Général Padiri : le stratège décoré Ambassadeur de la Paix

Aussitôt nommé et affecté à la tête des Forces Armées Congolaises (FAC) à Kisangani, dans la Province Orientale, la Délégation des Députés et Sénateurs issus de la Société Civile de cette Province est allée lui rendre visite afin de lui transmettre les félicitations et salutations, ainsi que la bienvenue à Kisangani de la part de la population orientale maintes fois martyre, qui l’attend et qui compte collaborer très étroitement avec lui dans le cadre du rétablissement de la sécurité et de l’ordre public.
Très touché, le Général a promis de tout faire, sauf le miracle, afin que l’ordre, la paix et la sécurité reviennent dans cette Province, comme le souhaite le Président de la République du Congo. La guerre est finie, et on doit laisser la population vaquer librement à ses occupations productives, ajouta-t-il, avec un sourire d’un homme responsable.
En fait, qui est Général Padiri ? Combattant Maï-Maï à l’Est de la République Démocratique du Congo, le Général Padiri a tenu tête, pendant plus de 6 ans et sans moyens sophistiqués, ni modernes, aux coalitions barbares des Rwandais, Ougandais et Burundais.
A la question de savoir s’il avait un programme précis pour la Province Orientale, le Général a répondu par l’affirmatif, en disant que pour lui, il y avait trois choses essentielles :
De ne jamais trahir la République Démocratique du Congo. En tant que nationaliste,il aime le Congo et les Congolais. Cela ne veut pas dire qu’il haït les Rwandais, les Ougandais et les burundais, qui sont parmi nos voisins les plus proches. Ces derniers peuvent se sentir à l’aise chez nous, s’ils se conforment à notre mode de vie. Tout comme nous Congolais, si nous sommes chez eux, nous devons respecter leurs lois, leurs habitudes, etc. Mais, là où il n’est pas d’accord, c’est quand les armées de ces pays viennent tout piller chez nous, tuer nos frères et sœurs, violer nos femmes, nous humilier, comme si nous n’existions pas.
La deuxième chose, c’est la sécurité. Là encore, le Général Padiri promet de mettre de l’ordre dans la Province. Il n’y aura plus d’armes qui vont circuler, ni des hommes en armes. La place des armes est au dépôt et la place des hommes en uniforme, est au camp militaire, ajouta-t-il. Celui qui n’obtempère pas, sera considéré comme ennemi et subira la rigueur de la loi. Dans ce cadre précis, il ne va pas à Kisangani pour commencer à négocier avec les Maï-Maï, les Nyamulenge, les Lendu et les Hema. Le temps des négociations est passé.
Maintenant il faut laisser la population vivre en paix, aller aux champs, faire la pêche sur le fleuve, etc. Celui qui ne comprend pas cela, sera tout simplement mis hors d’état de nuire, car il en aura les moyens de la part du Gouvernement de l’Union Nationale. A nous de la Société Civile, il demande de transmettre ce message à ceux qui portent encore illégalement des armes là-bas, pour qu’ils les remettent immédiatement au magasin.
Troisièmement, c’est le secret de sa réussite. Ici le Général compte d’abord sur sa foi, foi de bien travail et honnêtement. Il prie beaucoup pour la République et pour les Congolais.
Il respecte les autorités religieuses et coutumières, sans lesquelles, une vraie collaboration avec le peuple serait difficile. Il promet de travailler côte à côte avec ces autorités.
Il conclut en disant que les FAC sont une « Armée Nationale » et n’auront pas de mandat comme dans les autres Institutions de la Transition. Pas de problème de quota dans l’Armée. Ceux qui sont dans les milices et qui remplissent les conditions d’être recrutés dans les FAC, seront les bienvenus, et ceux qui ne remplissent pas les conditions, seront démobilisés pour réintégrer la vie civile. Les mêmes FAC continueront leur travail au-delà de la Transition.
Tout en lui souhaitant bon voyage, quelqu’un a dit que la population de Kisangani sera étonnée de le voir, car jusque-là on croit que le Général Padiri est un homme costaud, un Officier de grande taille. Gardant son sourire habituel, il répondit tout simplement, qu’il avait la taille de son père géniteur.
En fait pour ceux qui ne connaissent pas le Général Padiri, cet Ambassadeur de la Paix, est de petite taille, mince, mais toujours souriant et élégant. C’est peut-être à cause de cela qu’il garde une mémoire aussi souple que son corps, faisant de lui le « Scorpion de l’Est ».
Bon voyage, mon Général et un séjour fructueux dans la Province Orientale à la tête des FAC, vous souhaite la Délégation des Députés et Sénateurs de la Société Civile de la Province Orientale.
Bha-Avira Mbiya Michel-Casimir,
Député et Coordinateur de DECIDI.-