LES MILICES RWANDAISES S’ACCAPARENT DE L’ ADMINISTRATION DANS LE TERRITOIRE DE WALUNGU AU SUD -KIVU.

RESEAU DES FEMMES POUR
LA DEFENSE DES DROITS ET
LA PAIX
R.F.D.P

N° 016 Mai 2004.

Feuillet occasionnel de dénonciation des violations des droits humains et des violences à l’égard des femmes.

LES MILICES RWANDAISES S’ACCAPARENT DE L’ ADMINISTRATION DANS LE TERRITOIRE DE WALUNGU AU SUD -KIVU.

La milice Rwandaise basée dans le camp de Kalengera en groupement de Kaniola dans le territoire de Walungu sème la terreur et la désolation à Nyamarhege, Nzibira et dans d’autres villages avoisinants. Ces derniers sont aujourd’hui presque inhabités, les populations fuyant les exactions et d’autres abus des droits humains commis à leur égard par cette milice.
Une situation dramatique qui met en péril des milliers des paysans qui meurent innocemment. Les survivants sont forcés d’abandonner tous leurs biens et de vivre dans une pauvreté extrême dans les milieux d’asile.

Dans la localité de Luhago, groupement de Kaniola, territoire de Walungu, la milice hutu s’est accaparé des tâches dévolues à l’administration de ce village, ils se sont transformés en moniteur agronome, ce sont eux qui gère le village, supervisent les travaux champêtres, dictent la ligne de conduite à suivre dans le domaine d’hygiène et assainissement du milieu, contrôlent les installations sanitaires et prévoient des mesures des sanctions pour ceux qui ne respectent pas les instructions données. Parmi les sanctions, il y a le payement d’une amende de 20 $ exigée à toute personne qui n’a pas respecté les ordres et si la personne ne possède pas la somme exigée elle est détenue dans un cachot situé dans leur camp où elle est soumise aux tortures jusqu’à ce que les membres de sa famille réalise cette somme pour sa libération.

Elle a érigé plusieurs barrières dont ; l’une dans la localité de Cinabi et l’autre à Lubuho où elle fait payer 20 fc à chaque passant. Un vendeur qui n’a pas ces 20 F.C doit donner une portion de sa marchandise.
Les vendeuses des bois donnent 3 à 4 sticks de bois quand elles se rendent au marché et au retour elles donnent 20 fc.

Dans la plaine, communément appelée » chez Kabugi », située dans le même groupement, elle
S’est accaparée des champs de manioc, des bananeraies, des palmiers à huile appartenant à 150 familles.
Aujourd’hui ce sont les éléments de cette milice qui fournissent de huile de palme et quelque fois même des maniocs et des bananes au marché de Kankinda .

Le 15 Avril 2004, dans la localité de Luhago, groupement de Kaniola ils ont tué Mr Nyerere, ont violé sa femme en emportant tous les biens de la maison et en enlevant 2 filles de la famille, il s’agît de Mlle Badesire Mihigo âgée de 19 ans et de Kadogo Ntamango âgée de 17 ans qui ne sont pas rentrées jusqu’aujourd’hui.

Tous ces abus perpétrés par cette milice sont portés à la connaissance des militaires congolais ainsi que de la MONUC.

En Décembre 2003, les militaires de la 104 ème brigade basés à Nzibira ont rassemblé 70 hutu qui avaient manifesté la volonté de rentrer au Rwanda leur pays d’origine, et ont appelé la MONUC pour qu’elle procède à leur rapatriement. La MONUC a répondu qu’elle ne s’occupe pas des Hutu civils mais uniquement des combattants.
La population de Nzibira ne peut distinguer les civils hutus des combattants car ils commettent tous les mêmes actes de barbarie à l’endroit de la population locale.

Certains combattants hutus reconnaissent qu’ils sont sur le sol étranger et désirent retourner dans leur pays d’origine qui est le Rwanda mais ils sont freinés par leurs chefs hiérarchiques qui leur inculquent des idées de résistance en leur montrant que retourner dans leur pays c’est se vouer à la mort d’autant plus qu’au Rwanda personne ne s’occupera de leur condition de vie, a révélé un élément de cette milice à notre enquêteuse.
Ils disent qu’ils ne pourront rentrer chez eux que si on leur permette de participer au gouvernement. Ils veulent participer à la gestion de la chose publique dans leur pays.

De ces témoignages et au vu des abus causés sur les populations congolaises par les éléments de la milice Rwandaise, il ressort d’emblée que l’opération DDRRR de la MONUC n’accomplit pas son mandat selon les attentes des populations congolaises et l’opération DDRRR qui est dans sa 3ème année ne satisfait pas ces populations qui sont unanimes sur l’inefficacité de la MONUC en rapport avec le problème de la présence des Rwandais au Congo.

Le magazine N°13 de la MONUC à sa page 10 nous dit que jusqu’aujourd’hui la MONUC a rapatrié 10.000 combattants ; quand l’on sait qu’il y a encore plusieurs milliers qui séjournent dans nos villages ; l’opération semble être lente et à cette allure on risquerait de passer des années sans que le rapatriement des combattant Hutu soit effectif et par conséquent sans qu’on ait la paix
.
Au vu de la présence massive de la milice Rwandaise et leurs dépendances, le RFDP recommande :
• A la population vivant dans le groupement Kaniola :
- de continuer à dénoncer ces exactions et abus des droits de l’homme commis par la
milice rwandaise dans leur territoire, en commençant par l’occupation anarchique des terres
congolaises.

• A la MONUC :
- d’accélérer l’opération DDRRR en vue de libérer la population congolaise du joug de ces combattants Rwandais.
- de coordonner ses actions avec le HCR pour rapatrier tous les Rwandais, réfugiés civils et combattants vivant en RDCongo.

• Au conseil de sécurité :
- d’exercer une pression ferme sur le Rwanda pour qu’il favorise l’accueil et l’intégration de ses
compatriotes qui se trouvent au congo.
- rendre d’urgence effective et systématique la DDRRR en prenant des mesures conséquentes et
efficaces, capables d’imposer réellement la paix , conformément au chapitre VII de la charte des
Nations Unies.
En même temps, trouver une autre terre d’asile loin du Rwanda pour ceux les combattants
Rwandais qui ne peuvent retourner maintenant au Rwanda.

• A la communauté internationale :
- de soutenir le gouvernement de la RDC dans les efforts d’intégration et de restructuration d’une armée équipée, formée et républicaine.

RAPATRIER LES MILICES RWANDAISES = LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES CONGOLAISES DE L’EST.