BULLETIN FADOC INFO N°7

ACTUALITE

Ngudiabaka vit à l’ère de la pierre taillée, les maisons y sont
transformées en maternité de fortune

La vie ressemble à celle de l’âge de la pierre taillée à Ngudiabaka, localité située à 11 Kms de Kinshasa ouest, sur la route dite des Caravanes (celle jadis empruntée par les explorateurs).
Parmi les problèmes auxquels cette localité est confrontée, il y a celui de son accessibilité car la route qui y mène est à la merci des érosions qui rendent la circulation difficile, surtout en période des pluies.
Monsieur François Kabaka, superviseur du Comité Agricole de Ngudiabaka, CAN, rassure que des efforts sont fournis dans le cadre du programme FADOC qui appui la dynamisation des jeunes de cette contrée. Ces derniers sont déjà en plein entretien de cette route qui devient petit à petit praticable afin d’ouvrir Ngudiabaka à la « civilisation ».
Les écoles se meurent ; les enfants ne sont plus scolarisés ; la pauvreté aiguë contraint les parents à demeurer dans l’incapacité de payer les frais scolaires de leurs progénitures là où c’est possible de trouver une école. Dans le domaine sanitaire, il n’y a aucun centre de santé ; celui qui existait est devenu la maison des militaires. Conséquence : les mamans accouchent dans leurs maisons transformées en maternité de fortune. L’eau potable ni électricité sont un rêve pour les habitants de Ngudiabaka. L’insécurité règne sur la route qui compte cinq barrages érigés par des policiers et où il faut débourser 20 FC à chaque passage, soit 20 FC à l’aller et 20 FC au retour. « Ça pèse lourd sur l’économie moribonde des habitants de Ngudiabaka », nous affirme Monsieur François Kabaka.
Malgré ce tableau sombre, Monsieur François Kabaka est confiant en l’avenir de cette localité. C’est pour cette raison que le Comité Agricole de Ngudiabaka s’investit totalement dans le domaine de l’élevage et de l’agriculture afin de faire participer la popuilation au soulagement de sa misère. Grâce à ces activités, le développement de cette localité est possible.
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Les jeunes de Barumbu ont débouché deux caniveaux au croisement des avenues Kitega et Itaga, entre-temps le travail de conscientisation continue

Les jeunes de Barumbu, encadrés par l’OCB, Jeunes Associés pour le Développement Intégral, JADI, bénéficiaires de l’appui du Programme FADOC, se sont lancés dans une campagne de promotion de la salubrité dans leur Commune.
La première cible a été le croisement des avenues Kitega et Itaga. Selon le président de Jadi, Aimé Bakila, les jeunes ont pu déboucher deux caniveaux qui, à chaque petite pluie, contribuaient à l’inondation de cet endroit et des parcelles environnantes.
Il a indiqué que le travail qui a été abattu est apprécié par la population, mais il reste encore beaucoup à faire à ce niveau et cela nécessité de grands moyens. Aussi, il entend élargir ce travail sur l’avenue Nianza, avec le concours des Clubs socioculturels des jeunes du coin.
Une autre activité en voie de réalisation est l’entretien du terrain de football de Barumbu, Olsein, qui est souvent envahi par des eaux à chaque pluie.
Dans le quartier, le travail de sensibilisation continue auprès des jeunes à travers des réunions. « Car, si on croise les bras, on va casser l’élan pris », affirme le Président de Jadi. Il promet d’être jugé par des résultats dans deux mois.

Mme July Mukuta estime que la lutte contre la violence sexuelle faite
à la femme doit nécessairement passer par la dénonciation

Le mois de mars est consacré à la lutte contre les violences faites à la femme. Mme July Mukuta, Coordonnatrice de la Maison Commune de la Femme estime qu’il faudrait ajouter au thème retenu, le volet dénonciation. Les femmes congolaises en général, ont encore la culture de la honte et refusent de dénoncer surtout des cas de violences sexuelles.
Mme July Mukuta souhaite des actions de conscientisation de la femme soient intensifiées afin de l’aider à mettre à nu les personnes responsables des violences sexuelles.
Elle a cité le cas d’une femme qui a été chassée du marché pour la simple raison qu’elle eit eu à refuser d’avoir des relations sexuelles avec le chef du pavillon. Ce problème a été porté à la connaissance de la maison Commune de la femme par ses voisines.
Mme July Mukuta a dénoncé certains comportements des professeurs d’Université qui accordent abusivement des côtes aux étudiantes selon qu’elles consentent ou non à des relations sexuelles sans préservatifs.. Tous ces faits et leurs auteurs sont connus, mais personne n’ose les dénoncent. Conséquence, ces enseignants, connus de tous, continuent leur pratique sans être mis à nu. C’est ce qui explique l’ampleur grandissante du phénomène Note Sexuellement Transmissible, NST, dans les milieux universitaires.
La violence sexuelle se passe aussi dans les foyers. Madame July Mukuta indique que dans la promiscuité où oncles, jeunes filles, frères, sœurs… dorment presque tous au salon dans les maisons des quartiers populaires, certains oncles, frères violent leurs nièces, sœurs sans être dénoncés. Elle pense que la campagne pour la dénonciation des abus sexuels doit-être menée à la radio, à la télévision et dans la presse en général pour que les femmes apprennent à dénoncer le viol et autres violences dont elles sont victimes. Bref, il faut briser le silence autour de ces violations.

FOCUS

Une journée ouverte se transforme en mini market à la maison
Commune de la Femme à Lingwala

Dans le cadre du mois de la femme, les femmes réunies autour de la Maison Commune de la femme ont organisé, jeudi 25 mars 2004, une journée porte-ouverte au siège de cette institution. Cette journée qui avait pour but de valoriser l’esprit créatif des femmes , a connu la participation de plusieurs organisations .
Devant une grande affluence des passants, l’exposition s’est vite transformée en une mini-foire. Les personnes de toutes les catégories sont arrivées sur le lieu et ils ont acheté divers produits tels que manioc, chikwange, parfum, piment, jus de « tangawisi », médicaments à base des plantes naturelles … qui ont été fabriqués par des associations partenaires du FADOC.
Toutes les réactions des participants ont dégagé une note de satisfaction. Plusieurs personnes ont émis le vœu de voir ces genres de manifestations se répéter même trois fois par mois. La présidente de la Maison Commune de la Femme, Madame July Mukuta a promis d’examiner cette possibilité en vue d’organiser une autre opération porte-ouverte dans un endroit beaucoup plus grand pour contenir et contenter tout le monde.
Le public était diversifié, il y avait des étudiants, élèves, des mécaniciens, des ménagères, des fonctionnaires, des représentants des organismes internationaux…

Diverses réactions enregistrées auprès des exposants

De son passage dans ce lieu lors de la journée porte-ouverte, l’équipe de FADOC Info a enregistré plusieurs réactions qui vont dans le sens positif à l’égard de cette journée porte-ouverte.
Madame Marie Mbambu, présidente de Femme pour l’Alimentation et le Bien-être Communautaire, FABECO, a déclaré qu’organiser une telle manifestation est une bonne chose pour que chaque association soit en mesure de montrer ce qu’elle est capable de produire.
De son côté, Madame Alima Binti Lukamba Julienne, présidente de l’Union des Femmes Congolaise pour le Développement en RDC, UFCD, s’est dit satisfaite d’avoir réalisé des bonnes affaires, car elle a vendu tous ces produits agricoles. Son souhait est celui de voir se répéter ces genres de manifestations trois fois chaque mois. Elle s’est exprimée en ces termes : « Lelo sai saï » qui signifie aujourd’hui c’est la grande joie.
Madame Faida Françoise, présidente du Comité des Activistes pour le Développement de la Femme a dit sa joie d’exposer ses produits : jus de « tangawisi », lait de soya, piment, farine de soya. Elle a dit qu’elle avait l’intention de laisser quelques produits qui lui restait à la Maison Commune de la femme pour continuer la vente.
De son côté, Monsieur Felix Kalema, représentant de l’Organisation pour la Reconstruction et le Développement, ORD, estime que cette manifestation est un pas lancé en avant . Il a félicité le CENADEP qui appuie cette initiative.
Madame Jeannine Yeba, du groupe Tonga Moto qui est un groupe culturel de sensibilisation et d’animation sanitaire et nutritionnel a dit : « c’est fantastique, épatant de voir les produits fabriqués par les mamans». Elle a conclu qu’avec ses réalisations, la femme est bien partie pour égaler l’homme.
Pour sa part, Madame Musuamba Ngalula, vice-présidente de l’Association des Kiosquiers du Congo, AKICO, a dit que la lutte contre la pauvreté doit nécessairement passer par la sensibilisation des mamans. Elle a félicité les mamans qui se sont débrouillées à fabriquer ces produits exposés. Sa joie a été grande puisqu’elle a acheté un produit contre la carie dentaire.

Pour un coup d’essai, la journée porte-ouverte de la Maison Commune de la femme a été un coup de maître

Depuis le matin de ce 25 mars 2004, le cœur du Staff dirigent de la Maison Commune de la Femme battait à un rythme anormal. Il ne croyait pas que cette manifestation allait être une réussite. L’Animateur Principal du FADOC, Danny SINGOMA était là pour les encourager et les soutenir dans les préparatifs. Vite, la peur a cédé sa place à la joie quand des hommes et des femmes sont venus nombreux pour l’exposition et mêmes les passants qui se sont intéressés à cette activité.
Donc, pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Car, avec peu de ressources, elles ont réussi une grande mobilisation ; La volonté de réussir y a été pour beaucoup, nous affirme Madame July Mukuta. Fort de cette expérience, elle pense qu’elle peut maintenant organiser une grande manifestation foraine dans un endroit beaucoup plus spacieux pour que toutes les mamans puissent exposer.
Les associations qui ont exposé sont venues des Communes de Kinshasa, Lingwala, et Barumbu. Après cette activité, dans les prochains jours, la Maison Commune de la femme compte lancer une petite coopérative de développement de la Femme. Ensuite elle va se lancer dans la formation et la sensibilisation sur les droits de la femme, sur la formation en gestion des projets et la comptabilité .

IINTERVIEW

Monsieur François Kabaka prend le difficile défi de transformer
la localité de Ngudiabaka en centre commercial

Il est 9 H 30, ce mardi 6 Avril 2004, Monsieur François Kabaka, superviseur du Comité agricole de Ngudiabaka arrive dans nos bureaux en transpirant. On lui sert un verre de café qu’il prend avec humour. « Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas pris ça », nous dit-il. Il a parcouru 11 kms à vélo avant de prendre à l’arrêt Pompage, un taxi-bus qui l’a conduit jusqu’ici.
Cet homme est un vrai paysan. Il ne s’en cache pas et il ne se gène pas de le clamer tout haut. Il se bombe le thorax en soutenant que ce sont eux qui nourrissent la ville de Kinshasa. C’est avec une grande fierté qu’il parle des activités qu’il est en train de réaliser dans cette localité située entre la ville de Kinshasa et la Province du Bas-Congo. A la question de savoir s’il est kinois ou bas-congolais, Kabaka répond : « nous sommes des Bas-congolais respirant l’air Kinois ». Kabaka est technicien, planificateur en développement rural. A la question de savoir s’il est à l’aise à Ngudiabaka, il répond : « Je suis bien dans mon assiette ».
Il s’est prêté aux questions de Fadoc Info à qui il lance l’invitation de visiter cette localité.

Q. Monsieur François Kabaka quel est l’état de la route de Ngudiabaka ?
R. Au départ, la route de Ngudiabaka était en mauvais état, mais aujourd’hui grâce à une dynamique créée dans le milieu des jeunes de cette localité, la route est bien praticable quand il ne pleut pas.

Q. Qu’est-ce qui a été fait ?
R. Les jeunes sont mobilisés, étant donné que sans route, Ngudiabaka ne vaut rien. Ils ont enlevé des herbes à bord de la route, ils ont fait la canalisation des eaux de pluie et ils s’occupent des tronçons accidentés. Nous avons fait au total 9 kilomètres. Au niveau des parties accidentées, nous essayons de mettre des sacs de sable pour que la route soit praticable.

Q. Depuis quand a démarré ce projet ?

R. C’est depuis trois mois que ce projet a pris corps avec l’appui de FADOC. En plus à l’heure actuel beaucoup d’activités sont en vue et la localité de Ngudiabaka est en pleine mutation.

Q. Qu’est-ce que vous faites concrètement dans le cadre de ce projet?
R. Nous faisons la promotion de la lutte anti-érosive par l’acacias et les tétonnières , nous vulgarisons les techniques agricoles et d’élevage. Nous apprenons aux jeunes à se prendre en charge et à participer avec résolution dans la promotion de leur développement. Leurs droits et devoirs sont appris. Le Centre prévoit aussi la promotion culturelle de ces jeunes et l’échange entre les jeunes de Ngudiabaka et ceux de Kinshasa.

Q. Comment les paysans s’impliquent dans la réalisation de ce projet ?
Chaque vendredi, les paysans se rencontrent de 7 à 9H30. Ils ont fini par prendre conscience qu’ils doivent participer et créer eux-mêmes le développement communautaire. Après, ils ont 30 minutes pour faire l’évaluation où ils font des critiques et suggestions. Donc, ils sont organisés en association appelée Comité de développement de Ngudiabaka. qui est composé d’un président, d’un vice-président, d’un conseiller.

Q. Que fait ce Comité en matière d’encadrement des villageois ?
R. Ce comité sensibilise les villageois pour les exciter aux travaux communautaires ( route, santé communautaire, éducation à la vie). Les villageois comprennent qu’en travaillant ensemble, ils peuvent vaincre la pauvreté. C’est pour la première fois que Ngudiabaka connaît ces genres d’activités.

Q. Quel est l’apport de Fadoc dans le développement de Ngudiabaka ?
R Le programme Fadoc est d’un grand apport dans le développement de Ngudiabaka dans la mesure où il nous appuie méthodologiquement et financièrement. Nous sommes en contact permanent avec Monsieur Danny Singoma, Chargé du FADOC. Nous sommes très content de cet appui. Nous demandons que le programme Fadoc puisse organiser des sessions de formation sur place à Ngudiabaka parce que nous sommes une association jeune.

Q. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez sur le terrain ?
R. Les difficultés sont de plusieurs ordres. D’abord, nous sommes une association jeune qui nécessite un grand renforcement de nos capacités. D’autres difficultés sont d’ordre socio- économiques.

Q. Trois mois après, pouvez vous dresser un petit bilan ?
D’une manière schématique, le Comité Agricole a été redynamisé, 9 Kms de route dont six parties accidentées ont été réhabilités et sont entretenus ; nous avons fait la sensibilisation et le renforcement des capacités de Comité des Grandissants, la dynamisation du COSA, comité de santé de Ngudiabaka. Dans le domaine d’élevage, nous avons 8 chèvres et 3 moutons. Dans six mois, nous aurons des chevreaux. Notre pépinière d’acacias est là et va bientôt servir.

Q. Les perspectives ?
R . Nous nous investissons pour que la route soit totalement praticable afin d’accéder aux moyens de transports sans problème afin de rendre Ngudiabaka un centre commercial agricole ; Faire de CAN une ONG locale capable d’accompagner d’autres initiatives locales de développement et les aides. Je pense aussi ouvrir une route jusqu’au fleuve Congo afin de créer un lieu touristique avec un plage.

Q . Les souhaits
R. Que les bailleurs s’intéressent financièrement au Comité Agricole de Ngudiabaka.

ACTIVITES DU CENADEP

Le CENADEP a condamné l’attaque des camps militaires de Kinshasa
perpétrée dans la nuit du 27 au 28 mars 2004

Le CENADEP a condamné avec la dernière énergie l’attaque dont ont été l’objet les camps Tshatshi, Kokolo et les bases navales et aérienne de Ndolo dans la nuit du 27 au 28 mars 2004. Le CENADEP a exigé une enquête pour clarifier cette situation afin que les auteurs soient punis. Le CENADEP a mis en garde des politiciens pour qu’ils puissent se mettre d’accord pour ne pas entraver le processus qui va conduire le peuple congolais aux élections libres et transparentes en 2005.

La société civile projette une marche pacifique
pour une transition non conflictuelle ce 20 Avril 2004

La Société civile projette d’organiser le 20 Avril 2004 une marche pacifique pour une transition non conflictuelle et pour l’organisation des élections libres et transparentes dans le délai prévu dans l’accord global et inclusif. Cette marche partira de la Gare centrale jusqu’au Palais du peuple. Deux mémos seront remis au représentant du Secrétaire Général des Nations UNies et au Président du Sénat. Parmi les organisateurs il y a CENADEP, PREFED, CONOGD , Cause Commune, les mamans Catholiques et Kimbanguiste, RENADHOC, CONAFED..

Le CENADEP a participé à la réunion sur l’élaboration du processus
de la législation forestière en RDC

Le Comité de suivi du projet « Participation de la Société Civile au processus d’élaboration de la législation forestière en RDC », a tenu une réunion e 30 mars dernier au bureau du CNONGD-Kinshasa. Plusieurs points étaient inscrits à l’ordre du jour à savoir : le suivi de ce projet ; les outils pédagogiques pour les ateliers décentralisés, la réponse de la Banque Mondiale, l’évolution du comité de pilotage… et les divers.

Monsieur Hamuli Kabarhuza a été nommé Coordonnateur du Comité National Préparatoire de la Conférence sur la paix ,la sécurité et le développement
dans la Région des Grands Lacs

Messieurs Baudouin Hamuli Kabarhuza et Banyaku Luape ont été respectivement désignés Coordonnateur National et Coordonnateur National Adjoint du Comité Préparatoire de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans la Région des Grands Lacs. Le décret présidentiel n°04/033, les portant à ces postes a été signé par le chef de l’état Joseph Kabila, jeudi 8 Avril 2004. Cette conférence regroupera aussi bien les pays des grands Lacs que d’autres pays de l’Afrique Centrale en proie au cycle infernal de la violence et de la guerre depuis des décennies.

PERSPECTIVES

- Un Atelier sur l’Animation Urbaine est prévue au mois de Mai à Kinshasa. Il regroupera les ONGs oeuvrant dans l’Animation Urbaine qui auront à analyser le travail de l’Animation dans la Ville de Kinshasa en vue de définir ensemble une Méthodologie concertée.

- Les Organisations Communautaires de Base de Kinshasa, à travers le Comité des Droits de l’Homme et Développement, CODHOD, préparent le FORUM DES OCB pour le mois d’octobre 2004.
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