Le dépistage volontaire pour arrêter la propagation du sida

De l’avis des spécialistes, les séro-ignorants – c’est-à-dire ceux ignorant leur état – sont tout autant, si pas plus, dangereux que les séropositifs. Lorsqu’on considère les statistiques de la contamination, la transmission du virus d’un individu à un autre se fait en général entre une personne saine et un séro-ignorant. A moins que le premier contaminé ait volontairement décidé d’adopter un comportement criminel en décidant de contaminer une autre personne à dessein.
En d’autres termes, ce sont les séro-ignorants qui sont le principal maillon de transmission du virus du sida. Et puisque l’arrêt de la propagation de la pandémie passe par la rupture de la chaîne de contamination, c’est donc sur les séro-ignorants que les efforts doivent se porter.
C’est dans cette logique que s’inscrit la dernière action de sensibilisation menée par le Centre de Développement pour la Femme (CDF/Fondation) organisée le vendredi 21 mai 2004 au Centre Bomoto de Matonge à Kinshasa. 113 femmes venues des 11 antennes du CDF dans la ville de Kinshasa ont participé à cette « journée de sensibilisation et de dépistage volontaire du vih/sida » animée par le Dr Kashosi Kash du Centre Bomoto.
Les organisateurs ont donné à cette rencontre quatre objectifs principaux : amener les participantes à prendre conscience de l’existence de la pandémie du sida, contribuer à la lutte contre sa propagation, motiver et conseiller les participants à pratiquer le dépistage volontaire et sauver la vie des membres en les mettant à l’abri de la chaîne de la contamination.
Dans son mot de circonstance, la présidente du CDF/Fondation, Mme Dominique Munongo Inamizi a fait remarquer que la lutte contre la pauvreté dans laquelle s’est engagé sa fondation passe par l’endiguement de la propagation du sida qui constitue une cause sûre d’appauvrissement. Les participantes se sont rendues compte de la véracité de cette thèse au travers du témoignage du personne vivant avec le vih (PVV) qui leur a expliqué tout son drame depuis sa contamination et comment elle vit avec la maladie depuis lors.
L’impact de cette journée de sensibilisation s’est fait sentir lorsque 42 participantes ont décidé sur le champ de se soumettre au dépistage volontaire. Avec la sortie des résultats, et au regard de l’ampleur de la propagation du fléau, il n’est pas exclu que le CDF puisse avoir à encadrer des membres qui auront été reconnus séropositifs. Une expérience qui ne sera pas nouvelle pour la fondation. Ce qui est certain, c’est que, ne fut-ce qu’à l’échelle d’une personne, cette rencontre de sensibilisation aura permis de réduire le degré de sero-ignorance. Et donc de briser, même à petite échelle, la chaîne de la propagation du fléau du siècle qui a déjà fait des milliers de victimes dans la population congolaise.