LA CAMPAGNE DE SENSIBILISATION POUR LA POURSUITE DU PROCESSUS ELECTORAL ET LA REUSSITE DE LA TRANSITION

Cette évaluation avait pour but d'apprécier le niveau de réalisation des objectifs, stratégies, des activités et du fonctionnement de la Transition afin de mesurer :
- l'efficacité de la Transition par la comparaison des objectifs et des résultats et l'appréciation des écarts entre ce qui a été réalisé et ce qui était prévu ;
- la performance par la comparaison des résultats obtenus avec les moyens mis en œuvre ;
- l'impact sur le vécu quotidien de la population ;
- la participation et la satisfaction de la population congolaise.
Dans un premier temps, les acteurs et les personnalités de la Société Civile ont salué les efforts de différentes composantes et entités armées, des acteurs de l'opposition politique non armée, de la Société Civile et de la Communauté Internationale pour avoir abouti à la conclusion de l'Accord de cessez-le-feu de LUSAKA, puis la tenue du Dialogue Inter Congolais et enfin la mise en place laborieuse des Institutions de la Transition.
Les résultats de ces efforts se sont concrétisés par la conquête de véritables espaces de paix se traduisant notamment par la libre circulation des personnes et des biens, le processus d'unification du pays, la stabilisation du cadre macro- économique, la réhabilitation de certaines infrastructures de base (la route Kinshasa - Matadi par exemple), la reprise de la navigation sur le fleuve, les appuis diplomatiques et financiers de la Communauté Internationale.
Dans un deuxième temps, les acteurs et les personnalités de la Société Civile ont évalué institution par institution.
De cette évaluation, ils ont relevé les causes qui n'ont pas permis la réalisation des objectifs de la Transition :
- la logique des composantes et entités qui a porté un préjudice à la coordination et à l'unité indispensables à l'efficacité de l'action gouvernementale ;
- la faiblesse de leadership dans le chef de quelques animateurs des Institutions de la Transition ;
- la suspicion d'accointance avec les puissances étrangères dont le Rwanda ;
- l'allégation des crimes internationaux commis par les belligérants ;
- le manque de vision de développement et de reconstruction ;
- l'incapacité à résoudre les problèmes sociaux de la population (accès à l'éducation, à la santé, à l'emploi) et d'engager un dialogue social sincère et constructif avec les partenaires sociaux (enseignants, infirmiers, médecins,…);
- le manque de volonté politique ;
- la faible capacité de mobiliser et d'absorber les ressources.
Par rapport au processus électoral, plusieurs contraintes identifiées ont été brandies pour justifier le retard de la mise en œuvre de ce processus. Il s'agit de :
- temps ;
- moyens financiers ;
- sécurité ;
- voies de communication ;
- logistique ;
- restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national ;
- tribalisme ;
- cadre juridique ;
- réconciliation nationale ;
- retour des déplacés de guerre.
Actuellement, deux logiques s'affrontent. La première celle des acteurs qui ne sont pas représentés dans les Institutions de la Transition consistant au remplacement des acteurs actuels, auteurs de l'échec de la Transition et la 2ème logique, celle des Animateurs des Institutions de la Transition qui brandissent l'Art 196 de la Constitution pour justifier la prolongation.
Face à cette situation qui risque de plonger le pays dans le chaos, le GAT a décidé de mener une campagne de conscientisation de la classe politique et de sensibilisation de la population en faveur de la réussite du processus électoral.
Pourquoi cette priorité accordée au processus électoral ? parce que c’est le seul moyen d’en finir avec les arrangements, combinaisons et compromis politiciens pour amener x ou y au pouvoir.
Depuis la mort de Lumumba nous nageons dans l’illégitimité au sommet de l’Etat.
Qui dit illégitimité dit impasse sur l’obligation de rendre compte à la population.
C’est pour cela que le GAT dans son appel du 30 juin au peuple congolais met l’accent sur les élections et rejette toute violence d’où qu’elle vienne.
Le GAT invite le peuple congolais à redoubler d’effort pour aller réellement vers les élections.
Le GAT invite le peuple congolais à la vigilance, à la tolérance, au dialogue et au respect mutuel. Il invite le peuple congolais à prendre ses responsabilités en allant se faire massivement identifier et enrôler.
Le peuple doit continuer à faire pression sur les Institutions de la Transition pour qu’elles puissent organiser des élections justes dans le meilleur délai. Il doit bannir la haine et la violence d’où qu’elles viennent.
La Communauté Internationale qui joue un rôle de premier plan dans le processus de la Transition est appelée à maintenir la pression sur les gouvernants et à être réellement à l’écoute des aspirations du peuple congolais.

Je vous remercie.

Fait à Kinshasa, le 29 juin 2005