Une manifestation pacifique des adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK) violemment réprimée à Matadi dans le sang.

Une manifestation pacifique des adeptes Bundu Dia Kongo, un mouvement politico-religieux en activité dans la province du BAS-Congo, a été réprimée dans le sang par les éléments des forces armées de la RDC (FARDC) le 30 juin 2006 à Matadi, chef-lieu de la province .

En effet, les adeptes de Bundu dia Kongo venant de la commune de NZANZA(quartier Kapu) et ceux en provenance du siège central de ce mouvement politico-religieux à Matadi, se sont donnés rendez-vous à la place Belvédère, un lieu touristique situé au Nord-Est de la ville de Matadi, pour commémorer le 46ème anniversaire de l'indépendance de la RDC par une marche pacifique.

Ces adeptes, apparemment d'un air pacifique, ont été surpris par la répression brutale des éléments des FARDC intervenue à quelques centaines de mètres du lieu de départ. Sans sommation aucune, les éléments des FARDC ont ainsi ouvert le feu à bout portant, fauchant sur le coup 10 adeptes et un éléments de leur.

Dans des explications fournies à la population dans l'intention de contourner la vérité, l'autorité locale a soutenu que ces adeptes ont enfreint la loi en organisant une marche qui n'a pas été autorisée. Or, il est reconnu que la RDC est actuellement sous le régime d'information préalable et non d'une autorisation formelle, notamment en ce qui concerne l'organisation des manifestations publiques. Et que les responsables locaux de BDK avaient par des mécanismes informels (tracts et communication bouche à oreille) informé l'opinion de la ville de leur intention d'organiser une marche pacifique dans les rues de Matadi en vue de commémorer cette date anniversaire de l'accession du pays à la souveraineté internationale, à l'instar de ce qui s'est passé dans d'autres provinces.

L'OPDH condamne cette répression barbare et disproportionnée de cette manifestation par des éléments des FARDC qui était un acte prémédité de l'autorité, selon l'opinion dans la ville, car cela ne justifierait en rien, la présence d'une force combattante dans la sécurisation de la ville de Matadi. Et que, cette même autorité avait requis du ministère de l'intérieur et administration du territoire plus de 150 éléments de la police d'intervention (PIR), bien équipés et bien entraînés dans la sécurisation des métropoles, qui sont arrivés un jour avant dans la ville. Or il se fera malheureusement que cette force ne sera jamais déployée au profit des unités combattantes dont on connaît la facilité de la gâchette.

Contacté par l'OPDH, LANDU KIAKETO l'un des blessés par balle, témoin vivant de cette scène macabre, parce que vendeur dans la pharmacie située à l'endroit où a eu la répression armée a eu lieu, ce dernier même étant surpris par une balle au moment où il voulait fermer sa pharmacie pour fuir le lieu. Selon lui, les adeptes de BDK chantant un cantique avec de battement des tam-tam étaient interceptés par des militaires à la hauteur de sa pharmacie, qui pourtant, les avaient dépassés au rond point belvédère. C'est là que surviendra la petite discussion qui avait mis la poudre au feu parce que les militaires demandaient aux manifestants de mettre fin à leur manifestation.

Forts mécontents de la résistance de ces derniers, parmi lesquels on dénombrait des enfants, des femmes et des vieillards, les éléments des FARDC vont ouvrir le feu à volonté, tuant et blessant des manifestants ainsi que des passants.

Dans la version des faits faite à la population le mercredi 05 juillet dans la salle des banquets de Flat hôtel Ledya, le Gouverneur de Province du Bas-Congo, César Tsasa di Ntumba, n'a pas convaincu l'opinion présente à cette rencontre, parce que selon les participants, son récit était truffé des mensonges. Pour lui qui tentait de justifier la barbarie commise par les éléments des FARDC, il soutenait que ces éléments avaient ouvert le feu à bout portant pour répondre à la provocation des adeptes de BDK , qui avaient tués par jet des pierres l'un des leurs. Il se fait malheureusement qu'une contradiction sera enregistrée autour de ce même fait dans le récit du Maire de la ville, qui lui, soutenant au cour de cette même rencontre que les FARDC avaient vengé l'un des leurs qui était tué par flèche pendant cette altercation.

Cependant, plusieurs sources concordantes affirment que les manifestants dans leur procession très pacifique ne portaient qu'aucune arme blanche soit-elle, même pas de bâtons.

Pour plusieurs organisations des droits de l'homme, l'acte fait par l'autorité n'est qu'une répétition d'autres actes des barbaries déjà opérés à l'endroit des adeptes de BDK dont le pouvoir qui venait de réprimer dans le sang 4 fois auparavant de la même manière les manifestations de ce mouvement politico-religieux. Matadi constituait le cinquième acte. Les précédentes répressions avaient eu lieu simultanément en 2002 à LUOZI dans le District des Cataractes où 12 personnes furent tuées et à MUANDA , 4 autres furent également tuées, ainsi que plusieurs blésés furent faits dans les deux entités à cette occasion. En suite viendrait la cité de LEMBA dans le Bas-Fleuve avec 2 morts en 2005, et au début de l'année 2006, SEKE BANZA, chef-lieu du territoire du même nom dans le district de Bas-fleuve fut endeuillé avec 3 personnes tuées dont un policier.


Lien Internet suggéré

Brève description du lien

societecivile
Fichier attachéTaille
Voici par ailleurs la liste des 10 personnes tuées sur le champ à Matadi le 30 juin 2006.doc73 Ko