Tenue du 1er salon de la femme au Katanga

Une centaine de participants ont pris part à ces trois jours d’activités, parmi lesquelles des déléguées venues de l’intérieur de la province. Les participants ont été édifiés sur des sujets de divers ordres intéressant la femme : « Vih/sida, vecteur de pauvreté », par Dr Kapend, du PNMLS, « genre et lutte contre la pauvreté », P. Kisamba de l’UNIFEM, « sortir de la pauvreté par la microfinance: réalité historique et espoir actuel », par M. Mimpya, TMB, « femmes rurales, moteur de développement », par D. Moma de la FAO, « la violence faite à la femme, facteur de pauvreté », par Me Freddy Kitoko, « l'Eglise face à la promotion de la femme » par l’Abbé Kasonde Germain, « Femmes et leadership », par Thérèse Lukenge, Ministre provinciale de la CONDIFFA, « Contribution des partenaires dans la réduction de la pauvreté », « le plaidoyer, outil de transformation dela société », M.C. Yaya/UNICEF.
« Les trois jours – du 15 au 17 octobre - ont été choisi à dessein parce qu’ils expriment un message. Le 15 octobre, c’et la journée internationale de la femme rurale. Le 16 octobre, c’est la journée internationale de l'Alimentation. Et le 17 octobre : la journée internationale de lutte contre la misère. Des problèmes qui touchent en premier lieu la femme, surtout dans notre province », explique l’organisatrice, Mme Dominique Munongo.

La situation de la femme au Katanga

Au Katanga, a fait savoir M. Ikansha, représentant du PNUD, 32% d’enfants de 6 à 14 ans n’ont jamais fréquenté l’école. Parmi eux, les filles représentent 35% et les garçons 29%. La même tendance est remarquée chez les adultes où dans les 34% qui représentent le taux d’analphabètes, on compte 46% de femmes contre 21% d’hommes. Au Katanga, la mortalité maternelle s’élève à 24 décès pour 1000 naissances vivantes, ce qui est très élevé. Le nombre des femmes parlementaires n’atteint pas encore 14% à l’échelle mondiale. Le Gouvernement Provincial du Katanga compte 1 (une) femme ministre sur un total de 10 ministres soit 10% tandis que l’Assemblée Provinciale a dans son hémicycle 14 députés femmes sur un total de 102 députés soit 14%.
« Bien que des avancées majeures aient été réalisées dans plusieurs domaines, il y a encore beaucoup de défis à relever dans la promotion de l’égalité dans la province du Katanga », a-t-il rappelé. Pour sa part, Mme Munongo a résumé les préoccupations des participants à travers une suite de questions : Comment accroître le revenu des familles ? Comment gérer rationnellement nos ressources ? Comment mettre en place un système cohérent d’épargne et de crédit ? Comment réduire la mortalité maternelle? Comment faciliter l’accès régulier à l’eau potable et à l’assainissement ? Quelles sont les conséquences de l’ignorance des droits des femmes ? Quelle stratégie adopter pour amener la majorité des hommes dans notre combat ?
Des préoccupations auxquelles les participants ont répondu en faisant, à l’issue des travaux, une série de recommandations :

- Vulgarisation du Code de la Famille et des nouvelles lois sur les violences sexuelles
- Formation en micro-finance et en gestion des ressources
-Création et formalisation des coopératives et mise sur pieds des points de vente des produits des femmes
- Acquisition d'une décortiqueuse pour les rizicultrices
-Ouverture d'un centre d'alphabétisation fonctionnelle et d'apprentissage des petits métiers
-Ouverture d'un centre d'informatique et d'études de langues pour jeunes et femmes
- Acquisition d'un atelier de coupe et couture complet avec machines industrielles, surfileuses et machines à broder
- Organisation des campagnes sur le dépistage volontaire et des campagnes de lutte contre les coutumes rétrogrades qui véhiculent les infections sexuellement transmissibles et VIH/Sida

RECOMMANDATIONS

1. Aux autorités nationales et provinciales

-Réhabilitater des infrastructures sanitaires, routières et scolaires
-Réhabilitater des foyers sociaux existants
-Encourager et subventionner les associations, les initiatives locales de Développement(ILD) et organisations non Gouvernementales(ONG) s'occupant des femmes, des jeunes et de la petite fille
-Restituer les institutions d'encadrement des jeunes filles aux structures religieuses
-Mettre sur pied de mécanismes favorisant l'accès des femmes dans les shères de prise de décision

2.Aux organisations non gouvernementales(ONG) et institutions partenaires

- Soutenir les initiatives locales de développement/Ong-ALE
- Faciliter et assouplir les conditionsd'accès aux micro-crédits aux femmes (cas de la TMB)
- Renforcer les capacités des femmes par des formations en activités Génératrices de Revenus (AGR) et en négociation
-Intensifier des campagnes de sensibilisation sur le dépistage volontaire en appuyant les actions de préventions et de la prise en charge.

3. Aux partenaires à la base

- Prise de conscience des femmes sur leur rôle moteur dans la société
- Application effective de toutes les résolutions issues de ces assises
- Restitution auprès de leurs membres respectifs de toutes les communications reçues lors de ce forum
- Création d'un cadre de concertation et d'échanges permanents pour des actions de suivi par le Centre de Développement pour la Femme(CDF)
- Mise en place des mécanismes d'évaluation et de suivi des recommandations formulées à l'issue du 1er Salon de la Femme au Katanga.