VULGARISATION DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT PAR LA METHODE EDUCATIVE ET PARTICIPATIVE

Les efforts fournis par plusieurs intervenants dans l’avènement d’un environnement sain dans la République Démocratique du Congo ont toujours connu un problème d’approche parce que la méthodologie appliquée ne tient pas compte de plusieurs paramètres. Il ressort en effet, que les notions d’écologie pour la plupart d’entre nous sont soit disparates ou tout simplement inexistantes ce qui explique qu’à travers le temps les gens ne se sont pas familiarisés avec ces notions qui, une fois acquises, auraient permis d’afficher un comportement conséquent au bout du compte. Malheureusement, si pas de façon collective en tout cas à titre individuel, l’initiation à la protection de l’environnement n’avait jamais fait l’objet d’un programme scolaire tant au primaire qu’au secondaire. Les seuls éléments dont on puisse encore se souvenir se limitent à quelques leçons de science naturelle en l’occurrence la botanique qui n’offrait pas les véritables atouts capables de nous servir d’alerte le cas échéant.

A Kinshasa, parce que c’est la ville qui intéresse notre exposé l’état de dégradation de l’environnement a atteint des proportions fort inquiétantes. Le domaine le plus touché est celui ayant trait à l’assainissement de cette ville. Les caniveaux qui ont pour mission primaire d’évacuer les eaux ont carrément changé de destination au point de devenir purement et simplement les dépotoirs de toutes sortes d’ordures. Les avenues et les rues offrent un spectacle désolant où se rencontrent les eaux usées, stagnantes, poubelles, les marchés pirates et autres végétations devenues le lieu de prédilections d’insectes nuisibles. A travers les grandes artères on remarque un semblant de cantonnage qui malheureusement se limite à un simple balayage des bordures des routes sans résoudre le véritable problème qui menace Kin la poubelle ou Kin la belle aux poux.

Dans un passé lointain, pour des raisons de propagande, il fut institué une journée par semaine des travaux communautaires d’assainissement appelés « salongo ». L’idée à ses débuts était fort appréciable parce que populaire et mobilisatrice. Malheureusement c’est au niveau de son application que les vraies contradictions vont faire surface. Il n’y avait pas en fait un programme cohérent qui soutendait ce projet pour lui donner une chance de réussite. L’application stricte d’une décision prise ne peut réussir que quand les initiateurs s’investissent corps et âme dans leur idée. Le salongo en soi était un point de départ qui à terme avait tous les atouts de transformer nos mentalités un peu attentistes qu’il fallait renforcer parce qu’au bout c’est la RDC en général et à Kinshasa en particulier qui en seraient les heureux bénéficiaires. O temps ô mœurs !

Il y a fort à parier que Kinshasa ne peut prétendre se mettre à l’échelle des grandes villes modernes si son problème d’assainissement n’est pas pris au sérieux. Pour en fait, le résoudre, plusieurs interventions doivent entrer en synergie. Tout le monde doit être mobilisé car l’œuvre à construire est énorme. Il faut réellement des gros moyens pour y parvenir mais ici c’est plus la bonne volonté et un peu de bon sens dont on a le plus besoin. Du chef de rue, des vendeurs au marché, des animateurs des ONG, des écoliers aux militaires et/ou policiers gradés et subalternes en passant par l’autorité de la ville jusqu’au plus haut sommet de l’état tout le monde doit se sentir concerné pour que notre ville cesse d’être continuellement un sac à ordures.

C’est dans ce cadre bien précis, qu’Educateurs pour la Sauvegarde de l’Environnement « ESE asbl » soucieux du bien-être de la population kinoise a initié dès sa création une série d’éducation itinérante en vue de mobiliser les masses à s’impliquer dans les travaux communautaires d’assainissement. S’étant rendu compte que toutes les actions qui seraient entreprises sans la participation populaire seraient vouées à l’échec, ESE asbl a cru comprendre qu’il fallait pour une meilleure prise de conscience précéder toute mobilisation par une sensibilisation conscietisante. Ainsi le « salongo » à venir sera plus mobilisateur.