Conclusions et recommandations de la Conférence sur « Diamants, paix et progrès en République démocratique du Congo

Les 18 et 19 septembre 2002, il s’est tenu à Bruxelles, en Belgique, une Conférence dont le thème était « Diamants, paix et progrès en République démocratique du Congo ». Cette Conférence était organisée par Partenariat Afrique Canada (Ottawa), le Netherlands Institute for Southern Africa (NiZA) (Amsterdam) et Fatal Transactions (Amsterdam). Des représentants d’organisations non gouvernementales de la République démocratique du Congo, de la Belgique, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France et du Canada étaient au nombre des participants. Des représentants des gouvernements et de l’industrie du diamant ont participé à la première journée de la Conférence.

Au terme de ces 2 jours de travail, les participants sont arrivés aux conclusions et recommandations suivantes :

* Le commerce des diamants qui proviennent de la RDC et qui passent par la RDC

Les ONG et les médias internationaux devraient :
- continuer à identifier et à discréditer les personnes ainsi que les États et les autres acteurs qui font le commerce des diamants de guerre, et continuer à mettre en évidence le lien entre les diamants de guerre et le terrorisme;
- établir un cadre juridique pour poursuivre et punir ceux qui font le commerce des diamants de guerre par l’entremise du Processus de Kimberley, de la Cour pénale internationale et de lois nationales dans les pays qui produisent des diamants ou en font le commerce;
- presser les gouvernements de mettre en œuvre le Processus de Kimberley d’ici le 1er janvier 2003;
presser l’industrie du diamant d’élaborer et de mettre en œuvre la chaîne de garanties d’ici le 1er janvier 2003;
- demander des compensations pour les victimes des diamants de guerre;
- demander une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la RDC, qui comprenne des sanctions contre les diamants et autres ressources pillées, conformément aux interventions qui visent à mettre fin aux diamants de guerre en Sierra Leone, au Libéria et en Angola;
- appuyer un mécanisme de surveillance permanent qui examine périodiquement le pillage et le trafic des ressources congolaises;
- exercer des pressions en faveur d’une surveillance efficace du Processus de Kimberley grâce à une surveillance indépendante et crédible de tous les participants au Processus de Kimberley;
- demander au gouvernement de la Belgique de publier une liste des sociétés individuelles impliquées dans le commerce des diamants illicites en provenance de la RDC.

* Comment soutenir la Société Civile congolaise

Les ONG occidentales (et la communauté internationale) devraient :
- engager les ONG congolaises dans des réseaux internationaux afin de garantir leur sécurité et leur capacité de critiquer ouvertement leur gouvernement ou les forces d’occupation;
- faciliter les relations entre des ONG congolaises de diverses parties du pays; faciliter les communications et l’échange d’information; aider à bâtir une société civile forte dans toutes les parties du pays ainsi qu’à tous les paliers régionaux;
- stimuler et faciliter les relations entre les ONG de la région centrafricaine qui interviennent à l’égard de l’extraction et du commerce des ressources naturelles;
- appuyer les initiatives de recherche et aider les ONG et les institutions congolaises à perfectionner leurs capacités de recherche;
- aider à diffuser l’information (rapport du groupe d’experts des Nations Unies, autres rapports, code de l’extraction minière du Congo, etc.) à un public aussi vaste que possible afin de rendre la population congolaise consciente du pillage de ses ressources;
- porter une attention spéciale à l’éducation de divers groupes dans la population congolaise, tels que :
- les jeunes, en Europe aussi bien que ceux qui travaillent dans les mines;
- les femmes;
- les agriculteurs/mineurs : sensibiliser les personnes qui extraient les diamants ou le coltan à la valeur et aux coûts réels de ce qu’ils cherchent;
- aider et renforcer les réseaux existants en RDC (comme celui créé à Kinshasa en août 2002 qui est coordonné par le CENADEP) en matière d’échange d’information et de coordination des interventions;
- échanger des connaissances, de l’information et des techniques, de façon à améliorer la capacité des ONG africaines d’exercer des pressions;
- faciliter la participation des ONG congolaises aux conférences/réunions internationales telles que le Processus de Kimberley, et organiser des rencontres entre des membres des gouvernements et de l’industrie et des ONG africaines;
- organiser des échanges entre des ONG (africaines) dont le travail est d’exercer des pressions sur des questions connexes, afin qu’elles puissent échanger des idées et de l’information.

* Autres ressources qui servent à financer la guerre en RDC

Les ONG occidentales devraient :
- élaborer une stratégie de plaidoyer, de concert avec les ONG congolaises, auprès des membres du Groupe d’experts des Nations Unies et des membres du Conseil de sécurité, avant la publication du rapport, afin d’obtenir une conclusion aussi forte que possible;
- organiser une campagne internationale pour mettre en œuvre les recommandations du Groupe d’experts des Nations Unies touchant toutes les ressources;
- étudier les possibilités et les conséquences d’un embargo sur le commerce des ressources naturelles telles que le coltan et le bois d’œuvre de la partie orientale de la RDC.

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

- Les problèmes qui sévissent en RDC sont à la fois locaux et internationaux. Les Congolais doivent assumer une certaine responsabilité face aux solutions, de concert avec les institutions internationales et le secteur privé.
- Les ONG de la RDC, à la fois aux niveaux national, local et régional, ont besoin de la solidarité internationale, d’un soutien pour le renforcement des capacités, d’argent et de protection pour jouer un rôle soutenu et efficace dans l’amélioration du pays.
- Il y a des doutes sérieux quant à la volonté politique des organisations, des sociétés et des gouvernements étrangers de passer de la parole aux actes : parler ne suffit pas. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, le Processus de Kimberley et les autres que préoccupe l’exploitation continuelle de la RDC doivent agir maintenant.

RECOMMANDATIONS A L'EGARD DU CONSEIL DE SECURITE

Le Conseil de sécurité doit intervenir à l’égard de la question des diamants de guerre en RDC qui cadre avec ses interventions visant à mettre un terme aux diamants de guerre en Angola, en Sierra Leone et au Libéria. Le Conseil de sécurité devrait donner son aval au Processus de Kimberley.


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