L’Oac a rendu publique sa position sur le rapport du panel des experts de l’Onu

Pillage des ressources naturelles de la Rdc

L’Oac a rendu publique sa position sur le rapport du panel des experts de l’Onu
La salle Virunga de l’Hôtel Memling a servi de cadre, mercredi 27 novembre dernier, à la prise de position de l’Observatoire Anti-Corruption(Oac) face au rapport du groupe des experts de l’Onu sur l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la République Démocratique du Congo (Rdc). Devant un parterre de journalistes tant de l’audiovisuel que de la presse écrite. l’Oac a, par la bouche de son Président, le Professeur Gaston Tona Lutete, communiqué à l’intention de l’opinion tant nationale qu’internationale ses observations sur ledit rapport.

Face aux vagues suscitées par la publication de ce rapport qui n’a laissé personne indifférent, l’Oac a tenu à adopter une approche pragmatique consistant à identifier les causes des pillages dénoncés, les personnes ainsi que les entreprises impliquées dans les différents réseaux relevés dans ce rapport avant d’envisager les moyens de combattre cette “criminalisation de l’économie congolaise”. A la lecture de ce rapport, a fait savoir le président de l’Oac, l’on se rend compte que le panel n’a pas dégagé la différence entre, d’une part le gouvernement légal de la Rdc qui engage le pays dans les accords tant bilatéraux que multilatéraux et les rebelles; et d’autre part entre ceux-ci et les personnalités politiques ayant agi dans le cadre de leurs fonctions normales.

Parmi les nombreux enseignements tirés par l’Oac de ce rapport, il y a lieu de relever l’existence des structures de criminalisation de l’économie mises en place en Rdc par le Rwanda, l’Ouganda, le gouvernement congolais et son allié, le Zimbabwe. Ces structures maffieuses, constituées de “réseaux d’élite” (petits noyaux de dirigeants politiques et militaires et d’hommes d’affaires, certains chefs rebelles et administrateurs), génèrent des “profits matériels institutionnels” pour le Rwanda qualifié d’Etat vivant des rapines”, des transferts des actifs d’au moins 5 milliards Usd du secteur minier public à des entreprises privées que contrôle le réseau d’élite congolais et zimbabwéen , sans verser aucune indemnité ni prestation au Trésor public en Rdc; tandis que le réseau d’élite ougandais exerce un monopole sur les principales ressources naturelles de la région, les échanges transfrontaliers et les recettes fiscales pour enrichir les membres du réseau.

Tout en félicitant le chef de l’Etat congolais qui a demandé l’ouverture d’une information judiciaire sur les conclusions du rapport, l’Oac a émis les recommandations suivantes au gouvernement : la rupture de toute relation avec les entreprises offshore, siège de l’opacité dans la gestion, la déclaration comme persona non grata de toute personne fichée comme criminel économique international, la clarification de la situation du groupe Comiex par le transfert de ses actifs au Portefeuille de l’Etat et la revisitation de tous les contrats de partenariat et concessions en vue de les conformer aux textes légaux et réglementaires de” la Rdc. Un traitement réussi de ce dossier, a estimé la direction de l’Oac, serait le gage à donner à la population pour la convaincre que désormais ces ressources seront consacrées à son bien-être.

Au cours du débat qui a suivi cette prise de position de l’Oac, la vice-présidente de cette structure a fait remarquer que même si trois femmes seulement ont été citées dans ce rapport, la responsabilité de la femme doit être envisagée dans la mesure où les richesses pillées ont servi, dans la plupart des cas à les enrichir. Car a-t-elle souligné, “les hommes courent pour la gloire des femmes”.

Fulgence M.
Tiré in Le Potentiel, Edition n° 2689 du vendredi 29 nov. 2002