Enfants-soldats démobilisés et démobilisables dans le District de l'Ituri

Discours encourageant ces enfants soit à demeurer dans l'Armée ou à regagner l'Armée s'ils l'avaient déjà quittée afin de continuer à y servir.

Des mesures d'encadrement inefficaces
Sur 164 enfants-soldats, 31 seulement étaient reinscrits à l'école, parmi lesquels 13 ont continué les cours et 18 ont abandonné. Causes de l'abandon:
- Appui promis aux écoles pas honoré (à qui la faute: aux rebelles, à l'UNICEF ou au SOS Grands-Lacs?)
- Incapacité des parents à assurer la scolarisation de leurs enfants ni de les contrôler;
- Suivi irrégulier par les responsables par faute de moyens financiers (souvent les agents chargés du suivi sont obligés de parcourir 100 à 200 Km à pied et sans remboursement des frais dépensés;
- Mauvaise orientation scolaire (un enfant de 17 ans inscrit en 5ème primaire).

Professionnalisation
Ce n'est qu'au début du mois de mars 2002 qu'un enfant a été inscrit dans un atelier de couture, deux pour la menuiserie et quatre autres pour la mécanique, tous à Bunia. En résumé, 74 enfants étaient soit aux champs ou vagabondaient.

Enfants-soldats démobilisés en juin 2001
Les enfants-soldats réellement démobilisés en Ituri étaient au nombre de 165, dont 164 démobilisés réunifiés en Ituri et un enfant réunifié en Ouganda.

Situation après la démobilisation
Nous devons malheureusement noter que 44 enfants furent repris dans l'Armée rebelle quelques jours après, parmi lesquels un enfant de 9 ans. Un groupe pris de force, un autre s'est enrôlé volontairement (surtout des enfants qui étaient devenus majeurs. Un troisième groupe, le plus important, parce qu'ils étaient déçus du manque d'un bon encadrement ou des promesses non réalisées (tenues). Un enfant-soldat du nom de Rehema Budhe, fut tué au front de Nyangarayi, aux environs de Bunia (début 2002).

Démobilisés contrôlables et non contrôlables
Parmi ces enfants-soldats, seulement 94 avaient une adresse fixe et pouvaient être contrôlés à tout moment par le SOS Grands-Lacs, une ONGD du Nord-Kivu à Goma qui avait reçu des fonds de l'UNICEF pour ce travail. Malheureusement il n'y eut aucun suivi régulier.

24 démobilisés étaient hors de contrôle pour 3 raisons majeures:
- Non accès du personnel de SOS Grands-Lacs dans le milieu où ils habitaient (Fataki, Sota, Mungbwalu,... insécurité pour le personnel);
- Déplacement des enfants de leurs villages pour les carrières d'or où ils sont utilisés comme main-d'oeuvre à moindres frais;
- Participation aux opérations des guerres inter-ethniques comme milices à cause de leur formation militaire. Comme preuve, un enfant du nom de Djidju était tué au front à Loga.

Des enfants-soldats encore à démobiliser
Selon des sources proches des autorités rebelles de la place (en 2002,
avant la prise du pouvoir par l'UPC), il y aurait encore plus ou moins 2000 enfants-soldats à démobiliser, disséminés comme suit:
- Dans les Centres de formation: Mont Awa à Aru, Shari près de Bunia;
- Dans les Camps militaires: Ndoromo à Bunia, Mongbwalu, Kilo, Nyangarayi, Iga Barrière, Nyankunde/Talolo, Djugu, Tchomia, Mahagi,...
- Comme garde-corps des Officiers et hauts cadres des Mouvements rebelles.

Aujourd'hui le nombre serait encore plus important après des recrutements opérés par l'UPC et d'autres milices en Ituri.

SOS/UNICEF en faveur des enfants-soldats démobilisés
Pour chaque enfant-soldat démobilisé, l'UNICEF avait donné en tout et pour tout: 5 cahiers, 2 bics, 1 houe, 10 Kg de haricots, 2,5 Kg de soja, soins médicaux selon les moyens de bord.
Pour une école, l'Institut de Luvangire: 7 baches pour la construction de quelques salles de cours.

Proposition de DECIDI:
Pour un encadrement meilleur, il faudrait que le personnel, tout comme les institutions à caractère humanitaire soient choisis sur place au lieu de venir avec un personnel 100% expatrié, qui souvent occasionne trop de dépenses de fonctionnement et vide le lieu, dès que le Projet n'est plus intéressant.
L'ONG SOS Grands-Lacs a son siège à Goma. Après s'être rendu compte que le financement lui destiné était épuisé, elle est partie sans tambour ni trompette, abandonnant tous les enfants. C'est ainsi que nous pouvons dire que les 3/4 de ces enfants ont regagné le rang des milices rebelles. Cette mauvaise organisation a fait perdre trop d'argent de la communauté internationale pour rien.
Si nous voulons réellement atteindre le but de la démobilisation et de la réinsertion des enfants-soldats, qui est de les remettre dans la société et non seulement à leurs parents comme des rejetés, nous devons changer le tir et nous concerter avec le personnel local avant de donne le coup d'envoi de tout projet.
Position des autorités rebelles
Les autorités politico-administratives et autres ne s'occupent pas de ces enfants. Ils sont ainsi de fait abandonnés à leur triste sort.