Aux âmes mal nées, la magouille n’attend pas le nombre d’années !

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
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Aux âmes mal nées, la magouille n’attend pas le nombre d’années !

En République Démocratique du Congo, des hommes honnêtes et soucieux du social de la population à l’instar de Patrice Emery Lumumba, Joseph Kasa-Vubu et Laurent-Désiré Kabila, font l’objet de moquerie, car ils sont morts pauvres. La dignité et l’honneur n’ont pas de place dans la vie du Congolais, tant qu’il n’a pas amassé assez d’argent sur le dos de la population.

La jeunesse congolaise semble capter ce dernier message. Au lieu de suivre des bons exemples, elle s’enfonce dans la recherche de l’argent, d’où que cela puisse venir, ignorant toute vertu, et créant ainsi des scandales sur scandales. Des mauvais exemples font lésions. Tenez :

Il n’y a pas longtemps à Kinshasa, que deux Députés, l’un national et l’autre provincial, se sont fait séquestrer par un sujet indo-pakistanais, qui en avait assez, semble-t-il, de négocier autour de l’argent avec des gens qui ne sont pas fisc ou du service de l’hygiène. Portée devant l’Assemblée Nationale, l’affaire était tellement compliquée, que la plénière a d’abord donné raison à l’étranger avant de déclarer le dossier à suivre.

Lors des conflits interethniques en Ituri, dans la Province Orientale, les jeunes étaient beaucoup plus à craindre que les adultes. Ne reculant devant rien, les jeunes gens étaient utilisés par les adultes pour des missions parfois suicidaires et ils les exécutaient à la lettre.

Que ce soit au Nord-Kivu ou au Sud-Kivu, au Rwanda ou au Burundi, en passant par le Kenya, une fois drogués, des jeunes gens tuaient même leurs propres chefs. Comme qui dirait, le massacreur massacré.

Dans les Eglises, les Mosquées ou autres lieux de culte, des hommes de Dieu, très jeunes prêchent sans maîtriser les livres saints, se limitant aux chapitres qui font peur à l’homme en vue de l’escroquer.

Que dire des enseignants, des professeurs jeunes. Croyant y être parvenus par un don spécial, ils se permettent tout, sauf l’exercice d’un service rentable et honnête.

La nudité est utilisée par les jeunes filles pour dérouter des hommes et saboter les coutumes du pays. Cette pratique est telle, que les conséquences sont néfastes, même dans les écoles et les Eglises.

Au parlement, au lieu de parler pour se faire écouter, c’est-à-dire réfléchir d’abord sur le sujet à traiter, des honorables, jeunes surtout, crient, peut-être par manque d’expérience et d’arguments. On connaît le résultat : des réunions interminables, des débats sans fin, des programmes mal élaborés, des mensonges dans les deux sens (à la population concernant le travail au parlement et au parlement concernant la situation à l’intérieur du pays).

Malheureusement que l’artiste Luambo Makiadi n’est plus. S’il était encore là, il allait déclarer tous ces discours de « diarrhée verbale », discours qui n’emportent rien à la nation, sauf l’enrichissement de cette clique ou de cette portion de la population nantie.
L’utilisation abusive de la radio et télévision par des personnes qui ne parlent que de leurs réussites, alors que dans le pays, rien ne va, est une chose que les jeunes gens devraient éviter. Le silence est d’or, dit-on. Pourquoi chez nous, on considère plutôt que c’est la parole qui d’or. La pratique le prouve.
Nous pensons que de tels comportements au Congo, parler pour dire le contraire de ce qui se passe, c’est pour tout embrouiller et tout brouiller. Ceci aura comme objectif final de faire taire l’autre interlocuteur et sortir gagnant dans la descente aux enfers.

Si aujourd’hui la jeunesse congolaise recourt vite à l’enrichissement facile et illicite, c’est parce qu’elle suit et veut suivre l’exemple des aînés qui ont pillé la RDC pour s’enrichir.
Pour que nous puissions dire « âmes mal nées » a changé pour devenir « âmes bien nées » et que « magouille » change en devenant « valeur », la jeunesse congolaise devra s’imprégner de la sagesse qui nous enseigne « de choisir parmi les valeurs extérieures, les meilleures, qui nous poussent vers le bien et à bien faire ».

Ainsi, nous dirons désormais comme Corneille « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre d’années ».
Sans se décourager, la population congolaise attend de la jeunesse, de bien se conduire en suivant des bons exemples que nous avons évoqués plus haut, étant donné que, c’est à elle-même de forger sa destinée, qui ne pourra se faire dans la magouille ou en suivant les mauvais exemples des aînés.

Fait à Kinshasa, le 03 juillet 2008

La DECIDI
Bha-Avira Michel