La Coalition Contre les violences Sexuelles (CCVS) lance la Campagne nationale pour casser l’impunité des violences sexuelles en RDC

En partenariat avec le Comité National Femme et Développement (CONAFED), la Coalition Contre les Violences Sexuelles (CCVS) en RDC a lancé le mardi 09 décembre 2003 au siège du CONAFED, la Campagne nationale pour casser l’impunité des violences sexuelles.
La CCVS est une synergie de plusieurs organisations féminines de l’Est du pays qui affirment être prêtes à collaborer avec les organisations féminines de toutes les provinces pour créer une solidarité nationale afin de mieux combattre l’impunité des violences sexuelles en RDC.
L’objectif principal poursuivi par la CCVS à travers cette campagne est de porter à la connaissance des autorités nationales et internationales, le souci des femmes de voir casser l’impunité en matière de violences faites aux femmes et surtout les violences sexuelles.
Les cinq dames en provenance du Nord et Sud-Kivu ont déclaré que les violences sexuelles à l’égard des femmes ont conservé la même ampleur qu’avant la signature de l’Accord global et inclusif. Pire encore, les auteurs de ces viols, c’est-à-dire les miliciens Rwandais, Burundais et Ougandais ainsi que les soldats du RCD et des Maï-Maï, ont commencé à violer aussi les hommes notamment à Fiji, Kabale, Shabunda …
Elles sont convaincues que le viol à l’Est du pays est utilisé comme une arme de guerre pour humilier et affaiblir la femme, et partant pour faire disparaître les populations du Kivu.
Comme recommandations, voici celle qu’elles ont adressé au Gouvernement : « Comme ceux qui se sont affrontés hier, fument aujourd’hui le calumet de la paix au sein du Gouvernement d’union nationale, après avoir enterré leur hache de guerre, la CCVS leur demande de mettre rapidement en place tous les mécanismes susceptibles de permettre à la justice de faire son travail et de sécuriser les victimes qui décident de recourir aux cours et tribunaux ». Elles invitent donc le Gouvernement d’union nationale à assurer toutes ses responsabilités afin de casser l’impunité des violences au Congo.
Elles ont également attiré l’attention des autorités nationales et internationales sur la prise en charge des victimes des violences sexuelles. Cette prise en charge est, certes, une réalité dans certaines parties de l’Est du pays, comme au Sud-Kivu. Elles ont constaté une réelle disproportion entre la faiblesse des moyens alloués et l’ampleur de la catastrophe, la diversité des méthodes et approches dans l’assistance avec comme risque de traumatiser davantage les victimes. Elles estiment qu’il y a nécessité d’une bonne coordination.
Elles ont épinglé aussi le fait que le viol et les violences sexuelles ont été entourés de multiples pillages qui ont engendré entre autres conséquences l’appauvrissement extrême des victimes. C’est avec regret qu’elles ont affirmé que les aspects économiques ne sont pas pris en compte dans l’assistance aux victimes.
Cette délégation des femmes du Nord et Sud-Kivu est conduite par Madame Venantie BISIMWA, Coordinatrice du réseau des femmes pour la défense des droits et la paix. Il y a aussi Mesdames KAHINDO LUSENGE Alphonsine, Marie Noël CIKURU, Régine MUTIJIMA BAZALAKE et Adolphine MULEY.