LES DEUX PREMIERES GUERRES D'AGRESSION DU RWANDA CONTRE LA RDC: PRELUDE A LA TROISIEME GUERRE

I. Quelques données sur les deux premières guerres
1.1. La première guerre d’agression
En 1990, ce fut le déclenchement de la guerre par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) contre le régime Habyarimana à partir de la frontière rwando - ougandaise sous le commandement de Fred Rwigema, secondé et remplacé à sa mort par Paul Kagame, lors de la toute première offensive militaire. Depuis le début de cette guerre qui emportera également avec elle les Présidents Juvénal Habyarimana et Ntaryamira respectivement du Rwanda et du Burundi, lors de l’abattage de leur avion par les troupes de l’APR, entraînant ainsi le génocide de plus ou moins cinq cent mille Tutsi et hutu modérés, sans compter plus de trois cent cinquante mille hutu dits extrémistes appelés Nterahamwe, massacrés par l’APR en RDC, mais aussi des Hutu massacrés à l’intérieur du Rwanda notamment dans la Préfecture de Byumba, passée sous le contrôle de l’APR depuis octobre 1990. Dans cette aventure, les Banyamulenge avaient soutenu l’APR financièrement et en hommes
Après la prise du pouvoir de Kigali par l’APR, les Banyamulenge décidèrent de rejoindre, pour utiliser leur propre expression, la terre promise qu’est le Rwanda. Après avoir traversé la frontière, la plupart d’entre eux avaient même déchiré leurs cartes pour citoyen congolais reçues frauduleusement auprès des agents de l’administration de l’Etat-civil. Malheureusement, en arrivant dans le Pays de leur rêve, qu’ils avaient longtemps quitté à la suite des guerres fratricides et de palais ainsi que des famines, les choses avaient vite tourné au vinaigre.
En effet, l’incident était qu’au moment de recrutement des cadres aussi bien dans l’administration que dans les Entreprises publiques et privées, sur dix places à pourvoir par exemple, sept étaient occupées par les Tutsi Banyamulenge venus du Congo, deux places occupées par les Tutsi venus du Burundi et une place par le Tutsi venu de l’Ouganda. C’est parce que la plupart des Tutsi venus du Congo avaient pu faire des études universitaires et occuper des hautes fonctions, mais aussi qu’ils revenaient avec de l’argent. Ceux venus du Burundi n’avaient pas suffisamment étudié, mais avaient prospéré dans les affaires. Par contre ceux venus de l’Ouganda étaient pour l’essentiel des militaires faiblement instruits.
Préoccupés de perdre le leadership du pouvoir devant les Tutsi venus du Congo, Monsieur Paul Kagame a proposé aux Banyamulenge de retourner en RDC pour deux raisons profondes :
•La première raison était de lui faciliter à pourchasser les Nterahamwe et les soldats des ex-Forces Armées Rwandaises (FAR) pour les massacrer, puisque leur présence en RDC était toujours une menace à la sécurité du pouvoir de Kigali.
• La seconde raison consistait à l’annexion de l’Est de la RDC en partant du triangle intégrant tout le territoire entre les axes Bunia ( Province Orientale), Shabunda ( Sud-Kivu) et Kalemie ( Province du Katanga) en passant par le Nord-Kivu. Et pour y parvenir, le prétexte était pour les Banyamulenge de revendiquer leur droit à la nationalité congolaise jusqu’à la dernière goutte de leur sang tout en restant Rwandais. C’est ainsi que le Rwanda avait envahi la RDC en 1996, par le truchement de ses fils Banyamulenge, émigrés dans ce Pays.
Les jeunes Banyamulenge étaient rentrés à Minembwe pour se concerter avec certains de leurs parents encore restés dans les Hauts plateaux en attendant leur rapatriement au Rwanda. Il avaient constitué trois commissions consultatives : celle des hommes, des femmes et des jeunes. Après concertations, les hommes ont fustigé l’ingratitude de leurs enfants envers les populations congolaises du Sud-Kivu qui les avaient accueillis lors de leur fuite jusqu’à les intégrer sans problème. La Commission des hommes a rappelé à celle des jeunes que tous les Banyarwanda en RDC ont étudié sous le même statut que les enfants congolais. Ils ont eu les mêmes opportunités pour l’accès à l’emploi. Ils avaient invité leurs enfants à ne pas trahir l’hospitalité légendaire du peuple congolais. Cette commission s’était catégoriquement opposée à la guerre. Les hommes Banyamulenge acceptaient de garder leur statut de Banyarwanda pourvu que les Congolais leur réservent l’hospitalité comme par le passé. Quant à la commission des femmes, elles avaient abondé dans le même sens que les hommes. Par contre, la commission des jeunes avaient soutenu de prendre les armes pour revendiquer la nationalité congolaise même au prix de leur sang.
Dans l’entre-temps, une campagne médiatique fut déclenchée par le Rwanda jusqu’au point pour le Président Rwandais d’alors Monsieur Pasteur Bizimungu de mettre en cause les frontières héritées de la colonisation. C’est à cette même occasion qu’il déclara lui-même à partir de Cyangugu, Province rwandaise séparée de la Ville de Bukavu par la rivière Ruzizi, mais reliées entre elles par deux ponts, que les Banyamulenge sont des Rwandais et qu’ils devraient d’abord donner une leçon aux congolais avant de retourner chez eux.
Pour justifier la première guerre, Mzee Laurent Kabila fut sollicité de se joindre à eux pour chasser ensemble le Maréchal Mobutu, le tombeur d’Emery Patrice Lumumba. Ayant été vainement depuis longtemps à la recherche d’une opportunité pour poursuivre son aventure patriotique de renverser la dictature sous le régime Mobutu et de restaurer la Démocratie en RDC, Mzee Laurent Désiré Kabila trouva intéressant l’offre de Kigali, tout en sachant que les deux avaient des objectifs différents à savoir pour le Rwanda d’occuper et d’annexer le territoire compris entre le triangle Bunia - Shabunda et District de Haut Lomami.
Quant à Mzee Laurent Désiré Kabila, lui-même originaire du Haut Lomami, avec la complicité de la population du Kivu parvinrent à déjouer la plan rwandais en le transformant en un véritable plan de libération du peuple congolais. Il convient de noter qu’avec ou sans Kabila, la guerre dite des Banyamulenge aurait bel et bien eu lieu, mais avec de résultats différents.
La prise de pouvoir par Mzee Laurent Désire Kabila, un Nationaliste authentique, a coïncidé à la fois avec la signature de son certificat de décès pour avoir déjoué le plan régional de destitution de Mobutu dans le but de le remplacer par un Rwandais. En effet, pour le Rwanda et l’Ouganda, Mzee n’était considéré que comme le porte-parole de la soi-disante rébellion « banyamulenge », pour n’en avoir pas été l’initiateur et ne disposant pas d’armée propre.
Pour rappel, en arrivant à Bukavu vers la fin du mois d’Octobre 1996, Mzee Laurent Désiré Kabila s’adressa discrètement à la population pour lui demander l’enrôlement des enfants soldats appelés Kadogo dans ladite rébellion pour défendre la patrie, sans quoi les Rwandais s’approprieraient du Kivu. Voilà pourquoi la population du Kivu-Maniema, fortement rattachée à sa terre, a remis ses enfants à Mzee, bien que militant paradoxalement aux cotés du Rwanda. C’est aussi parce le Kivu en avait marre avec le régime de Mobutu et souhaitait à tout prix s’en débarrasser. Il faut souligner ici que le Kivu a , tout en tolérant la présence des troupes rwandaises en espérant les voir se retirer peu après la libération de la RDC, donné son visa à Mzee L.D.Kabila de chasser le Maréchal Mobutu du pouvoir.
En date du 17 Mai 1997, soit sept mois seulement après le déclenchement de la guerre, Mzee L.D.Kabila, qui fit une promenade de santé de Bukavu jusqu’à Kinshasa, détrôna le Vieux Léopard, déjà accablé par la maladie et le vent de la démocratisation qui soufflait sur le Continent et s’autoproclama Président de la République Démocratique du Congo à partir de la Ville de Lubumbashi, Capitale de sa Province natale, en évitant que les Banyamulenge déjà présents à Kinshasa ne prennent le pouvoir comme ils s’y apprêtaient déjà.
Un Gouvernement de type international fut mis sur pieds comprenant des Congolais, des Etrangers d’origine congolaise et des Immigrés Etrangers résidents en RDC. Mais, le Peuple Congolais continuait à exercer des pressions de tous ordres sur le Chef de l’Etat pour lui demander de leur débarrasser des oppresseurs rwandais, comme ils commençaient à se comporter en conquistadors.
Devant les pressions populaires, mais aussi des multiples tentatives de son assassinat par le Général James Kabarebe, surpris plusieurs fois avec une arme silencieuse lorsqu’il allait être reçu en audience, le Chef de l’Etat fut contraint de remercier les troupes alliées du Rwanda et de l’Ouganda en leur demandant de retourner dans leurs Pays respectifs. Une semaine après, c’est-à-dire le 2 Août 1998, ce fut le début de la deuxième guerre d’agression.
1.2.La deuxième guerre d’agression
Cette guerre s’inscrivait dans la poursuite du plan de renversement de Mzee L.D.Kabila du pouvoir, dans l’espoir que l’installation d’un homme de paille à la Magistrature Suprême leur permettrait tôt ou tard de trouver des prétextes pour s’en aller créer leur propre Etat dans l’Est du Congo, à défaut de contrôler toute la République. Comment pouvons-nous comprendre qu ‘en moins d’une semaine seulement, le Gouvernement de Kigali pouvait concevoir un plan d’attaquer la RDC jusqu’à organiser un convoi aéroporté pour l’assaut de la Ville de Kinshasa par la neutralisation de la base militaire de Kitona, dans la Province du Bas-Congo. En demandant aux troupes alliées de retourner dans leurs Pays respectifs, Mzee n’avait fait que précipiter ce qui allait survenir peu après.
En effet, cette deuxième agression, déclenchée le 2 Août 1998, a reçu la bénédiction de certains fils du pays assoiffés du pouvoir. Le Rwanda au Congo Démocratique( RCD ), voilé en Rassemblement Congolais pour la Démocratie a été créé à Kigali par le Rwanda. Cette assertion est confirmée par le Panel des Experts des nations Unies sur le pillage systématique et l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes des richesses de la RDC. C’est pour dire que le RCD n’est pas un mouvement politico-militaire d’origine congolaise. Le RCD est l’affaire des Rwandais soutenus par un mercenariat congolais. Cependant, Kigali et sa branche extérieure, le RCD, n’ont pas pu recevoir le visa du Sud-Kivu pour conquérir le pouvoir de Kabila.
En effet, le RCD est perçu différemment du MLC aux yeux de la population congolaise, considérant le premier comme un mouvement d’agression recourant au service d’un mercenariat congolais, et le second comme un mouvement de rébellion congolaise avec l’appui de l’Ouganda, bien que ce dernier ayant été l’un des trois Pays agresseurs de la RDC.
Alors que la guerre avait déclenché le 2 Août, le RCD fut créé une semaine après par un conglomérat des congolais et des rwandais. Pendant que le Gouvernement de la RDC accusait le Rwanda et l’Ouganda de l’agresser, ces derniers avaient catégoriquement rejeté toutes ces accusations. Finalement, ils trouvèrent des prétextes pour camoufler leur agression. Il s’agissait de poursuivre les Nterahamwe et autres groupes armés de leurs pays respectifs, sous prétexte d’utiliser le territoire congolais pour menacer leur sécurité.
En effet, après cinq ans de combat sur le terrain et l’occupation d’environ les deux-tiers du territoire national par le RCD, le MLC et leurs factions dissidentes, les protagonistes dans la crise congolaise réunis à Sun City en République Sud-Africaine ont fini par conclure un soit -disant Accord global et inclusif pour la gestion de la Transition conformément à l’Accord de Lusaka pour un cessez-le-feu en RDC en juillet 1999.
Cette seconde guerre a occasionné toutes sortes des violations des Droits de l’Homme allant de simples exactions en pertes des vies humaines de l’ordre de plus ou moins quatre millions de morts directs et indirects parmi lesquels l’assassinat du Chef de l’Etat Mzee L.D. Kabila, des violences faites aux femmes dont 13 enterrées vivantes, etc. , plus de seize millions de déplacés de guerre, le pillage systématique et l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes des richesses de la RDC évaluées entre 10 et plus de 15 milliards de dollars américains et la destruction de l’environnement, mais aussi de fortes présomptions des autorités de Kigali et de Kampala d’ériger les territoires occupés de la RDC en une source de financement du terrorisme international.
En effet, l’Accord global et inclusif présente des faiblesses et des forces telles que nous les avions relevées dans nos articles précédents. Ces faiblesses, notamment le fait pour cet Accord d’être une fausse balance, ont constitué le détonateur de la troisième guerre d’agression. Pour le Vice-Président de la République Jean-Pierre Bemba dans son intervention à la Télévision le 3 juin courant, tout ce qui est arrivé dans la Ville de Bukavu a été dû au grand retard dans la mise en place des autorités de la nouvelle territoriale, d’une part, et d’autre part, au retard dans la mise en place d’une armée restructurée et intégrée. L’Accord de Lusaka, d’une part, et d’autre part, l’Accord global et inclusif pour la gestion de la Transition en RDC ont commis le plus grand péché d’impliquer les Communautés étrangères dans des problèmes internes de la RDC. C’est le cas des Banyamulenge et des Congolais ayant perdu la nationalité congolaise par le fait de leur naturalisation. Nous sommes pour le vote d’une loi reconnaissant la double nationalité aux Congolais. En attendant, la loi en vigueur doit être respectée scrupuleusement, au risque d’affaiblir le pouvoir établi.
S’agissant des « Banyamulenge », la Belgique serait, en tant que Pays métropole de la RDC, du Rwanda et de Burundi, la mieux indiquée pour aider la Communauté Internationale, à comprendre s’il aurait eu présence d’une tribu dite des « Banyamulenge » parmi les 450 que comptait la RDC en 1960. La RDC court le risque de voir chaque communauté étrangère s’y trouvant en 1960 de revendiquer la nationalité congolaise, y compris les missionnaires occidentaux.
Il est important de noter que la RDC n’est pas un cas à part. Tous les Banyamulenge se reconnaissent être des Rwandais. Il existe en RDC une loi sur la nationalité qui doit être respectée jusqu’à sa révision. Comment les « Banyamulenge » se prévaudraient-ils de la nationalité congolaise sans l’avoir sollicitée au préalable ? En effet, il n’y a pas une procédure légale en RDC qui prévoit la naturalisation d’une communauté des personnes étrangères pour l’acquisition collective de la nationalité congolaise. Comment savoir que telle personne est Munyamulenge vivant en RDC depuis x temps ou si c’est son consanguin venu dans le cadre de la politique rwandaise de peuplement de l’Est de la RDC pour une annexion ultérieure. Qui d’entre les Banyamulenge a vu sa demande de nationalité rejetée par le fait d’être « Munyamulenge » après l’avoir sollicitée?. Un Munyamulenge peut-il avoir la nationalité belge, chinoise, japonaise, tanzanienne ou autre sans l’avoir sollicitée bien qu’ayant résidé pendant x années dans ce pays d’accueil ? Et les congolais peuvent-ils avoir la nationalité rwandaise sans l’avoir sollicitée ni s’être conformés à la loi rwandaise ? Quel est le péché de la RDC en cette matière ? N’est-il pas une violation grave, un crime en cherchant d’imposer à la RDC une population qu’elle n’est pas prête à accepter dans ces conditions là ? Faut-il prendre les armes, massacrer, piller, violer, enterrer vivantes des femmes, pour avoir la nationalité d’un Pays d’accueil ? Quel est, au vingtième siècle, ce Pays qui accepterait d’être soumis à une telle humiliation? Qui peut donner la nationalité à un assassin ? Le CEAPACGL invite la Communauté Internationale à aider la RDC à résoudre la question d’intégration des Banyamulenge utiles, de demander au Rwanda de récupérer ses criminels, lesquels n’auraient pas des places dans les coeurs des congolais. Certains utiliseraient le terme extrémisme, mais lorsque le Rwanda envoie les troupes en RDC sous prétexte de protéger les congolais dits à tort et à travers d’origine rwandaise, ce n’est pas de l’extrémisme. En effet, il y a une nette distinction entre une population d’origine rwandaise et celle transfrontalière. Les Banyamulenge ne vivent pas le long de la frontière de la RDC avec le Rwanda. Vous comprendrez qu’il s’agit d’une population immigrée à ne pas confondre avec les populations ou tribus transfrontalières comme les Hutu congolais de Rutshuru et les Nandes de Beni dans la Province du Nord-Kivu, les lunda dans la Province du Katanga, les Bakongo dans la Province du Bas-Congo, les Italiens ou les Allemands de la Suisse, etc
Il convient de souligner ici que c’est en violation des lois du Pays que les Banyamulenge et certains congolais détenteurs d’une nationalité étrangère se trouvent aujourd’hui dans les Institutions de la Transition, tout en se reconnaissant de n’être plus de Congolais au regard de la loi. Connaissant très bien les « Banyamulenge » pour avoir vécu dans des familles bembe, fulero, vira, shi pendant leurs études, comme il n’y avait pas d’écoles secondaires dans les hauts plateaux de Minembwe, mais aussi étant donné que les « Banyamulenge » étaient des gardiens des vaches des familles congolaises issues des tribus ci-haut citées, ils auraient déjà obtenu la nationalité congolaise, pour ceux qui la solliciterait. Toutefois, il n’est pas aussi vrai que cette nationalité leur conférerait la capacité d’exercer directement la politique pour ne l’avoir pas obtenue avant leur naissance au travers de leurs parents. C’est le cas de Bizima Karaha qui a étudié à l’Institut Secondaire de Bwindi. Il sait lui-même si à cette époque, s’il se considérait comme Congolais ou Rwandais.
En effet, les Banyamulenge sont des réfugiés Tutsi rwandais venus dans les Hauts Plateaux de Minembwe vers 1930. L’appellation de Banyamulenge, vient de Mulenge, nom d’un village des Bafulero situé à 20 Km de Lemera, village par où les Banyarwanda avaient fait escale au moment de leur migration du Rwanda vers la RDC. Le nom de Banyamulenge va être utilisé abusivement pour la première fois par Monsieur Faustin Tabazi Rugama, entre 1975 - 1976 dans son mémoire de licence en Histoire sous l’instigation de Monsieur Gisaro, beau-père de Monsieur Bizima Karaha, alors député élu au Sud-Kivu non pas en temps que Congolais, mais en tant que Membre de l’Eglise Protestante, puisqu’en sa qualité de Secrétaire Général Administratif à l’Université de Kinshasa, il rendait des services à certains pasteurs protestants en inscrivant leurs enfants et qu’à cette période la question de nationalité n’était pas un problème au sein de la population. On se sentait comme des frères en Christ. Cette question va voir le jour lorsque les Banyarwanda vont changer leur appellation et exiger à Kinshasa de leur octroyer un territoire administrativement délimité. Les démarches des Banyamulenge rencontreront l’opposition de la population autochtone et des Chefs traditionnels. Avant cette date, les « Banyamulenge » s’appelaient des Banyarwanda, c’est-à-dire habitants du Rwanda. En toute honnêteté, les véritables Banyamulenge sont des Bafulero du village Mulenge et non les Banyarwanda de Minembwe auxquels il conviendrait d’exiger l’abandon de cette appellation, avant leur octroi de la nationalité congolaise ou alors, pour les distinguer des Véritables Banyamulenge, les Congolais et la Communauté Internationale les appelleraient des « Faux Banyamulenge ». Le CEAPACGL demande au peuple congolais de ne plus faire usage du terme Banyamulenge pour revenir à l’appellation de Banyarwanda , dénomination approprié pour signifier Rwandais. Il n’y a rien de xénophobie, ni de haine ethnique ou raciale,. En ma qualité d’historien et analyste politiques, il s’agit de reconstituer les faits historiques, car nul ne peut triompher devant le Tribunal de l’histoire. Il faut savoir que l’Histoire est irréversible et ne se répète pas. Seuls les événements se ressemblent. Et les Banyarwanda de la RDC ne sont qu’une communauté étrangère à l’instar des Libanais, Sénégalais, Français, Chinois et Autres.
Jusqu’en 1960, les Banyarwanda présents au Sud-Kivu étaient enregistrés au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Des correspondances existent à ce sujet. La plupart d’élèves Banyamulenge qui étudiaient dans des écoles des missionnaires protestants recevaient soit des bourses du HCR ou des Elises Norvégiennes, Suédoises, Allemandes ou Américaines, etc. Il faut bien noter que les soi-disant « Banyamulenge » ne se trouvent seulement qu’au Sud-Kivu. Par contre, les Banyarwanda de Masisi sont des transplantés venus pour travailler dans les plantations des colons Belges. Seulement, dans le Nord-Kivu, sa délégation à la Conférence Nationale Souveraine avait attesté la présence d’une dizaine de familles tutsi congolais dans le territoire de Rutshuru lors du découpage de l’Afrique en 1885 parmi lesquelles se trouve la famille Rwakabuba Shinga.
Quant aux Banyarwanda de Vyura dans le district de Haut Lomami en Province du Katanga sont des réfugiés installés dans les années 1970 par le HCR, à la demande du feu Président Mobutu, dans le but de les éloigner de la frontière de leur Pays. Ceux-ci s’appellent aujourd’hui des Banyavyura, pour dire les habitants de Vyura, comme si cette partie n’était pas habitée avant leur arrivée. C’est comme les autres Rwandais emmenés pour travailler dans les mines ou au sein de la Société des Chemins de fer du Katanga.
En effet, les soi-disant Banyamulenge parlent Kinyarwanda, alors que chaque tribu congolaise porte le nom de la langue qu’elle parle. Ainsi donc, les Bakongo parlent Kikongo, les Bashi, parlent mashi, les balega parlent kilega, les Lunda parlent kalunda, les Babembe parlent kibembe. Mais les banyamulenge ne parlent pas kinyamulenge, une langue, d’ailleurs, inexistante. Ils n’ont ni chef coutumier, ni territoire. Les Banyamulenge étaient soumis aux chefs traditionnels Vira, Fulero, Bazibaziba, Bahwuindjahwindja,lega et bembe auxquels ils donnaient des présents à titre de reconnaissance de leur autorité et de l’hospitalité leur réservée. Les Banyamulenge n’habitent ni à la frontière avec le Rwanda, ni dans le village de Mulenge, du reste habité par les Bafulero. C’est avec l’occupation du Sud-Kivu que les Banyamulenge ont créé un territoire dans le Minembwe. Et plus récemment au cours de cette année 2004, ils ont investi traditionnellement un Chef coutumier en Ouganda en attendant de le ramener à Minembwe pour dire qu’il était parti en exil. Et la question est de savoir, qui fuyait-il ?
Faisant un pari avec les « Banyamulenge », ils ne présenteraient aucun document faisant état de la présence d’une ethnie Tutsi ou « Banyamulenge » dans leurs rapports administratifs avec l’Autorité coloniale belge tout comme l’usage de cette appellation « Banyamulenge » dans leurs rapports avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés ainsi qu’avec l’Administration post-coloniale de la RDC.
Pour autant qu’ils n’ont pas régularisé leur situation administrative en sollicitant, individuellement, la nationalité congolaise et la publication de leurs noms dans le journal officiel, le CEAPACGL considère que toute reconnaissance de la nationalité congolaise aux « Banyamulenge », comme c’est la prétention de l’Accord global et inclusif, conduirait tôt ou tard à d’autres guerres dans l’avenir pour avoir légué à nos progénitures un héritage de problèmes que nous aurions dû résoudre nous-mêmes.
La seconde guerre fut présentée comme une guerre contre la dictature, comme si le Nationaliste Mzee Laurent Désiré Kabila était dictateur, l’Homme qui avait, dès la prise du pouvoir, proclamé la révolution - pardon ainsi qu’un calendrier de démocratisation du Pays en deux ans. Fondamentalement, la deuxième guerre d’agression avait pour but de renverser le Président Laurent-Désiré KABILA par un sujet rwandais d’origine congolaise, qu’il s’agirait de Z’hahidi Ngoma, Ernest Wamba dia Wamba, Adolphe Onusuma ou tout autre, en attendant de le faire subir le sort de Monsieur Pasteur Bizimungu du Rwanda ou de balkaniser la RDC pour permettre au Rwanda de contrôler les Provinces de l’Est à travers les Banyamulenge en attendant de faire une fusion des Etats des Grands Lacs, sous l’emprise de l’International Tutsi Power. Ainsi donc, le renversement du pouvoir à Kinshasa n’a toujours pas été l’objectif final des Rwandais, mais une stratégie pour permettre l’occupation de l’axe Bunia, Nord-Kivu, Sud-Kivu et District de Haut-Lomami. Et dans tout cela, la convoitise des ressources naturelles de la RDC en général et de l’Est de la RDC en particulier ainsi que la conquête des terres pour résoudre les problèmes de densité très élevée au Rwanda étaient les causes profondes de la seconde guerre d’agression.
Il y a aussi le fait que certaines puissances voudraient l’implosion de la RDC pour se partager le contrôle de ses ressources naturelles stratégiques.
LE CEAPACGL