Grève à la Fonction publique

D'abord timidement puis effectivement, les agents et fonctionnaires de l'Etat ont suivi hier jeudi 15 septembre dans la ville de Kinshasa, le mot d'ordre de grève lancé par leurs syndicats.
Un gros cadenas a été accroché à l'entrée principale du bâtiment abritant le ministère de la Fonction publique. Une rencontre a été improvisée sur la place Golgotha pour sensibiliser et inviter ceux qui hésitaient encore à adhérer massivement au mot d'ordre de débrayage. Le mouvement risque de se radicaliser dans les tout prochains jours et atteindre les secteurs para-étatiques. Telle la Rva qui a annoncé les couleurs à ses bureaux de Ndolo.
La finalité du mot d'ordre de grève lancé par les plates-formes des syndicats de l'Administration publique est d'obtenir l'application du contrat social de l'innovation dit « Accord de Mbudi ». Cet accord a été signé le 12 février 2004 entre le gouvernement de la transition et les syndicats du secteur public demeure à ce jour une promesse non tenue.
Aux termes de cet accord, Le gouvernement s'était engagé à payer à l'huissier 208 Usd et le secrétaire général 2080 Usd, en respectant la tension de 1à10. L'application devait se faire en trois paliers. Le premier palier, payable à partir du mois d'avril 2004, équivalait à 10.000 Fc. Le deuxième palier, soit les 2/3 de 208 Usd devaient intervenir au mois de juin 2004. Le troisième palier, soit la totalité des 208 Usd, était attendu en octobre 2004. Il était également prévu de réajuster, les indemnités de transport suivant les tendances du marché. Pour leur part, les syndicats s'engageaient à observer la trêve sociale.
« L'accord de Mbudi n'est pas à renégocier », semblait être le leitmotiv des syndicats engagés dans le mouvement de grève. Ils ont laissé entendre qu'ils feraient tout pour que le mouvement soit suivi en province.

REPONSE TARDIVE DU MINISTRE DE LA FONCTION PUBLIQUE
Il nous revient que le ministre de la Fonction publique, Athanase Matenda Kyela, avait répondu le 14 septembre 2005 à la correspondance lui adressée le 7 septembre par les présidents et secrétaires généraux des plates-formes des syndicats de l'Administration publique. « Aussitôt saisi de vos revendications, nous en avons fait état au cours de la réunion des ministres du 9 septembre 2005 », écrit le ministre Matenda Kyelu, ajoutant que « pendant que le gouvernement s'attelait à vous répondre, nous recevons ce jour une copie de votre communiqué de presse portant sur la relance du mouvement de grève général à partir du 15 septembre 2005 ».
Et d'ajouter : « Il est à noter que la question essentielle soulevée dans votre revendication étant celle d'appliquer l'accord de Mbudi, nous vous confirmons ce jour que ladite question fait l'objet d'un examen par le gouvernement de transition, à travers sa commission présidée par le vice-président en charge de la Commission Economique et Financière et à laquelle nous faisons partie entant que ministre de la Fonction publique.
La réaction du ministre de tutelle est donc tardive. Le bras de fer se trouve engagé et le mouvement de grève risque de se généraliser

TACHE D'HUILE : LES AGENTS DE LA RVA/NDOLO EN GREVE
La grève déclenchée par les enseignants fiat tache d'huile et gagne du terrain. Ele a réveillé les chats qui dormaient à la Régie des voies aériennes (Rva). Hier jeudi 15 septembre, le personnel de cette entreprise de l'Etat au niveau de son siège de Ndolo commune de Barumbu, a refusé de rentrer dans les bureaux en signe de protestation contre la création de ce que les agents appellent « une nouvelle entreprise dénommée Autorité de l'aviation civile (Aac) ».
Selon eux, l'Aac va, dans son fonctionnement, reprendre certaines attributions dévolues à la Rva. Il s'agit, notamment du contrôle de survol des aéronefs et de la police des aéroports. Activités qui comprendraient les 75 % des recettes de la Rva.
Sur des banderoles fixées à l'entrée de l'entreprise et sur les murs de l'enclos se détachaient des messages tels que « créer une autre entreprise que la Rva est une escroquerie et une trahison » ; « L'Aac : une cabale pour troubler la paix sociale et créer l'insécurité dans les aéroports ». Comment comprendre qu'une structure qui n'a d'équipements ni personnel compétent puisse contrôler l'espace aérien du pays?, se demande-t-on à la Rva.
Certains agents ont souligné qu'à l'époque, le ministre des Transports et communications Panny Kamandji, avait dans une lettre datée du 31 mai 2003 adressée au chef de l'Etat, relevait que le fonctionnement de l'Aac était une initiative devant créer un déficit chronique à la Rva sans contre partie, l'obligeant de réduire ses activités et de dégraisser son personnel.
Le Potentiel (Kinshasa)
Publié sur le web le 16 Septembre 2005


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