COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A L’EXAMEN PAR LA COUR SUPREME DE JUSTICE DU RECOURS DU CANDIDAT J.P. BEMBA

Réuni ce samedi 25.11.2006 dans la salle de travail du siège de la Société Civile sis au n° 3996 Blvd Lumumba Q/FUNA Commune de Limete à la suite des événements survenus à la Cour Suprême de Justice (CSJ) et autour de l’examen du recours en annulation des résultats électoraux du candidat Jean Pierre BEMBA, le Secrétariat Exécutif National de la Société Civile/Forces Vives est profondément préoccupé :

1. par des déclarations publiques et agissements des acteurs politiques susceptibles de conduire à la violence, en particulier les appels lancés en direction des populations pour prendre d’assaut la CSJ ou pour embraser le pays au prononcé du jugement de celle-ci, l’invitation des populations civiles à empêcher les manifestations d’autres populations, la manipulation de l’opinion par de fausses alertes de proclamation des résultats par la CSJ,

2. par la diffusion à grande échelle de ces appels et déclarations par certains médias qui, de ce fait, participent volontairement ou involontairement à la préparation des violences éventuelles ;

3. par la reprise des hostilités au Nord Kivu, la psychose des violences soigneusement entretenues dans la ville de Kinshasa et la répétition d’événements dramatiques, à savoir, les combats du 20 au 22/08/2006, la perturbation de la journée de samedi 11/11/2006 et la mise à sac de la CSJ et des édifices environnants ce mardi 21/11/2006 dans la commune de la Gombe et qui ont causé mort d’hommes et destruction méchante des biens précieux pour la République ;

4. par l’insuffisance des dispositions préventives autour de la CSJ au matin du 21/11 malgré la diffusion la veille des appels ci- avant mentionnés, l’absence des appels au calme de la part des deux protagonistes en application de l’engagement du 29 Octobre 2006 et l’absence des rencontres entre leurs partisans en ces moments critiques du processus électoral;

De ce qui précède, le Secrétariat Exécutif National de la Société Civile / Forces Vives de la RDC :

1. Regrette la profanation de la Cour Suprême de Justice, ce haut lieu symbole de la légalité du pouvoir et sentinelle de la démocratie ;

2. Déplore le dispositif sécuritaire inadéquat autour de la CSJ qui n’avait pas été à la hauteur d’empêcher l’accès des manifestants à cette institution, félicite la correction des défaillances après le forfait mais désapprouve l’excès de ce même dispositif, en ce qu’il empêche même la presse libre d’accéder aux audiences pourtant publiques de la CSJ et entraîne les tracasseries des populations par des militaires mal payés ;

3. Invite les uns et les autres à arrêter la manipulation des frustrations et des excès de joie des masses populaires, car elles finissent par produire des effets néfastes et imprévisibles même contre leurs auteurs ;

4. Demande aux autorités publiques congolaises, à la MONUC, à l’EUFOR de prendre davantage des dispositions pour sécuriser les populations civiles à la proclamation des résultats définitifs et pour mettre fin à l’insurrection militaire au Nord Kivu ;

5. Rappelle à vous, compatriotes vivant dans la capitale, que Kinshasa n’est pas le Congo entier mais que vous portez, avec Kinshasa, la responsabilité d’être le miroir du Congo ; et à vous tous/tes Congolais/es que votre tribu, votre groupe ethnique, votre langue ou votre province n’est pas la seule dans l’espace RDC : vous devez donc prendre en compte et respecter les libertés, droits et opinions de votre voisin, votre collègue de service et de l’ensemble des tribus, groupes ethniques, langues et provinces du pays ;

6. Rappelle à vous tous/tes, congolais/es, que c’est le candidat qui est élu par la majorité des congolais/es qui devra gouverner en faisant attention aux avis de la minorité. En plus, les deux familles politiques, AMP et UN, ont gagné chacune un « morceau » de pouvoir et seront donc toutes les deux aux affaires au cours du mandat qui commence : elles auront chacune des députés nationaux et provinciaux, des gouverneurs, vices-gouverneurs et ministres provinciaux, etc.

7. Appelle donc tous/tes les congolais/es à la retenue lors de la proclamation de résultats définitifs par la CSJ: pas de joie ni colère excessives. Pensons à notre avenir et mettons-nous plutôt au travail pour reconstruire notre nation ;

8. Demande avec insistance à MM. Joseph KABILA et Jean Pierre BEMBA d’appeler personnellement leurs militants au calme le jour de la proclamation des résultats définitifs par la CSJ et d’ordonner des nouvelles rencontres d’échanges entre leurs collaborateurs.

Fait à Kinshasa, 25 Novembre 2006

Pour la Société Civile/Forces Vives

KIBISWA KWABENE NAUPESS
Secrétaire Exécutif National