DJOLU : AINSI VA LA VIE DANS LE MILIEU RURAL CONGOLAIS ;

a. la nudité
Il suffit d’organiser une rencontre de football dans les centres d’agglomérations pour se rendre compte de l’état de pauvreté qui se lit dans les visages de plus d’une personne. Les uns se prêtent des vêtements et babouches pour se rendre dans une rencontre sportive, de mariage, de retrait de deuil, ou toute autre manifestation organisée.
b. les fournitures scolaires et accessoires font défauts
Il suffit également de visiter une salle de classe pendant les périodes d’examens pour voir comment dix élèves se disputent un stylo à bille. Les élèves de la 6e des humanités se butent souvent à de nombreuses formalités exigées par le pouvoir organisateur des examens d’Etat .Entre autre, l’identification des élèves. Pour une prise de photo l’on doit se rendre soit à Kisangani (500 Km ) , à Mbandaka (700Km) ou encore de faire photographier sur place par deux ou trois détenteurs d’appareil photographique qui seront nettoyés plus tard à Kinshasa , mais à quel prix : une chèvre ou un porc. Comme la région de sérieuses difficultés de communication, ces images peuvent faire trois, quatre sans atteindre les propriétaires. Ces photographes amateurs n’arrivent à fournir un service de qualité à leurs clients qui parfois se trouvent dans l’impossibilité de refuser le produit faute de mieux.
c. le marché de l’alcool : source de revenu
L’homme qui avait le devoir dans l’histoire d’encadrer sa famille s’est replié chez sa femme car cette dernière « fabricant ou vendeuse » de Lotoko, (boisson à base du mais et manioc à forte teneur d’alcool, consommée à grande échelle par les habitants). Dans cette partie pays aucune cérémonie quel qu’elle soit ne peut se passer sans la prise de cette boisson de la mort. Certains prennent même à jeun sans se rendre des conséquences néfastes sur l’organisme. En revanche, c’est le « Lotoko » qui est la principale source de revenu aujourd’hui à cause d’une forte demande par les visiteurs.

L’africanisation de l’Eglise et ses conséquences sur la vie de la population

Avant 1996, les écoles de la région s’approvisionnaient en fournitures scolaires auprès des missionnaires catholiques des paroisses de Yalisele, Djolu, Lingomo et Yamboyo. Chaque école disposait d’un patrimoine conséquent ; des livres et autres matériels didactiques. L’africanisation de l’Eglise catholique, consécutive au départ des derniers missionnaires en Europe a provoqué le disfonctionnement de l’appareil scolaire. Les infrastructures scolaires ont continué à se dégrader de sorte que les communautés de base qui s’en chargeaient de la réhabilitation se sont lassées. Le personnel enseignant est resté longtemps impayé pendant plusieurs années. Les quelques salaires insignifiants versés sont détournés par les responsables de la Sous division de l’Enseignement Primaire et Secondaire et professionnel ; conséquence : démotivation des enseignants, taux élevé de déperdition scolaire, baisse u niveau de l’enseignement.
d. Adieu le commerce
Les quelques petits commerçants établis jadis dans les petits centres de Bokondo, Befori, Yoseki, Lilenga, Bolafa et Lingomo, centre et Djolu ont quitté le milieu pour s’installer dans les villes à cause de la précarité des conditions de vie. Notamment l’insécurité, la baisse des cours mondiaux du café, principal produit d’exportation dans la région. La destruction des plantations caféière par la trachéomycose, la disparition des bétails par diverses maladies, le disfonctionnement des voies de dessertes etc.….ne sont qu’une partie infirme des causes de la pauvreté à l’Equateur.

L’exploitation des enfants au rendez vous

Ce qui frappe plus d’un acteur, c’est l’état critique de l’enseignement et l’exploitation des enfants. Chaque élève du primaire et du secondaire connaît les routes de Kisangani, Boende, Bokungu, Bumba, etc. Pour servir de porteur (porteuse) des produits agricoles des jeunes pratiquant la débrouille dans le milieu. Ils quittent le toit paternel sans en avertir, et s’en va pour être exploité. L’age varie entre 7-15 ans. Ils transportent sur leurs dos des colis de courge du riz, du café, des chenilles, et bien d’autres produits agricoles pourvu qu’ils aient la possibilité de quoi s’acheter quelques fournitures scolaires et de la friperie car ils se promènent à moitié nue. Pour les enfants de la tranche d’âge ci - haut, chacun est appelé à transporter 35 à 50 Kg de courge pour espérer une rétribution de 1.500FC (Franc congolais) soit 3$USD pour un parcours de 500km que le malheureux enfant doit effectuer à pieds sous les intempéries.

Le risque de tomber malade ou mourir de faim est significatif au regard des moyens matériels et financiers que détient son nouveau patron. La souffrance physique qu’il endure pendant 20 à 25 jours de marche. L’enfant est déconnecté de l’affection maternelle, il a perdu plusieurs jours d’enseignement. On n’est pas à mesure d’évaluer les conséquences dans l’avenir sur le plan physique ou mental d’un enfant qui a effectué des longs parcours à pieds avec des fardeaux sur lui. Il y a lieu de souligner que dans les parcours précités le trafic est fréquent à cause des besoins en produits manufacturés vendus à des prix abordables, ce qui permet à chacun qui s’y rend de se procurer ne fut ce qu’un pantalon de seconde main ou une pièce d’étoffe pourvu que le corps soit couvert.

ILDI –ONGD attire l’attention des pouvoirs publics et organisations humanitaires de pouvoir trouver les moyens de mettre fin à l’exploitation des enfants par des corvées de ce genre. La RDC ayant ratifié la Convention des Nations Unies pour l’enfance doit instruire les autorités locales à veiller sur l’exploitation des enfants.
Que la communauté internationale puisse appuyer les structures locales dans les activités de relance agricole et la réhabilitation des infrastructures de base. Ainsi que la prise en charge des orphelins, la sensibilisation de toutes les couches de la population face aux VIH/SIDA, et IST, etc.

Jean Marie BOLIKA

Coordonnateur National ILDI-ONGD
Tél. : 00243816867321
Email : ildiongd@yahoo.fr,