La resonsabilité de l'Occident face à l'immigration clandestine des africains subsahariens

La resonsabilité de l'Occident face à l'immigration clandestine des africains subsahariens

Introduction.
Au moment où le monde se mobilise pour participer à la réalisation de la mondialisation considérée comme un ordre qui tend à faire de la terre un endroit où tout habitant pourrait accéder à une vie meilleure; certaines populations se voient exclues de cette mutation. Cette réalité se justifie par le manque des moyens pouvant leur permettre de se comporter sur le marché tant local qu’international en véritable producteur et consommateur. Les tendances actuelles sont de nature à supprimer les frontières entre Etats pour faciliter la libre circulation des biens et personnes. Dans cette démarche, fort est de constater que ce sont les plus forts qui se regroupent entre eux tout en renforçant les conditions d’accès à leurs frontières par les populations venant des pays pauvres. Cette hypocrisie d’annoncer une chose et de faire son contraire contribue au creusement de l’écart entre les pays riches et les pays pauvres. Elle amènerait, si l’ont ne fait pas attention, les populations de pays pauvres à croire que la mondialisation n’est qu’un slogan pour les endormir et une stratégie de repositionnement économique pour les pays riches.
Se voyant exclus du processus de la mondialisation, les populations des pays pauvres se livrent à leur manière à la recherche du bien-être. Pour ce faire, elles immigrent dans les pays à forte puissance économique pour raisons entre autres :
-Acquérir de fonds nécessaire au démarrage d’une activité lucrative dans leur pays d’origine ;
-Trouver de quoi améliorer le bien-être de la grande famille restée au pays.
-Fuir le joug de la dictature ;
-Avoir accès à une formation de qualité ;
-Le snobisme culturel qui fait de l’occident un paradis.
Quoi de condamnable pour une personne qui chercher à accéder au bien-être ? Car ceci est la préoccupation majeure de l’homme depuis son existence sur la terre. L’instinct naturel de suivre a toujours passé l’homme à la recherche d’un environnement propice. Les délimitations géographiques actuelles, contraignent la mobilité de l’homme au respect de différentes lois réglementant les politiques de l’immigration d’un pays dans un autre. Le non respect de la procédure proposée par le pays d’accueil revient tout simplement à la pratique de l’immigration clandestine. Ce sont les conséquences de cette pratique migratoire qui gênent les pays d’occident et qui font qu’actuellement ces pays se mobilisent pour la combattre.
La majorité des populations de l’Afrique subsaharienne sont marginalisées quant à leur participation au processus tendant vers la mondialisation. A la recherche de voies et moyens pour avoir accès à une vie meilleure enfin d’être présents au rendez-vous mondiale du donner et du recevoir, les africains se donner à une pratique qui est aujourd’hui décrier à travers les médias occidentaux, pour ne pas citer « l’immigration clandestine ».
Au tant l’immigration clandestine est indésirable pour les pays occidentaux au tant elle est, dans une certaine mesure, un handicap majeur à la construction du mieux–être en Afrique. Les immigrants venant de l’Afrique subsaharienne qu’ils soient clandestins ou pas sont sujets à un traitement spécial faisant preuve du non respect des droits fondamentaux de l’homme et cela en rapport avec leurs homologues des autres régions du monde. Loin d’engager la polémique sur la politique de deux poids deux mesures appliquée par les pays occidentaux en matière d’immigration, il néanmoins est du devoir pour tout partisan de l’existence d’un monde meilleur de s’impliquer dans la dynamique visant la création d’un climat propice à la participation des africains à la construction d’un monde meilleurs. Le tout doit commercer par la transformation de leurs milieux de vie en un environnement favorable au bien-être. Mettre les africains au service de leurs nations revient à exploiter leurs potentialités intellectuelles pour les fins de développement.
La solution à ce problème serait durable si et seulement si les pays d’accueil et les pays d’origine des immigrants clandestins se mettent ensemble dans une dynamique allant de la détermination des raisons à la proposition de solutions susceptibles d’étouffer l’immigration clandestine. Entre les deux extrémités, il sera indiqué d’évaluer les conséquences de l’immigration clandestine tant pour les pays d’origine des immigrants que pour les pays d’accueil. Une démarche allant dans le sens de comprendre les mécanismes de fonctionnement des réseaux de trafiquants contribuerait à la lutte que mèneront de manière conjointe les adversaires à titrés de l’immigration clandestine.
Les raisons à l’immigration.
Les raisons profondes de l’immigration clandestine des populations de l’Afrique subsaharienne en occident sont diversifiées. La première et ancienne raison est la présence remarquée des pouvoirs dictatoriaux dans cette région du monde est associée, en grande partie, aux causes favorisant l’immigration clandestine. La plupart des dirigeants africains ont géré leurs nations de manière forte tout en privant à leurs peuples les droits fondamentaux. Une des stratégies pour assoire ces genres de pouvoirs était de maintenir le peuple dans une ignorance voulue pour bien le manipuler. Toute tentative allant dans le sens de combler ce déficit communicationnel a été souvent réduite au silence en utilisant soi les méthodes fortes ou soit celles relatives à l’usage de la corruption sous toutes ses formes. L’attitude de la classe dirigeante en Afrique subsaharienne a contribué en masse à la fuite de la crème intellectuelle vers les pays à forte puissance économique et cela sous prétexte de l’exil politique. Partant de l’incapacité du pouvoir économique face à la satisfaction des besoins primaires, plusieurs personnes quittent leur pays d’origine pour aller vivre dans les pays pouvant leur permettre de mener une activité lucrative. Parmi eux se comptent les immigrés pour les raisons commerciales et les autres pour pouvoir s’attraper un emploi. Le troisième volet des immigrants clandestins est composé de ceux qui le font par sentiment. Ici c’est un problème culturel. La garantie de la liberté d’opinion et la force de son économie tel que présentées par les médias occidentaux font croire aux africains que tout est en rose et facile en occident. Ce qui explique un snobisme qui gagne du terrain chez les jeunes africains qui considèrent l’occident comme état un paradis. Une autre raison qui justifie l’immigration massive des jeunes vers l’occident est la possibilité d’avoir accès à une formation de qualité. Une fois en occident la majorité des immigrants africains sont déçus et se voient confronter aux problèmes liés à la clandestinité dont les conséquences sont partagées entre les pays d’origine et les pays d’accueil.
Les conséquences de l’immigration clandestine.
Les conséquences de l’immigration clandestine sont diverses selon qu’il s’agisse des pays d’origine ou des pays d’accueil des immigrants. Dans une certaine mesure l’immigration ne peut être bénéfique que si elle contribue au comblement de déficit observé dans un domaine ou dans un autre. Elle n’est pas désirée quand elle se constitue en une charge sociale et contribue à la montée de l’insécurité. La présence des immigrants africains en occident est à la fois un gain, une menace et une charge. Elle se constituerait en une main d’œuvre à la production, si elle est bien intégrée. C’est à ce niveau qu’apparaissent une certaine discrimination entre le traitement des dossiers irréguliers venant de l’Afrique subsaharienne et leurs homologues venant des autres régions du monde. Le nombre croissant des personnes en situation irrégulière sans emploi, associé à celui de leur progéniture, présente une menace pour la sécurité en occident. La crainte est que ces personnes, en guise de pouvoir gagner la vie peuvent se livrer facilement aux anti-valeurs comme le trafic de la drogue, le vol, le réseau de faire entre les immigrants irréguliers, etc. Les dépenses sociales qu’occasionne souvent ce mouvement des immigrants constituent une charge indésirable pour les pays occidentaux.
La plupart des immigrants clandestins intellectuels en occident se retrouvent dans des situations irrégulières les empêchant ainsi de réaliser leur rêve. Cette position sociale pousse bon nombre d’entre eux à s’adonner aux travaux de basses classes par rapport à leur potentiel savoir. Néanmoins ces travaux leur permettent de nouer les deux bouts du mois et d’épargner quelque chose pour la grande famille restée en Afrique, chose difficilement réalisable en étant sur le continent. Il est à signaler que pour une famille africaine avoir un de ses membres en Occident revient à avoir une source de financement du social. La présence croissante des maisons de transfert des fonds dans la région en est une preuve éloquente. Elle se constitue en une porte d’entrée de devises étrangère. Cette source instable de financement du social est beaucoup plus favorable à la subsistance qu’à l’existence. La fuite des cerveaux constitue pour les pays africains est une conséquence négative. Elle occasionne un manque considérable des cadres qui pouvaient se mettre au service du développement conduisant à l’existence d’un monde meilleur pour tous.
Les réseaux d’immigration.
Le résultat de l’immigration clandestine est le nombre galopant des personnes en situation irrégulière. Le chiffre est estimé à environ trois millions en l’Europe. S’il faut ajouter tous les clandestins qui vivent dans les mêmes conditions en Amérique, en Asie et dans certains pays d’Afrique, les personnes en situation irrégulière constitue une grande communauté des exclus à la construction de l’humanité. Quelques soit la voie utilisée pour entrer en occident, les conclusions amènent à deux sortes d’immigrations : -L'immigration clandestine apparente qui s’opère à travers les groupes de personnes n’ayant aucun papier et entrant frauduleusement sur le territoire étranger. C’est le genre de ce qui se passe entre les frontière qui séparent le Maroc et l’Espagne ; - Une autre porte d’entre en occident est celle de l’immigration camouflée. Elle s’opère quant à elle de manière souple. Les futures « sans papier » entrent par la grande porte, c'est-à-dire ils remplissent toutes les conditions posées par les services d’immigration de leur pays d’accueil.
Les différentes stratégies mises en place pour empêcher les personnes candidates à l’irrégularité de ne pas se retrouver sur les territoires des pays occidentaux ne seront efficaces que pour la l’immigration clandestine apparente. Par contre l’immigration clandestine camouflée est difficile à étouffer car, la tricherie s’opère en se retrouvant sur le territoire du pays de la destination. Il est facile d’identifier les réseaux qui facilitent l’immigration clandestine apparente et leurs responsables. C’est ainsi qu’actuellement les médias occidentaux parlent de plus de trois cent réseaux opérant entre l’Europe et les pays maghrébins.
Par contre, les réseaux de l’immigration clandestine camouflée sont difficiles à identifier par le fait que leurs ramifications dans les pays d’origines et d’accueil. Elle s’opère à travers plusieurs pistes :
-certains responsables des missions diplomatiques en poste dans les pays africains s’enrichissent sur le dos des minables citoyens en monnayant l’octroi de visas et cela en complicité avec les réseaux locaux connus sous l’étiquette des commissionnaires ;
-certains réseaux sont tenus par les occidentaux d’origine africaine, qui trafiquent l’entrée sur les territoires des pays occidentaux par la livraison de faux passeports appartenant aux autres occidentaux de la race noire ;
-les réseaux locaux sont entretenus par certaines autorités de l'administration publique qui procèdent par la livraison de faux ordres de missions et passeports de service ;
-certains responsables des agences culturelles sous couvert des raisons de productions culturelles à l’étrangers pour déverser en nombre considérable les futurs sans papiers en occident. Les stratégies semblables sont appliquées par certains responsables des entreprises prives, des organisations non gouvernementales et autres associations de la société civile.
Le partage des responsabilités.
Par soucis de maintenir une main mise sur l’économie mondiale, certaines puissances occidentales ont jugé bon de se constituer des bases arrières en Afrique subsaharienne. Les stratégies mises en place pour faire fonctionner les caisses africaines de résonances de l’économie des certains pays occidentaux ont été appliquées en deux étapes. La première est celle correspondant à la colonisation. Le prix payé par les africains pour la bonne santé des économies des pays colonisateurs se résume en une pratique qui a fait honte d’un monde civilisé. La seconde est celle à la quelle s’identifient les pouvoirs politiques aux modèles conçus dans les laboratoires occidentaux. Leurs applications ont été conditionnées par la présence remarquée et effective des dictateurs au service de l’Occident. Une fois au pouvoir ces acolytes se sont mis au service de leurs parrains politiques. Suffisamment équipés en armes, les dirigeant africains ont géré leurs propres pays pour l’intérêt de l’Occident en passant outre les besoins des gouvernés. Le fait que, pendant toute cette longue période de l’histoire de l’Afrique contemporaine, le peuple n’a pas été mis à contribution dans la gestion de la société comme partenaire et de détenteur légitime du pouvoir ; il s’est développé dans le chef des dirigeants africains un comportement anti-démocratique ou mieux de sous développement qui a privilégié : - La privation des droits fondamentaux ;- les intimidations à la mort ;- la corruption ;- le détournement de deniers publics ;- et autres pratiques non conforme à une culture démocratique.
Au lieu de doter les africains des structures solides de gestion de vie en société, les puissances occidentales ont imposé aux Etats africains les hommes forts en lieux et place structures de développement.
De manière globale, aucune nation du monde ne peut prétendre se développer sans qu’elle soit régie par un régime politique favorisant l’adhésion des populations aux décisions pour lesquelles elles sont d’accord dans la gestion de la vie quotidienne. En considérant l’implication de certaines puissances occidentales dans la définition de la politique africaine, il est évident que ces dernières ont une part de responsabilité importante dans la croissance de la pauvreté africaine. Les tergiversations observées dans la prise de position face à la misère qui sévit en Afrique rendent les intellectuels africains aussi responsable de l’immigration clandestine. Vaut mieux tard que jamais, il est temps de se féliciter de l’initiative « Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique », en sigle NEPAD qui prouve à la face du monde que les africains peuvent, en âme et conscience, écrire l’histoire économique et sociale de leur continent. Associé à la recherche des voies et moyens pour résoudre les problèmes liés à la lutte contre l’immigration clandestine et ses conséquences, le cadre NEPAD apportera certes les solutions durables.
Les solutions à l’étouffement de l’immigration clandestine.
Le fait qu’actuellement, les africains se présentent massivement aux frontières des pays occidentaux pour y vivre quelque soit le prix est une manière de se faire justice suite aux mauvaises approches de certaines puissances occidentales pour pouvoir contrôler le marché économique en Afrique. Lutter contre cette pratique qui n’est pas du tout bénéfique et pour les occidentaux et pour les pays de l’Afrique subsaharienne, revient à ce que ces deux camps travaillent de manières concertées. Cette concertation partira de la l’établissement des responsabilités à l’amendement. La meilleure façon de s’amender pour l’occident est de s’impliquer à la création des bonnes conditions de vie en Afrique subsaharienne.
La recherche de la solution aux problèmes de l’immigration clandestine réside dans la réalisation de certains préalables par les puissances occidentales. Ils doivent s’impliquer en concertation avec les populations autochtones d’Afrique dans le processus visant l’amélioration des conditions sociales. Cette démarche partira de la promotion de la démocratie à celle de la culture de l’entreprise. L’apport des occidentaux à l’intégration culturelle des valeurs démocratiques en Afrique se fera de manière pratique en militant pour l’implantation des structures permettant l’exercice du pouvoir de manière démocratique. L’éducation des masses et personnalisée seront mises à contribution pour la réalisation de la première démarche. Une fois les règles de jeux établis de manière démocratique dans la société, viendra en suite l’éducation à la culture d’entreprise. L’impact de la première démarche est de favoriser l’émergence d’une dynamique pouvant entraîner le peuple dans le processus visant le bien-être. La seconde démarche consistera à engager le peuple dans la logique de la création des entreprises.
C’est là l’unique moyen de combattre de manière significative et durable la pauvreté en dotant les populations des emplois générateurs de revenus. Cette stratégie retiendrait les africains chez eux est contribuerait efficacement à la diminution d’un bon nombre des candidats à l’immigration clandestine en Occident.

TSHINTU BAKAJIKA
Expert en gestion de l’information.
Président du Bureau d’Information pour le Développement (BID