LES COUTUMES RETROGRADES QUI FREINENT L’EMACIPATION DE FEMMES KASAIENNE.

Généralement, dans notre société, la femme a toujours été confinée au second rang. Nos ancêtres ne voyaient pas la femme jouait, dans la vie sociale , le même rôle que l’homme et avoir les mêmes droits que ce dernier.
Plusieurs exemples illustrent cet état de chose, la femme ne pouvait palabrer avec les hommes tout en étant débout. Certaines nourriture étaient exclusivement réservées à l’homme ; la femme ne pouvait participer à certaines décisions concernant la gestion de la cité. La jeune fille était donnée en mariage sans son consentement et très souvent
contre son gré, etc.

Quarante trois ans après l’indépendance cette situation n’a pas beaucoup changé, en dépit de la mise sur pied d’un arsenal juridique tendant de plus en plus à valoriser le rôle de la femme.

La volonté politique ne semble pas s’imposer parce que très souvent initiée pour des raisons électoralistes et de charme politique, sans que ceux qui initient le changement soient réellement animés de la vraie volonté de changement. Les tenants de la tradition trouvent que ce sont les coutumes qui doivent régenter la vie, surtout que la plus grande partie de nos populations vit dans les milieux ruraux ou elles sont issues de ces milieux.

Or, c’est dans les coutumes qu’on rencontre des pratiques qui sont en marge de la loi et violent les droits de la femme.

Ces pratiques sont nombreuses, elles touchent tous les domaines de la vie sociale, notamment sur le plan des droits civils et des droits politiques.

I. Sur le plan des droits civils.

1. Droit au mariage

Dans la plupart de nos Tribus, le mariage est l’affaire de la famille. ,La jeune fille est rarement consultée, son accord importe peu. Conséquence de cette situation, la plupart des jeunes filles se retrouvent mariées contre leur gré, vendues presque ,ce qui diminue leur opinion dans le mariage. Elles se retrouvent à la merci de l’homme et de sa famille. Cette pratique occasionne également le mariage précoce, les très jeunes filles de moins de quatorze ans se retrouvent données en mariage.

2. Dissolution du mariage

Les juridictions coutumières qui ont encore, malheureusement, droit de cité dans huit territoires sur les dix que compte la Province du Kasaï-Occidental, prononcent généralement le divorce au tort de la femme et défavorisent cette dernière, au nom de la coutume sur la dévolution des biens obtenus pendant la vie commune, et sur la garde des enfants.
Si souvent, la femme contre qui est prononcée la dissolution du lien conjugal, n’emporte avec elle que ses petits effets personnels, encore qu’ils n’aient été récupérés par l’homme.
Les enfants sont , pour la plupart des cas, confiés à la garde du père quel que soit leur âge. C’est ainsi qu’on a vu les enfants de moins de six mois arrachés à l’affection maternelle au nom de la coutume.
En plus, quelle que soit la cause de la séparation, quel que soit le temps passé dans le mariage, voire le nombre des enfants eus ; en cas de divorce prononcé par ces juridictions, la femme est obligée de rembourser la totalité de la dot surtout si c’est elle qui a demandé le divorce.

En principe, si en droit écrit (code de la famille), le décès de l’un des conjoints dissout le lien conjugal, tel n’est pas le cas dans nos coutumes, le mari décédé, la femme reste obligée de sa famille. Elle doit , en principe, obtenir le quitus de sa belle famille pour être désengagée de cette dernière. Mais ce quitus n’est pas désintéressé, la femme est soumise parfois à toute sorte des sévices (on lui coupe les cheveux, on la tabasse, on lui oblige à avoir des rapports sexuels avec un des frères du de cujus) : au besoin on peut tout simplement refuser qu’elle quitte la famille, en ce cas on lui donne comme femme à un frère à son défunt mari. Si elle s’entête, on l’oblige à restituer la totalité de la dote. Les enfants lui sont arrachés et tous les biens.

3. Droit de propriété

Il est généralement considéré que la femme mariée n’a pas le droit de posséder. Tout ce qu’elle peut obtenir pendant le mariage revient à son mari.

II. Sur le plan politique ou de la gestion de la cité

La tendance est nuancée, il est des traditions qui considèrent que la femme peut gérer la cité ou que le pouvoir découle de la lignée maternelle.
Dans ces coutumes, c’est la femme qui règne ou quelqu’un issu de sa descendance.
C’est le cas notamment chez les Lele d’Ilebo, les Kele, les Tchokwe et une partie des habitants du terriroire de Luiza. La femme qui dirige est appelée « MUKELENGE MUKAJI ».
Mais chez les peuples Luba, il est inadmissible qu’une femme dirige la cité ou prenne des décisions quant à la gestion de la cité.
Beaucoup de choses sont à dire quant aux coutumes qui violent les droits de la femme, nous estimons quant à nous que la meilleure façon de comprendre ces pratiques est de les dénoncer, ce que nous faisons déjà, mais surtout d’organiser des campagnes de sensibilisation contre cet état de chose à l’endroit de la population, des chefs coutumiers et des juges coutumiers.

Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre appui.

APDFE (Action pour la Protection des Droits de la Femme et de l’Enfant)
E-mail : bakatuambaba_aim@yahoo.fr
Tél. : (243) 97 43 31 57