L’EXODE RURAL DES JEUNES » CAS DU TERRITOIRE DE DJOLU DANS LA PROVINCE DE L'EQUATEUR/RDC

Lors des différentes rencontres avec les jeunes de Djolu, ces derniers déclarent qu’il y’aura un jour que nos villages seront vidés de ces jeunes pour se rendre en ville sans y revenir disent –ils allons quitter ce milieu en foule sans y revenir.
Cet exode définitif des jeunes est causé par :
- la méconnaissance des droits des jeunes par les pouvoirs publics structure censée les encadrer,
- l’enclavement du milieu suite au disfonctionnement des moyens de communication,
- l’absence des opérateurs économiques capable d’approvisionner le milieu en produits de première nécessité,
- l’analphabétisme et le taux de déperdition scolaire qui s’aggrave suite à la désertion de l’Etat dans le domaine de l’éducation. Faudrait –il souligner que les frais scolaires sont pris en charge par les parents et cela se paie en nature moyen l’échange avec une bouteille de Lotoko (boisson locale à teneur élevé d’alcool fabriquée par le mélange du maïs et d u manioc), les couteaux indigènes, les ustensiles de cuisine, le riz, l’huile de palme, le haricot, la courge, chenille, cossettes de manioc, etc.)
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Les quelques produits pharmaceutiques qui s’y trouvent proviennent des marchés de fortune de Ligasa, Imbolo, Yamangi, Mozite, Isangi, Matete, etc. dans la province Orientale. Pour de procurer la friperie, les médicaments et autres produits d’usage courant, les paysans de la région se rendent à Kisangani ville située à 500km de Djolu à pieds avec des colis au dos. Au cours de route, ils passent des nuits entières en pleine forêt sans aucun abri contre les intempéries et autres risques de toutes sortes. Des morsures de serpents et d’araignées, des rencontres avec des animaux féroces, la faim, les maladies de toutes sortent réapparaissent pendant les parcours. Sans oublier les tracasseries administratives de part dans les deux provinces. Dans cette, les médicaments sont vendus à même le sol et chacun s’improvise soignant ce qui cause de nombreux cas de résistance des IST aux antibiotiques car les cures ne sont jamais respectées.

Les organisations humanitaires présentent sur place n’arrivent pas à couvrir les besoins sanitaires à cause des budgets insuffisants et le contexte impraticable et inaccessibles des voies de dessertes. Ces dernières éprouvent d’énormes difficultés pour acheminer une tonne de médicament par voie fluviale car le parcours est long et tordu. Des embarcations utilisées parfois n’arrivent pas à destination. Tantôt elles tombent en panne, tantôt elles se noient sur les cours d’eau de Maringa et Lopori. Les derniers convois qui ont embarqués les produits agricoles remontent de 1999 en pleine guerre. Ces convois n’ont jamais atteint les ports de Kinshasa. Ils ont étés tout simplement réquisitionnés par les belligérants qui les ont constitués des butins de guerre. Les propriétaires de produits agricoles qui se recrutent parmi les paysans et petits commerçants de Djolu se trouvent aujourd’hui abandonner à leur triste sort.

Point n’est besoin de rappeler que l’Equateur est une province à vocation agricole, le manque d’un programme économique adapté pour cette entité est l’une des obstacles majeures à son développement. Il suffit de visiter les anciennes plantations des colons belges et portugais et autres expatriés jadis acquis par les dignitaires de la deuxième république pendant la zaïrianisation pour se rendre compte de l’état de délabrement du tissus économique. La partie sud que nous avons visitée renferme des potentialités énormes des cultures pérennes et de vastes étendues de terres cultivables.
Nous pensons qu’avec la présence d’une société civile dynamique dans la région fruits des initiatives locales, on pourra penser à la relance de l’activité économique pour permettre d’arrêter tant soit peu l’exode rural des populations. La relance de l’activité économique est l’une des meilleurs de lutte contre la pauvreté

Jean Marie BOLIKA
Coordonnateur National ILDI-ONGD