Alerte sanitaire en RDC

La République démocratique du Congo a été placée en état d'alerte générale sanitaire face au risque de propagation de l'épidémie de fièvre hémorragique de Marburg qui sévit dans le nord de l'Angola voisin, où elle a déjà fait plus d'une centaine de morts.
C'est ce qu'a déclaré ce mardi le ministre congolais de la Santé, Emile Bongeli, lors d'une conférence de presse à Kinshasa, précisant qu'aucun cas de ce virus n'a encore été détecté en RDC, le ministre a annoncé la prochaine mise en place d'un cordon sanitaire dans la province du Bas-Congo, le long de la frontière angolaise, et une campagne de sensibilisation de la population.
Bien qu'aucun cas avéré de fièvre de Marburg n'ait été recensé en RDC, trois personnes sont décédées la semaine dernière de fortes fièvres à l'hôpital de référence de Matadi, chef-lieu du Bas-Congo.
Nous avons écarté l'hypothèse du virus de Marburg pour les deux premiers décès. Pour le troisième, un homme de 35 ans, nous allons pratiquer une autopsie pour s'assurer des causes de son décès, a par ailleurs déclaré le Dr Bathe Ndjoloko, coordinateur de la lutte contre le virus de Marburg en RDC. Le tableau clinique de cet homme est compatible avec celui de la fièvre de Marburg, mais nous ne pouvons rien affirmer tant que les analyses n'ont pas été faites, a-t-il ajouté.
Pour lutter contre toute propagation de la maladie, le ministre de la Santé a indiqué que les personnels hospitaliers recevaient actuellement une formation épidémiologique et a annoncé que des mesures avaient été prises par le gouverneur de la province du Bas-Congo pour sécuriser les frontières.
Ces mesures consistent notamment en une mobilisation des personnels des quinze hôpitaux de référence des territoires du Bas-Congo frontaliers de la province angolaise en Uige, où le virus est le plus meurtrier, et de l'enclave de Cabinda, où une femme enceinte est morte de cette maladie. Des kits de protection, fournis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont commencé à être distribués dans ces hôpitaux.
Interrogé sur l'éventualité d'une fermeture de la frontière avec l'Angola, le ministre n'a pas écarté cette option, tout en indiquant qu'aucune mesure en ce sens n'avait encore été prise.
Le gouverneur du Bas-Congo a réuni lundi le comité de sécurité de la province (autorités civiles et militaires) pour envisager des mesures nécessaires, le risque étant très proche et nos frontières perméables, a-t-il simplement déclaré. Dans les jours qui viennent, nous allons prendre contact avec nos frères d'Angola et du Congo-Brazzaville pour leur proposer notre expertise, car la RDC a connu à deux reprises ce type d'épidémie, a-t-il ajouté.
Le ministre faisait référence au virus d'Ebola, une fièvre hémorragique proche de celle de Marburg, a fait plus de 400 morts dans le Bandundu (sud-ouest de la RDC) en 1994, et au virus de Marburg qui fait 123 morts en Province orientale (nord-est) entre 1998 et 2000.
(D'après Belga)