La Vsv dénonce la violation des droits de l’homme à l’Equateur et au Nord-Kivu

La Voix des sans voix pour les droits de l’homme (Vsv) se déclare « choquée par la condamnation à cinq mois de prison ferme de M. Albert Mbayango, responsable de l’Ogndh Comité des droits de l’homme et des citoyens, basée à Bumba, province de l’Equateur en Rdc, par la Cour d’ordre militaire du Mouvement de libération du Congo (Mlc) ». Cette condamnation est intervenue le 14 janvier 2003.

Dans une déclaration remise à Le Potentiel, la Vsv qui dénonce les violations des droits de l’homme commises dans cette province indique que l’infortuné a été condamné pour « incitation de la population à la révolte ». Mais d’après la Vsv, l’acharnement des responsables du Mlc sur Albert Mbayango est parti du fait qu’un combattant du Mlc aurait abattu à Bumba un jeune homme qui accompagnait sa sœur à l’hôpital. Ce dernier se serait opposé au rançonnement d’un groupe de combattants à une barrière. Le corps de la victime aurait été traîné dans la rue pendant quelques jours. Choqué de cet événement, M. Albert Mbayango aurait mobilisé la population de Bumba à contraindre l’autorité locale du Mlc de prendre en charge les frais funéraires de la victime et de poursuivre le combattant fautif. Le refus du représentant du Mlc à Bumba de supporter les frais funéraires aurait poussé la population de cette ville à improviser une marche de protestation qui s’est soldée par la casse de la prison de Bumba et la libération des détenus. Courroucés, les responsables du Mlc auraient attribué ces incidents au défenseur des droits humains et ordonneront par la suite l’arrestation de Albert Mbayango et sa mise à la disposition de la Com.

La Vsv, indique la déclaration, est « au regret de constater que les responsables du Mlc prennent pour bouc émissaire un défenseur des droits humains dans le but de masquer les graves violations des droits de l’homme commises par des combattants de ce mouvement sur les populations civiles dans le territoire sous son contrôle». La condamnation de M. Albert Mbayango, explique la Vsv, « prouve à suffisance le musellement et l’intolérance pratiqués par le mouvement rebelle Mlc ». En conséquence, elle exige la mise en liberté de l’infortuné tout en recommandant qu’une enquête indépendante sur les incidents de Bumba soit diligentée aux fins de rétablir les responsabilités et sanctionner les coupables.

Par ailleurs, la Vsv déplore la menace de mort qui pèse sur M. Samuel Cyprien Boroto, défenseur des droits de l’homme dans la province du Nord-Kivu. Il serait ainsi menacé, selon les témoignages recueillis par la Vsv, à cause de la « réaction de la société civile du Nord-Kivu faisant état du que la population est fatiguée des gué-guerres lui imposées et aspire à la paix», position prise suite à la déclaration politique d’un certain Faustin Nderesire, dissident du Rcd/Ml, relative à l’attaque contre les territoires de Beni et Lubero.

Albert Mbayango aurait aussi dénoncé les actes de barbarie perpétrés contre les populations civiles à la suite de la réussite de l’opération « ville morte » organisée au début du mois de janvier 2003 à Beni et Lubero.

Tout en exigeant que la sécurité de M. Boroto soit assurée, la Vsv demande qu’il soit mis un terme aux menaces de mort et à la répression contre les défenseurs des droits de l’homme, les membres de la société civile et la population sans défense. Elle exige aussi que la liberté d’expression soit respectée et que le climat de tolérance et de libre circulation des journaux soit instauré. Aux autorités du Rcd/Ml et leurs alliés Mai-Mai, il est demandé de procéder à la fermeture des cachots souterrains du camp Rughenda à Butembo et Beni ainsi que des cachots à domicile. Ils doivent aussi cesser de recruter les enfants soldats dans les rangs de leurs armées respectives.

Desk Politique/L.P.
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Edition n°2735 du mercredi 29 janvier 2002