Exploitation minière en RDC: un scandale

LORSQUE BANRO ACQUIERT 72 % des parts de la Sominki
(Société Minière et Industrielle du Kivu), au détour d'une fusion
avec Cluff Mining, elle trouve peu d'intérêt à discuter avec son
partenaire officiel, l'État congolais de Mobutu : le Sud-Kivu, où se
trouvent les sites d'exploitation de la société, est sous le contrôle
des « rebelles ».
Banro profite alors de cette instabilité politique pour effectuer un
tour de passe-passe juridique. Elle scinde la Sominki en deux entités,
en destinant à l'une les passifs ainsi que les réserves sans
grande valeur, et à l'autre les actifs prometteurs. C'est ainsi que
naissent, en 1997, la Sakima (Société Aurifère de Kivu et Maniema)
qui exploitera l'or et les sites rentables, et la RMA (Ressources
Minières Africaines) à qui échoient l'étain (dont les cours chutent
depuis 1985) et les dettes de la Sominki-en-liquidation.
Cette façon de trier le bon grain de l'ivraie permet à la société de
se défaire juridiquement de ses obligations, en laissant en plan tout
ce qui concerne la société négative. Banro se dira « à la fois amodiant
et amodiataire »46. « Après la prise du pouvoir par Kabila,
Banro entama effectivement des gros travaux d'exploration minière
sur le site de Twangiza. Dans le même temps "Sominki en liquidation"
ne réglait pas ce qui était dû au personnel ou aux anciens
fournisseurs. Sakima, elle, prétendait ne pas avoir d'obligations visà-
vis du personnel, ni vis-à-vis des anciens fournisseurs47
46 . Pierre BARACYETSE, L'Enjeu politique des sociétés minières internationales en.
République démocratique du Congo (ex-Zaïre) », op. cit., p. 16.
47 . ibid.
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