DECLARATION DU COMITE NATIONAL FEMME ET DEVELOPPEMENT « CONAFED » SUR LE PROJET DE LOI ELECTORALE

Le Comité national femme et développement (Conafed) ayant examiné le projet de loi portant organisation des élections en République démocratique du Congo a approuvé un bon nombre des points de cette loi, mais a exprimé le vœu de voir l'Assemblée nationale se
prononcer clairement sur deux préoccupations.

La première se rapporte à la parité. Dans son article 14, la loi fondamentale consacre la parité homme et femme. Cependant, dans la mise en oeuvre de cette disposition, le projet de loi électorale laisse de côté la parité et parle plutôt de l'équité. Le Conafed estime que le mot équité est en train de biaiser la parité surtout qu'il ne peut être quantifié.

Soucieux de voir l'épanouissement de la femme congolaise dans la sphère politique, le Conafed aimerait voir l'Assemblée nationale maintenir la parité dans le projet de loi électorale. Même si les femmes n'arriveraient pas à satisfaire cette parité aux élections en gestation durant cette année, elles pourraient y parvenir dans les années à venir. Il est à craindre que la substitution du mot parité par équité puisse perdurer dans le temps et desservir par la suite les femmes. Le Conafed veut à ce sujet que la recevabilité des listes des partis politiques soit conditionnée par une présentation égale des femmes et des hommes candidats.

La dernière préoccupation porte sur la caution à payer par les différents candidats dans les différents postes. Les montants proposés sont exorbitants et n’expriment ni plus ni moins qu'une discrimination à l'égard de ceux qui ne sont pas dans les institutions de la transition et à l'égard des citoyens moyens. Après examen de ce point, le Conafed souhaite que cette caution soit symbolique de façon à permettre aux autres congolais de pouvoir se présenter aux élections. C'est seulement de cette façon que la politique ne sera pas l'apanage de seuls hommes nantis, mais de tous les Congolais pouvant défendre des idées pour la bonne marche du pays.

Fait à Kinshasa, le 24 janvier 2006

Madame Elise MUHIMUZI
Secrétaire permanente