Province Orientale: Maximiser pour soi et pour son parti politique !

Province Orientale: Maximiser pour soi et pour son parti politique !

Les faits que nous dénonçons ici sont réels et vrais. Dans la Province Orientale, dont le Chef-lieu est Kisangani, toutes les autorités politico-administratives sont entrain de
maximiser des recettes, d'abord pour leurs poches, ensuite pour leurs partis politiques afin de corrompre les électeurs qu'ils ont eux-mêmes affamés.
Cette situation est malheureusement répandue sur tout le territoire de la République Démocratique du Congo. Pour ne pas laisser le peuple inerte et ainsi garantir la forteresse
des tyrans, il faut dès maintenant déjà tout dénoncer afin de faire pression sur ces hommes d'Etat incorrigibles et sans vergogne.

Le Territoire frontalier d'Aru, l'un de 145 Territoires que compte la République Démocratique du Congo subit pour le moment une pression venant de Kisangani, de Bunia
et même de Kinshasa, l'obligeant à vider les caisses du trésor public. Tenez, en huit mois, soit de janvier à août 2005, 13 missions officielles furent effectuées à Aru, et dont toutes
les dépenses étaient en charge du Territoire et des Collectivités locales.

Si les autorités administratives de la Province intensifient leurs missions à Aru, c’est pour maximiser les recettes du trésor public et sensibiliser la population. Mais, elles n’ont jamais donné les points sur lesquels la sensibilisation était orientée.
Un exemple fâcheux est celui de l’utilisation du Shilling ougandais et du Dollar américain comme monnaies de transaction et partant de maximisation en lieu et place du Franc Congolais sur toute l’étendue du Territoire d’Aru. Contre cette utilisation, Kisangani ne dit aucun mot.

Nous l’avions dit, l’objectif de maximiser les recettes du trésor public a donné lieu non seulement à la perception des taxes provinciales, mais aussi à celles du District, du Territoire
et des Collectivités. Pour avoir une idée des exactions commises à cet égard dans les Collectivités, outre la perception de ces taxes dans les magasins et les boutiques, les éléments des FARDC et de la Police Nationale gardent des barrières où les petits commerçants rentrant de la ville avec des marchandises sur leurs vélos ou leurs motocyclettes doivent s’acquitter des taxes de toutes sortes.

Quant à l’utilisation des recettes du territoire, il convient d'abord de rappeler que dans son 18e Rapport au Conseil de Sécurité sur le maintien de la paix au Congo par la MONUC, le Secrétaire Général des Nations Unies en a appelé dernièrement au Gouvernement de Transition de
Notre pays d’étendre son autorité sur toute l’étendue du pays afin qu’il Puisse percevoir les revenus dont il a besoin pour fournir des services à la population congolaise. Il est donc aberrant que la population surtaxée du Territoire d’Aru ne reçoive aucun service public de base et que, de surcroît, elle soit obligée de nourrir les agents de l’État, tels les policiers et les militaires exigeant des chefs des localités où sont installés les centres d’enrôlement aux élections qu’ils gardent
que la viande leur soit servie à tous les repas.
Les rapports des Chefs des Collectivités aux Administrateurs du Territoire indiquent par ailleurs qu’impayés ou mal payés, les militaires tirent des coups de feu pour obtenir ce qu’ils veulent.
Dans certaines localités, quelques-uns de ces militaires ont même arrêté des enfants et saisi leurs vélos pour forcer les parents à verser des rançons.

Étant donné l’absence de services publics, la population surtaxée d’Aru est dans son bon droit de s’interroger sur la destination des recettes du Territoire. À cet égard, d’aucuns pointent du doigt les autorités politiques multipliant des fausses missions à Aru à partir de Bunia, Kisangani et Kinshasa. On parle ainsi des biens mal acquis dernièrement
Par ses autorités contre toute règle d’éthique en étalant impunément des Biens détournés de l’Etat congolais.

Les conversations tournent aussi autour des continuelles réceptions pour lesquelles nombre de femmes sont appelées à préparer des repas copieux aux visiteurs ou faux missionnaires. S'ajoutent à ces réceptions celles
données par les Chefs des Collectivités visitées. Il faut signaler qu’une telle réception a causé d’énormes dépenses à toutes les Collectivités du Territoire.
Les soi-disant missions de sensibilisation de la population servent aussi de subterfuges pour puiser dans les caisses du Territoire. À Chaque visite du Gouverneur ou du Vice-Gouverneur chargé des Finances notamment, des réceptions sont données ; la population est appelée à se rendre à l’aérodrome, à l’arrivée comme au départ de l’illustre visiteur;
des véhicules sont réquisitionnés à cette fin. Mais ces missions constituent en réalité des occasions de faire une campagne électorale anticipée en faveur du parti du visiteur, le RCD pour le Gouverneur et le PPRD pour le Vice-Gouverneur chargé des Finances.

Outre les pressions indues faites sur le personnel de l’Administration du Territoire d’Aru, ses missions posent par ailleurs la question des droits de la population qui subit parfois un traitement indigne. C’est ainsi que lors de la visite du Vice-Gouverneur chargé des Finances, à Aru le 7 juillet 2005, une benne mobilisée par le protocole en vue du transport de plusieurs dizaines de personnes devant se rendre à l'aérodrome a eu un accident qui a fait un grand nombre de blessés, dont plusieurs ont fini par succomber à leurs blessures. Deux cents dollars auraient été donnés par le Vice-Gouverneur aux blessés, mais selon les rumeurs persistantes ceux-ci n'auraient pas vu la couleur de cet argent.

Ce document a été établi pour être remis à qui de droit. Nous espérons que cela trouvera un écho favorable et
que les auteurs des exactions dénoncées seront sanctionnés avant que ce ne soit trop tard. Le dernier cas de l’arrestation des responsables de la DGI (Direction Générale des Impôts) et de la DGRAD (Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires et Domaniales) ne doit pas s’arrêter Seulement ici à Kinshasa. Il faut aller plus loin, même au niveau des Territoires pour rétablir le peuple congolais dans ses droits. En défaut des sanctions disciplinaires ou pénales, le peuple prendra ses responsabilités et jugera de sa façon. Un home averti qui n’écoute pas, est un homme mort.

Fait à Kinshasa, le 25 octobre 2005

La DECIDI