Monsieur TABEZI, ministre de la fonction publique à Bukavu pour payer les salaires symboliques du mois de décembre 2003 aux agents et fonctionnaires de l’Eta

Monsieur TABEZI, ministre de la fonction publique à Bukavu pour payer les salaires symboliques du mois de décembre 2003 aux agents et fonctionnaires de l’Etat (Interview).

INTERVIEW MINISTRE DE MINISTRE DE LA FONCTION PUBLIQUE

Monsieur TABEZI ministre de la fonction publique du gouvernement de la transition de la R.D.Congo, est arrivée à Bukavu le 25 janvier 2004. Aussitôt dans la ville, il a répondu aux questions de Radio Maria Malkia wa Amani-Bukavu.

R : Vous venez d’arriver à Bukavu, pouvons-nous savoir quel est le but de votre
Séjour ici parmi nous ?

M : Cette mission a commencé depuis très longtemps, depuis le 12 à Kinshasa.
Il nous a été demandé par le Gouvernement de sillonner tous les territoires réunifiés. Par réunifiés je sous entend tous les territoires sous occupation des rebellions qui sont devenus membres du gouvernement de transition et c’est pour cette raison que nous partons du concept rébellion au concept réunification pour positiver les choses. Je disais que le Gouvernement nous a chargé de sillonner tous les territoires réunifiés afin de commencer d’abord par donner le message de réunification et de l’espoir à tous les fonctionnaires des territoires réunifiés et procéder à la paie symbolique des salaires du mois de décembre.

R : Vous parler de paie symbolique, qu’est ce que cela veut dire ?

M : Cela veut dire seulement que nous sommes un gouvernement de transition et qui, dit gouvernement de transition, nous avons hérité d’une situation nous laissée par le gouvernement précédent et l’accord global et inclusif nous recommandait d’hériter le passif et l’actif de ce gouvernement. C’est ainsi que n’ayant pas encore notre budget propre, nous continuons à payer les salaires des fonctionnaires, aux barèmes fixés par le gouvernement précédant, lequel barème a été négocié par les fonctionnaires, le gouvernement et le syndicat.

R : Quel est ce barème, Monsieur le Ministre ?

M : Oui, il est indécent de parler des salaires des gens à la télévision, les fonctionnaires eux-mêmes connaissent leur barème et le moment venu il sera exposé mais entre les mains des fonctionnaires.

R : Sûrement la population de Bukavu et les fonctionnaires en particulier se réjouissent de votre présence ici. Pouvons-nous savoir pourquoi ce retard quant à la paie des fonctionnaires.

M : Le retard pour la paie ne date pas d’aujourd’hui, les fonctionnaires de Bukavu en particulier et les fonctionnaires des territoires réunifiés connaissent que c’est dépris 5 ans qu’on a toujours pas été payé puisque moi je suis de ce groupe là. Moi, je viens du Maniema où j’ai été fonctionnaire, je sais que depuis cinq ans je n’ai jamais été payé, on m’a donné 3 fois une prime de 5$ et on m’a donné une fois un gobelet des haricots et c’est tout ce que j’ai reçu il y a 5 ans. Et si nous commençons à amener les salaires c’est déjà un signe qu’on revient à des bonnes habitudes.
Et pour y revenir, il faut quand même qu’on commence quelque part. Ça fait longtemps nous ne connaissons pas qui est fonctionnaires, qui sont mort… il y en a ceux qui ont été écartés de leur service pour repartir sur une nouvelle base. Pour être réunifié il faut nécessairement que nous connaissons qui est fonctionnaire et qui ne l’est pas. Et c’est pour cette raison que une des missions dévolues à nous ici, c’est d’identifier d’abord qui sont restés parmi nos fonctionnaires et qui mérite et qui ne le mérite pas. Nous savons que les fonctionnaires sont restés ici, nous devons les recenser. Le recensement est un travail de longue haleine, mais il faut que nous nous rendions compte sur terrain qui vient encore parmi les fonctionnaires et qui les ont rejoint à notre absence. Il faut que ça commence quelque part et c’est pour cette raison que nous venons nous même nous rendre compte sur le terrain cela démontre le sérieux avec lequel nous traitons et nous n’acceptons pas le dérapage. Celui qui ne voudra pas s’aligner dans le programme de la fonction publique sera en dehors de la fonction publique.

R : Mr le ministre, nous savons que comme vous parlez des effectifs, il y a des services de l’Etat où durant les rébellions on a gonflé, on a recruté d’une manière désordonnée. Face à cette question précise et particulière, comment réagissez-vous ?

M : Nous allons prendre les bistouris comme chez le médecin, nous allons tailler jusqu’à la concurrence du nécessaire. Ne sera gardé fonctionnaire que le fonctionnaire qui aura été indispensable.
Ce n’est pas une œuvre de charité, ce n’est pas une œuvre sociale, nous recrutons les fonctionnaires en fonction de leurs besoins. D’ailleurs, nous sommes nous tous avec même les membres du RCD, partie prenante au programme de la reforme de l’administration publique qui a ses exigences. Nous n’utilisons le fonctionnaire que lorsqu’il est indispensable. Tous ceux dont nous n’avons pas besoins, seront obligés d’aller ailleurs. Mais ici, il y a pas de confusion possibles nous noterons des fonctionnaires qui ont toujours existé. Si on les a écartés, ils vont réintégrer leurs services et nous partons de là pour voir les besoins et en fonction des besoins nous pouvons prendre en considération les nouvelles unités qui ont été engagés en bonne et due forme, c’est à dire dans le respect du statut régissant l’organisation et le fonctionnement de l’administration publique. En dehors de ça nous ne marchons pas.

R : Quel jour commence la paie des fonctionnaires, particulièrement ici à Bukavu ?

M : Pour les divisions qui sont prêtes, pour les divisions qui ont été contrôlées, puisque j’ai dépêche mon équipe avant d’arriver ici, la paie commence demain après midi. Mais j’aurai d’abord contacté les fonctionnaires eux-mêmes, j’aurai à leur parler pour qu’ils sachent d’abord le contenu de la réforme et à quoi, nous nous sommes engagés. Après ce speach là qui peut prendre une heure à deux heures du temps, je répondrai à leurs questions et après ça la paie sera déclenchée.

R : Monsieur le Ministre, nous avons appris que la prime varie entre 600, 2000 et 3000 Francs. Sur base de quoi vous avez fixé ce taux là ?

M : Ce n’est pas une prime, c’est un salaire qui a été débattu, entendu et convenu entre les fonctionnaires et le gouvernement. Bien sûr que ces fonctionnaires ne sont pas ceux de Bukavu puisqu’ils n’étaient pas encore considérés en ce moment là. Mais d’autres fonctionnaires ont négocié ces salaires en leurs places.

R : Elle est de combien de mois la paie qui sera faite ?

M : La paie est du mois de décembre 2003. Puisque tous les fonctionnaires des territoires réunifiés sont censés avoir été payés. Il n’y a pas d’arriérés ici. Dans l’accord global et inclusif il avait été dit qu’il n’y avait pas d’arriéré.

R : Nous savons Mr le ministre que le gouvernement de transition a pris fonction au mois de juillet. Pourquoi seulement décembre et pourquoi pas à partir de juillet ?

M : Vous savez ce n’est pas seulement l’administration publique. L’armée n’est pas encore réunifiée. La police n’est pas encore intégrée. C’est un processus qui sera long. Mais c’est seulement maintenant qu’il y a opportunité de le faire puisque nous pouvons arriver ici. Mais si les structures administratives de la place nous empêchent de faire notre travail, nous reculons et nous remettons peut être à six mois ce qui devait se faire maintenant.

R : Vous parler de paie seulement au mois de décembre et quand est-ce que le mois de janvier sera payé ?

M : Désormais tout suivra le cours normale. Dès quel l’argent est débloqué à Kinshasa, on paie aussi à Bukavu. Dès qu’on paie à Lubumbashi on paie aussi à Bukavu. Désormais ça sera ainsi.

R : Nous savons que vous avez été à Paris pour des problèmes concernant les statuts des fonctionnaires dans notre pays. Qu’en est-il au juste ?

M : Mon séjour à Paris a été fructueux, mais Paris se méfie encore ; on nous reproche de ne pas contrôler l’effectif de nos fonctionnaires, on nous reproche de les gonfler sciemment ; vous veniez de le souligner ainsi. Et c’est contre ces abus là que nous passons notre examens de passage, pour ne pas dire l’examen de 2è session et en avril, si nous arrivons à comprimer les effectifs et à être un peu sérieux dans le circuit de la paie, je crois que nous serons admis et nous aurons un appui budgétaire qui fera de telle sorte qu’en avril je peux assurer aux fonctionnaires qui seront en service qu’ils toucheront un salaire décent comme vers les années 72. Mais avant d’arriver là-bas nous avons une tâche très difficile. Nous devons changer des mentalités et si nous nous en tenons seulement à ce que vous venez de dire, nous devons encore aiguiser notre bistouri et faire des coupes longitudinales et transversales afin que la fonction publique soit respectable et respectée.

R : Il y a une autre catégorie, je ne sais pas si on peut les mettre aussi dans la catégorie des fonctionnaires, ce sont les enseignants. Sont-ils aussi repris sur la liste de paie ?

M : Les enseignants écoles mécanisées, oui ; les écoles qui ont poussé comme les champignons, non. En fait, comprenons-nous bien, qui est fonctionnaire ? Le fonctionnaire c’est celui qui a été admis sous statut, qui a son numéro matricule et qui est pris en charge par le gouvernement central, mais pas des nouvelles unités engagées par des institutions provinciales pour des raisons propres aux besoins provinciales. Pourquoi le gouvernement central ira prendre en compte les unités qui ont été engagées par des institutions provinciales pour combler les besoins de la province ? C’est ainsi que, les enseignants relevant des enveloppes acceptées par le gouvernement central, sont considérés comme fonctionnaire et ils participent au niveau de leur carrière, aux mêmes conditions que les fonctionnaires, et c’est ainsi que lorsqu’ils vont à la retraite, nous les prenons en compte et quand nous venons payer, nous venons les payer mais il y a une particularité au niveau de l’enseignement. C’est qu’on ne paie pas les individus, on paie les postes. Ces postes sont connus au niveau du gouvernement. Et on a envoyé l’argent pour ces postes là. Les effectifs au niveau de leurs postes n’auront qu’à s’arranger. Les enseignants qui étaient là touchent, pas des nouvelles unités.

R : On peut dire que les enseignants vont toucher double puisque jusque là il y a encore des parents qui paient la prime. Donc l’Etat va payer et les parents paient en même temps ?

M : En tant que ministre de la fonction publique, je représente le gouvernement ici. Or le problème de la participation des parents est une convention qui lie les parents et les enseignements. Le gouvernement n’est pas parti prenante dans cette convention là. Elle continuera ou elle prendra fin entre ceux qui sont parties en convention. Le rôle du gouvernement ici c’est d’essayer de faire en sorte que les parents soient allégés un tout petit peu et en avril nous comptons le faire puisque la politique que nous comptons mener, c’est de donner au barème unique à tous les ministères et peut être des primes des fonctions supérieurs à quelques services spécialisés quitte à ce que les parents eux-mêmes et les enseignants conviennent soit d’arrêter, soit de continuer leur convention. Nous, nous n’avons pas à faire d’immixtion là dessus.

R : Monsieur le Ministre, vous amenez un air d’espoir au niveau de la fonction publique. Est-ce qu’avec votre présence ici, les fonctionnaires peuvent se sentir un peu rassurés que désormais chaque mois, il auront à toucher ne fusse que le peu qui leurs est dû.

M : Ca c’est vraiment sûr, c’est plus que sûr pour la simple raison que le mois de janvier est versé au niveau de la banque qui fait son travail ; puisque nous, au niveau de la fonction publique, quand nous avons ordonné la paie et quand nous avons envoyé les listing au niveau des services des budgets, nous estimons que notre travail s’est arrêté là. Pour le reste, c’est la chaîne des dépenses qui continue. Mais il se peut que l’argent, les salaires soient disponibles au niveau de la banque et que la banque n’ait pas de liquidité. Puisque vous savez qu’au niveau des recettes, les territoires ne sont pas encore réunifiés. Il y a de recettes qui prennent encore des routes que nous ne connaissons pas et tout ça, ça fait problèmes au niveau de la banque centrale. Et si au niveau de la banque centrale les ressources sont minimes, il se pose le problème de priorité et souvent, le fonctionnaire lui-même ne constitue pas la priorité quand il y a les problèmes des armées et au niveau des armées il y en avait beaucoup et quand il faut chercher la ration alimentaire pour les militaires, quand il y a des remous au niveau des fronts, quand il y a des seigneurs de guerre qui ne comprennent pas qu’ils doivent s’impliquer. Tout ça fait qu’en un certain moment on privilégie d’autres dépenses plus que les salaires des fonctionnaires, ce qui explique que souvent il y a des arriérés qui ne sont pas payés mais qui ont déjà été ordonnancés au niveau de la fonction publique et du budget.

R : Une question me vient à l’esprit, généralement tous les ministres qui viennent ici, il y a toujours du tapage, il y a beaucoup des choses qui se passent. Mais pourquoi avez-vous préféré venir presque incognito à Bukavu ?

M : Non, je suis venu officiellement parce qu’on savait que je venais ! J’ai envoyé une équipe qui m’a précédé plus de 2 semaines. Cette équipe a travaillé avec les chefs des divisions d’ici. J’espère que le directeur de province était aussi impliqué et il était normal que j’arrive. Je suis venu pour les fonctionnaires.

R : Nous avons accueilli plusieurs ministres avec l’air de fête. Mas vous, vous êtes accueillis d’une manière assez sobre.

M : Allez poser la question à ceux qui devaient m’accueillir ! Je ne peux pas moi-même fixer les cérémonies de mon accueil. Si ceux qui devaient m’accueillir ont jugé bon de ne pas le faire ils savent pourquoi. Et moi ça ne me gêne pas. Que je sois accueilli ou non, pourvu que je fasse mon travail, que j’atteigne les fonctionnaires, que je leur parle, que je libère leurs salaires et je pars.

R : Au niveau politique Monsieur le Ministre, on parle de remaniement ministériel. Est ce que vous pouvez dire quelque chose par rapport à cette question ?

M : Le remaniement a déjà eu lieu depuis avant hier. Mais nous, nous sommes encore là. Et celui qui a renouvelé sa confiance en nous, il sait pourquoi il l’a fait.

R : On dit également qu’au mois de février, il y aura encore de remaniement ?

M : Oh oui, mais c’est ça la politique. On sait quand on entre, mais on ne sait jamais quand on sort.

R : Le dernier conseil du gouvernement a duré deux jours. Est ce qu’on peut avoir des grandes résolutions par rapport à ça ?

M : Je n’étais plus là ! J’étais déjà parti de Kinshasa je viens de rater à peu près trois réunions du Conseil des ministres. J’étais à Kisangani, à Beni, ainsi de suite.

R : A quand la territoriale, la nouvelle territoriale ?

M : Mon cher ami vous savez que je ne faisais pas parti des belligérants. Ça vraiment c’est une question entre les belligérants. Moi même je n’en sais absolument rien. D’autant plus que relevant de la composante société civile, nous, nous ne sommes partie prenante pour la territoriale, du moins, pour le moment. Nous n’avons pas changé notre stratégie sur ce point. Nous croyons que nous serons des arbitres quand les composantes, les belligérants et autres se seront partagés leurs gâteaux. Nous allons les accompagner jusqu’aux élections. Et nous verrons, le peuple lui-même, le souverain primaire aura à trancher.

R : Merci beaucoup Monsieur le Ministre.

Radio Maria Malkia wa Amani - Bukavu


Lien Internet suggéré

Brève description du lien

le site internet de Radio Maria Malkia wa Amani de l'archidiocèse de Bukavu.