LE MONDE DES ONG

Bulletin hebdomadaire sur les activités des ONG de la RDC N° 17/2004
(Du lundi 09 au dimanche 22 Février 2004)
*CNONGD : PREMIERE SESSION DE LA COMMISSION DE CONTROLE
La première session de la Commission de contrôle du Conseil National des ONG de Développement (CNONGD) a eu lieu à Kinshasa du vendredi 13 au lundi 16 février 2004. Les trois commissaires aux comptes ont replongé leur regard scrutateur aussi bien dans les grands livres du secrétariat national du mouvement que dans les registres donnant l’état des lieux des ressources matérielles et humaines. Le travail s’est apesenti sur les activités du deuxième semestre 2003, la dernière session de cet organe s’étant déroulée en juillet de l’année écoulée. Cet agenda prévoit également des travaux auprès des projets du CNONGD, notamment le Comité National Femme et Développement (CONAFED).
Il faut noter que cette session précède celle du conseil d’administration prévue du lundi 23 au jeudi 26 février 2004. Les 11 administrateurs du CNONGD, qui proviennent des onze Conseils Régionaux des ONG de développement (CRONGD), se pencheront à leur tour sur la marche de la plate-forme au cours des six derniers mois. Ils analyseront l’état des lieux au niveau des différentes provinces et ne manqueront pas de lever des options conséquentes vis-à-vis de l’accélération qui se constate sur l’échiquier national.
Mais, ces travaux porteront un cachet particulier car ils se tiennent au moment où un audit externe international vient d’être conduit sur les réalisations de l’année 2003 et le processus d’évaluation externe (international) est aussi en cours. Concernant cette dernière activité, juste au terme de ses travaux, le conseil d’administration va s’atteler à un exercice d’auto-évaluation de la plate-forme du vendredi 27 au dimanche 29 février. Cette réflexion sera ouverte à sept secrétaires exécutifs de CRONGD ainsi qu’aux membres du staff du secrétariat exécutif national.
Concernant l’évaluation elle-même, elle devrait boucler sa phase de consultations à Kinshasa en ce mois de février et amorcer des contacts dans plusieurs provinces du pays. La première séance de restitution de cette évaluation internationale sera animée mardi 30 mars à Kinshasa.
*PARTENARIAT ENTRE L’OBSERVATOIRE NATIONAL DES DROITS DE L’HOMME ET LA SOCIETE CIVILE
Mercredi 11 février 2004, une séance de travail a eu lieu entre la direction de l’Observatoire National des Droits de l’Homme (ONDH) et des animatrices et animateurs des structures de la Société civile de la RD-Congo. Cette première séance de travail, élargie ainsi à des organisations qui ne sont spécifiquement dans le secteur des ‘droits humains’, a permis aux uns et autres d’évaluer le niveau de travail atteint par cette institution d’appui à la démocratie. En fait, elle continuait encore à se battre pour que sa loi organique confirme son indépendance. C’est pour également impliquer toute la Société civile dans ce travail de lobbying que cette concertation a été initiée. Au terme d’un échange responsable, les structures de la Société civile ont accepté de participer aux diverses formes de pression qui peuvent être conjuguées afin que le parlement appréhende la pertinence de l’argumentation du mouvement associatif national. Il faut noter qu’il a été admis de mettre sur pied un espace commun de travail régulier.
Par ailleurs, dans les semaines qui viennent, des délégations de l’ONDH vont se rendre en provinces pour faire un état des lieux au niveau des différentes ressources locales. Cette opportunité permettra aux organisations des entités décentralisées de fournir leurs cahiers de charges spécifiques.
* « REVUE A MI-PARCOURS» DE LA COOPERATION UE/RDC : UNE COMMISSION TECHNIQUE FINALISE LA CONTRIBUTION DE LA SOCIETE CIVILE DE LA RDC
Ils sont au total huit, les experts de la Société civile de la RD-Congo qui ont été retenus pour mettre la dernière touche au document qui sera déposé incessamment à la délégation de la Commission européenne à Kinshasa. Le souci du mouvement associatif national est de présenter un dossier constitué des éléments objectifs et fondé sur une analyse rationnelle. Répondant à un volet de sa mission qui consiste à être un « cadre normatif de facilitation, d’échange d’expériences et de capitalisation sur des questions de l’heure : partenariat, reconstruction, microfinance… », le Conseil National des ONG de Développement (CNONGD) organise, mardi 17 février 2003 dans la salle de réunions du PREFED, un atelier sur « la participation des acteurs non étatiques à la Revue de la stratégie de coopération entre la RDC et l’Union Européenne ». Il s’agit essentiellement de donner des réponses aux questionnaires distribués à différents réseaux il y a un mois. Dans le document de transmission, la Délégation de la Commission Européenne notait que, « pour la RDC, la Revue à Mi Parcours constitue donc une opportunité et progresser encore davantage vers la normalisation des relations de coopération avec l’UE. Dans ce contexte, les Acteurs non étatiques et les organisations de la Société civile ont un rôle important à y jouer en étant associés, dès le début à ce processus ».
Au niveau du réseau CNONGD-CRONGD-ONGD, les différentes pièces à être examinées avaient été transmises en provinces pour large exploitation. En fait, il faut savoir que « l’Accord de Cotonou prévoit que les Revues à Mi Parcours pourront déboucher, le cas échéant, sur une modification de la stratégie qui a été choisie ainsi que sur le(s) secteur(s) de concentration et pourraient conduire à une révision de la dotation, à la hausse ou à la baisse, affectée à la RDC. Par ailleurs, les revues doivent examiner les nouvelles initiatives ainsi que les nouveaux engagements politiques pris par l’Union Européenne dans différents domaines ».
*LES PREOCCUPATIONS DE LA SOCIETE CIVILE DE LA RD-CONGO SERONT ENTENDUES AU SENAT BELGE
En séjour de consultations libres à Kinshasa, le sénateur belge Pierre Galand, ancien président de l’association CNCD, s’est entretenu mardi 17 février avec un parterre d’actrices et acteurs de la Société civile de la RD-Congto. Cet échange a eu lieu au cours de l’atelier initié par le Conseil National des ONG de Développement (CNONGD) et qui portait sur les réactions des Acteurs Non Etatiques à la « Revue à mi parcours » de la coopération entre l’Union Européenne et la RDC. Après avoir constaté que les participants à la réflexion, présents dans la salle de réunions du PREFED, représentaient valablement la Société civile congolaise dans toute sa diversité, ce membre de la commission des affaires étrangères du sénat belge a indiqué qu’il se trouvait au Congo-Kinshasa pour récolter des éléments à verser dans un dossier, relatif à la coopération belgo-congolaise, qui sera présenté à la chambre haute belge en avril prochain. Même si, au niveau officiel, ces investigations ne prévoyaient pas une consultation des acteurs au Congo-Kinshasa, Pierre Roland a jugé pertinent, et utilisant ses propres fonds, de venir écouter également les Congolaises et Congolais chez eux, essentiellement à Kinshasa et à Lubumbashi. C’est ainsi qu’il s’est réjoui de trouver si facilement une occasion de pouvoir échanger avec les animateurs de la Société civile.
D’entrée en la matière, cet altermondialiste, qui a eu une expérience de plus de trente ans dans les structures associatives, a déclaré qu’il ne se faisait pas d’illusion sur l’actuel rapport des forces : « nous sommes ensemble dans un combat pour essayer de transformer la société globale mais il y a un problème, c’est la force des animateurs de la mondialisation néo-libérale ». Il a ensuite donné des éléments d’information sur plusieurs questions :
son rôle au sein du sénat belge pour que les communautés de base congolaises aient une voix ;
l’identité actuelle de la ‘Société civile’ ;
les faibles moyens de cette composante pour en arriver à « un monde meilleur » ;
la problématique de la chaîne de solidarité internationale.
En fait, les participants à cette rencontre ont également alimenté la discussion avec force argumentaire : sorte de démission de la Belgique par rapport à la crise congolaise, même comportement de la part des ONG belges, urgence de consolider la paix en RDC, appui (assistance technique et non conditionnalité) à l’organisation des élections, renforcement des capacités humaines et institutionnelles, critique constructive de la Société civile congolaise, lourdeur bureaucratique dans la coopération avec l’UE… Il a été convenu de poursuivre cet échange par le biais du CNONGD.
Pour rappel, ce débat s’est tenu en marge des travaux de l’atelier sur la revue à mi-parcours de la coopération entre l’Union Européenne et la RDC. Concernant ces travaux, une commission ad hoc a été mise en place pour finaliser, mercredi 18 février, le document à déposer à la délégation de la commission de l’UE à Kinshasa.
*LE CNONGD PRESIDE LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’ASBL AEFT
Mis en route pour mettre sur le marché des maçons qualifiés, le projet « Association Entreprise Formation par le Travail » (AEFT), essentiellement accompagné par l’ONG belge Solidarité Socialiste et appartenant à quatre structures (CNONGD, CEDITA, VSV et BDD/KIN) est devenu une ASBL, aux termes des dispositions légales en la matière. La mutation a eu lieu samedi 14 février 2004 à Kinshasa au cours d’une riche cérémonie circonstanciée. Ainsi, la structure a désormais des statuts et règlement intérieur propres, des membres effectifs et des organes compétents. Le CNONGD, par le biais de son responsable des Projets Jeanne MUJING, préside le conseil d’administration.
En fait, depuis sa création, ce projet a connu bien de difficultés. Une évaluation a été alors conduite en l’an 2002 et, c’est de cet exercice, qu’a découlé le processus de mutation qui a ainsi culminé samedi dernier, avec l’organisation d’un scrutin libre et démocratique.
La nouvelle direction devra notamment:
- conduire le processus de recrutement d’un cadre compétent au poste de Directeur devant remplacer le Comité de Gestion actuellement en place. Evaluer le niveau des formateurs actuels et renforcer l’équipe ;
- rendre l’équipe technique performante en terme de gestion et de mobilisation de chantiers à exécuter en vue d’augmenter sensiblement le niveau de recettes locales ;
- élaborer le nouveau plan d’opérations et chercher le financement aussi bien au niveau local qu’extérieur ;
- parachever la troisième promotion des apprentis et démarrer la quatrième dont le recrutement est en cours.
*LES PROFESSIONNELS DES ASSURANCES DONNENT DE LA VOIX
Au cours d’un atelier organisé jeudi 19 février 2004 à Kinshasa, atelier auquel ont participé des réseaux en vue de la Société civile dont le CNONGD, l’asbl Bureau Carrefour d’assurances a amené un partenaire d’initiés à réfléchir sur un thème bien actuel : « concertation des opérateurs d’assurances en vue de la mise en marche de la libéralisation du marché d’assurances en RDC ». Cet échange a été soutenu par deux communications pertinentes qui ont permis aux participants de renforcer leurs argumentaires. Après avoir constaté que cette libéralisation était déjà de fait et qu’il fallait plutôt prévenir une gestion rationnelle de ce secteur, il a été convenu de verser les résultats de cet atelier dans le processus qui est actuellement en cours auprès du gouvernement.
Il a été notamment proposé des pistes pour l’élaboration d’une rigoureuse réglementation et la mise en route des organes appropriés de régulation. D’autres séances de travail vont être bientôt organisées pour renforcer cette réflexion.
* LA BANQUE MONDIALE, LE FMI ET LA SOCIETE CIVILE ECHANGENT DE VUE SUR LES RECENTS FINANCEMENTS EXTERIEURS DE LA RDC
Ce sont les représentants eux-mêmes de la Banque Mondiale et du FMI qui ont reçu, mercredi 11 février 2004 en leurs représentations, les deux délégations de la Société civile de la RDC, conduites par le CNONGD et chargées d’approfondir leur réflexion sur les récents financements obtenus par ce pays auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Certes, les deux séances de travail se sont déroulées séparément, c’est-à-dire la première dans la matinée et la seconde dans l’après-midi, mais les grandes lignes de ces échanges sont annonciatrices d’une nouvelle dimension de partenariat. Ces convergences ont indiqué que :
- Le processus de discussions ayant abouti aux récents financements de la RDC n’a pas été ouvert à la Société civile ;
- le gouvernement congolais ne s’est pas rattrapé lors de l’élaboration des prévisions budgétaires 2004, concernant surtout les dépenses pro-pauvres ;
- le cycle communicationnel entre les différents partenaires au développement est entaché de maintes failles ;
- un espace de travail en synergie, conforme, doit être mis en route pour remédier à toutes ces malfaçons.
Certes, cette compréhension mutuelle s’est démontré comme un pas en avant, mais elle s’exprime aussi en défi pour la Société civile. Cette dernière se doit bien rapidement, entre autres, de :
- améliorer sa stratégie de structuration, en collaboration avec le ministère du Plan, pour être facilement acceptée par tous les partenaires ;
- démontrer nettement son expertise dans les matières en concerne ;
- obtenir une place appropriée au sein du circuit communicationnel entre les différents partenaires au développement en RDC.
C’est tout un programme !
Il y a deux semaines cette Société civile a publié un mémorandum sur les récents financements extérieurs obtenus par la RDC. Plusieurs réactions ont été enregistrées au niveau de la « leading agency » de cette initiative, le Conseil National des Organisations Non Gouvernementales de Développement en sigle CNONGD. La Banque Mondiale et le FMI ont, quant à eux, voulu en savoir davantage en invitant les acteurs du mouvement associatif national en leurs sièges, mercredi 11 février 2004. Pour la Société civile de la RDC, elle doit participer effectivement à toutes les étapes de construction de tout programme de développement en RDC et non être considérée comme un simple figurant chargé de valider des programmes auxquels elle n’a pas été pleinement associés.
Depuis que la RDC est redevenue fréquentable par les financiers internationaux, une inquiétude s’étale au grand jour : les financeurs se disent satisfaits de l’application des programmes de développement, le gouvernement applaudit, mais celui qui devait être le premier bénéficiaire de cette politique, c’est-à-dire la population, n’y trouve pas son compte ! Ainsi, la Société civile de la RDC propose-t-elle la mise sur pied d’un espace de concertation régulière afin que les attentes de la population soient bien intégrées dans les programmes de développement et l’application d’une stratégie appropriée de renforcement de ses capacités institutionnelles et managériales.
*TRAVAUX EN COMMISSIONS TECHNIQUES POUR PREPARER LE SYMPOSIUM NATIONAL DE LA SOCIETE CIVILE
C’est finalement au mois de mars 2004 que se tiendront les assises tant attendues de la Société civile de la RDC sur la participation de cette composante à la Conférence internationale sur la Paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs africains. Au terme d’une série de consultations entre les membres du comité organisateur, entre ce comité et les différentes sensibilités de ce corps, entre ce comité et des bailleurs de fonds, il a été jugé pertinent de s’en remettre à cette date afin de parvenir aux résultats attendus : avoir une vision commune et partagée de cette Conférence, obtenir un cahier des charges des attentes de la population, mettre sur pied un cadre de concertation et de suivi, détenir des stratégies de dialogue régional avec les autres Sociétés civiles (de la région).
Les commissions pédagogique et logistique, dotées chacune d’un « chek list », sont à pied d’œuvre pour préparer cette importante rencontre. Des nouvelles consultations sont prévues ave les partenaires financiers et il a été demandé à chaque province d’organiser une rencontre qui lui permettra d’avoir un cahier de charges spécifiques.
Au cours de sa réunion du lundi 9 février 2004, le Comité organisateur a invité un représentant de la « Dynamique des partenaires de CECI », présent à Kinshasa, pour un échange sur les stratégies de participation à cette Conférence internationale. Cet échange de vues a été caractérisé par un respect mutuel et une volonté constructive de travailler en synergie. Il faut rappeler que les « Partenaires ACIPA Grands Lacs » se sont déjà rencontrés à deux reprises pour traiter de la problématique sous examen : en août 2003 à Bujumbura (Burundi) et en décembre 2003 à Goma (Nord-Kivu, RDC).
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