Insécurité, tracasseries et rançonnements

"Tous les congolais ont droit à la paix et à la sécurité", Alinéa 1, Article 53-Constitution de Transition
Alors que gradation la sécurité des personnes et leurs biens reste l'une des promesses des tenants du pouvoir la réalité sur les terrains et particulièrement dans le milieux ruraux, ce la n'est qu'un slogan.
En effet, dans les recoins du territoire de Masisi des informations recueillies et vérifiées sur les terrains prouvent que l'insécurité se porte bien dans cette partie de la province du Nord-Kivu.
Cette dernière est le fruit de la présence d'une part des éléments militaires, des éléments des UAD au service du RCD-Goma, non contrôlés et d'autre part des bandes et groupes armés monoethnique dont certains entretenus et encadrés par les autorités provinciales.
Dans les collectivités - secteurs d'Osso-Banyungu et de Katoyi à part les éléments militaires de l'ANC et ceux des unités Auto - défense, tous au service du RCD, on retrouve d'autres groupes armées dont les Mongols " ceux dit " opération Katakichwa" et d'autres dits " Ntamwara " tous anciens combattants de la MAGRIVI, aux quels il faut ajouter les miliciens Interahamwe et Ex FAR.
Dans des village comme Loashi à quelque dix kilomètres du chef - lieu du territoire de Masisi, les gens n'y passent pas la nuit il y a presque de ce là cinq mois. Pendant la journée les pauvres paysans et paysannes vaquent à leurs préoccupations pour abandonner le village dans la soirée et aller passer la nuit soit dans la forêt soit à Masisi centre et environs.
Fort malheureusement même dans la forêt ou elles se réfugiant, elles sont victimes des attaques sporadiques de la part des miliciens rwandais Hutu Interahamwe et Ex - FAR parmi les quels les éléments de la GP ( Garde présidentielle du feu Habyarimana ). Les informations recueillies indiquent que ces derniers restent concentres par milieu dans les forêts de Lobe, Mahanga et Buhimba. Les dernières attaques signalées sont celles lancées dans les villages de Nyabiondo, Buabo, Kinyangutu, Chamarambo, Loashi, Lukweti, Pinga et Bibwe ou ces derniers se sont donnés à des actes des viols, des pillages systématiques de tous les biens des pauvres populations ainsi que d'autres actes e barbarie occasionnant ainsi la désertion de ces villages et le déplacement des populations vers le chef - lieu du territoire, c à d à Masisi - Cité où des nombreuses personnes déplacées y vivent sans aucune assistance alimentaire, sanitaire et pharmaceutique.
Ce la fait que la population civile soit entre le marteau et l'enclume d'une part pillée par les Interahamwe et Ex FAR et d'autres part les éléments militaires de l'ANC et ceux des UAD tous au service du RCD - Goma au lieu de secourir la population victime et poursuivre ainsi les pillages , ces derniers s'en prennent aussi à la population, en tuant en violant et en emportant tout ce qui est resté.
D'une façon particulière le jour du marché, notamment à Loashi avant d'atteindre le marché plus des trois barrières sont érigées sur le chemin par les militaires et les unités d'Auto - défense.
A chaque barrière chaque marchand est contraint de payer la somme de 40 FC, une quantité de nourriture, 1 ou 2 bouteille d'huile etc.…
L'inquiétude de la population réside aussi dans la distribution d'armes par l'autorité provinciale à une couche de la population dont les Hutu regroupés soit dans les unités d'auto - défense , soit dans le " Katakichwa " soit dans les " Ntamwara " . La cas le plus récent est celui du début Juillet 2003 où plus de 600 armes ont été acheminés vers Miandja chez le groupe de Munyamariba, 300 armes distribuées dans le groupement de Muvunyi - Kibabi en chefferie des Bahunde et 300 armes acheminées vers Busumba, Kirumbu, Kalembe. Toutes ces armes étaient transportées par des véhicules de l'ONG TPD ( Tous pour la Paix et le Développement) une organisation entretenue et appuyée par le Gouverneur de la province du Nord - Kivu, les observateurs avertis considèrent que le TPD n'est autre qu'une nouvelle forme de la MAGRIVI.
Face à cet armement d'une partie de la population du territoire de masisi les Hutus, la population autochtone Hunde, Nyanga Tembo craint donc d'une planification de leur éventuelle extermination comme ce fut en 1993 - 1995 et ne sait donc pas à quel vent se vouer.

Tiré de Défendons nos droits
Occasionnel d'Information et de Revendication du Centre pour la Paix et les Droits de l'Homme Peace and Human Rights Center (CPDH-PHRC)
Vème Année N° 34 du 30 Juillet 2003