Le métayage et l’agriculture en groupe

Le métayage et l’agriculture en groupe : voie de sortie contre la pauvreté et le développement de la région de Kabinda au Kasaï-Oriental.

Après avoir analysé la situation et considéré le niveau de pauvreté au regard des potentialités en présence, l’OSADER propose le métayage et le travail des champs en groupe comme approche pour renverser la pauvreté et ses corollaires.
Le peuple Songié est essentiellement agriculteur. Il a au fil du temps pratiqué l’élevage du petit bétail, alors incapable de lui permettre de mener une vie décente face aux diverses mutations qui s’opèrent sur cette terre.
Très vastes l’étendues des terres très fertiles dont certaines n’ont jamais été cultivées ou exploitées pour l’élevage ; un climat favorable à toutes les cultures, notre peuple est pourtant pauvre alors qu’il est assis sur les mines d’or ou du diamant ou du…
Notre difficulté se situe notamment au niveau de la carence des ressources financières, et c’est cet aspect des choses qui préoccupe l’OSADER à cet instant.
Les effets de la guerre :
Un an après la guerre qui a ravagé cette contrée au même moment que les provinces de l’Est de notre pays, nous pouvons affirmer sans peur d’être contredits que le Territoire de Kabinda, plus particulièrement les secteurs Lukashiyi-Lualu et Lufubu-Lomami en sont sortis très affaiblis à tout point de vue.

a/Sur le plan économique :
Pourvoyeurs des produits alimentaires de première nécessité aux centres urbains de Kabinda, Mbuji-mayi,…, les secteurs ruraux précités ont subi de plein fouet les affres de la guerre. A l’image du diocèse de Kabinda dont le cheptel des bovins (plus de 5000 têtes) a été simplement décimé par les troupes combattantes du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), le petit bétail qui faisait la richesse et la fierté des paysans a subi le même sort sur cette étendue du district de Kabinda.
Sur le plan agricole, les paysans ne pouvaient pas exercer leur travail sous le crépitement des armes. S’il faut ajouter que les troupes du RCD étaient à charge des villageois, vous pouvez vous en imaginer les conséquences pour eux-mêmes et pour les centres urbains cités ci-dessus.

b/Sur le plan social.
C’est la famine, la misère et forcément l’exode rural pour ceux qui pouvaient réussir à quittés les lieux. Oui même à Kinshasa, on a vécu ce spectacle désolant dénommé « Populations Déplacées ». C’était pareil à Kabinda-Cité, à Mbuji-Mayi, et …

c/Sur le plan humain.
Les pertes en vies humaines dans les secteurs ici concernés n’étaient pas très nombreuses. Il y a eu de morts pendant les affrontements, sans oublier celles causées des balles perdues. Notons ici que cette contrée est très vaste, et que les gens pouvaient s’en fuir bien loin dans des forêts ou campagnes. Mais exposé aux intempéries, à la brousse et …
Cependant les cas des viols, et violations des droits humains (extorsions des biens, arrestations arbitraires, intimidations, tortures physiques,…), étaient les plus nombreux. Bref, les populations ont gardé des séquelles évidents de tous ces événements malheureux.
Mot de la fin.
Enfin, il ne nous reste plus qu’à vous dire, cher lecteur, que notre peuple ne veut que la paix, faisant face à la pauvreté depuis de longues années.
Notre peuple est entrain de chercher des solutions à ces difficultés, et cette note est un cri d’alarme et un appel à vous qui êtes épris de compassion pour les plus pauvres et des miséreux .
Aidez-nous à développer nos milieux ruraux. Merci
Annexe :
Populations :
- Kabinda-cité…………………………170.410
- Secteur Lukashiyi-Lualu…………….103.551
- Secteur Lufubu-Lomami…………….108.636
Total……………………………........... 382.591 hab.

Rapport d’activités Exercice 2003.

0. Introduction.
L’OSADER-ONGD, cette association basée à Kinshasa et à Kabinda dans la province du Kasaï-Oriental, est une Organisation des masses œuvrant dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, la promotion de la personne et l’amélioration de son espace de vie.
L’année 2003 n’a pas été si gentille pour l’OSADER. Alors qu’à Kinshasa nous avons continué à endurer les effets de notre déguérpissement de la rue Mabiala n° 12, nous avons eu de la peine à recevoir des rapports de Kabinda, alors se remettant de l’occupation des rebelles du RCD-Goma.
Alors qu’à Kinshasa la pauvreté a frappé de plein fouet, à Kabinda elle a fait des ravages dans nos populations, les dépouillant de son petit bétail, l’obligeant de nourrir les forces rebelles et compliquant la circulation (par fois ) opérée en cachette.
Cela revient à dire que l’OSADER a encore du pain sur la planche. Nous devons redoubler des efforts en nous mettant ensemble pour nous mesurer à l’ennemi qui s’appelle « Pauvreté » avec ses corollaires telles : la misère, la famine et la maladie.
Ici notre démarche devra veiller au respect de nos objectifs tels que définis par nos textes en vigueur.
Domaine d’intervention de l’OSADER
L’OSADER intervient dans les domaines suivants :
1° La santé et la Nutrition :
2° L’Education : Sanitaire, civique, scolaire, professionnelle et autres.
3° L’Agriculture : le maraîchage et la culture vivrière dans le secteur Lukasiyi-Lualu et Lufubu-Lomami.
4° La protection de la biodiversité : le feu de brousse,… ;
5° L’assistance sociale aux personnes nécessiteuses et en détresse.
C’est donc autour de ces sujets que nous allons tourner tout au long de ces pages, à Kinshasa comme à l’intérieur du pays, plus précisément dans les secteurs ruraux du territoire de Kabinda, au Kasai-Oriental.

RAPPORT D’ACTIVITES

I.1. Administration :
I.1.1. Convocations et Invitations aux réunions réçues :
I.1.1.1. Participation au séminaire organisée par l’ONG RDF/Base en collaboration avec KOSI, du 15 au 21 janvier sur la création et la mise sur pied des comités d’éveil et d’autodéfense de la population du quartier CPA/ Mushie. Délégué : Delly MUYEMBE.
I.1.1.2. Le 17 mars : nous avons reçu un dossier de demande d’admission à une session de formation en droit de l’homme de l’Institut International de Strasbourg/France. Admis, nous n’y avons pas pris part faute des moyens financiers.
I.1.1.3. Dossier pour une candidature de stage en collecte des données de Louvain-La-Neuve. Candidat : Monsieur MUMPUBI.
I.1.4. Invitation par la FECOCA/ OMS ( Fédération Congolaises des Clubs, Associations et Centres amis de l’OMS) dans le cadre de la journée mondiale de la santé 2003, sous le thème : un environnement sain pour les enfants, dans la salle polyvalente de l’OMS, le 1er avril 2003.
I.1.5. Une note de l’ONG RDF/Base nous a été déposé, nous informant de la tenue d’un atelier sur la commission électorale indépendante (CEI) le lundi 21 avril à la paroisse Saint Léonard de Mbudi.
I.1.6. Semaine de restitution organisé par le CRONGD/Kinshasa du 12 au 16 juin animé principalement par le Secrétaire Exécutif dans la salle de l’AED.
I.2. Convocations et Invitations aux réunions expédiées : en principe, le conseil d’administration se réunit une fois par mois en réunion ordinaire. Mais compte des difficultés de fonctionnement de l’Année, les réunions ont eu lieu sur convocation du Président.
A titre d’exemple, une réunion a été tenue le 3 avril à Limété, au bureau du Trésorier José BUKASSA.

I.3. Courrier reçu :
Nous avons reçu un courrier abondant au cours de l’année. en voici quelques uns :
I.3.1. Lettre de demande d’adhésion de Monsieur Jérémie BUKASSA MUAMBA à l’OSADER, c’était le 28 janvier.
I.3.2. Un courrier de la Commission Electorale Indépendante ( CEI), c’était le 17 avril. C’était un document relatif au processus électoral en RDC, proposition d’un type d’avant-projet de la loi portant fonctionnement de la CEI.
I.3.3. Nous avons reçu une lettre qui nous invitait à la troisième édition de la synergie des ONG de Kinshasa organisé par un consortium sous la direction du CRONGD/ Kinshasa, à partir du 18 août à la Paroisse Notre Dame de Fatima dans la Commune de la Gombe.
I.3.4. Le Ministre de l’Information, Vital KAMERE, nous a écrit pour nous convier à une journée qu’il animait sur les rôles des médias pour la consolidation de la paix en RDC. C’était le 19 août.
I.4. Courrier expédié :
I.4.1. Candidature de stage sur la collecte et analyse des données de Louvain-La-Neuve, au profit de Mr. Pierre MUMPUBI. C’était le 29 avril.
I.4.2. Formulaires d’admission à l’Institut International de droit de l’homme de STRASBOURG en France au profit de Mr. LUKUSA TSHIBAMBE. C’était en avril 2003.

I.LE SECTEUR DE LA SANTE ET NUTRITION.

1.1. Domaine de la santé.
Dans ce domaine, l’OSADER gère un centre de santé qu’il a mis sur pied il y a plus de cinq ans. Il se trouve sur la rue Mpese n°36, Quartier 4, dans la Commune de N’djili à Kinshasa.
On l’appelle « Mpese Médical ».

Plusieurs services sont rendus au population dans cette formation médicale dont :
-la consultation générale et Prénatale.
-la maternité.
-le laboratoire.
-la petite chirurgie
-l’ophtalmologie.
-l’hospitalisation.
-la vaccination et
-l’éducation sanitaire.
Mpese médical fonctionne en collaboration avec la Zone de Santé de N’djili où l’on dépose régulièrement un bulletin épidémiologique.
Le paludisme reste la pathologie qui donne plus de fil à retordre à nos populations et il convient que l’autorité compétente prenne des mesures appropriés pour assainir l’environnement .
Parmi les difficultés rencontrées, citons notamment celles liées à l’incapacité de notre population de pouvoir honoré la facture totale de leurs soins.
Cela veut dire que notre population se soigne mal et est donc exposé à des rechutes graves.
C’est ici que la pauvreté joue son rôle malheureusement fatal.

1.2.De la nutrition.
Notre intervention dans ce domaine est d’abord éducative dans le cadre de Mpese médical. Des enseignements appropriés sont donnés aux femmes lors de la vaccination ou la consultation prénatale sur la manière de nourrir les enfants et ainsi leur assuré non seulement une bonne santé mais également une croissance normale.
La nutrition : c’était aussi la boulangerie de Kinsuka. Celle-ci n’a pas connu un bon fonctionnement en 2003 depuis son déménagement de la rue mabiala n°12 à Kinsuka Pompage vers le Quartier CPA-Mushie ( Mazal).
3. Secteur de l’éducation.
l’éducation demeure le secteur clef pour le développement de notre peuple. Notre action en 2003 a été :
a.Sanitaire : menée dans le cadre de Mpese Médical comme on l’a dit ci-haut.
b.Civique : - Nous avons entretenu les jeunes finalistes et pré-finalistes des sujets liés à la démocratie, au civisme, à la paix et développement.
-Nous avons abordé le sujet lié à la pauvreté qui règne chez nous au Congo, tout en démontrant que le malheur du Congolais vient de l’homme congolais lui-même.
c.Scolaire : l’école primaire Muan’a Lukauka de Tshibila/Kabinda au Kasaî-Oriental a continué à fonctionner tout bien que mal malgré la conjoncture difficile qui se remettait des affres de la guerre.
N.B : En décembre 2003, les Lycée Malango et le Groupe scolaire Bila ont adhéré à l’OSADER en tant que ILD ( Initiative Locale de Développement ). Ils ont ainsi adopté sa phylosophie, ses objectifs et ambition, bref la lutte contre la pauvreté et la promotion de la personne et son milieux. Le tout dans le souci de mieux assurer les droits de l’enfant. Ses écoles n’apparaissent pas sur les états financiers parce qu’elles étaient encore en observation.

4. Le développement communautaire.
Tout concourt au développement de la communauté.
Nous citerons ici l’action menée dans le cadre de l’éducation des adultes, précisément au profit des femmes réunies au sein de l’église « GOSPEL CHURCH », sise rue Lisala n°1, Kinsuka/Pompage, dans la Commune de Ngaliema. Celles-ci ont bénéficiée des séances d’alphabétisation et des notions de base de la langue française. Trente (30 femmes ont pris part).
5. Secteur de l’agriculture et l’élevage.
Notre intervention se situait surtout dans les « secteurs » Lukashiyi-Lualu et Lufubu-Lomami, territoire de Kabinda au Kasaî-Oriental.
Etant donné la guerre, ce secteur a été très défavorisé du fait que les rebelles ont été plutôt nourus par les populations et que leur petit bétail a été décimé.

6. Le secteur de l’environnement.
Notre action environnementale a consisté surtout à convaincre nos populations rurales quant aux méfaits de feu de brousse et destruction des forêts pour les cultures. Ce phénomène « feu de brousse » est un fait culturel difficile à effacer, étant donné que c’est un mode de chasse qui est de pratique depuis des âges lointains. C’est donc une lutte de longue haleine. Il faut encore y réfléchir mûrement quant aux méthodes.

II.RAPPORTS FINANCIERS :
2.1. Solde en caisse au 1er janvier 2003………………………60$US.
2.2. Etat des recettes : Ø Cotisation des membres……………………………………......…………………………….550$US
ØRecettes centre de santé (Mpese médical)………………..736$US
ØRecettes école primaire de Tshibila…………………………..1263$US
ØRecettes produits agricoles………………………………………………....
ØRecettes diverses………………………………………………………………….
TOTAL (1)…………………...……………………………………………2.609$US
2.3. Etat de dépenses :
ØCotisation CRONGD(et autres partenaires)…......…………25$US.
ØAchat produit pharmaceutiqueetMat.Méd(Mpese Méd120$US.
ØAchat fourniture de bureau + photocopie :…….…………150$US.
ØTransport divers………………………………………………………….200$US.
ØLoyer bureau et boîte postale…………………………………….265$US.
ØLoyer centre médical………………………………………………….600$US.
ØCommunications (2 cartes/moisx12moisx10$US)…..….120$US.
ØEau et électricité………….……………………………………..…….104$US.
ØCharges diverses ( cas sociaux) ……………………………… 100$US.
ØSalaires personnels médical………………………………..……..300$US.
ØMotivation des enseignants…………………...………………….517$US.
TOTAL (2)……………………….…………………………………………2.497$US.
2.4. Solde en caisse au 31 décembre 2003………………….108$US.
2.5. Commentaire :
Par rapport à l’année 2002, 2003 n’a pas été si brillante non plus. Les membres ont cotisés de moins en moins en raison des difficultés que traversent notre pays.
Au niveau du centre de santé, la pauvreté oriente les malades vers les Tradi- Praticiens en et à l’automédication. Les malades qui se présentent sont incapables de se prendre en charge correctement. Ils préfèrent soit la simple consultation ou encore des examens de labo suivis d’une prescription.
L’école de Tshibila a apporté le maximum des recettes. L’appel lancé aux parents pour soutenir les corps enseignants a été entendu malgré tout.
Quant aux recettes agricoles, elles sont tout simplement absentes en raison de la lente reprise après que les paysans aient pris les troupes rebelles en charge. Espérons que l’année 2004 sera meilleure.
Concernant les dépenses ; elles ont été gérées en fonction des recettes et tout a été mis en œuvre pour terminer l’année en beauté. L’équivalent de 108$US s’est retrouvé en caisse à la clôture de l’exercice camptable.

CONCLUSION.
L’OSADER ONGD est en train de mener une lutte acharnée contre les maux qui sevissent dans notre société conformément à ses objectifs.
Il s’ avère cependant que les choses ne tournent pas comme sur des roulettes, il y a donc si tant des difficultés à braver.
Sans croiser les bras, et avec votre concours, chers lecteurs, nous croyons que nous viendrons à bout, point par point, petit à petit, de notre pauvreté, de nos ignorances et pratiques ; ou encore nous améliorerons progressivement le vécu quotidien de nos populations.
Enfin, nous vous lançons ce cris d’alarme : « aidez-nous à développer nos milieux et à renverser la pauvreté ».
Pour l’OSADER – ONGD,
Antoine LUKUSA TSHIBAMBE
« Président »