« RETOURNONS À L’ECOLE »

En ces jours, tout observateur averti constate un dangereux déséquilibre social. Un clivage se dessine entre d’une part, les enfants qui étudient maintenant ; et d’autre part, ceux qui ne sont pas en classe.
Notre cri d’espoir s’adresse aux Dirigeants élus en R.D.Congo d’abord, puis aux Enseignants et enfin, aux Parents.
En effet, la rentrée scolaire 2007 s’enlise.

Mais comment en sortir ? Voici quelques réflexions.

I. AUX DIRIGEANTS ELUS EN R.D.CONGO.
1. « Peut-on parler de la paix, sans progrès social ? »
Les Enseignants ont déjà pour la nième fois lancé leurs cris de détresse. Ils indiquent qu’ils sont au service de la R.D.Congo, en leur qualité de personnel des services publics et agents émargeant au budget de l‘Etat.En effet, « l’ouvrier mérite son salaire ». Ce principe de droit, est consacré par tous les Etats du monde.

2. Par ailleurs, l’Etat a le devoir de promouvoir un enseignement de qualité. Mais comment pourrait-il atteindre cet objectif, si les enseignants ne sont pas rémunérés convenablement ? « Ventre creux n’a point d’oreilles » !

3. Ne perdons pas de vue aussi que la constitution de la RDCongo en son article 43, consacre le principe selon lequel : « Toute personne a droit à l’éducation scolaire. Il y est pourvu par l’enseignement national. L’enseignement national comprend les établissements publics et les établissements privés agréés. L’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics ». Cela étant, il n’est donc pas loisible à l’Etat de payer les enseignants. Si l’on se fonde sur ce principe /objectif, c’est une obligation pour l’Etat de rémunérer les enseignants.

4. C’est encore une obligation impérieuse pour un dirigeant élu de : « jeter un regard de justice distributive sur ces électeurs » pour mériter de servir, et non se servir. Car « de la justice de chacun, naît la paix pour tous » (Jean Paul II).

5. En outre : « l’Etat garantit le droit au travail, la protection contre le chômage et une rémunération équitable et satisfaisante, assurant au travailleur ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine… » (Constitution de la RDCongo, article 36).

A présent, où en sommes –nous ?

II. AUX ENSEIGNANTS
1. « Gare au piège de salaire … »
En effet, selon toute vraisemblance, le salaire réclamé, peut être accordé aujourd’hui ou demain. Mais demain, c’est quand ? Voilà un des pièges.
L’autre piège : C’est l’analphabétisme, le chômage, le vagabondage et pire encore, l’absence d’éducation scolaire auquel seront astreints et contraints des enfants innocents. C’est un piège et en même temps une menace pour toute la Nation congolaise ; et pour tout un chacun.

2. Après plus de 45 jours de non reprise de cours, dit-on : toutes les écoles courent « le risque d’une année blanche ». Or, en même temps que les pouvoirs publics ; les enseignants et les parents, tombent tous sous le coup de « l’obligation de protéger la jeunesse congolaise, contre toute atteinte à sa santé, à son éducation et à son développement intégral » ( Constitution de la RDCongo, article 42)
3. Abandonner l’école ou laisser les enfants chômés, c’est aussi une forme de « non assistance à personne en danger ».
Car la jeunesse congolaise déjà meurtrie par les affres des guerres à répétition, croupit déjà dans la misère et sous la menace de perdre toute une année de savoir. Ceci constitue une autre menace à la paix qui pointe à l’horizon. Mais ça va profiter à qui ?

4. « Peut-on se permettre indéfiniment de tourner en rond ? »
Sachant que notre intérêt c’est aussi l’intérêt de l’enfant : ne serait –il pas préférable de consentir des sacrifices en plus ?
• L’enseignant comme parent, continuerait à réclamer le salaire, tout en étant à son lieu de travail ! L’enseignant ainsi, serait au milieu de ses élèves en classe, tout comme les fonctionnaires se trouvent aujourd’hui à leur bureau de travail !
• Dans ce cas, si l’Etat congolais reste insensible, l’enseignant prendra tout le monde à témoin.

III. AUX PARENTS

1. « Peut-on espérer maintenant ! »
En effet, « les soins et l’éducation à donner aux enfants constituent pour les parents, un droit naturel et un devoir qu’ils exercent, sous la surveillance et avec l’aide des pouvoirs publics » (constitution de la RDCongo, art 40). Les parents ont le devoir d’envoyer les enfants à l’école, pour que ceux-ci y accèdent à l’éducation.

2. Or, parents, enseignants et dirigeants élus dans ce pays, nous avons tous l’obligation de ne pas sacrifier, encore moins d’hypothéquer l’éducation scolaire et /ou l’avenir de la jeunesse congolaise. Si les uns et les autres continuent à se regarder immobiles, comme des « chiens de faïence », aucune solution pour les enfants ne sera trouvée.

QUE LE SALUT DE L’ENFANT CONGOLAIS SOIT LA LOI SUPREME !
Le temps est donc venu de consentir des concessions et des sacrifices de part et d’autre

CONCLUSION.

Dans cet élan de sacrifice et de concession en faveur de la scolarité de tous les enfants congolais, il serait envisageable comme solutions, au niveau des budgets en cours d’examen :
1. La révision à la baisse de « certains avantages pécuniaires » accordés aux dirigeants élus du peuple en R.D.Congo, dans un esprit de sacrifice et de partage ; afin d’affecter les avantages susdits, à un fonds de soutien à l’éducation nationale.
Pareille décision solennelle, proposée à la sanction souveraine de l’Assemblée Nationale et du Sénat, pourrait servir à renflouer le budget de l’éducation nationale
Cet élan de solidarité nationale et de partage renforcerait la volonté des élus à compatir avec leurs électeurs impayés à ce jour.

2. La rémunération progressive et à temps de tout le personnel de carrière des services publics de l’Etat ne sera effective que dans cette volonté d’abnégation et de partage : depuis les députés jusqu’aux fonctionnaires de l’Etat.
• N’attendez pas demain, pour marquer votre histoire d’aujourd’hui !

3. Cette clause de compassion, de solidarité, de partage et de volonté politique élevée de la part des dirigeants congolais élus, déterminerait à coup sûr, les enseignants et les élèves à rentrer à l’école.

4. La période de sortie d’une crise dans laquelle l’Etat congolais a été plongé, exige à tous et à chacun, ce sens élevé d’un sacrifice de haute facture politique et sociale.

5. « A chacun, parent, enseignant, député ou syndicaliste de répondre positivement à ce cri de détresse de l’enfant congolais, sans tergiverser ! Ainsi les enfants congolais seront sauvés de cette année blanche ».
Tel est le pari à gagner.


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