La paix en sursis en Republique Democratique du Congo

Contester des résultats par des voies légales, c'est possible. Inciter des partisans à des actions de violence est criminel.Réprimer des manifestations par des ripostes disproportionnées le serait tout autant.
Au lendemain des élections, un Président, mais surtout de nouvelles instances.Les dernières vérifications sont en cours, mais déjà les déclarations intempestives se font entendre. Mais face aux défis sociaux que s’apprête à relever la RDC, il convient de relativiser! Les élections ne se résument pas aux présidentielles, mais aussi à la mise en place d'un Gouvernement cohérent, capable d'actions et de planification. Les élections ne peuvent s'arrêter en chemin, les candidats sénateurs devront se manifester grâce au nouveau délai mis en place, et les élections locales devront s'organiser pour la promotion de la gouvernance et de la démocratie locales dès que le Sénat aura voté la loi sur la décentralisation. Il convient donc de relativiser le rôle du futur Président par rapport à l'installation des autres institutions et à la perspective d'un mandat de 5 ans pour que ces nouvelles instances cette fois légitimées par le vote de la population, travaillent à mettre la RDC sur la voie de la paix et du développement.

Il est possible de contester les résultats par les voies légales ! Les tensions actuelles sont donc inopportunes et disproportionnées par rapport aux véritables enjeux rencontrés par la population congolaise.
Elles sont d’autant plus inopportunes que contester des résultats des élections par des voies légales, c'est possible! Des dispositions précises, élaborées par les parlementaires nommés par les composantes, c'est-à-dire par les partis actuellement en lice, prévoient comment adresser les contestations à la Cour Suprême de Justice. Les candidats à la présidence qui ont payé une caution non remboursable de 22 millions de francs congolais pour accéder à la position de candidat Président -et qui ont par ailleurs massivement investi dans leurs campagnes électorales- sont certainement épaulés par d’éminents avocats et constitutionalistes, aptes à déposer des revendications précisément formulées sur base d’éléments concrets et tangibles (rapports des témoins, remarques inscrites dans les PV de dépouillement,…)

L’incitation à la violence est criminelle.
Par contre, inciter des partisans à des actions de violence est criminel. Déclarer que l'ordre public sera maintenu par des réactions musclées consacrera l'impunité en pardonnant à l'avance tout abus de pouvoir des forces de police, des milices ou des forces spéciales qui se mêleraient illégalement au maintien de l'ordre public. Les élections sont une voie pour l’établissement d’une paix durable et d’un Gouvernement légitime. Il serait tout à fait contradictoire de sacrifier 4 années de difficile transition, acceptées et endurées par la population.
Il serait contradictoire de clôturer ce second tour par un retour en arrière: la primauté des armes sur l'expression pacifique de la population par les urnes.

Quel sens ont les accords signés entre les deux candidats ? Ces accords étaient une démarche d'interpellation des deux candidats, de leurs milices respectives et de leurs alliances politiques (dont les militants respectifs se montraient particulièrement vindicatifs et peu disciplinés). Samedi 11 novembre, des échauffourées ont laissé 4 morts à Kinshasa. Ces accords étaient avant tout des rappels au respect des droits humains, aux lois congolaises et aux résolutions des Nations Unies rendues nécessaires pour donner un espoir à la paix en RDC.
Que ces accords contre-signés entre les deux candidats soient rejetés, n'est finalement qu'un message destiné à chauffer les partisans de l'un ou l'autre. Dans le contexte actuel, rejeter ces accords revient à commanditer la mort d’hommes, de femmes et d’enfants en les plaçant devant les affrontements comme de la vulgaire chair à canon.
Il restera alors aux victimes de saisir les juridictions congolaises ou internationales …

Les tensions actuelles ne s'articulent même pas sur des alternatives politiques, mais bien sur des questions de personnes. Or aucun des deux candidats ne s'est préparé au rôle de perdant. Et chacun a motivé un état-major de campagne électorale - mais aussi ses milices- qui espèrent elles aussi la victoire de ce second tour présidentiel, synonyme malheureux de re-distribution d'avantages.

Dès lors on ne peut que regretter que les deux candidats et leurs partisans déclarés ou non en viennent à privilégier les déclarations emportées, allumeuses de multiples rancœurs, au détriment du sort de la population qui a montré sa foi en un processus électoral apaisé en se déplaçant massivement déjà à trois reprises, après avoir payé le tribut de plus de 4 millions de morts.

La communauté internationale doit garantir qu’elle soutiendra l’ensemble du processus électoral

Ces derniers jours, outre le soutien aux forces de maintien de la paix des Nations Unies, la communauté internationale toute entière – de nombreux pays, l’Union européenne, l’Union Africaine – ont appuyé des démarches constructives de dialogues entre les deux alliances politiques orchestrées par la Commission Electorale Indépendante et les Nations Unies: prise en compte de demande de vérification de résultats électoraux, concertation pour des appels au calme adressés aux partisans, vérification commune des images des drônes, etc. En particulier, la communauté internationale doit maintenir un appui sans faille aux forces opérationnelles de maintien de la paix et dans ce cadre une prolongation de la mission d’appui de la Force Européenne (Eufor) doit être envisagée comme alternative. L’Europe doit rester disposée à poursuivre son offre de soutien puisque vraisemblablement les discriminants de la situation humanitaire n’auront pas évolué entre-temps. Dans tous les cas, le 30 novembre, quand le Conseil de Sécurité des Nations Unies devra décider de la prolongation d’un soutien opérationnel à sa mission, c’est bien de la sécurité du peuple congolais dans les grandes villes et dans le campagnes à l’Est , dont il faudra se soucier, et de rien d’autre.

Marc Kerckhove
Chargé de mission Afrique centrale - CNCD-11.11.11 asbl
Véronique Rigot
Coordinatrice des programmes - CNCD-11.11.11 asbl


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