Déclaration de l’Association pour la défense des droits de l’enfant face aux violations des droits de l’homme commises par les éléments de l’ALR au Sud-Kivu

L’Association pour la Défense des Droits de l’Enfant ADDE en sigle est vivement préoccupée de l’insécurité que sèment les éléments de l’armée de libération du Rwanda (ALIR) dans le territoire de SHABUNDA, province du Sud-Kivu.
En effet, lesdits éléments composés essentiellement des hutus rwandais réfugiés en République Démocratique du Congo depuis 1994, enlèvent et violent les femmes d’une part et d’autre part massacrent les populations civiles habitant dans cette contrée voisine des territoires de PANGI, KASONGO et KABAMBARE dans la province du MANIEMA.
Les derniers forfaits à charge de ces éléments de l’ALIR sont les suivants :
- Massacre par égorgement de 25 personnes dont 10 de la carrière de KAPILAPILA et 15 autres du village MUSULUMBILWA à 4km du village MULONGO. Ces crimes ont été commis entre le 29 mars et le 05 avril 2004 ;
- Massacre le 29 mars 2005 de 12 habitants du village KYOKA. Les 12 victimes furent brûlées avant d’être enterrées le 30 mars 2005 dans deux fausses communes dont l’une pour les femmes et l’autre pour les hommes
De ce qui précède, l’ADDE dénonce ces violations des Droits de l’Homme et les condamne fermement. En outre, l’ADDE pense que l’insécurité créée par ces éléments est de nature à déstabiliser le fragile processus de paix en cours dans la sous-région des Grands Lacs et ne facilite point la réunification et la reconstruction de la RDC au grand dam de la population de céans.
Dès lors, l’ADDE recommande :

1. Au gouvernement de transition :
- de mettre tout en oeuvre pour mettre fin aux violations des droits de l’homme commises par les éléments de l’ALIR en attendant leur rapatriement au Rwanda ;
- de prendre des dispositions utiles pour que ces éléments soient rapatriés rapidement et sans délai dans leur territoire (RWANDA). Il en est de même de tous les autres groupes armés provenant du Rwanda et présents en RDC.
- de renforcer la présence des FARDC et de la police nationale congolaise dans cette partie du pays afin de sécuriser cette population meurtrie et d’empêcher l’expansion de l’insécurité dans les contrées voisines notamment dans la province du MANIEMA.

2. A la communauté internationale :
D’accélérer le processus de négociation déclenchée à Rome en vue d’aboutir au rapatriement de toutes les forces rwandaises encore présentes en RDC.

3. Aux ONG des Droits de l’Homme :
- D’exercer une pression sur les gouvernants afin que cette partie du pays soit rapidement sécurisée ;
- D’envisager la possibilité du dépôt d’une plainte au Procureur de la Cour Pénale Internationale à charge de tous les présumés responsables et/ou complices d’actes de violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Fait à Kinshasa, le 12 avril 2005
Pour l’ADDE
Patrick DJANGA KATAKALA, Secrétaire Général