Déclaration sur la problématique du Développement durable des Communautés locales en RDC

NOUS, Carrefour d’Idées pour le Développement Intégral (Asbl CIDI-RDC), profondément préoccupés par des pratiques tendant à la marginalisation des Acteurs Non Etatiques en République Démocratique du Congo et de surcroit les communautés locales victimes de l’isolement de tout appui et de l’enclavement de tout bord, tributaires du déficit d’administration du territoire national et d’accès aux sources de financement ;

ENTENDU que la majorité des programmes de développement et ceux d’actions humanitaires actuellement en cours d’exécution en République Démocratique du Congo par le Gouvernement, les organismes internationaux et les ONG locales, démontrent à suffisance l’inefficacité de l’aide au développement et se déroulent dans un contexte national mitigé caractérisé par un Pays :

- Post conflit dépourvu de la quasi-totalité de ses
unités de production ;
- Au tissu socio-économique fortement désarticulé ;
- Dépourvu de la grande partie de son réseau routier de
dessertes agricoles ;
- Astreint à une situation humanitaire chronique ;
- Avec une multiplicité des initiatives locales de
Développement sans moyens Institutionnels les
rendant ainsi incapables de faire face aux défis
multisectoriels de développement endogène des
populations rurales ;
- Avec une croissance démographique incontrôlée ;
- Aux exodes ruraux permanents ;
- Avec la fuite des cerveaux quasi permanente suite à
une politique de l’emploi qui a du mal à se
concrétiser et /ou à produire ses effets sur terrain ;
- Où la corruption généralisée a tendance à
s’institutionnaliser ;
- Où l’informel et la débrouillardise constituent le
passage obligé pour la survie
quotidienne de la majorité des masses laborieuses ;
- Où la sacralisation de l’impunité et l’absence d’une
justice distributive occasionnent sans cesse des
graves violations massives des droits de l’homme ;
- Où la distribution équitable du revenu national par
habitant n’a jamais été au rendez-vous suite notamment
à l’émergence d’une culture de privatisation de la
vie publique dans la gestion quotidienne des affaires
de l’Etat ;
- Où la méritocratie et la recherche de l’excellence
n’ont jamais constitués les termes de référence dans
la sélection des animateurs des institutions et
services publics ;
- Où des pesanteurs endogènes et exogènes ont tendance
à bloquer le processus de la décentralisation
territoriale ainsi que la rétrocession de 40 % des
recettes budgétaires générées au niveau de chaque
province du pays ; Etc.

ENTENDU que les Acteurs Non Etatiques (ANE) de la République Démocratique du Congo sont confrontés aux multiples problèmes résiduels suivants :

1. Faible application par les autorités gouvernementales de la loi N° 004 du 20 juillet 2001 portant dispositions générales applicables aux Associations Sans But Lucratif et aux établissements d’utilité publique en RDC ;

2. Concurrence déloyale des ONG internationales vis-à-vis des ONG locales ;

3. Attitude colonisatrice et paternaliste de quelques bailleurs des fonds ;

4. Accès difficile des ANE aux financements sous plusieurs prétextes ;

5. Manque d’information sur les sources de financement ;

6. Démission du Gouvernement de la RDC face à son devoir de subventionner les ONG Congolaises et les Initiatives locales de développement ;

7. Manque d’un plaidoyer coordonné de la part des ANE de la RDC ;

8. Absence d’une vision claire et partagée pour la majorité des ANE ;

9. Manque de solidarité entre les ONG locales ;

10.Absence d’une politique nationale de protection des ONG locales par le Gouvernement Congolais ;

11.Prolifération injustifiée des structures de la société civile ;

12.Déficit du professionnalisme de la part des ONG locales ;

13.Présence sur terrain de plusieurs ONG internationales aux mandats ambigus ;

14.Financement des ONG locales conditionné par des pratiques courantes dans les milieux de plusieurs ONG internationales et services de coopération bilatérale établies en RDC dénommées « opération retour » ou « Commission », pratiques favorisant des projets bidons dépourvus de toute pertinence, de toute opportunité et généralement sans impact réel sur terrain ;

15.Déficit des projets réellement de développement communautaire.

Eu égard à ce qui précède, nous recommandons les pistes de solution qui suivent, en vue d’endiguer ces pratiques qui hypothèquent le développement durable des communautés locales en République Démocratique du Congo :

1° Au Gouvernement de la RDC :

 Elaborer et mettre en place les mesures d’application de la loi n°004 du 20 juillet 2001 spécialement en ce qui concerne le facilités à donner aux ONG locales et les conditions d’octroi des autorisations aux ONG internationales ;

 Actionner au niveau du Ministère du plan, la ligne budgétaire d’appui aux initiatives locales de développement en RDC ;

 Subventionner les ONG nationales et locales comme le font certains gouvernements occidentaux à l’égard de leurs ONG qui interviennent en RD Congo ;

 Prendre des mesures nécessaires de protection des ONG locales face aux attitudes colonisatrices et paternalistes de certains bailleurs des fonds ;

 Identifier et contrôler annuellement les activités des ONG internationales c’est-à-dire, conditions d’existence, situation fiscale et parafiscale et nature d’activités ;

 Sauvegarder la dignité et la souveraineté nationale dans le domaine de la coopération directe et indirecte, sachant que la coopération implique le partenariat durable et non le paternalisme durable.

2° Aux Bailleurs des fonds :

 Alléger les conditions d’octroi de financement aux ONG locales et ILD ;
 Développer les mécanismes souples d’accès au financement ;
 Etablir les priorités de commun accord avec les différentes structures de coordination des ONGD au niveau local, provincial et national.

3° A tous les Partenaires au Développement

 Respecter les dispositions de la N°004 du 20 juillet 2001 sur le fonctionnement des ASBL en Général et des ONG étrangères en particulier ;

 Développer un partenariat sincère avec les ONG locales opérant dans le même secteur, tout en privilégiant les besoins prioritaires identifiés au niveau des bénéficiaires ;

 Renforcer les capacités des ONG locales au lieu de se servir à tout moment de l’alibi relatif aux faibles capacités souvent évoquées ;

 De cesser de se substituer aux ONG locales sur terrain, mais de travailler en complémentarité dans une approche de transfert des connaissances et de la technologie ;

 De faire le plaidoyer en faveur des ONG locales pour que ces dernières bénéficient de mêmes avantages auprès des missions de coopération installées en RD Congo.

4° A la Société Civile Congolaise, de :

 Définir et s’approprier une vision claire, partagée et se fixer des objectifs bien précis permettant une évaluation de l’impact des actions sur terrain ;

 Mettre en place un cadre de plaidoyer coordonné en partant de ce qui existe déjà pour
défendre les intérêts des ONG à tous les niveaux ;

 Associer directement les populations locales à la prise de certaines décisions touchant
directement leur vécu quotidien ;

 Créer une synergie entre les regroupements des ONG œuvrant dans le même secteur d’activités ou zone géographique.

Fait à Kinshasa, le 12 Novembre 2009

L'Asbl CIDI-RDC.


Brève description du lien

============================================ Carrefour d'Idées pour le Développement Intégral « Asbl CIDI/RDC » : ONG de Droit Congolais,oeuvrant en République Démocratique du Congo depuis le 12 Septembre 1993 pour la promotion du Développement Durable des communautés locales dans une approche de développement endogène et autocentré. SIEGE ADMINISTRATIF : N° 22, Avenue Cimbushi, Quartier Motel FIKIN, Commune de Limeté, Ville de Kinshasa Tél. : +(243)81.0017.400/+(243) 89.82.60.500 E-fax : 0033 821 188 542 B.P. : 448 Kinshasa I - République Démocratique du Congo E-mail : cidirdc@yahoo.com /cidi.rdc@societecivile.cd Site Web : www.societecivile.cd/membre/cidi-rdc