Retombée de la repression des militants de l'UDPS ce 15 août 2003 : M. José MUKENGE succombe à l'Hôpital Général de Kinshasa

COMMUNIQUE DE PRESSE N° O34/RDC/VSV/CD/2003

La Voix des Sans Voix pour les droits de l'homme (VSV) vient d'apprendre avec affliction le décès ce lundi 18 août 2003 dans la soirée de monsieur José Mukenge, Vice-Président de la section Masina du parti politique «l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS)», à l'Hôpital Provincial de Référence de la ville Kinshasa, république démocratique du Congo (RDCongo).
La mort de M. José Mukenge intervient suite aux traitements cruels, inhumains et dégradants dont il a fait l'objet de la part des forces de l'ordre, notamment les agents de la police d'intervention rapide (PIR). Ces derniers ont débarqué ce 15/08/2003 vers 12 heures à la Paroisse St Joseph
de Matonge à Kinshasa/Kalamu à bord de 7 Jeeps Land Rover pour réprimer les militants de l'UDPS qui voulaient commémorer au cours d'une messe d'action de grâce le 11ème anniversaire de l'élection de M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président national de l'UDPS en qualité de premier ministre issue de la conférence nationale souverraine (CNS).
Selon les premiers éléments en possession de la VSV, la cause du décès de M. José Mukenge serait due au traumatisme crânien occasionné par des coups reçus sur la tête qui l'ont mis en coma depuis samedi 16/08/2003 dans un centre médical situé dans la commune de Masina.
Suite à l'aggravation de son état de santé, la victime est transférée d'urgence ce lundi 16 août 2003 dans la matinée à l'Hôpital Provincial de Référence de la ville de Kinshasa où il succomba le même jour dans la soirée. La dépouille mortelle se trouve encore à la morgue de l'hôpital.
En rapport avec ces évènements tragiques du 15/08/2003 à la paroisse St Joseph de Matonge, plusieurs autres militants de l'UDPS qui se trouvaient sur le lieu ont été interpellés par les forces de l'ordre, lesquels ont tiré de coup de feu en l'air avant de s'affronter avec les manifestants.
Les membres de l'UDPS ont été acheminés au cachot de l'IPKin à bord de deux Jeeps Toyota.
Lors des échauffourées, un agent de la police aurait succombé suite aux coups lui administrés par les manifestants.
Eu égard à ce qui précède, la VSV demande au gouvernement congolais et à l'assemblée nationale de transition :

  • le respect strict des dispositions de la constitution de la transition et de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) en son article 20 alinéa 1 sur le droit à la liberté des réunions et d'associations pacifiques de tout citoyen congolais quelque soit son appartenance politique;
  • l'ouverture d'une enquête ad hoc pour faire toute la lumière sur ces incidents tragiques et traduire les coupables en justice conformément à la loi;
  • l'indemnisation des familles des disparus;
  • la prise en charge des frais liés à l'hospitalisation et aux funérailles;
  • la libération sans condition de tous les militants de l'UDPS qui se trouvent encore en détention.

Fait à Kinshasa, le 19 août 2003
LA VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L'HOMME (VSV)