L'Afrique tente de se prémunir contre la grippe aviaire

Après la mise en garde cette semaine de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), plusieurs pays d'Afrique de l'Est ont pris des mesures pour empêcher la propagation de la grippe aviaire au cas où celle-ci serait véhiculée par les oiseaux migrateurs qui passent l'hiver dans les pays chauds.
Le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ethiopie se préparent à lutter contre une éventuelle épizootie, tout comme le Congo-Kinshasa et le Sénégal.
Mercredi, la FAO indiquait dans un communiqué que l'une de ses "principales préoccupations" était "le risque d'une progression de l'influenza aviaire en direction de l'Afrique orientale et du Nord".
"Il y a un réel danger de voir ce scénario se transformer en réalité", prévenait Joseph Domenech, chef des services vétérinaires de la FAO.
Il se déclarait "davantage préoccupé par la situation en Afrique orientale où les services vétérinaires (...) devraient rencontrer plus de difficultés pour mener à bien des campagnes d'abattage et de vaccination". En outre, "la promiscuité entre l'homme et l'animal" et l'insuffisante surveillance vétérinaire "créent un terrain favorable
au virus", soulignait Joseph Domenech.
D'après la FAO, les oiseaux migrateurs "semblent être les principaux vecteurs" de la souche H5N1 qui a décimé des poulaillers entiers en Asie. Ce virus de la grippe aviaire a contaminé des dizaines de personnes qui étaient en contact avec les volailles, faisant 61 morts en Asie.
Plusieurs volatiles sont morts du H5N1 récemment en Russie, en Roumanie et en Turquie. A l'approche de l'hiver, des oiseaux migrateurs quittent l'Europe pour l'Afrique et certains experts craignent qu'ils n'y transportent le virus.
Le Kenya a lancé une campagne d'information à destination des aviculteurs, expliquant qu'il existait un risque de contamination durant l'abattage, le plumage et la transformation des volailles. Le ministère kenyan de la Santé a renforcé les capacités d'analyse de ses laboratoires pour pouvoir diagnostiquer la maladie.
La Tanzanie tente également d'informer ses habitants. "Nous avertissons les gens qui vivent dans les zones humides et ailleurs que les oiseaux migrateurs sont porteurs de la maladie et qu'il ne faut pas être en contact avec eux", a expliqué Charles Nyamrunda, du ministère de l'Eau et du Développement du cheptel.
L'Ouganda, la Tanzanie, le Sénégal et le Congo-Kinshasa ont interdit les importations de volailles. "Il n'y a pas de raison de paniquer mais nous devons nous tenir prêts", a déclaré le ministre congolais de la Santé, Emil Bongeli, vendredi à l'agence Associated Press (AP). Un peu plus tôt, il était apparu à la télévision nationale pour décrire
les symptômes de la grippe aviaire et expliquer la nécessité de tuer rapidement les oiseaux infectés. Il avait demandé aux éleveurs de contacter rapidement les vétérinaires s'ils constataient quelque chose d'anormal chez leurs poules.
Jusqu'à présent, la grippe H5N1 n'a été transmise qu'entre volailles ou de la volaille à l'homme. Les scientifiques redoutent que le virus ne mute et ne devienne transmissible d'homme à homme.
En pareil cas, les hôpitaux kenyans mettraient en place des services de quarantaine.
Le gouvernement congolais négocie déjà avec une firme indienne pour pouvoir acheter la version générique d'un médicament contre une éventuelle grippe aviaire de l'homme.

AP