Bagarre à l'Assemblée Provinciale du Kasaï Occidental lors de la Plénière du 16 /02/2009: la SOCICO adresse une lettre ouverte

Société Civile de la République Démocratique du Congo
-SOCICO-
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COORDINATION PROVINCIALE DU KASAI OCCIDENTAL
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Kananga, le 20 février 2009

N/Réf. : SOCICO/KOCC/MEK/04/09
Transmis/Copie pour Information à

- l’Honorable et Président National de la SOCICO
À KINSHASA/BARUMBU
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Objet : Mauvaise Presse
Lettre Ouverte
A l’Exécutif et au Législatif
Provinciaux du Kasaï Occidental

À KANANGA.

- Excellence Monsieur le Gouverneur
Avec l’expression de ma haute considération
- Honorable Président de l’Assemblée Provinciale

Au nom des Structures membres de la SOCICO/Kasaï Occidental et au nom des Forces Sociales du Kasaï Occidental que celles-ci représentent, j’ai le regret de vous adresser cette lettre ouverte relative à la mauvaise presse, à l’usage abusif de la Presse, à l’image négative que certaines personnalités publiques laissent dans l’esprit de ceux que vous représentez, que vous dirigez et qui vous ont donné leurs suffrages.
En effet, Excellence, Honorable Président, l’échange des coups entre deux députés provinciaux lors de la Plénière du 16 février 2009 a ajouté à d’autres comportements irresponsables longtemps constatés et tus jusqu’à ce jour (éternel conflit entre les membres du Législatif provincial Ouest-Kasaïen et entre ces derniers et l’Exécutif Provincial, coups de sifflets, chahuts, bavardages inutiles et irresponsables enregistrés tant lors de vos plénières que des rencontres mixtes – sessions de formation, ateliers, banquets, etc.- ) nous amènent à conclure à l’amateurisme, à l’irresponsabilité et à l’immaturité de certains acteurs politiques provinciaux.
Certes, l’histoire universelle nous offre quelques cas d’échange de coups entre parlementaires dans certains pays. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille instituer cette pratique ou la tolérer chez nous.
Les populations du Kasaï occidental, qui lutte pour la réduction de la pauvreté et le développement sous l’impulsion du Gouvernement, attendent des acteurs politiques provinciaux des débats constructifs basés sur la puissance des argumentaires plutôt que le spectacle des boxeurs ou des catcheurs auquel nous ont conviés tout récemment les députés pugilistes. Ne dit-on pas que la démocratie est une discussion ?

Cette démonstration de la force physique en plénière, illustration de déficit des réflexes politiques et parlementaires qui s’acquièrent par une éducation solide, des acteurs, contribuera sans doute à ranger notre Province parmi les entités où règne la médiocrité.
Il est amer de constater qu’au moment où les autres Provinces font des avancés significatives et profitent de la décentralisation, le Kasaï Occidental lui ne fait que reculer sans faire même au moins du surplace. Au lieu d’apprendre qu’une motion ou une question orale a été soulevée par un de leurs représentants se souciant de sa misère, du manque même d’une goutte d’eau au robinet il y a maintenant plus de trois semaines, des détournements ou des licenciements abusifs de leurs filles et fils de leur service, les populations du Kasaï occidental n’assistent qu’à des critiques destructives, à des injures et n’enregistrent que des comportements obscènes de la part de leurs élus et de leurs dirigeants ! Alors que, ailleurs, la seule coupure d’eau au robinet durant quelques minutes seulement fait l’objet de préoccupation et l’actualité respectivement des dirigeants et de la presse, la Presse ouest-kasaienne consacre sa manchette et se complait à reporter longuement les images et les propos injurieux tels d’un groupe de mamans à l’endroit d’un élu, d’un chargé de mission contre Madame le Maire de la Ville et certains élus, d’une frange des députés discourtois contre le Président de l’Assemblé caricaturé sur la place publique, d’une conférence de Presse du Président de l’Assemblée pleine d’injures à l’égard de ses collègues députés opposés à sa vision, etc.
A travers ces faits et ces attitudes conflictuels, la population ouest-kasaienne constate avec amertume et n’y trouve aucune de ses préoccupations ! Seuls les intérêts égoïstes les soutendent : esprit de lucre, soif de pouvoir, ethnolâtrie, etc.
La SOCICO/Kasaï occidental vous adresse la présente lettre dans le but de vous inviter à ne ménager aucun effort pour la réconciliation rapide et le changement du mental des acteurs politiques ouest-kasaiens, qui doivent prendre conscience du sort des populations et soigner l’image de vos deux institutions respectives pour le reste de votre mandat. Ne rien tenter dans le sens de la correction, c’est perpétuer ces pratiques qui risquent de tenir longtemps notre Province dans la distraction.
Daignez agréer, Excellence Monsieur le Gouverneur, Honorable Président, l’expression de mon profond regret.

Pour la Coordination de la SOCICO

LE PRESIDENT PROVINCIAL

=/= Edel Martin KABUTAKAPUA=/=
Relationniste et Para Juriste