelles elle est attachée par un complexe des voies navigables et des voies ferrées ;
3. des Régions Ouest avec qui, elle est raccordée par le fleuve.
La Ville de Kisangani est construite sur les deux rives du fleuve Congo, elle est subdivisée en 6 communes administratives ; ces entités sont décentralisées.
Sur la rive droite, on trouve la commune de la Makiso à vocation industrielle et commerciale, les Communes de la Tshopo et de Mangobo qui combinent les activités commerciales, agricoles et artisanales, ainsi que les Communes de Kabondo et de Kisangani qui ont une vocation agricole et artisanale.
Sur la rive gauche se trouve la commune de Lubunga qui est bien évidemment un terminal de la voie ferré qui relie le Nord au Sud-Est de la République Démocratique du Congo (Shaba, Sud-Kivu, Maniema) commune essentiellement agricole.
Notons aussi que la chefferie de Lubuya-bera est rattachée à la ville de Kisangani sur le plan administratif. Elle est alors située à la rive droite de la rivière Tshopo.
En disant « oui » à plus de 84 % , lors du vote référendaire du projet de la loi constitutionnelle le 18 et le 19 Décembre 2005, la population a consacré le fractionnement légal de la grande Province Orientale en quatre provinces.
En effet, dans chaque district, l’on peut repérer les lieux d’exploitation artisanale de l’or ou du diamant. Qu’ils en soient plus généreux ou moins moins, ce qui est vrai chaque district en dispose.
Et dans la perspective de cette fragmentation constitutionnelle de la province et par rapport aux potentialités minières, un net déséquilibre total en termes des foyers miniers ne sera éventuellement pas à l’ordre du jour.
La configuration géographique de la province orientale étant présenté, abordons à présent la genèse de l’exploitation de l’or dans la province orientale.
Section 2 : DECOUVERTE DE L’OR EN PROVINCE ORIENTALE
Comme toute autre matière minière, le métal jaune a été découvert après évidemment qu’il y ait un travail de prospection, lequel travail consacre en quelque sorte son « acte de naissance » en Province Orientale.
I.2.1. OKIMO et l’exploitation industrielle de l’or
a) Aperçu Historique
L’or de la région de Kilo-moto a été découvert en 1903 dans le bassin de la rivière AGOLA, affluent de l’ITURI, sur le territoire dépendant du Chef de la tribu Bambisa ; par les prospecteurs O’BRIEN et HANNAN de nationalité australienne envoyés en mission par le Gouvernement de l’Etat Indépendant du Congo (EIC)
En 1906, les mêmes prospecteurs confirmaient la présence de gravier aurifère dans le bassin de la rivière Moto, sous affluent de Kibali, dans l’actuelle Zone de WATSA, District de Haut-Uélé.
Ainsi, un homme et une rivière donnèrent leurs noms à une nouvelle entreprise. L’exploitation débute depuis lors, sous forme alluvionnaire, sous le contrôle direct de l’EIC jusqu’à 1919. A partir de cette époque, elle sera confiée à la Régie des Mines d’Or de Kilo-Moto. Celle-ci bien que jouissant d’une autonomie de gestion continuera à dépendre de l’Etat par ses besoins de trésorerie.
Par Décret du 08 février 1926, il sera crée une Société Congolaise à Responsabilité Limitée dénommée « Société des Mines d’Or de Kilo-Moto » en sigle SOKIMO. Le capital de cette société sera intégralement souscrit et libéré par des actionnaires étrangers.
En 1966, l’actuel Office des Mines d’Or de Kilo-Moto succédera à la SOKIMO, à la suite de l’ordonnance – loi n° 419 du 15 juillet 1966.
Son statut sera publié a moniteur spécial du 15 février 1967. L’ordonnance loi n° 73 – 028 portant ses nouveaux statuts sera promulguée le 20 juillet 1973.
b) Etat de lieu et production
Dans ses débuts, l’OKIMO était plus performant avec de grandes productions annuelles exprimées en tonnes, c’est le cas en 1973 où l’entreprise produisait en moyenne trois tonnes par mois.
Cependant l’OKIMO va commencer à connaître un déficit de production vers les années 92. Les chiffres suivants démontrent la situation dégradante du rendement(1) :
- 1973 = 3 tonnes / mois
- 1992 = 22,5 Kg/ mois
- 1993 = 19,5 kg/ mois
- 1994 = 19 kg / mois
- 1995 = 55 kg / mois
- 1996 = 31 kg / mois
Et vers ces années là, l’entreprise va subir une megestion de ses cadres de direction nommés par le gouvernement.
La deuxième guerre dite de « libéralisation » est venue aussi ajouter le comble de malheurs à cette entreprise jusqu’au point que les militaires rebelles et leurs alliés ougandais faisaient entrer les creuseurs dans les puits de l’entreprise pour extraire de l’or pour leur compte privé et cela pendant plusieurs années.
Après ce moment sombre de la rébellion, l’entreprise sera incapable de rétablir ses infrastructures.
D’ailleurs en ITURI, l’entreprise va tout simplement former son usine de production de MUNGWALO suite à l’insécurité due à la guerre tribale entre Hema et Lendu, laquelle guerre continuait même au début de la Transition politique.
Pour sa survie, l’OKIMO va aussi faire recours aux creuseurs pour extraire de l’or du côté de MOTO à WATSA précisément à DOKO DURBAN, localité située à 12 Km de WATSA ; District de Haut-Uelé.
Le résultat du travail était partagé entre l’entreprise et les creuseurs selon les closes. De son côté, le Gouvernement n’avait pas les moyens de « réactiver » l’entreprise tout de suite après que ces rebelles et les militaires de l’armée ougandaise aient quitté les carrières. Cette production en accord avec les creuseurs variait entre 2 et 5 kg d’or par an.(1)
Actuellement, l’OKIMO a fait recourt au système de partenariat pour surmonter ses difficultés financières et matérielles.
Ainsi la Société ASHANTI exploite le chantier de MUNGWALO et BORGAKIM avec ORGAKIM celui des WATSA. Pendant qu’elles exploitent l’or, Ces Entreprises organisent également les travaux de prospection sur d’autres chantiers.
Parmi ces trois sociétés, c’est le BORGAKIM qui est le partenaire le plus important. Dans le contrat signé avec OKIMO, BORGAKIM n’avait droit d’exploiter qu’une étendue limitée de la concession de l’OKIMO. Aujourd’hui BORGAKIM souhaitée à ce que le contrat soit révisé pour qu’il prenne l’étendue « non mise en location » par OKIMO ; et bien évidemment, gonfler l’enveloppe de la « caution » qu’elle a toujours payé à l’OKIMO. Cette situation occasionne une « fracture » entre d’une part les cadres de direction qui sont d’accord avec certains travailleurs et d’autre part l’Administrateur Délégué Général qui s’y opposent. La question reste encore d’actualité.
I.2.2. LA LIBERALISATION DE L’EXPLOITATION ARTISANALE DES
MATIERES PRECIEUSES
La libération des matières précieuses a été une solution à la crise de devises et au déséquilibre des finances publiques TSHILOMBO wa NSHIMBA fait remarquer que : « la pénurie de devises dont souffre l’économie Zaïroise a pour origine du moins en partie, la baisse de la production agricole d’exportation, la détérioration des termes de l’échange, l’absence des rapports en capitaux frais en provenance de l’extérieur, la fraude des produits frais agricoles comme le café et le quinquina, et de loin plus important, celle des matières précieuses : l’or et le Diamant » (1)
C’est donc vers l’année 1985 que cette libéralisation a été viable.
Après cette libéralisation de l’exploitation artisanale de l’or, beaucoup des gens se sont lancés dans cette activité d’extraction du métal jaune. Les carrières d’or furent « inondées » des hommes pour y travailler : « au cours de l’année 1983, la production artisanale du métal jaune a représenté quatre fois la production industrielle réalisé au cours du même exercice par les sociétés minières Kilo-Moto , Somenki et Gécamines.(2)
Dans un puit d’or, l’on pourrait facilement obtenir quatre à dix grammes d’or par bâtée en une journée. C’est aussi une question de hasard puisqu’il y a des personnes qui peuvent y travailler pendant plusieurs jours sans pour autant totaliser ne fût-ce qu’un seul gramme. Ils ont tout juste de quoi survivre durant un ou deux jours.
En clair, la libération de l’exploitation artisanale de l’or a ouvert certaines possibilités notamment à ceux qui ont de la chance de faire beaucoup d’argent par rapport aux autres activités commerciales ; aux chômeurs et badauds qui sont dans les villes de quitter celles-ci pour les carrières d’or et aussi devenir creuseur ; une occupation pour eux.
Ainsi, l’on peut se poser la question de savoir quels sont les acteurs qui interviennent dans la transaction de l’or à travers son exploitation artisanale.
Section 3 : LES INTERVENANTS DANS L’EXPLOITATION ARTISANALE
DE L’OR
La répartition des tâches facilite la bonne exécution de n’importe quel travail dans un système.
En effet, au niveau d’une carrière d’or, il s’est développé une série d’autres activités relativement classables parmi les activités de la petite économie marchande.
Il s’agit d’abord de ceux qui font le commerce dans un Centre proche d’une carrière d’or, le cas d’espèce à Panga et provenant bien évidemment de Kisangani ou autres contrées ; ensuite des commerçants qui font entrer leurs marchandises jusque dans les carrières et enfin de gens qui transportent les marchandises jusqu’à la destination (les porteurs). Nous pouvons ajouter aussi les négociants qui viennent pour acheter de l’or dans la carrière.
1. Les Commerçants
En effet, le centre de Panga est situé à 272 Km. A telle distance de la Ville de Kisangani, l’approvisionnement du Centre en produits vivriers et manufacturés doit bien être organisé pour éviter des pénuries si le trafic routier devait être interrompu en période de grandes pluviosités pour raison d’impraticabilité des routes.
C’est ainsi que les commerçants achètent leurs marchandises en grand nombre et viennent les vendre uniquement au niveau des grands centres comme Panga ; proche bien entendu des carrières d’or.
2. Les commerçants de la carrière ou « fournisseurs »(1)
Les grandes carrières d’or, elles sont très éloignées des sites urbains et ont toujours attiré des commerçants du moment que les creuseurs qui sont de grands consommateurs et buveurs, ne peuvent que s’approvisionner chez eux. C’est dans cette perspective que des gens venant de Kisangani voir d’autres coins de la Province ont afflué sur Panga et dans les carrières d’or qui l’entourent. Si aucune source sûre n’a pu nous révéler le chiffre exact de ces commerçants. Il est certain qu’ils sont à plusieurs centaines ceux qui mènent ces activités aussi bien au niveau de Panga qu’au niveau des carrières.
Les échanges avec cette masse de creuseurs insouciants devant les prix « chance eloko pamba » (2) et la quantité des articles font des affaires pour cette catégorie des commerçants.
Les marchandises qui sont vendues sont des produits vivriers tels que le riz, le haricot, le maïs, de l’huile, le poisson salé, etc. et des produits manufacturés (pagne de toute marque, habits prêt-à-porter, estenciles, des articles de consommation courante, etc,) et surtout des boisons (bières locales, alcool indigène, liqueurs, boisson sucrés,…).
Les bénéfices à la vente sont généralement de 30 à 40 % à Panga et de 80 à plus de 100 % si l’on écoule ses articles dans les carrières environnantes. Les marges bénéficiaires dans les carrières sont donc tellement alléchantes que certains commerçants sont arrivés à minimiser les difficultés qu’on peut éprouver pour aller vendre là bas.
En effet, il n’est pas du tout facile, comme l’exigent les activités commerciales dans les carrières d’or environnant Panga ; de faire par exemple 6 heures de marché à pied tout en traversant la rivière ARWIMI pour arrivée à la carrière d’or KIN BISENGO.
Des navettes entre la route où se situe la population de Panga et les carrières d’or demande, plus qu’une simple volonté, du courage et de l’endurance. Si ces facteurs route ne constituent pas d’obstacles majeurs chaque commerçant irait d’office vendre les produits où les profits sont élevés, en dépit de la « caution » de 10 % qu’ils doivent payer aux services administratifs de la carrière.
3. Les porteurs
Les difficultés de routes et la forêt sont deux éléments qui font que les marchandises introduites dans les carrières ne soient transportées par un seul engin. Ce sont des hommes qui peuvent les transporter sans beaucoup de problème. De ce fait, la quantité devient considérable a tel enseigne que les propriétaires ne peuvent les transporter eux-mêmes sur une si longue distance.
Cette situation a amené des jeunes gens sans revenu à se livrer à une autre activité qui est celle des porteurs. Le travail exige assez de force physique et une santé assez bonne. Pendant tout le trajet entre la route Panga et la carrière, les porteurs mobilisés par le « fournisseur » sont à sa charge (manger, maladie).
Les revenus des porteurs ne sont pas à négliger même si certains dépensent leur argent à boire à longueur des journées. Un porteur peut en effet gagner 8.000 à 20.000 FC par navette (aller et retour), cela dépend seulement de sa force physique et de la charge qu’il peut porter.
Si la responsabilité du porteur est entièrement engagée dans la perte des marchandises qu’il transporte, il en payera totalement la valeur au prix des carrières. Nous avons vu les porteurs qui transportent jusqu’à 6 ou 8 casiers de bière, trois bidons d’huile ou d’alcool indigène, un sac de riz ou de farine de froment auquel on ajoute un ou deux casiers de bière, etc.
Il arrive parfois sur le terrain de cas où des porteurs organisés et responsables, si pas ambitieux, sont devenus grâce aux revenus de leur travail, des « fournisseurs » et engagent d’autres porteurs.
Les mêmes concours de circonstances peuvent ainsi faire qu’un fournisseur fasse faillite et devienne creuseur ; un creuseur qui a réalisé des gains considérables devienne « fournisseur » ou s’installe comme commerçant à Panga ou autre Centre.
Un creuseur infortuné peut devenir un porteur ou qu’un porteur devienne creuseur.
La mobilité existe donc d’une activité à une autre.
4. les négociants
Est toute personne qui s’amène avec une somme quelconque pour acheter de l’or dans une carrière.
C’est la classe la plus enviée et à laquelle aspirent beaucoup des jeunes. Cette activité n’est pas si facile que l’on peut le croire, elle demande une certaine expertise dans la matière aurifère.
Après avoir parlé des différents intervenants dans les activités commerciales dans les carrières, la dernière section donnera les multiples usages qu’on fait du métal jaune.
Section 4 : DIFFERENTES UTILISATIONS DE L’OR
Le métal jaune est l’un des minerais les plus sollicités pour usage à beaucoup de choses RAGUINE(1) souligne que : « l’or est utilisé pour la frappe de monnaies, mais surtout pour la thésaurisation dans les banques ou chez les particuliers. Ces autres usages, bijouterie, orfèvrerie, horlogerie, etc., ont une bien moindre ampleur et représentent en général moins de 10 % ».
Ainsi, pour mieux appréhender l’essentiel de l’usage de l’or, nous nous sommes inspiré de jean François LABRIBAU(2). En effet, la demande est également en expansion régulière, malgré la démocratisation du métal. On peut distinguer trois composantes essentielles :
- la demande d’or pour la fabrication, c’est-à-dire la bijouterie et l’industrie. La demande pour la bijouterie a double : depuis 1980, elle représente entre 55 et 77 % de l’utilisation total de l’or. La demande à des fins industrielles est moins importante et ses variations sont peu d’amplitude (215 tonnes annuelles en moyenne) avec des utilisations dans les industries de la décoration, les industries chimiques, la dentisterie et surtout (60 % en 1986) dans l’électrochimique.
- la fabrication des pièces privées (d’imitation) et de médailles est tout à fait marginale. On a assisté à une augmentation très importante de la frappe des pièces officiels (Krungerrand Sud-Africain, « empereur » japonais émis à l’occasion du 60e anniversaire de Hirohito, « maple leaf » canadien « aigle » américain sont parmi les plus importants). Les ventes sont passées de 190,2 tonnes en 1980 à 326,6 tonnes en 1986.
- la troisième composante de la demande et la demande d’investissement. Elle a connu un regain d’intérêt avec la baisse du dollar amorcée en 1985. Elle s’exerce sur deux marchés très différents :
Celui de l’or physique (lingots) dont le marché principal est à Londres où l’on note un intérêt particulier des japonais encouragés par le bras prix de l’or en yens et qui ont absorbé en 1986 plus de 50 % de 180 tonnes investies par les particuliers ; l’autre composante de la demande se porte sur le marché des « futures » et des « options » c’est-à-dire sommairement , sur le marché à terme du métal, essentiellement le marché de New-York (Comex) et celui de Chicago (I.M.M.).
Au total, la demande d’or s’est établie en 1986 à 1665, 6 tonnes contre 933,9 tonnes en 1980, témoignant d’une augmentation continue. La thésaurisation et la déthésaurisation jouent un rôle essentiel sur le marché global. Elles varient très fortement au cours des années avec des périodes de désinvestissements et d’instrument du prix de l’or.
Cependant, l’or a beaucoup de considération chez les Congolais par rapport aux autres matières précieuses. Une personne peut couvrir complètement son corps en diamants mais elle ne sera admirée comme celle qui porte les bijoux en or.
Le métal jaune chez le Congolais, c’est une matière d’estime et de prestige.
DEUXIEME PARTIE :
EXPLOITATION ARTISANALE DE L’OR
EN PROVINCE ORIENTALE
Cette deuxième partie de notre étude sur la filière de l’or est consacrée à l’exploitation artisanale de l’or en Province Orientale.
Il est question de passer tour à tour de l’organisation d’une carrière d’or, le travail d’un creuseur, de l’hygiène et risque du travail, du circuit commercial et des conséquences occasionnées par l’exploitation artisanal de l’or.
Pour mieux débrayer notre terrain de recherche, il apparaît nécessaire de dire un mot sur les sites de notre étude.
Section 1 : BREVE DESCRIPTION DU MILIEU D’ETUDE
Le centre Panga se trouve dans le Territoire de BANALIA, District de la Tshopo, Province Orientale. Il est situé à 272 Km de la Ville de Kisangani, Chef-lieu de la Province, et précisément sur l’axe routier menant à BUTA.
Pour atteindre le centre de Panga, il faut nécessairement passer par Banalia. La distance entre Kisangani et Banalia est de 128 Km. Ajouté 144 Km on est à Panga.
Panga se situe à 272 Km de Kisangani, avons-nous dit ci-haut. Dans l’intervalle Banalia-Panga, on y trouve quelques petits villages et deux localités principales qui portent les noms de leur Kilométrage 58 Km et 44 Km. A 83 Km, nous avons un autre centre qui est au fait le carrefour de plusieurs entrées dans les carrières de l’or mais surtout celles de diamant.
Lors de notre séjour à Panga, nous avons visité trois carrières de l’or, Jean MOKE, TAMBOLA MALEMBE et KIN BISENGO constituant ainsi notre espace d’étude.
En effet, la carrière de Jean MOKE est à 30 minutes de marche à pied soit 1 Km, une heure et trente minutes pour arriver à la carrière TAMBOLA MALEMBE soit 7 Km de centre de Panga et enfin pour la carrière de KIN BISENGO, 6 heures de marche à pied en pleine forêt en traversant la rivière ARWIMI, le kilométrage est de 55 Km par rapport bien évidemment au centre Panga.
Pendant la saison sèche (janvier, février et mars), la rivière ARWIMI est pratiquement « asséchée ». Les creuseurs en profitent pour chercher en grand nombre de l’or voir aussi le diamant dans ladite rivière. Cependant, ce n’est pas toute la rivière qui est aurifère mais certains endroits seulement suite à la concentration des matières liée au mouvement de l’eau dans la rivière.
La description du milieu étant faite, nous pouvons maintenant aborder l’aspect gestion d’une carrière artisanale de l’or.
Section 2 : GESTION D’UNE CARRIERE D’OR
La gestion d’un système recommande la combinaison des moyens humain, financier et matériel ainsi que la mise en œuvre des certaines normes pouvant réglementer quotidiennement la vie de ceux qui concourent à sa marche.
II.2.1. ORGANISATION ADMINISTRATIVE
Les carrières sont les foyers miniers où sont organisés les activités d’extraction et de commercialisation au premier degré des matières précieuses. Ce sont donc des centres d’exploitation des matières précieuses.
« Les carrières sont à ciel ouvert ou souterraines. A la différence des Mines, les carrières sont en principe laissées à la disposition du propriétaire du sol. Toutefois, le Ministère chargé des Mines peut, en cas de nécessité délivrer des autorisations de recherche ou d’exploitation sans son consentement ; il peut aussi imposer les modalités d’exploitations et de remise en état »(1)
Les zones d’exploitation artisanale de l’or constituent donc des communautés bien organisées, bien structurées où se vit cependant une promiscuité indescriptible.
En effet, en Province Orientale, une grande partie de carrières d’exploitation artisanale de l’or appartient à des personnes physiques, la plupart de ces personnes sont membres du clan ou propriétaires traditionnels des terres exploitées. Ces derniers imposent certaines lignes de conduite à toute personne qui vient exercer une activité dans leurs carrières.
Pour bien asseoir, respecter les exigences, chaque carrière met en place son administration et certain nombre de services. Bref, on est en face d’une « phototype » des gouvernants et gouvernés.
Cette organisation n’est pas très différente de celle d’une Entité Administrative Décentralisée. Certes, il n’y a pas de droit écrit mais la jurisprudence s’inscrit en droit et tout le monde s’y conforme. Seuls peut-être les « ayant-droit »(2) vont par moment à l’encontre des ordres établis.
La composition de la structure administrative dépend d’une carrière à une autre. Mais de façon générale, l’organigramme de toutes les carrières d’or se présente de la manière ci-après :
Figure n°1 : Organigramme d’une carrière d’or
Légende :
• AFM : Administrateur du Foyer Minier, il est autrement appelé « Encadreur » ou Propriétaire de la carrière
• PDG : Président Délégué Général
• DG : Directeur Général
• SEC. ADTIF : Secrétaire Administratif
COMMENTAIRE
• AFM :
C’est le propriétaire de la carrière où se fait l’exploitation de l’or. Dans ses prérogatives, il est autorisé d’édicter les normes et des lois qui régissent sa carrière. Il fixe en effet le taux des taxes à imposer aux commerçants, creuseurs, fournisseurs, acheteurs, etc.
Il lui est reconnu le pouvoir de remanier l’équipe avec laquelle il travaille quand il veut
• PDG :
Ce dernier est chargé de l’administration dans la carrière. Il supervise toutes les activités et fait rapport au propriétaire de la carrière. Le plus souvent, il est soit un ami, soit un membre de la famille de l’AFM. Il est le garant de la justice et de l’ordre au sein de la carrière.
• DG :
Celui-ci est chargé de faire le suivie de tout ce qui se passe dans la carrière et en fait rapport au PDG qui, à son tour présentera la situation à l’ « encadreur » ou AFM.
• SEC. ADTIF :
Il organise et fait exécuter toutes les décisions reçues du P.D.G. Il joue le rôle d’intermédiaire entre tous les services. Il est aussi chargé bien évidemment des correspondances administratives et de l’enregistrement de tous les creuseurs, fournisseurs, acheteurs, se trouvant dans la carrière.
Dans la majorité de cas, il est sélectionné parmi les proches de PDG sachant lire et écrire. Car, c’est bien lui qui dresse les rapports et entre en contact avec tout visiteur avant les autres autorités.
Les personnalités précitées composent le Comité Directeur de la carrière. Mais pour sa bonne marche, le comité travaille en collaboration avec d’autres partenaires ci-après :
• CHEF DU CAMP
Il contrôle le camp, et s’occupe de la sécurité des personnes et de leurs biens. Il procède au prélèvement des taxes parcellaires et celles d’étalages pour les commerçants. Il s’occupe des visiteurs et de leur logement, contrôle la salubrité publique et l’hygiène du camp. Il est aussi appelé « Gouverneur du camp » dans le jargon des creuseurs.
• CHEF DE CHANTIER
Il veille et supervise les travaux dans le chantier d’exploitation artisanale de l’or. Il contrôle la régularité des creuseurs en ordre dans le payement de leur « jetons » (redevance) et il surveille aussi avec un corps de brigadiers, les creuseurs pour qu’ils ne fuient pas avec les substances. Les Chefs du Chantier est aussi prospecteur.
• COMMANDANT DE BRIGADE
C’est la police de la carrière. Il assure l’ordre et la sécurité sur toute l’étendue de la carrière. Il a sous ses ordres les agents de l’ordre appelés Brigadiers.
• CHEF DE DOUANE
Placé à l’entrée unique de la carrière, chargé du prélèvement de la caution à payer par des commerçants, acheteurs, fournisseurs, etc.
Il contrôle en plus toutes les entrées et sorties au niveau de la carrière et garde toutes les recettes de la journée qui seront versées à la fin de service chez l’AFM qui est propriétaire exclusif de la carrière.
• MERES CHEFS
Elles constituent le service du protocole, devant s’occuper de l’accueil, de logement et de la restauration des visiteurs dans la carrière.
Au fait, certaines carrières sont en outre régies par le Règlement d’Ordre Intérieur propre, rigoureux qui ne peut ni être transgressé ou encore moins être ignoré sous peine d’en courir des sanctions très graves allant jusqu’au renvoi définitif de la carrière avec de fois confiscation des biens ou paiement d’une amende souvent très élevée.
En rapport avec la spécificité du « carcan » de la discipline au niveau de la carrière KIN BISENGO, les fautes commises et les sanctions infligées se présentent de la manière suivante.
Tableau n°1 : La pénalisation à la carrière Kin Bisengo
N° FAUTE PEINE
1.
2.
3.
4.
5.
6. BAGARRE
VOL
CALTER AVEC L’OR
SERCELLERIE
ADULTERE
AUTRES « LIWANZA », AMANDE
RENVOI DEFINITIF
SAISIE DU COLIS D’OR ET EXPULSION
EXPLULSION
MISE A LA PORTE
AMENDE VOIR « LIWANZA »
Source : Elaboré par nous, à partir des données recueillies à la direction de
la carrière.
« Les creuseurs proviennent surtout des milieux modestes avec de mentalités différentes et leur seul souci est de faire la fortune par tous les moyens possibles. Il n’y a pas que des gens d’une morale irréprochable, on trouvent également des évadés des prisons, de grands criminels et même des déserteurs de l’armée, voir les démobilisés »(1)
Actuellement, la politique du « fouet » n’est pratiquement plus d’usage dans les carrières d’exploitation artisanale de l’or.
Néanmoins, il arrive par moment que le « chat à neuf queues » soit mis en mouvement et jouer son rôle traditionnel de « réguler le comportement ». Cela peut arriver par exemple quand un creuseur veut « se mesurer les muscles » avec un administratif ou un brigadier de la carrière ou lorsqu’on présente au poste un présumé voleur d’un colis important de l’or c’est-à-dire plusieurs grammes surpris en plein vol ou pas, il sera sérieusement torturé pour l’amener à avouer sa culpabilité et rendre l’or volé. Pour ceux qui l’appliquent, la pratique sert à décourager d’autres tentatives similaires. Car l’or offre à tout le monde la possibilité de gagner de l’argent
Si seulement la carrière est « fructueuse », quelles que soient les mesures trop « rigides », les creuseurs ferment les yeux et viennent en grand nombre avec comme objectif bénéficier de la « générosité » de cette terre.
II.2.2. RESSOURCES DE LA CARRIERE
L’entrée dans une carrière est payable, ce qu’on appelle « le droit de douane ».
Le service de douane exige aux nouveaux venus, surtout les creuseurs de construire une maison au cas où il y aurait une carence d’habitat dans le camp. En effet, les creuseurs n’investissent pas trop dans la construction de maison pour autant qu’ils ont toujours dans leurs esprits l’idée du « Camp volant », du provisoire. Il suffit qu’une autre carrière soit déclarée « productrice », ils se versent là bas. De ce fait, les maisons construites sont carrément des « bicoques » qui ne sont épargnées des dangers puis qu’étant construites sous les arbres qui peut s’écrouler à tout moment. (Voir annexe III, photo n° 1).
En plus, les creuseurs payent mensuellement une taxe appelé « jeton boulonneur » le prix varie d’une carrière à une autre, mais ce qui est vrai , ça ne coûte pas moins de 3 $ US ou 1 tige d’or. Ne sont pas concernés par les taxes, l’équipe de l’AFM ou d’un administratif, les « ayant-droit » et les brigadiers.
Le service de douane perçoit aussi de l’argent chez les commerçants et les négociants.
En effet, avant d’être permis à un commerçant ou « fournisseur » de vendre la marchandise dans la carrière, la direction prélève 10 % de la marchandise. Prenons un exemple concret, si un commerçant amène à la carrière 10 cartons des sardines, la direction va retirer un carton, et il va entrer dans la carrière qu’avec 9 cartons de sardines, voilà comment le 10 % est soustrait chez les commerçants.
Le prélèvement est appelé « caution ou moteur ». En plus du payement de ce 10 % ; le Commerçant paye aussi la taxe d’étalage avant d’étaler sa marchandise.
Pour les négociants, ils payent au niveau à la douane, le 10 % du montant prévu pour l’achat de l’or dans la carrière.
Dans toutes les carrières, les propriétaires exigent à ce qu’une journée par semaine soit consacrée à l’exploitation de l’or pour leurs comptes. Ce type de travail est appelé « LIWANZA ».
Il arrive de fois que les militaires entrent dans une carrière, surtout les officiels et demandent à l’AFM de leur donner une portion de terre puis leur chercher quelques « boulonneurs » Afin de faire le « LIWANZA » pour leurs comptes.
Après le travail, si le militaire est bon, il va remettre une petite quantité de l’or bien évidemment à ces creuseurs. Mais s’il est « méchant », il va tout simplement leur donner l’argent de la ration.
Les carrières d’or sont bien sécurisées par les brigadiers à tel point qu’il apparaît difficile aux pilleurs, voleurs de venir faire leur coup et répartir.
Au fait, les brigadiers sont sélectionnés parmi les creuseurs et bien évidemment, ils jouissent de certains avantages dans la carrière, ils ne payent pas notamment, le « jeton boulonneur », les cautions, etc. et ne font jamais le « LIWANZA ».
De plus, tout creuseur ou « boulonneur » qui attrape de l’or est prié de passer par la direction avant de sortir de la carrière. « Si vous avez un petit colis de l’or et que vous passez par la direction, ça risque de vous créer des ennuis utilement. Ils vont vous soupçonner d’avoir caché un autre colis qui est grand. Vous leur avez montré le petit colis de l’or pour le distraire. Si vous avez de la mal chance, vous risquerez d’être torturé pour cela »(1)
Pour le creuseur qui attrape au moins 10 grammes d’or, il est obligé de verser 10 % de son prix de vente au propriétaire de la carrière ou l’AFM.
Pour échapper à cette exigence, beaucoup créent de tactiques notamment, celle de quitter la carrière nuitamment ou faire semblant de prendre de l’air dans les environs or, en réalité, c’est le retour à Kisangani.
C’est cette réalité ou dans certaine mesure la défaillance de certaines directions des carrières qui rendent difficile la « mesurabilité » de la production de l’or dans les carrières d’exploitation artisanale.
Quant à l’organisation « sociale », il existe dans presque toutes les carrières d’or un Délégué Syndical. Il est choisi par les creuseurs pour en principe défendre leurs causes et intérêts au niveau de la direction de la carrière. En réalité, il joue beaucoup le rôle d’un intermédiaire tout simplement avec ceux qui gèrent la carrière.
II.2.3. LA GESTION DE L’ETAT CIVIL DANS UNE CARRIERE
Au fait une femme, dès qu’elle se pointe à la douane, doit décliner son statut. Si elle n’est pas accompagnée par son conjoint, dans d’autres carrières, elle est d’office classée dans la catégorie des célibataires. Mais dans la carrière KIN BISENGO, elle garde son statut de femme mariée même dans la carrière.
Le Règlement de la carrière exige à ce qu’une femme célibataire porte un pagne et une femme mariée en mette deux. Cela facilite l’identification de l’Etat-civil de chaque femme dans la carrière ; ce que le philosophe appellent la « récognition ».
Voilà à partir de « l’emblématique » comment l’Etat-civil est stratifié dans une carrière.
Aussi, toute union de circonstance dans la carrière doit être signalée à la direction, pour avoir un autre statut, celui de marié. Ainsi, il y a adultère, quand un homme ou une femme déclaré (e) mariée (e) fait un « dérapage » sexuel.
Il y a des femmes qui entrent dans une carrière ou des carrières sans sou, avec l’idée de venir faire le commerce de sexe, la prostitution.
Au niveau de la douane, elles vont bien évidemment se déclarer célibataire et porteront un pagne, une tenue « démonstrative » ; c’est facile à conclure les « marchés » pour ceux qui s’y intéresseront.
De telles femmes sont également protégées contre les escrocs clients. Ces derniers sont sévèrement châtiés par l’administration de la carrière.
Après l’aspect organisationnel d’un foyer aurifère, la section qui suit va assurément « déchiffrer » le travail de défoncement d’un puit de l’or et les différentes étapes de traitement.
Section 3 : DECRYPTAGE DU TRAVAIL D’UN CREUSEUR DE L’OR
La préoccupation de cette section est de disséquer des différentes « relais » de l’exploitation de l’or dans une carrière d’or en Province Orientale bien entendu. Dans la foulée de cette description, la probable participation de l’enfant « mineur » sera examinée.
II.3.1. FOUILLE DE L’OR
En effet, l’exploitation de l’or débute préalablement par la prospection. Celle-ci consiste d’abord à circonscrire les gisements et à étudier la teneur en minerais. Dans le jargon des creuseurs, cette fouille est appelée « META ».
La prospection est dans la plupart des cas, financée par les exploitants tirant déjà profit d’autres gisements.
Elle exige un moyen assez important car, il faut encadrer les prospecteurs et leurs guides. Il s’agit au fait d’une longue opération dont la réussite intervient souvent tardivement compte tenu de l’ignorance des techniques appropriées et des instruments modernes susceptibles de faciliter la prospection.
Certaines prospections sont réalisées dans le but de contrôler la teneur d’un gisement déjà découvert.
La prospection est motivée par le contexte géographique, c’est-à-dire lorsqu’on trouve qu’un affluent d’une certaine rivière présente un important gisement d’or, on conclut que les autres affluents pourraient aussi renfermer de l’or. Ce présupposé constitue pour les creuseurs artisanaux démunis des connaissances géologiques et minières, un critère de référence pour la prospection.
L’exploitation dont est question à Panga, concerne et les alluvions aurifères. (Voir annexe III, photo n° 2).
Au fait devant un terrain plein d’arbres, le premier travail est celui de couper tous ces arbres jusqu’à les déraciner. Une fois que ce terrain est apprêté, le travail de creusage du puit ou « POTOT » jusqu’à toucher le sable aurifère. Ce creusage d’un puit ou « POTOT » de plus de cinq mètres est appelé « GECAMINE ».
Pour ce cas, nous distinguons deux méthodes :
- Creuser un grand puit et descendre escalier par escalier jusqu’atteindre bien évidemment le sable aurifère ;
- Faire un cercle et commencer à bêcher la terre tout en respectant strictement le périmètre tracé jusqu’arriver a niveau du sable aurifère.
Dans ces genres de puits, on a la possibilité de « miner » aussi les tunnels.
Une fois au niveau du sable aurifère, il faut songer comment le faire remonter à la surface, cet exercice est appelé « BOTTAGE », il est fait à partir d’un sac tout simplement pour le grand puit parce qu’on va facilement remonter sur les escaliers et avec un sac noué par une corde pour le puit tracé à partir d’un cercle ; le sac sera tiré par l’un des membres de l’ « EURIE » ou groupe. Et l’endroit où sera stocké ce sable aurifère est dénommé « TARMAC ». (Voir annexe V, photo n°5).
La suite, c’est l’installation des différents instruments du lavage. Les instruments sont :
• le « KUVA », une sorte d’étoffe comparable à une couverture ;
• le « MAVUVU », sont de très petites racines d’arbre ;
• le « TAPIS », une sorte d’un tissu avec un peu d’épaisseur ;
• la « CAISSE », une écorce d’un petit arbre avec une longueur de 1 à 1 m 30 (1/2) ;
• la « LAVED’OR », un bassin (Tamis qui fait passer l’eau) et qui peut contenir 15 à 20 litres d’eau ;
• la « KARAI », un bassin de 15 à 20 litres d’eau servant au nettoyage de l’or.
Dans un premier temps, il faut fixer quatre pivots deux en « amont » et deux autres en « aval », que l’installation soit un peu incliné du côté des pivots en « aval ».
Sur les deux appuis en « amont », i faut placer la « LAVE D’OR ». En dessous du « LAVE D’OR », la « CAISSE » est installée et soutenue par les quatre appuis.
A l’intérieur de la « CAISSE », il faut agencer certains accessoires qui serviront à retenir l’or pendant le processus de lavage. D’abord le « KUVA » ; ensuite le « MAVUVU » et enfin le « TAPIS ». Il faut accrocher cette combinaison des petites tiges à la largeur de la « CAISSE » pour mieux l’immobiliser.
L’objectif de cet arsenal, c’est d’éviter que l’or puisse avoir un passage libre.
Delà, c’est le début du « BROSSAGE » ou le lavage du sable aurifère. La quantité du sable qui était déposé au « TARMAC » sera prise parcelle par parcelle pour être mise dans la « LAVE D’OR », puis l’on verse de l’eau dedans afin de malaxer du sable se trouvant dans la « LAVE D’OR ». (Voir annexe V, photo n° 6). Cette dernière va laisser filtrer seulement l’eau, l’or ainsi que le « BARUTI » une matière qui va toujours de paire avec l’or. L’eau sera de temps à temps renouveler pour mieux faire le lavage et va toujours terminer sa chute au sol ; et l’or avec « BAUTI » s’il y en a, seront retenus par le « Garde-fou » composé bien évidemment de « KUVA », « MAVUVU » et « TAPIS ».
Une fois que l’opération de « BROSSAGE » ou lavage fini, il faut retirer uniquement tous les contenus de la « CAISSE » c’est-à-dire (KUVA, MAVUVU et TAPIS) pour les placer dans le « KARAI » ; puis c’est le nettoyage minutieux de tous ces instruments là pour ne rester qu’avec le sable dans le « KARAI ».
Il faut agiter le « KARAI », l’or et le « BARUTI » iront au fond du récipient. Petit à Petit, tout le sable sera déversé par terre, et dans le récipient ne restera que l’or et le « BARUTI » (Voir annexe VI, photo n° 7).
Il faut retirer l’or et l’emballer correctement dans le « DECARRO »(1) puis le placer sur le feu pour bien évidemment le sécher.
La dernière opération, c’est de prendre un papier duplicateur et mettre de l’or dessus pour maintenant essayer de le séparer avec le « BARUTI ».
Et voilà enfin on a de l’or pur avec sa couleur naturelle, qui est jaune. (Pour une meilleure localisation de tous les instruments qui entrent en jeu dans le levage du sable aurifère, voir annexe VIII, photo 11).
En effet, le travail de défonçage de l’or se fait toujours en groupe de deux à cinq personnes appelé « EURIE ».
Naturellement, c’est le plus âgé qui prend la direction du groupe ou « EURIE ». Il existe bien évidemment une répartition des tâches, personne ne peut faire tout à la fois.
Et la restauration se fait selon un programme, dans la plupart des cas, le matin avant d’aller au chantier et le soir au retour bien entendu du chantier.
Si le groupe acquiert de l’or, le partage se fait équitablement sans tenir compte de l’âge, expérience ou autres critères, ce qu’ils appèlent là-bas « les Mines et Energies »(1)
Le revenu mensuel moyen d’un « boulonneur » varie entre 48.000 FC et 80.000 FC. Pour maintenir l’équilibre du ménage et tenir les deux bouts du mois, le creuseur marié remet une partie de son revenu mensuel à sa femme pour en faire le petit commerce (l’huile, futur, mais, etc.). Le mois prochain, s’il gagne encore un sou, il renforce le commerce de sa femme. « Ainsi va la vie », affirment les « boulonneurs ».
II.3.2. L’ENFANT ET LES MINES D’OR
Il nous semble important d’éclaircir le concept enfant pour ne pas plonger dans une confusion tout au long de ce point.
En effet, nous nous reconnaissons dans la définition proposé par François MARTINEAU et le Serge PIGEONG(2) : « on appelle enfant la tranche de vie qui conduit l’homme ou la naissance au seuil de l’adolescence. On a l’habitude de la diviser en première enfance (de 0 à 15 mois), deuxième enfance (de 15 mois à 6 ans) et âge scolaire entre 6 et 12 ans).
Vers 12 ans, débute l’adolescence, qui se prolonge jusqu’au moment ou l’individu est reconnu adulte entre 18 et 25 ans selon les sociétés) ».
Naturellement, il est difficile à un enfant de s’adapter au rythme combien « harassant » de travail de « bêchage » de l’or dans une carrière.
D’ailleurs les services de douane de beaucoup de carrière interdisent l’accès aux enfants dans une carrière d’or pour y exploiter d’une manière artisanale de l’or.
Néanmoins, il n’existe pas une vérification stricte d’âge au niveau des services de douane.
En effet, seul l’aspect physique suffit pour déclarer une personne apte à creuser de l’or dans une carrière.
Par conséquent, un enfant qui peut avoir 15, 16 ou 17 ans et ne présenta pas des apparences de vulnérabilité, peut entrer sans s’inquiéter dans une carrière d’exploitation artisanale de l’or.
Cependant, ce « boulonneur » là, à vrai dire « enfant », sait a priori qu’il sera assurément appelé à travailler une fois par semaine pour le « Calcul » du propriétaire de la arrière « LIWANZA » . Et quand il décide délibérément de s’engager, toute forme de « pression » ne se justifie pas.
La salubrité et la « détresse » dans une carrière d’or constituent le « menu » essentiel de cette quatrième session qui vient illico.
Section 4 : LES CONDITIONS HYGIENIQUES ET RISQUES DU METIER
La commodité dans un lieu de travail est capitale pour autant qu’elle rend de travail agréable.
En effet, ce climat convenable ne peut pas « dessécher » tous les dangers liés au travail de creusage.
II.4.1. CONDITIONS HYGIENIQUES
« L’hygiène, c’est ce que tout homme et toute femme doit savoir et faire pour rester en bonne santé. » (1)
En effet, il existe toujours une forte concentration démographique dans les camps des carrières qui produisent mieux. Et les conditions hygiéniques sont à déplorer, compte tenu, de la mauvaise politique du « chef du camps » ou « gouverneur du camp ».
Aussi une promiscuité assez complexe ne manque pas de conséquences sociales.
L’ouverture d’un camp dans une carrière consiste à abattre les arbres, à assainir et lancer le travail de construction des cases en privilégiant la route principale appelée « BOULEVARD ».
En réalité, les cases construites se suivent les unes après les autres et derrières ces « bicoques » sont érigés les lieux d’aisances.
Dès qu’il y a une forte demande d’entrée dans la carrière, les lieux d’aisances sont rasés et remplacés par des nouvelles constructions des maisonnettes, et ainsi de suite jusqu’à tel point que les creuseurs et leurs familles vont commencer à aller dans la forêt pour se « soulager ».
Devant cette situation, la forêt va certainement gâter de l’air et l’inquiétude devient ainsi évidente.
Et les choses deviennent compliquées quand il pleut. En effet, l’eau de la pluie ramasse tous ces « déchets » pour les ramener dans les rigoles, même là où les creuseurs prennent de l’eau à boire, soit près des sources d’eau.
Le tableau triste ne peut que conduire à la résurgence de beaucoup des maladies.
En plus, l’eau potable n’est pas toujours pure. Elle cause beaucoup de « malaise ».
Pendant le creusage de la terre, les « boulonneurs » boivent par imprudence de l’eau sableuse des puits, qui vont réellement provoquer l’apparition des microbes dans le ventre.
Actuellement, certaines carrières arrangent plus au moins bien leurs lieux d’aisances et les placent loin des habitations. Cela n’empêche pas d’autres personnes de fréquenter la brousse pour se « décharger ».
Dans le chantier, les creuseurs se dirigent dans la forêt pour autant qu’il n’y a pas des installations plus proches.
II.4.2. LES ALEAS DU METIER
Les risques sont en permanence dans l’extraction de l’or de façon artisanale.
Dans les lignes qui suivent, nous allons en plus du risque patent qui est l’éboulement, épingler certaines sous-jacents.
Au fait, le chantier c’est d’abord une surface de forêt parsemée parfois des arbres et des arbrisseaux. Les creuseurs vont des puits de temps en temps non loin des grands arbres qui sont encore sur pied, dès qu’un vent violent arrive, les arbres tombent par ci par là.
Au sol, certainement, l’arbre va faire des dégâts selon la façon dont il s’est écroulé :
- Quand l’arbre a tendance de se pencher vers un côté depuis un moment, tout le monde peut avoir au moins une idée sur la trajectoire que pourra prendre cet arbre dès qu’il lâche. La situation embarrassante peut arriver quand l’arbre principal est lié aux autres par les lianes et la bascule va assurément entraîner les autres arbres.
- Quand l’arbre fait une chute improviste, inattendue, il fait plus de dommages au sol. On peut parfois comme ça compter des morts, des blessés et bien évidemment des rescapés.
Il est à noter dans leur chute, les arbres arrivent parfois à boucher certains puits, et s’il faisait que les creuseurs soient dedans, la situation ne peut être que triste.
Les autres « écueils » sont à rechercher au niveau des instruments de travail notamment, bêche, barre de mine, pioche, etc.
En fait, il peut se faire qu’un creuseur par maladresse se fait piocher lui même ou le matériel heurte son ami de l’ » ECURIE ». Pour ces cas, on déplore très souvent des blessures légères, voir graves.
Aussi, il existe une distance, un intervalle entre les puits et le lieu de lavage du sable aurifère. Le creuseur est contraint de faire de va-et-vient avec du sable parfois sur les épaules. Quand il s’agit d’un « terrain déclive », il suffit de faire un faux pas, on trébuche et on fini la course par dessous. (Voir les annexes IV et VI, photos n° 4 et n° 8).
En plus, ce travail de « piocher » la terre à la quête de l’or, provoque certaines maladies ou douleurs dans le corps surtout au niveau de la colonne verticale. A ce sujet, Docteur Robert MAIGNE (1) nous fait un récit emprunté à la vie courante : « Au moment où il soulève un sac de plâtre, une douleur violente le coupe littéralement en deux. Soudé au sol, incapable de se relever, il gagne comme il peut sa chambre, où sa femme l’aide à se mettre au lit. Le Médecin diagnostique un lumbago aigu … rendu prudent par cette mésaventure, il ménage ses forces, évite les efforts inutiles et lorsqu’il doit soulever une charge, prend des précautions, tout va bien. »
Le plus « notoire » de tous ces risques c’est l’éboulement. Le fait de creuser les puits de 5, 8 ou 15 mètres de profondeurs et de ne pas tenir compte de certaines normes et pour le défoncement et pour l’extraction du sable, l’éboulement peut ainsi se produire. Il peut couvrir tous les creuseurs qui se trouveraient à l’intérieur du puit.
Si le secours vient à temps, on peut soit sauver la vie de tout le monde, soit de certaines creuseurs ou « boulonneurs » tout simplement.
L’éboulement le plus « dangereux » est celui des puits creusés à partir de la technique de tunnel ou « MANGELE » ; il rend difficile le secours car il faut pénétrer aussi dans ces « trous » horizontaux.
TEMOIGNAGES :
1. C’était en décembre 2000, ici à la carrière TAMBOLA MALEMBE. Le matin de ce jour là, nous avons quitté le camp pour le chantier, plusieurs « écuries » bien entendu. Non loin de nous, une « écurie » creusait le sol avec le système de tunnel « MANGELE », ils avaient réussi à faire deux tunnels dans le sens opposé et cela dans une profondeur de plus au moins huit mètres. Dans chaque tunnel, il y avait une personne donc un creuseur et deux autres creuseurs étaient dedans peut-être avec l’intention ou objectif d’aider les deux premiers à faire sortir le sable à la surface. Et deux autres pour tirer les sacs du sable aurifère. Tout d’un coup, il y a eu l’éboulement. Le sable avait carrément « enterré » ceux qui étaient vraiment dans le puit profond. Pour les deux autres, le secours est venu vite « déterrer » l’un qui était seulement à quelques mètres, en fonçant, la deuxième qui succomba quelques minutes après. Pour les autres, on va seulement retrouver les corps le lendemain après bien évidemment qu’on ait durement travaillé. Bilan 5 morts et un seul rescapé.
(Témoignage reçu auprès du creuseur Bertin IMBOLO, carrière Tambola Malembe, le 15 octobre 2006).
2. Pas plus qu’un mois, je pense vers le 19 ou le 20 septembre 2006, un creuseur de notre « écurie » faisait le transport du sable aurifère du puit vers le « LE TARMAC » à côté de la rivière pour bien entendu passer au lavage. Je crois qu’il était au quatrième tour et quand il voulait maintenant redescendre vers la rivière, il rate sa marche et glisse. Comme vous le voyez, c’est vraiment une pente et l’ami termine sa chute jusqu’en bas. Le malheur pour lui, une grosse pierre va finir aussi sa course sur sa jambe gauche au niveau de la cheville. Il sort avec sa cheville fracturée, et quelques petites blessures un peu partout. Je ne sais pas s’il va encore revenir travailler avec nous. Ce n’est pas facile, nous souffrons avec ce travail, mon frère.
(Témoignage reçu auprès du creuseur Pichen LIFITA, carrière Jean Moke, le 15 octobre 2006).
La progression commerciale du métal jaune et les avantages tirés par les creuseurs seront sans doute abordés dans la section suivante.
Section 5 : CHEMINEMENT DE VENTE DE L’OR ET DEGRE DE
SATISFACTION
L’activité commerciale facilite la jonction de plusieurs couches sociales. Et pour le cas d’espèce, entre un creuseur qui vend de l’or et un négociant qui achète de l’or.
Par rapport aux investissements physique, matériel ou financier, il est parfois évident que l’une ou l’autre partie ne trouve pas compensation.
II.5.1. LE CIRCUIT COMMERCIAL DE L’OR
En principe, la commercialisation de l’or dans une carrière suggère deux cas de figure :
- soit le système de comptoir unique c’est-à-dire tous les creuseurs vendent obligatoirement de l’or à la direction de la carrière. C’est de là que les acheteurs viendront certainement faire l’achat.
L’avantage de ce système est qu’il permet de contrôler la production de l’or dans une carrière.
Néanmoins, cette possibilité n’est plus d’application dans pratiquement toutes les carrières.
- soit l’acheteur paye avant d’exercer ses activités comme nous l’avions souligné précédemment, une caution de 10 % de la totalité de la somme destinée à l’achat de l’or dans la carrière. De ce fait, il est autorisé d’ouvrir son comptoir et acheter librement de l’or dans la carrière.
Pour ne pas faire longtemps dans la carrière, les négociants essayent d’ « appâter » les creuseurs en leur remettant par moment bien entendu la ration alimentaire à chaque fois qu’ils partent au chantier pour y travailler.
Cette ration peut-être en nature ou en espèces. Il peut également leur offrir n’importe quel autres biens surtout les produits manufacturés.
Une fois que les creuseurs arrivent à avoir de l’or, par reconnaissance ou par dette morale, ils vont sans doute le vendre chez celui qui les avait aidé avec de la « nourriture » ou toute autre assistance.
Il arrive quelquefois que les creuseurs « dépourvus » cherchent un acheteur qui peut les soutenir surtout avec la ration pour qu’ils aillent creuser au chantier.
Ainsi, l’acheteur prend alors en charge tous les « boulonneurs ». Pour ce cas, un accord préalable entre les deux parties est évident pour éviter la « contrariété » à la fin.
Soit le trafiquant va bénéficier tout simplement de l’achat du métal jaune, soit il retranchera 30, 40 ou 50 % du prix global de l’or.
Un exemple : l’ « écurie » a 10 grammes de l’or équivalent à 160 $ US.
Si l’accord parle de 50 % donc le négociant va retirer 80 $ US et remettra aux creuseurs autre 80 $ US. Pour la plupart des cas, c’est bien lui-même qui achète le colis de l’ « écurie ».
Sûrement, le marché de l’or ne suscite pas trop de discussion pour ce qui est du prix, de la cotation car tout est à priori fixé. Quand un creuseur possède de l’or, il sait toujours d’avance combien il va gagner, contrairement au marché du diamant qui est « remuant ».
Le métal jaune de la Province Orientale prend plus la direction de l’Est « profond » de la République c’est-à-dire à Beni, Butembo et Goma. Selon certaines informations à notre possession, les Nandé s’intéressent à l’achat de l’or bien entendu que les autres acheteurs. Ils vont à DUBAÏ pour le vendre et au retour, ils achètent les marchandises à exposer dans leurs magasins.
Pour mesurer un colis de l’or, il faut utiliser la balance et certains accessoires notamment, les tiges d’allumette et les pièces de monnaie (1 likuta de 1967 et dix sengi toujours de 1967, Zaïre).
Ainsi, dans un plateau de la balance bien entendu, on place l’accessoire (soit les tiges d’allumette soit les pièces de monnaie) et dans l’autre plateau, on dépose une quantité de l’or. La balance s’autorégule à partir de ces deux poids. S’il y a toujours un déséquilibre, on peut ajouter dans l’un de deux plateaux soit de l’or, soit ces instruments jusqu’à ce que l’aiguille de la balance soit au juste milieu. De là, nous avons la mesure exacte du métal jaune. (Voir annexe VII, photo n° 9)
Voici une illustration du calcul
TABLEAU N°2 : Appréciation de la valeur de l’or
N° TIGE ALUMETTE OU PIECE DE MONNAIE AIGUILLE OR
01 La moitié d’une tige d’allumette centre 1 rayon d’or
02 Une tige d’allumette centre 1 Tige d’or
03 Deux tiges d’allumette centre 2 Tiges d’or
04 Dix tiges d’allumette centre 1 gramme d’or
05 Un likuta (Zaïre) centre 1 gramme d’or
Grande valeur
• 10 grammes d’or = 1 tolat
• 1 Kg d’or = 1000 grammes d’or
Source : Elaboré par nous, à partir des données recueillies sur le terrain.
En ce qui concerne la cotation de l’or au centre Panga et dans la ville de Kisangani, les tableaux qui suivent nous en démontrent clairement.
TABLEAU N° 3 : Le cours de l’or au Centre Panga
N° VALEUR PRIX
01 1 Rayon d’or 400 FC soit 0.8 $ US
02 1 Tige d’or 800 FC soit 1.6 $ US
03 1 Gramme d’or 8.000 FC soit 16 $ US
04 10 grammes ‘or 80.000 FC soit 160 $ US
Source : Elaboré par nous, à partir des données recueillies sur le terrain.
TABLEAU N° 4 : Le cours de l’or dans la ville de Kisangani
N° VALEUR PRIX
01 1 Rayon d’or 450 FC soit 0.9 $ US
02 1 Tige d’or 900 FC soit 1.8 $ US
03 1 Gramme d’or 8.000 FC soit 18 $ US
04 10 grammes ‘or 80.000 FC soit 180 $ US
Source : Elaboré par nous, à partir des données recueillies sur le terrain.
II.5.2. DEGRE DE SATISFACTION DES CREUSEURS DE L’OR
Le travail de l’extraction artisanale de l’or, c’est une « industrie » nécessitant un grand engagement physique.
En effet, le « boulonneur » même s’il a entre ses mains des graines d’or près que tous les jours ou toutes les semaines, arrive difficilement à répartir mensuellement les dépenses et les besoins de sa famille.
Il sera par conséquent contraint de s’endetter par moment pour résoudre les problèmes qui surgissent dans son foyer.
Ainsi, les efforts de jours à venir, c’est pour rembourser la dette. Et E. ENGELS (1) constate que : « plus une famille est pauvre, plus grande est la part de ses dépenses totales qu’elle est amené à utiliser pour se procurer la nourriture. »
Le creuseur « première paluche » de l’exploitation artisanale de l’or n’arrive pas à avoir un grand souvenir de ce qu’il fait comme « métier ».
Certes, il y d’autres qui en ont, ils sont en petit nombre et sortent sans doute de l’ordinaire.
Gagner sa vie comme creuseur, est-ce un problème de gestion de revenu ou un problème de la chance ?
D’autres creuseurs par contre font beaucoup d’argent dans ce métier de l’exploitation artisanale de l’or et se laissent « dépouiller » par la boisson et les femmes. A la fin de compte, ils reviennent à la carrière en « va-nu-pieds ».
Dans le cadre de « sponsoring », d’autres négociants vont jusqu’à désappointer les creuseurs au niveau de l’accord préalable. Ils gonflent le pourcentage allant de 50 jusqu’à 75 % du montant de l’achat sans tenir compte du nombre des creuseurs que compte cette « écurie ».
Comme peut-être il n’y a pas un autre acheteur qui peut accepter ce marché, ils n’ont pas le choix.
Et au bout de l’opération, ces « boulonneurs » là vont se retrouver avec une petite somme qu’il faut encore partager.
Ce qui ne permet pas une progression de leur situation sociale. Ainsi, un « boulonneur » peut passer 2 à 5 ans et voir 10 ans sans sortir suite à des problèmes pareils.
La dernière section va tâcher analyser les différentes effets liées à l’exploitation de l’or.
Section 6 : CONSEQUENCES DE L’EXPLOITATION ARTISANALE DE
L’OR
Naturellement, l’exploitation artisanale de l’or étant une activité du secteur économique et plus particulièrement de celui de Mines, ne peut que dans son avancement produire des effets sur la vie sociale et économique du pays, de la région où elle est établie.
En effet, plusieurs domaines sont concernés. Dans cette section, nous analyserons quelques uns.
II.6.1. SUR LE PLAN AGRICOLE
L’agriculture constitue un secteur clé de l’économie nationale non seulement par sa contribution à l’équilibre humain en produits alimentaires mais par sa contribution comme matière première au développement des autres secteurs de l’économie bien sûr.
L’histoire nous apprend que l’homme avait senti le besoin alimentaire dès l’origine de l’humanité. Par conséquent, le besoin a dû être satisfait entre autre par la pratique de l’agriculture.
Les hommes depuis longtemps étaient frappés par le contraste qui existe entre la permanence des besoins alimentaires et l’irrégularité des récoltes. Cette dernière étant la conséquence des conditions naturelles, des circonstances atmosphériques, etc.
Il ressort que les données naturelles constituent des facteurs clés dans l’agriculture, la terre elle-même est un moteur dans toute activité agricole.
En effet, la prospérité d’une nation est le fait d’une utilisation rationnelle et en « symbiose » des richesses dont elle dispose. Nous pouvons citer, les minerais, l’agriculture, le bois, le gaz, le pétrole, la pêche, etc.
De ce fait, les richesses minérales en particulier de l’or, seules ne peuvent pas satisfaire en totalité les besoins de l’humanité, de même l’agriculture ne peut aussi donner entière satisfaction à la même humanité.
Toutes ces deux richesses sont donc complémentaires et nécessaires à telle enseigne que si leur répartition se faisait au vu et au su de tout le monde, aucun pays ne voudrait en manquer une.
En 1982, le Conseil Exécutif (le gouvernement sous le régime du MPR Parti-Etat) décide de la libéralisation de l’exploitation artisanale des matières précieuses. Ladite décision donne « la clé du champ » à tout Congolais ou Zaïrois d’aller exploiter de manière artisanale les matières précieuses dans les carrières bien entendu.
Devant le « Pactole » de ce secteur des mines, en particulier celui de l’or, les agriculteurs n’ont pas voulu être « à la queue ».
Ainsi, la plupart des agriculteurs ont abandonné leurs champs, une activité qu’ils jugent trop pénible et surtout moins rémunératrice, pour se lancer dans le travail de creusage de l’or. Ils s’y sont retrouvés facilement car c’était pratiquement le même travail physique avec parfois les mêmes matériels bêche, machette, pioche, etc. La nette différence, c’est peut-être au niveau de la profondeur, dans la carrière il faut aller très loin.
C’est de cette façon qu’une partie du monde agricole est dégarnie par ses « affiliés ».
Bien évidemment la conséquence logique, c’est la réduction de la production agricole en Province Orientale.
A ce propos, deux éléments principaux mettent au clair l’affaiblissement de l’approvisionnement de la ville de Kisangani en denrées alimentaires :
• le désengagement de certains agriculteurs à faire les champs pour le secteur minier ;
• les mauvaises conditions de nos routes de desserte agricole.
Ainsi, la ville de Kisangani est aussi alimentée en majorité des produits agricoles provenant de l’extérieur de la Province, surtout de Bumba qui fournit du riz, maïs, etc.
II.6.2. SUR LE PLAN SANITAIRE
Un organisme qui fonctionne bien a la possibilité de faire correctement un travail et en produire un résultat meilleur. Par contre, un homme dans l’« adynamie » serait inopérant dans le boulot de « piochage ».
Plusieurs paramètres concourent à la dégradation de la santé dans une carrière.
En effet, la plupart des aliments vendus dans la carrière tels que le thé, le manioc, les beignets, le pain, le riz, etc. … sont soit cuits à la hâte, soit mal conservés et parfois avariés. Or les « boulonneurs » venant du chantier et affamés par le cassant travail ne font près que jamais attention au détail sur la propriété et se jettent sur toute nourriture disponible devant eux et encourent les risques d’attraper les maladies comme par exemple, la diarrhée, l’amibiase, la fièvre typhoïde, etc.
Aussi, aux abords des chantiers et voir même dans des camps sont éparpillées des « déjections » humaines et des ordures. Ces matières attirent des mouches, des rats, des cancrelats et surtout elles dégagent des odeurs nauséabondes.
Lors des pluies, les ruissellements les traînes vers le bas fond. Les carrières deviennent ainsi des foyers des « contagions » en maladies infectieuses et parasitaires comme la malaria, l’hépatite infectieuse, filariose, la bilharziose, l’amibiase, l’ascaridiose, l’ankylostomiase, etc. à cause bien évidemment de toutes ces impuretés qui y stagnent.
Le creuseur puisse de fois les eaux non potables du puit d’or ou des marigots pour les différents besoins.
Nous sommes dans une difficulté de donner le nombre des cas des maladies contractées dans les carrières fautes de pièces prouvant cette réalité.
Et les risques des maladies augmentent par le fait de la consommation par des creuseurs de divers produits toxiques : alcool, chanvre, etc.
Pour une certaine catégorie des femmes, elles sont dans la carrière rien que pour la prostitution. Dans ce contexte « libidineux » les infections sexuellement transmissibles et le V.I.H./Sida ont un champ propice pour se répandre. A ce propos, la vente des antibiotiques est plus rentable dans beaucoup des carrières.
De plus, au niveau des zones rurales ou précisément dans des carrières, les soins ne sont pas adéquats par manque bien évidemment d’un personnel qualifié.
En effet, beaucoup d’assistants médicaux et infirmiers partent dans ces milieux ruraux où se trouvent les carrières des mines d’or. Ils ont même là le statut de « MONGANGA » c’est-à-dire Docteur et ils sont prêts à tout :
- consultation pré-natale ;
- consultation gynécologique ;
- et même des interventions chirurgicales. Dans ce cas, ils sont soit assistés par des « assistants médicaux » soit le font seuls. Ils disent avoir acquis l’expérience à force d’assister les grands médecins dans des hôpitaux pendant de telles opérations.
Toutefois, certaines interventions chirurgicales se font à ciel ouvert pour raison d’éclairage. Si cela se fait dans la case, il faut nécessairement avoir une lampe torche.
Au niveau du centre commercial, les plus organisés empruntent parfois le groupe électrogène pour cette fin.
Ainsi, le taux de mortalité dans ces milieux reste toujours élevé.
Il est aussi à noter que dans des carrières, même des volontaires de la Croix-Rouge ou secouristes soignent aussi les malades, ils vont au-delà de la tâche leur reconnue c’est-à-dire apporter un soin d’urgence en attendant que le malade soit transféré dans hôpital ou centre de santé.
II.6.3. SUR LE PLAN SOCIAL
a. Du point de vue de la scolarisation
La scolarisation des enfants est un problème capital pour lequel il faut à tout prix trouver une solution car, une nation qui se respecte doit sans doute lutter contre l’analphabétisme de la population dans l’optique d’apprêter l’avenir du pays.
Dans près que toutes les carrières, il n’existe pas d’écoles alors que les creuseurs à force d’y perdurer dans la forêt, procréent et se déplacent parfois avec toute la famille. Ces enfants peuvent avoir l’âge d’être scolarisés, mais ils ne le sont pas tout simplement parce qu’il n’y a pas d’écoles dans le camp ou vraiment très proche de la carrière.
Depuis un certain temps, l’Etat conscient du problème a crée quelques écoles seulement et a obligé tout enfant à l’âge scolaire de sortir de la carrière pour y aller étudier au niveau soit du village, soit au centre commercial où l’école est construite. Il est bien évidemment difficile que les enfants fassent chaque jour un aller-retour c’est-à-dire de la carrière vers l’école au centre commercial et inversement.
La meilleure solution c’est peut être loger ces enfants là où l’école est implantée. Cette possibilité est vite « percutée » par certaines réalités notamment :
- le logement des enfants : les écoles n’ont pas des internats ;
- l’alimentation des enfants : le système de restauration n’existe pas ;
- l’encadrement des enfants : les écoles n’en font bien, etc.
Compte tenu de toutes ces difficultés et surtout du revenu « modique » d’un creuseur, les enfants qui se retrouvent dans les carrières ne vont pas à l’école.
Un autre aspect du problème est celui du corps enseignant qui n’est pas qualifié pour assurer une bonne instruction.
Dans l’autre sens c’est-à-dire des jeunes qui sont dans de centres commerciaux où il existe par ci, par là des écoles voir même ceux qui sont dans des villes comme Kisangani, Buta, Isiro, Bunia, etc.
Ces derniers une fois informés de l’ouverture d’un chantier « fructueux », ils abandonnent carrément les études pour se lancer dans l’aventure.
Le seul « stimulus » c’est la projection d’une vie meilleure qui forge parfois dans le chef de ces jeunes là, une sorte des « représentations fantasmatiques » (1). A la fin de compte, c’est une autre réalité qui va se produire. Le jeune sera peut-être contraint d’endurer dans la carrière. Et comme il a toujours espoir de rentrer « en grande pompe » en ville, il risque de voir passer devant lui plusieurs années. Et par conséquent, les études sont absolument enterrées.
b. Du point de vue conjugal
Les carrières sont des lieux qui déchaînent beaucoup de conflits au niveau des foyers.
Au fait, quand creuseur quitte la ville pour une carrière de l’or, il a toujours en tête l’idée d’être expéditif. Malheureusement, la réalité est autrement sur le terrain. Et comme il tient à rentrer en ville en « Responsable », pour ça, il risque de faire 3, 4, 7 et voir 10 ans dans la forêt entrain de chercher une fortune qui n’arrive toujours pas.
Ainsi, pour certains travaux de ménage, le creuseur sera contraint de se marier à la carrière.
De l’autre côté, la femme qui est restée en ville s’impatiente et finira, elle aussi, à prendre un autre mari.
Il arrive parfois pour des raisons de balance du ménage, qu’un homme autorise à sa femme d’aller vendre certaines marchandises dans la carrière. Quand cette dernière trouve un marché bondé avec les mêmes articles qu’elle a apporté, bien évidemment elle serait obligée de prolonger son séjour pour écouler tout le stock.
Le retard peut amener le mari à prendre la décision de suivre sa femme à la carrière. Devant les conditions de vie, une série des préjugés sera faite à l’endroit de la femme au risque de conduire même au divorce.
Un creuseur peut laisser sa femme et descend au chantier pour y travailler bien entendu. Si cette dernière est moins sérieuse, elle peut tromper son mari et « se livrer » à un autre homme par moment, pour avoir de l’argent et s’en procurer le savon, le lait de beauté, etc.
La plupart des gens qui commettent de tels « forfaits » sont soit les « fournisseurs », soit les négociants.
Le tout se fait dans la discrétion pour éviter les sanctions de la direction de la carrière.
II.6.4. SUR LA PLAN DE LA DEFORESTATION
Le défrichement fait parti des activités inhérentes à l’exploitation artisanale de l’or. Il est flagrant de la prospection jusqu’à l’extraction de l’or via la construction des camps par les creuseurs et autres visiteurs.
Le déboisement dans le contexte d’une carrière d’or se fait toujours d’une manière « barbare » c’est-à-dire les racines sont complètement déterrées ne laissant absolument pas la possibilité à cet arbre de se renouveler un jour.
SARGOS GRENIER A. (1) souligne que : « les carrières détruisent la beauté du paysage et nuisent aux sites. Elles bouleversent également le sol et présentent pour lui un danger évident ».
En effet, la forêt joue un rôle crucial dans la vie des populations. Elle améliore ainsi les races animales et végétales pour le grand bénéfice des populations humaines. En plus, la forêt constitue pour une certaine tranche de la population, une source en médicament, etc.
Dans le même suite d’idées, GALEY A. (2) affirme ceci : « la forêt est une véritable société avec ses associations, ses hiérarchies, ses équilibres. Milieu vivant dans lequel la flore et la faune sauvages se renouvellent, cette réserve biologique purifie l’air, nourrit les sols, produits de l’eau. C’est un capital précieux et un organisme délicat qui est à protéger contre multiples agressions. »
L’abattage des arbres est une évidence dans l’exploitation artisanale de l’or.
Néanmoins, pour mieux l’encadrer au niveau d’une carrière, l’Etat Congolais a bien arrêté certaines dispositions pour bien entendu modérer la déforestation, lesquelles de ces dispositions étaient inscrites dans la loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier et ainsi dans le document de la mesure d’application du Code Minier c’est-à-dire le Décret 038/2003 du 26 mars 2003 portant Règlement Minier.
Malheureusement, toutes ces orientations n’ont pas d’effectivité sur le terrain c’est-à-dire dans les carrières. La réalité de la destruction de la forêt dans les carrières va à l’encontre de la philosophie du développement durable qui stipule à chaque fois qu’on coupe un arbre, il faut songer à replanter un autre car les générations avenir en auront besoin.
Au fait, la déforestation conduit à beaucoup des effets fâcheux sur l’environnement :
• la perturbation climatique ; au moment où on se voit pendant la session sèche, ce sont des pluies qui se présentent. Et ça désorganise parfois les programmes des agriculteurs ;
• Installation de l’érosion ; les feuilles des arbres amortissent en quelque sorte la pression des gouttes des pluies. Et quand les arbres sont rasés, ces gouttes là ont un accès libre de faire chute directement au sol tout en créant des fentes ;
• Lessivage de la terre « arable » amène ainsi la carence de la fertilité du sol pour autant que le ruissellement fait évacuer les matières nutritives ;
• Le dessèchement des sources d’eau dû à la destruction de la forêt qui l’entoure. Cela ne peut qu’apporter une souffrance aux populations environnantes dans la mesure où la « REGIDESO » est inexistante dans ces contrées. Les populations ne vivent que de ces sources là pour puiser de l’eau plus au moins potable ;
• Amenuisement, voir extinction de la faune sauvage, c’est-à-dire les espèces animales se trouvant dans cet environnement « bouleversé » vont certainement s’éloigner et plongeant ainsi que les populations riveraines à ces carrières dans une crise en protéines animales ;
• Entretien du terrain pour la désertification ; depuis certain temps, nous remarquons l’entrée à partir du Nord de la RDCongo du désert et si l’on ne fait pas attention, le pays risque de retrouver avec des zones désertiques ;
• Le recyclage de l’oxygène risque d’en pâtir. Or dans cet élément combien important pour la vie, celle-ci est impossible et l’humanité peut disparaître ;
• Du point de vue socio-économique, les paysans manquent des terres à exploiter, ce qui pourrait à la longue occasionner des conflits fonciers.
CONCLUSION
Cette étude a porté sur l’exploitation artisanale de l’or en Province Orientale.
Elle est partie du constat selon lequel, il existe une réalité paradoxale entre d’une part les carrières de l’or, espace où les gens sont censés faire beaucoup d’argent en creusant bien entendu, beaucoup en sont « inassouvis » et d’autre part la foule des personnes qui ne cessent de venir dans ces lieux aurifères et y restent même plusieurs années.
Outre cela, il n’existe pas une véritable « visibilité » du progrès tant au niveau individuel qu’au niveau de l’environnement où s’exploite ce métal jaune.
Dans ce fossé existant entre « ce qui est devrait être » et la réalité sociologique « ce qui est » plusieurs faits se jouent dans le soubassement.
C’est pourquoi cette préoccupation majeure s’est traduite à travers une série des questions.
• Comment fonctionne une carrière d’exploitation artisanale de l’or ?
• Quelles sont les conditions qui entourent le travail d’un creuseur de l’or ?
• Quel est le circuit suivi par l’or dès l’exploitation jusqu’à la vente dans une carrière d’exploitation artisanale ?
• Quelles sont les conséquences des l’exploitation artisanale de l’or sur l’environnement en général ?
Pour arriver aux résultats escomptés, nous avons fait recours aux techniques de récoltes des données, la documentation et l’interview libre.
A l’issue de la recherche, nous sommes parvenu aux résultats suivants :
1. Les carrières ont des organisations bien structurées comparables, dans une mesure, aux Entités Administratives Décentralisées. Dans ces milieux, en dépit de l’amélioration, il existe toujours les violations flagrantes des droits de l’homme pour des manquements qualifiés de « graves » ;
2. L’ « excavation » de l’or est un travail pénible ; les puits creusés vont même au-delà de 15 m de profondeur. Ce grand « boulot » est chaque marqué par des risques allant des blessures jusqu’ à la mort par l’éboulement, le plus souvent ;
Malgré tous ces efforts physiques et ces dangers, les creuseurs ne garantissent pas la stabilité de leur ménage. Ainsi, leurs femmes viennent les épauler par le petit commerce ;
3. Les conditions hygiéniques et sanitaires sont à déplorer, les cases sont trop rapprochées et derrière, les lieux d’aisance mal entretenus. Les creuseurs et leurs familles vont souvent se « décharger » dans la forêt avec tous risques pendant la saison de pluie. La carrière devient ainsi un lieu de transmission de diverses maladies. Les femmes à la recherche de l’argent se livrent à la prostitution avec risque de propagation des maladies sexuellement transmissibles et le VIH/Sida ;
4. Plusieurs personnes participent aux activités commerciales dans une carrière. Les commerçants qui vendent leurs marchandises seulement au niveau des grands centres, ensuite les porteurs qui assurent le transport des marchandises ou articles d’une catégorie des commerçants jusqu’à la carrière, ces commerçants sont appelés « fournisseurs ». Et enfin les négociants qui viennent acheter de l’or à la carrière ;
5. L’or extrait de façon artisanale est soit vendu dans un comptoir de la carrière, soit amené à Kisangani. La plupart de ces paquets de l’or prennent la direction de l’Est, Butembo, Beni et Goma.
Les enfants de 15, 16 et 17 ans sont parfois associés dans le travail de creusage de l’or, y compris le « LIWANZA » dans une carrière ; mais cela ne peut absolument pas être synonyme d’un travail forcé à leur égard ;
6. La libéralisation de l’exploitation artisanale des matières précieuses et en particulier de l’or a entraîné un « décalage » social et économique ; les jeunes abandonnent les études pour se lancer dans les activités de creusage de l’or, sacrifiant l’avenir de la Province. Le mariage, institution de base pour la société est rabaissé. La production agricole empiété par l’extraction artisanale de l’or. La déforestation néfaste et précaution aucune des dispositions stipulées dans le Décret n° 038/2003 du 20 mars 2003 portant Règlement Minier et le Code Minier.
Pour qu’il y ait un essor du secteur aurifère en Province Orientale, nous souhaitons que les propositions suivantes soient intégrées et dans la politique de l’Etat Congolais et dans la gestion quotidienne des carrières par leurs propriétaires.
Aux propriétaires des carrières
• Les droits de l’homme doivent-être d’une observance dans les carrières ;
• De vraiment modérer la politique de la « bastonnade » pour ne pas se retrouver dans la torture ;
• D’appliquer littéralement les dispositions du Décret 038/2003 du 20 mars 2003 et celles du Code Minier axées sur le Règlement Minier ou plus particulièrement sur la déforestation ;
• De mettre en œuvre un mécanisme de contrôle pouvant quantifier la production mensuelle, trimestrielle, semestrielle et annuelle de l’or d’une carrière, dans le strict respect du choix du creuseur de là où il souhaite vendre son colis de l’or ;
• De planifier une bonne politique d’habitat et assainir correctement le camp où vivent beaucoup de familles ; en interdisant de jeter des saletés au bord des sources d’eau à boire, de construire la toilette proche des sources d’eau à boire ou des cases, de se « décharger » en brousse au lieu d’un endroit approprié. Tout celui qui va à l’encontre paye une lourde amende ;
• D’édifier dans la carrière, un centre de santé et l’équipé pour les soins d’urgence. En attendant d’envisager peut-être un transfert vers un grand centre médical ;
• De bien identifier tous ceux qui entrent au niveau de douane, afin de barrer la route aux enfants de moins de 18 ans.
Aux creuseurs
• De travailler souvent en synergie pour qu’il y ait échange d’expériences et défense des intérêts communs ;
• De rationner les dépenses de leur revenu mensuel ;
• D’éviter la consommation des substances nuisibles à la santé ;
• De bien planifier le programme journalier de creusage afin d’éviter le « sur engagement » physique ;
• De respecter les conditions de creusage des puits au lieu de faire un travail bâclé, lequel travail peut conduire aux grands risques.
A l’Etat Congolais
• De mandater un inspecteur itinérant pour veiller sur le respect de droits de l’homme ;
• De planifier un double programme pragmatique en vue de relance du secteur aurifère et du secteur agricole dans l’économie nationale ;
• De créer des écoles dans les milieux ruraux et proches des carrières, enfin d’apporter tant soi peu la solution au problème de la déperdition scolaire ;
• Sanctionner durement tout exploitant artisanal qui applique la déforestation « aveugle » car c’est mettre sérieusement en péril l’existence de la flore du pays et de la Province. Mêmement pour ceux qui vont dévier les cours d’eau dans le but d’extraire de l’or.
Aux ONG Nationales
• De conscientiser les creuseurs au rôle combien important qu’ils jouent dans le cadre du développement du secteur Minier dans notre pays ;
• De renforcer les mécanismes de surveillance pour que l’exploitation artisanale de l’or soit celle du développement ;
• D’appuyer l’Etat Congolais dans la construction et réhabilitation des écoles et centres de santé ;
• De construire de Latrines dans les carrières et aux environs pour qu’il y ait de l’eau potable et pure ;
• De créer des foyers de développement en milieu rural pour promouvoir l’éclosion de l’esprit coopératif chez les paysans et de donner naissance aux associations coopératives, susceptible d’aider ces mêmes paysans à accéder facilement au système de crédit.
• De contribuer activement à la distribution des semences, pesticides et autres intrants agricoles.
Aux Organismes Internationaux
UNICEF
• De soutenir les écoles de ces contrées rurales avec les fournitures scolaires (cahiers, stylos, gommes, lattes, etc.) ;
• De relever le niveau du corps enseignants de ces écoles par de sessions de formations ;
• D’appuyer les ONG Nationales dans la constructions ou réhabilitation des écoles dans ces milieux ruraux.
IRC ou MSF
• De fournir une assistance en médicaments dans ces milieux ruraux.
FAO
• De fournir des intrants agricoles et autres matériels tels que bêches, houes, brouettes, etc. aux agriculteurs de ces milieux ruraux.
• De former ces agriculteurs de certaines techniques agricoles.
Au fait, une carrière a comme fonction patente, l’exploitation des matières précieuses et pour le cas d’espèce du métal jaune et les gens s’y rendent là bas pour cette finalité.
Néanmoins, une carrière remplit une autre fonction qui est cette fois-ci « larvée ».
C’est pourquoi sur le plan social, une carrière réduit la population en ville, une espèce d’ « exode urbain ».
En effet, dans ces foyers d’exploitation des matières précieuses, l’or en particulier, sont hébergés les gens de multiples instructions, une sorte d’ « osmose » d’éducations, élèves, fonctionnaires de l’Etat, bandits, des apaches, etc.
Si ces derniers regagnaient la ville, c’est pour réactiver le banditisme, le vol en main armée, etc. bref, ça sera de l’insécurité « galopante ».
L’Etat Congolais ne doit pas supprimer ces carrières d’exploitation artisanale, mais plutôt voir comment apporter un encadrement à ces creuseurs là car « creuser »pour eux représente un « emploi ».
Cette large étude ne peut en aucun cas être vidée dans le cadre de cette recherche. Nous pensons qu’il existe très certainement d’autres horizons que nous n’avons pas abordés notamment, d’examiner l’efficacité ou inefficacité de la spécialisation structurelle d’une carrière de l’or, dans le but de consolider son bon fonctionnent et renforcer sa rentabilité.
C’est pourquoi, nous espérons voir ces différents points être abordés par d’autres chercheurs qui s’intéressent à tel domaine de recherche.
BIBLIOGRAPHIE
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environnement un combat commun, éd. PUF, Paris,
2003.
7. MAIGNE R., Mal de dos, mal de siècle, éd. Robert Laffont, Paris, 1980.
8. MULUMBA LUKOJI et allii, Industrie minière et le développement au Zaïre,
volume II, PUZ, Kinshasa, 1976.
9. RAGUIN E., Géologie des gîtes minéraux, éd. Masson et Ciel, Paris, 1961.
II. REVUE ET ENCYCLOPEDIE
1. MAVINGA TINA A., « Kisangani : une guerre dans la guerre, le cri du
sang » in Médecins Sans Frontières (sous la
direction), RDCongo, silence on meurt, les
témoignages, éd. L’harmattan, Paris, 2002.
2. TSHIBANZA M. et TSHIMANGA M., « matières précieuses et libéralisation,
esquisse d’un bilan provisoire », in
Zaïre-Afrique n° 196 juin-juillet-août
1985.
3. TSHILOMBO N., « libéralisation dans le domaine des matières précieuses
et liquidité monétaire au Zaïre, quelques réflexions et
recommandations », in Zaïre-Afrique n° 176 juin-juillet-
août 1985.
4. GRAND DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE LAROUSSE, Tome 2 (beaucens-pascal), éd. Larousse, Paris, 1982.
5. LA NOUVELLE ENCYCLOPEDIE du livre d’or de (dalphnies à étrangers), éd. Des deux coqs d’or, Italie, 1982.
6. LARRIAU J.F., Encyclopaedia Universalis, corpus 13 (nicaragua-pascal), Paris, 1982.
III. DOCUMENTS OFFICIELS
1. JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, Loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier.
2. JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, Décret n° 038/2003 du 26 mars 2003 portant Règlement Minier, 44ème Année, numéro spécial, 1 avril 2003.
LES ABREVIATIONS
• RD Congo : République Démocratique du Congo
• REGIDESO : Régie de distribution d’eau
• UNICEF : Fond des Nations Unies pour l’enfance
• IRC : Comité Intrnational de Secours
• FAO : Organisations des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture.
• MSF : Médecins Sans Frontières.
TABLE DES MATIERES
Pages
INTRODUCTION 1
1. PROBLEMATIQUE 1
2. OBJECTIFS POURSUIVIS 5
3. METHODOLOGIE 5
4. DIFFICULTES ET LIMITES DE L’ETUDE 7
5. SUBDIVISION 7
PREMIERE PARTIE : CONSIDERATIONS GENARALES 8
I.1. CONFIGURATION GEOGRAPHIQUE
DE LA PROVINCE ORIENTALE 8
I.2. DECOUVERTE DE L’OR EN PROVINCE ORIENTALE 10
I.2.1. OKIMO et l’exploitation industrielle de l’or 10
a. Aperçu historique 10
b. Etat de lieu et Production 11
I.2.2. La libéralisation de l’exploitation artisanale
des matières précieuses 13
I.3. LES INTERVENANTS DANS L’EXPLOITATION
DE L’OR EN PROVINCE ORIENTALE 14
1. Les commerçants 14
2. Les commerçants de la carrière 15
3. Les porteurs 16
4. Les négociants 17
I.4. DIFFERENTES UTILISATIONS DE L’OR 18
DEUXIEME PARTIE : EXPLOITATION ARTISANALE
DE L’OR EN PROVINCE ORIENTALE 20
II.1. BREVE DESCRIPTION DU MILIEU D’ETUDE 20
II.2. GESTION D’UNE CARRIERE DE L’OR 21
1. Organisation Administrative 21
2. Ressources d’une carrière 27
3. Gestion de l’Etat civil dans une carrière 29
II.3. DECRYPTAGE DU TRAVAIL D’UN CREUSEUR DE L’OR 30
1. Fouille de l’or 30
2. L’enfant et les mines d’or 34
II.4. CONDITIONS HYGIENIQUES ET RISQUES DU METIER 35
1. Conditions hygiéniques 36
2. Aléas du métier 37
II.5. CHEMINEMENT DE VENTE DE L’OR ET
DEGRE DE SATISFACTION 40
1. Le circuit commercial de l’or 40
2. Degré de satisfaction des creuseurs de l’or 43
II.6. CONSEQUENCES DE L’EXPLOITATION
ARTISANALE DE L’OR 45
1. Sur le plan agricole 45
2. Sur le plan sanitaire 47
3. Sur le plan social 49
* du point de vue scolarisation 49
* du point de vue conjugal 50
4. Sur le plan de la déforestation 51
CONCLUSION 54
BIBLIOGRAPHIE 60
LES ABREVIATIONS 62
TABLE DES MATIERES 63
ANNEXES
