JSF TRES PREOCCUPEE PAR L‘ARRESTATION ET LA DETENTION DES JOURNALISTES SAFARI NTANAMA ET BUGUMBA TANGANIKA DE LA RADIO LOCALE D ‘UVIRA PAR LE RCD-GOMA

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 08/JSF/2002 DU 7 OCTOBRE 2002

Justice Sans Frontières est saisie de l’arrestation et la détention sans inculpation des journalistes Safari Ntanama et Bugumba Tanganika au Centre de détention du Bureau Deux des Services de Renseignements Militaires du RCD, à Uvira ,dans la Province du Sud Kivu .
Ils ont été interpellés à leurs domiciles, le 26 septembre 2002, aux environs de sept heures du matin par des responsables du RCD- Goma qui auraient agi sur ordre de Tommy Tambwe Rudima ,le Vice-Gouverneur du Sud-Kivu, à la suite d’une émission animée la veille dont l’essentiel a porté sur le retrait des troupes rwandaises de la RDC et au cours de laquelle des auditeurs ont fait part de leurs craintes d’assister à un regain de tension dans la région à la suite de ce départ. Le lendemain, les deux journalistes ont été arrêtés par les autorités du RCD – Goma qui les auraient accusés de s’être servis de l’émission pour diffuser des informations tendancieuses et hostiles.

Safari Ntanama est le Directeur de la Radio Locale d’Uvira, pour laquelle Bugumba Tanganika travaille comme journaliste. Tous deux produisent une émission intitulée « Hodi Hodi Mitahani ». Il s’agit d’un débat au cours duquel les auditeurs peuvent commenter la situation sociale, politique et économique actuelle du Sud Kivu.

Justice Sans Frontières dénonce avec la dernière énergie l’arrestation et la détention sans inculpation de Safari Ntanama et de Bugumba Tanganika qui constituent des atteintes graves à la liberté d’expression et d’opinion ,et craint qu’ils ne soient des prisonniers d’opinion, détenus en raison de leurs activités professionnelles.

Justice Sans Frontières demande instamment aux dirigeants du RCD de libérer immédiatement et sans condition les victimes ou de les inculper d’une infraction dûment reconnue par la loi, s’il en existe une .

Justice Sans Frontières exhorte enfin le RCD à mettre un terme au harcèlement permanent dont sont victimes les journalistes et les défenseurs des droits humains dans toutes les portions du territoire sous son contrôle.

Fait à Kinshasa ,le 7 octobre 2002

Pierre Shindano

Le Président