LES ACTES DE LA SEMAINE DE LA PAIX 2007 ORGANISEE PAR LE RJMP A KANANGA DU 17-23/12/07

RAPPORT GENERAL DE LA SEMAINE DE LA PAIX 2007 AU KASAYI.

Initialement prévue du 1er au 07 octobre 2007 et reportée à une date ultérieure, la Semaine de la Paix 2007 a été finalement commémorée à Kananga du 17 au 23 décembre 2007. La modification des dates initiales a été due à la mise en quarantaine de la Province du Kasaï Occidental où la fièvre d’Ebola fut détectée dans le Territoire de Mweka.
A l’occasion de la commémoration de la Semaine de la Paix 2007, le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » (RJMP/ONGDH) a tenu aussi son Assemblée Générale pour l’exercice 2007.
Le présent rapport reprend l’essentiel des activités prévues et réalisées chaque jour par le RJMP/ONGDH avec ses différents partenaires pour commémorer, à l’instar d’autres structures membres et partenaires du Reseau Pax Christi International, la Semaine de la Paix 2007.

Première Journée : lundi 17 décembre 2007.
Cette journée a été consacrée :
- d’abord à l’arrivée et à l’accueil des participants venus de l’intérieur de la Province du Kasayi Occidental. Ces derniers sont au nombre de huit seulement, invités compte tenu des moyens financiers insuffisants destinés à leur prise en charge ;
- ensuite aux émissions radiodiffusées sur quelques chaînes des radios locales comme Radio Télévision Kasaï Horizons (KHRT), Radio Télévisée Amazone (RTA) et Radio Diku Dietu (RDD). Ces émissions ont consisté en des informations et en la sensibilisation de la population ouest-kasaïenne aussi bien sur l’essence de l’organisation des semaines de paix que sur le sens et les conditions d’une paix durable. Celle-ci est un processus sans fin dont la construction solide exige la participation de chaque membre de la communauté là où il est et partout où il va.

Deuxième Journée : mardi le 18 décembre 2007
Malgré la pluie qui s’est abattue sur la Ville de Kananga dès l’aube jusque dans les après-midi, le programme de ce jour a été réalisé.
De retour à Kananga le dimanche 16 décembre 2007 – après une absence de deux mois dont un à Kinshasa pour des soins de santé aux Cliniques Universitaires de Kinshasa et un autre au Tchad dans le compte de l’UPA 2007-, le Président Administrateur du RJMP s’est mis aussitôt au travail de sa Structure en général et de la Semaine de la Paix en particulier. Pour ce faire, il a été reçu le mardi 18 décembre à 14 H 30’ par le Gouverneur intérimaire de la Province du Kasaï Occidental, Monsieur Hubert BINGO MVULA.
Reçu en audience, M. Edel Martin KABUTAKAPUA a échangé avec l’Autorité Provinciale intérimaire du Kasaï Occidental sur deux grands points :
1. Présentation de ses civilités et de ses rapports de séjour à Kinshasa et de mission au Tchad ;
2. Confirmation de l’information et sensibilisation du numéro un du Kasaï Occidental à l’organisation de la semaine de la paix 2007 au Kasayi.
Abordant le premier point, le Président Administrateur du RJMP/ONGDH a déclaré au Vice-Gouverneur du Kasaï Occidental qui assumait l’intérim de son Titulaire qu’il était de son devoir de faire, à l’Etat congolais représenté en Province, le rapport succinct de son séjour à Kinshasa et de sa mission au Tchad. Car, a-t-il ajouté, l’Etat doit être considéré comme premier partenaire de sa Structure sur laquelle il faut compter et avec qui il faut collaborer.
Parti de Kananga le 15 octobre 2007, M. Edel Martin KABUTAKAPUA a passé trois semaines aux Cliniques Universitaires de Kinshasa pour raison de santé. Par la suite, il a quitté la République Démocratique du Congo le 8 novemebre 2007 à destination de Ndjamena, où il est arrivé le 9 novembre 2007 après un transit par Addis Abeba/Ethiopie. Le séjour dans la Ville de Moundou, une ville économique du Tchad où devait se tenir le Campus de l’Université de Paix en Afrique, est intervenu du 10 novembre au 1er décembre 2007. Dans ce Campus, le Président Administrateur du RJMP/ONGDH n’a pas caché de montrer sa joie à son interlocuteur d’avoir été l’un des deux ambassadeurs de la RDC à côté de quinze autres participants venus des différents pays d’Afrique à majorité anglophones. La formation riche et pertinente qu’ils ont reçue a été organisée par un organisme basé en Allemagne dénommé APTE (Animation des Projets, Transfert des compétences et Evaluation). Ladite formation avait un volume horaire de 180 heures et s’est basée sur la construction de la paix, la prévention et la résolution pacifique des conflits. A l’issue de cette formation tous les participants ont reçu chacun un brevet international de bâtisseur de la paix. Avec plaisir, M. Edel Martin KABUTAKAPUA a présenté à l’Autorité Provinciale du Kasaï Occidental son brevet.
Abordant le deuxième point du motif de sa visite, le Président Administrateur du RJMP a confirmé au Gouverneur intérimaire l’information déjà véhiculée par ses collaborateurs sur l’organisation de la semaine de la paix à Kananga du 17 au 23 décembre 2007. Il a porté à la connaissance de l’Autorité provinciale que c’est pour la troisième fois que le Kasaï Occidental pourra commémorer la Semaine de la Paix, qui est une initiative du Réseau Pax Christi International mais dont l’exécution passe chaque année par les structures membres établis dans les différents coins de l’Afrique des Grands Lacs. A cet effet, le Président du Conseil d’Administration du RJMP/ONGDH a présenté aussi au Gouverneur intérimaire le Certificat agréant le RJMP en qualité de Partenaire de Pax Christi International. La décision de cet agrément a été prise à Anvers le 28 avril 2007, par le Comité Directeur de Pax Christi International après avoir constaté que le RJMP/ONGDH remplit les conditions nécessaires et a, en particulier, pris l’engagement d’observer les Statuts et le Règlement intérieur du mouvement. M. Edel Martin KABUTAKAPUA va terminer son adresse par solliciter l’implication de la première autorité politico-administrative du Kasaï Occidental dans les activités commémoratives de la Semaine de la paix 2007 et par inviter cette même autorité à venir remettre personnellement aux lauréats des brevets d’artisans de paix, édition 2007 et à clôturer officiellement les activités commémorant la semaine de la paix et l’Assemblée Générale du RJMP 2007.
En réaction aux propos de son interlocuteur, le Vice-Gouverneur Hubert BINGO alors Gouverneur du Kasaï Occidental a remercié sincèrement le Président Administrateur du RJMP/ONGDH pour tous les efforts que lui-même et sa Structure ne cessent de déployer en faveur de la paix au Congo Démocratique en général et au Kasaï Occidental en particulier. Se qualifiant lui-même d’artisan de paix et de défenseur des droits de l’homme à qui un diplôme d’ambassadeur de la paix a été délivré par un autre organisme, l’Autorité intérimaire de la Province du Kasaï Occidental a défini la paix comme quelque chose dont le monde entier a besoin aujourd’hui et sans laquelle plusieurs projets de développement échouent. Il a ensuite montré sa joie en félicitant et en appréciant à leur juste valeur respectivement le Brevet international de bâtisseur de la paix et le Certificat de partenaire de Pax Christi International ainsi que l’organisation de la Semaine de la Paix 2007 au cours de laquelle certains compatriotes pourront recevoir un certificat attestant leurs oeuvres en faveur de la paix.
Le Gouverneur interimaire du Kasaï Occidental a enfin rassuré aux organisateurs de la Semaine de la Paix de sa disponibilité et de son appui sécuritaire pour la réussite totale de ladite semaine à Kananga.
Il y a lieu de signaler que l’information sur la rencontre entre l’Autorité Provinciale du Kasaï Occidental et le Président Administrateur a été diffusée sur les sept chaînes des Radios locales (RTN, KHRT, RDD, RTA, CMB, Full Contact et Radio Chrétienne).

Troisième Journée : mercredi le 19 décembre 2007.
Cette journée a été consacrée à la marche pacifique et à l’interview accordée à la Radio Télévisée KHRT et RTA.
En effet, c’est à 10 H 00’ qu’a débuté la marche pacifique des membres du RJMP/ONGDH sous le rythme de la Famfare du Complexe Scolaire BUKASA. Cette marche est partie de l’entrée du Camps EFO (Ecole de Formation des Officiers militaires) sur la route principale qui mène à l’Aéroport national de l’Ungando en passant par les ronds points de l’Etoîle, l’Enseignement, du 17 mai (en face de la Radio Kasaï Horizons), Pax, Carrefours, Place de l’Indépendance (Bâtiment Administratif de la Province) avant d’atteindre l’Hôtel de Ville de Kananga et avant de se lancer sur l’Avenue Noëla de Roover (Ex Avenue de la Mission) avec comme point de chute le siège administratif du RJMP/ONGDH.

Sur leur trajet, les manifestants pacifiques entonaient des chansons de paix et exécutaient des pas de danse sous la lanterne et le rythme de la Fanfare. Sur l’Avenue SHABUNDA (ex Macar) , devant le siège officiel du RJMP, les manifestants ont passé plus de deux heures à chanter et à danser « Paix » tout en draînant derrière eux certains curieux venant de différentes couches de la société. Cette manifestation qui avait commencé à 10 heures s’est clôturée à 14 heures locales.
A 14 H 30’, le Président-Administrateur du RJMP/ONGDH a accordé une interview à deux journalistes dont l’un de la Radio Kasaï Horizons (KHRT)et l’autre de la Radio Télévision Amazone (RTA). Les questions de ces deux journalistes et les réponses de Monsieur Edel Martin KABUTAKAPUA ont gravité autour de la rumeur sur la dégradation de l’état de la santé, sur le contenu de la mission effectuée à Kinshasa et à Moundou/Tchad du Président National du RJMP ainsi que sur l’organisation de la Semaine de la Paix 2007 et Pax Christi International.

Quatrième Journée : Jeudi le 20 décembre 2007.
Au cours de cette journée, les participants ont été conviés à suivre et à réagir à un total de trois communications portant sur trois sous-thèmes retenus. C’est la salle des conférences de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC/Kasaï Occidental) qui a servi de cadre à ces communications données simultanément par trois conférenciers invités pour la circonstance.
Avant toutes ces communications, le Président Administrateur du RJMP/ONGDH a adressé un mot de bienvenue aux participants. Dans ce mot, il a situé l’essence de l’organisation des semaines de la paix par Pax Christi International et les structures membres et partenaires. Monsieur KABUTAKAPUA a remercié en même temps les participants et les conférenciers pour leur disponibilité avant de leur souhaiter respectivement une bonne audition et plein succès à la Semaine de la paix 2007.
Il convient de souligner que les exposés des quatre conférenciers et les mots de circonstance du Président Administrateur et du Directeur de Cabinet du Gouverneur du Kasaï Occidental seront repris en entièreté dans les annexes à ce rapport.
Pour cette journée du 20 décembre 2007, la première communication est celle du Professeur Ordinaire Honoré MUKADI Luaba Nkamba. Elle avait pour titre « La palabre et la culture de la réconciliation en Afrique ».
Dans son intervention, le Professeur Honoré MUKADI affirme que l’Afrique contemporaine est devenue un foyer de conflits et que parfois, pour résoudre ceux-ci, on fait recours à la palabre qui est une sorte de la culture de la réconciliation développée dans toutes les sociétés de l’Afrique traditionnelle. Il définit la palabre comme une culture de réconciliation par des voies pacifiques ; comme l’art de discours et de contre-discours. La culture africaine de réconciliation qu’est la palabre, lorsqu’elle est bien utilisée, représente un apport que l’Afrique peut offrir au projet de la mondialisation.
La deuxième communication de ce jour a été donnée par l’Honorable Barthélemy MUKENGE Nsumpi Shabantu sur le sous-thème « Un exemple de la réconciliation réussie : le conflit Lulua-Baluba en 1960 ».
Comme toute personne âgée en Afrique qui confirme sa sagesse, le premier Gouverneur noir du Kasaï dit Barthélémy MUKENGE Nsumpi utilise des proverbes et recourt à des citations pour exposer sa matière aux jeunes générations. Il démontre que son projet de réconcilier ses frères Lulua et Baluba avait abouti grâce à la volonté et la détermination de tous d’en finir avec les animosités. Toutefois, dans cet exemple, le vieux Barthelémy MUKENGE parle de la délicatesse de son projet qui confirme la théorie selon laquelle la réconciliation est un processus long, lent et laborieux dont la réalisation exige du médiateur la possession d’un grand coeur, des pieds solides sur terre, des yeux clairs, de grandes oreilles attentives et une petite bouche. C’est grâce à ces qualités jointes à des cérémonies traditionnelles que cette bibloithèque africaine, encore vivante, avait réussi a réconcilier ses frères Lulua et Baluba. Dans ce projet historique, le Gouverneur honoraire du Kasaï avait connu des déboires de part et d’autre : Albert KALONJI, à la tête des Baluba, ne voulait pas l’écouter, tandis que de ses frères Lulua il était accusé de tous les maux dont le traitre, le corrompu, etc.
Le vieux conférencier va terminer sa communication tant par l’expression d’un objectif, celui d’amener ses lecteurs à se faire aussi des messagers de la paix que par une mise en garde tirée de la « Remise en question » de MABIKA Kalanda, celle de ne pas ressussiter le passé pour éveiller des passions négatives mais plutôt de suscitter chez les jeunes le sens de l’histoire.
Le troisième et dernier conférencier de ce jour est le Professeur François Kamba Kamba qui a succédé aux autres intervenants avec un sous-thème « La paix et la réconciliation dans le contexte politique du Rwanda après le génocide».
Après avoir remercié les organisateurs, le Professeur MPAMBA a, d’entrée de jeu, montré la nécessité de reformuler autrement l’intitulé de sa communication. En effet, pour lui, on ne peut pas parler de génocide de manière isolée car celle-ci, bien que commise au Rwanda, a eu des implications très graves dans l’Afrique des Grands Lacs. Ainsi, s’impose une autre formulation : « La paix et la réconciliation à établir et à rechercher dans les Grands Lacs d’Afrique depuis le génocide de 1994 ».
Pour mieux comprendre la question, l’orateur juge important l’examen du contexte socio-politique général dans les Grands Lacs à partir de l’année 1990, une année à partir de laquelle le Président Michaël GORBATCHEV déclenche un changement d’envergure en URSS (la Perestroïka).
Le conférencier raconte l’histoire de la situation socio-politique dans les pays des Grands Lacs à partir de l’année 1990, année que celle-ci (la situation) s’est fortement dégradée ces quinze dernières années avec le génocide de 1994 au Rwanda, les deux guerres en RDC et l’instabilité politique au Burundi.
Avant de terminer son exposé par quelques recommandations qu’ils estime indispensables pour la paix et la réconciliation au Rwanda (bien sûr, avec des implications positives dans d’autres pays de Grands Lacs), Monsieur François MPAMBA envisage à deux niveaux les voies de sortie du gouffre : niveaux régional et international. Ces deux niveaux sont envisagés compte tenu des responsabilités et des implications de chacun d’eux lors du génocide.
Après ces trois communications, le jeux de question réponse en série a débuté à 11 H 47’ et l’occasion était venue pour que les participants et les conférenciers échangent sur certains points.
La journée est clôturée à 14 H 00’ par le modérateur après avoir remercié tout le monde et émis le voeu de se retrouver avec ce dernier le lendemain au siège du RJMP/ONGDH pour la suite du programme.

Cinquième Journée : vendredi le 21 décembre 2007.
C’est à 9 H 45’ au lieu de 8 H 30’ initialement prévues que la cinquième journée a commencé par le rapport de la journée précédente. Les participants sont conviés, par la suite, à suivre ce jour une seule commuinication axée sur la restitution des acquis de Moundou/Tchad.
Prenant la parole, Monsieur Kabutakapua préfère parler de « La restitution de la formation de Moundou/Tchad » tout en louant l’appui financier lui accordé par une agence allemande et catholique dénommée Mission de ...et sans lequel sa participation à ladite formation ne devait être qu’un rêve. Il prévient ses interlocuteurs des efforts à fournir pour restituer dans quelques heures seulement une formation suivie durant 180 heures.
La formation de Moundou fut dispensée à travers sept modules à savoir : la mise en route du Campus : nous les bâtisseurs de paix d’Afrique, le travail biographique : moi et mon expérience avec la violence, la bonne puissance : l’espace public pour l’action et la transformation, la communication active : communication non violente comme un outil de base pour un bâtisseur de paix, la gestion de conflits : analyse et étapes de conflits, les visites d’immersion au Tchad : les expériences de paix réalisées par les partenaires ATNV (Association Tchadienne pour la Non Violence) et la capitalisation de l’Université de Paix en Afrique : mon projet de retour et une année d’accompagnement.
L’orateur a donné la synthèse de chacun de ces modules et il démontré la pertinence et la richesse que renferme la formation suivie avec ses collègues venus des différents pays d’Afrique. Les participants étaient merveilleux en suivant cette restitution et ils avaient posé quelques questions d’éclaircissement sans oublier la formulation de quelques recommandations.

Sixième Journée : samedi le 22 décembre 2007.
Cette journée a été consacrée aux cérémonies de remise de brevets aux artisans de la paix 2007 et à la clôture officielle du RJMP couplé 2007.
Elle s’est ouverte à 12 H 00’ par une agrémentation de la Fanfare du Complexe Scolaire Bukasa. Les deux cérémonies seront présidées par Monsieur WENU Becker, Directeur de Cabinet et Représentant Personnel du Gouverneur de la province du Kasaï Occidental en mission de service à Kinshasa.

Le premier temps fort de cette journée est le mot de circonstance du Président du Conseil d’Administration du RJMP qui, d’entrée de jeu, salue et remercie tous les invités et les participants pour leur présence. Il remercie l’Autorité Provinciale pour son implication à la réussite de ces assises, les auteurs des communications et les participants pour la qualité du travail accompli. Il rend hommage à Pax Christi et à tous les organismes acquis à la cause de la paix.
Pour sa part, Monsieur KABUTAKAPUA Edel Martin affirme que sa structure reste persuadée que la paix est la clé du développement et du bonheur des hommes. Il démontre la grande joie du RJMP/ONGDH de savoir que la défense et la promotion des droits de l’Homme sont inscrits en bonne place du Programme d’actions de l’Autortité Provinciale du Kasaï Occidental.
Cependant, l’orateur déplore la situation des droits de l’homme sur terrain en RDC, à l’Est du pays et au Kasaï Occidental où l’insécurité, la guerre et d’autres foyers de tension font rage.
Il s’est réjoui enfin de la tenue de la Semaine de la Paix 2007 au Kasayi à quelques jours de la commémoration de la naissance du « Prince de la Paix ». Le responsable du RJMP va terminer son adresse par exprimer à l’assemblée, au nom de tous les organes de sa structure et en son nom personnel, les voeux de Joyeux Noël.
Le deuxième temps fort de cette journée est la remise des attestations aux artisans de paix, édition 2007. Le Président Administrateur du RJMP est, encore une fois, revenu à la charge pour justifier le choix porté sur chacun des huit lauréats déclarés artisans de paix 2007 et ce, conformément à la nouvelle pédagogie des droits de l’homme (usage de la carotte et de la chicotte) inaugurée au RJMP il y a maintenant une année. Chaque lauréat ou son représentant avait reçu, après des mots justifiés par les organisateurs sur son choix, des mains du Représentant de l’Autorité Provinciale une attestation signée par trois structures de paix à savoir l’Université de Paix en Afrique (UPA, Organisation basée en Allemagne), la Ligue Nationale pour les Elections Libres et Transparentes (LINELIT, ONG basée à Kinshasa) et le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix (RJMP, ONGDH basée à Kananga. Il y a lieu de souligner que, chaque fois avant de remettre le brevet à chacun des lauréats, le Directeur de Cabinet et Représentant Personnel de l’Exécutif Provincial du Kasaï Occidental prononçait des mots sur ce qu’il sait de ce dernier. En général, il attestait et réjoignait les organisateurs dans la véracité et l’objectivité de leur choix.
Monsieur Edel Martin KABUTAKAPUA concluera cet événement important en attirant l’attention des participants à cette cérémonie sur le fait que les brevets décernés aux lauréats ne constituent pas la fin d’un parcours. Raison pour laquelle le RJMP/ONGDH exhorte les heureux lauréats à oeuvrer davantage à l’instauration de la culture de la paix, à donner le meilleur d’eux-mêmes et à servir de modèle pour que vive en paix le monde entier.
Le troisième temps fort de la journée est le mot de circonstance prononcé par Monsieur WENU Becker, Directeur de Cabinet et Représentant Personnel du Gouverneur Trésor KAPUKU Ngoy. Monsieur Becker WENU commence son speech par informer la salle qu’à partir de Kinshasa où il achève une mission officielle, le Gouverneur du Kasaï Occidental suit avec une grande satisfaction le déroulement des travaux de la semaine de la paix 2007 organisés par le RJMP en partenariat avec Pax Christi International. Le Directeur de Cabinet précise que la grande satisfaction du Gouverneur Trésor KAPUKU est située à trois choses dont la pertinence du thème général de la Semaine de la Paix 2007, la remise des brevets d’artisans de paix aux Ouest-Kasaïen et l’admission du RJMP, une ONGDH de sa province, dans le Réseau mondial de paix qu’est Pax Christi International. Il ajoute que cette admission du RJMP par le Comité Directeur de Pax Christi International est une fierté, certes, pour la Province du Kasaï Occidental. Mais, la satisfaction complète de l’Autorité provinciale réside surtout dans la concordance entre les activités du RJMP et le Programme Quinquénnal du gouvernorat.
Monsieur Becker transmet aux organisateurs et aux participants à la Semaine de la Paix les chaleureuses salutations du Gouverneur du Kasaï Occidental. Il transmet aussi bien au RJMP qu’à Pax Christi International les remerciements et les félicitations de la part de la même autorité avant de déclarer que le Gouverneur de Province pourra compter sur le savoir-faire et l’expérience de terrain du RJMP en matière de défense et de promotion des droits de l’Homme.
C’est à 16 H 05’que l’Autorité Provinciale du Kasaï Occidental déclara closes la « Semaine de la Paix et l’Assemblée Générale 2007 » organisées par le RJMP tout en remerciant l’assemblée réunie pour la circonstance.

Septième Journée : Dimanche le 23 décembre 2007.
Au cours de cette journée chaque participant est allé prier selon sa conviction religieuse. Et à 16 heures locales, ils se sont retrouvés au siège administratif du RJMP où ils ont échangé et reçu divers conseils de la part du Conseil d’Administration du RJMP/ONGDH.
C’est à partir de la soirée de ce jour et le lundi mation que les membres du RJMP venus de l’intérieur ont pris le chemin de retour vers leurs milieux respectifs.
Fait à Kananga, le 24 décembre 2007.

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION

LES ANNEXES

1er Exposé : « UN EXEMPLE DE LA RECONCILIATION
REUSSIE : LE CONFLIT LULUA-BALUBA EN 1960»
Par Monsieur Bathélemy MUKENGE NSUMPI SHABANTU .

« Les jeunes ne savent plus à quoi vouer leur force, parce que jamais vous ne leur avez appris à s’en servir. Ils sont rongés par leur propre vide, par le doute et par la solitude. Encore une fois, à qui la faute ? ...
Michel de Saint Pierre.
• Monsieur le Président Administrateur du RJMP,
• Messieurs les animateurs,
• Mesdames et Messieurs les participants,
• Distingués invités,

Vous m’avez invité à être parmi vous ce jour, en cet instant et en ce lieu au motif d’entretenir votre Assemblée sur un thème qui me parait aussi vieux que d’actualité, je cite : « Un exemple de la réconciliation réussie, le conflit Lulua-Baluba en 1960 ».
Mais avant de vous livrer mes réflexions et convictions sur ce thème, je souhaiterais m’acquitter d’un devoir qui me parait aussi agréable que contraignant, celui de vous remercier pour l’honneur que vous me faites en m’associant à ce forum.
L’importance qu j’attache à cette invitation ne peut s’apprécier qu’à partir du prix que chacun attache à la paix et aux leçons qu’il tire de son absence ou de sa perturbation.
• Monsieur le Président Administrateur du RJMP,
• Messieurs les animateurs,
• Mesdames et Messieurs les participants,
• Distingués invités,

Si je tiens à insister sur cet honneur, c’est parce que j’ai lu dans cette invitation plus un hommage rendu à ma génération que la simple curiosité d’entendre l’un de ses représentants en rendre compte.
Je pense ici à cette génération des chefs coutumiers, acteurs politiques et intellectuels qui, bravant la rigueur du pouvoir colonial et autres intimidations de l’époque avaient réussi à imposer le peuple Lulua comme une réalité avec laquelle il fallait compter.

M’accrochant spécialement au rôle joué par certains intellellectuels à cette époque, je pense ici avec admiration et émotion à l’audace qui a rendu célebres Messieurs Auguste MUTAPIKAYI et Laurent KAPUKU, auteurs de la lettre du 15 juin 1951 adressée à l’Administrateur du Territoire de Luluabourg à cette époque là dont copies au Gouverneur de la Province du Kasaï, Commissaire du District de Kasaï et à Son Excellence Mgr, le Vicaire Apostolique à Mikalayi.

En évoquant la mémoire de ces héros de notre histoire, j’entends interpeller la conscience des intellectuels modernes à la lumière de ces deux citations tirées, l’une d’un auteur français et l’autre d’un auteur africain.

Le premier, Hilaire Cluny, parlant d’EINSTEIN tel qu’en lui-même, écrit, je cite : Il faut se garder, disait-il, d’inculquer au jeune homme l’idée que le succès est le but de la vie, car un homme qui a du succès reçoit ordinairement, de ses semblables, une part incomparablement plus grande que celle qui correspond au service qu’il pu leur rendre.

La valeur d’un homme réside dans ce qu’il donne et non dans ce qu’il est capable de récevoir. Le motif le plus important du travail à l’école, à l’université, dans la vie, est le plaisir de travailler et d’obtenir, de se faire des résultats qui serviront à la communauté. Eveiller et renforcer ces forces psychologiques chez le jeune homme est la tâche la plus importante pour les éducateurs » fin de citation.

Quant au second, le voltaique KI-ZERBO, dans son livre « Histoire de l’Afrique noire » écrit : « La misère ou l’ignorance ne sont pas un milieu propice à la création ». Le rôle des intellectuels éclate ici de façon criante. A eux d’apporter, dans cette masse qui attend l’étincelle du réveil. A eux d’être les démiurges qui organisent le chaos. Comme le lévain dans la pâte, seule l’immersion des intellectuels dans la masse soulevera l’ensemble vers une néo-culture africaine » fin de citation.

• Monsieur le Président Administrateur du RJMP,
• Messieurs les animateurs,
• Mesdames et Messieurs les participants,
• Distingués invités,
Réunis ici en vue d’échange d’expériences sur la réconciliation dans la vie de l’homme et des communautés, j’en arrive à l’objet de ma présence parmi vous. Ce qui vous permettra de comprendre le bien fondé de mon recours aux citations.
Dans la citation de Cluny, mon attention a été surtout retenue par les résultats à obtenir de tout traail à l’école, à l’université et dans la vie. Il faut que ce soient des résultats qui puissent servir à la communauté.
Appliqué à notre rencontre de ce jour, cette citation me réjoint quand je pense aux bienfaits que la réconciliation, toute réconciliation menée dans le souci et l’intention de servir peut apporter à la communauté humaine en commençant par la paix.
A ce sujet, la réconciliation Baluba-Lulua apparait à mon esprit comme un modèle à enseigner et à suivre s’il faut que la situation évoquée en tête de mon exposé trouve sa justification quelque part dans nos entretiens de ce jour.
L’auteur y pose la question de savoir à qui la faute si les jeunes ne savent plus à quoi vouer leurs forces parce que jamais personne ne leur avait appris à s’en servir.
Ici, je saisis l’occasion que vous m’offrez pour, une fois de plus, vous féliciter pour le courage que vous avez eu de tendre la main à la vieille génération que je représente afin qu’elle vous permette d’apprendre comment un conflit qui a fait couler tant d’encres à cause de multiples blessures laissées dans les coeurs des uns et des autres avait pu en si peu de temps trouver un dénouement heureux dont les générations actuelles goûtent tant bien que mal les fruits.
Si tout avait pu si bien et si vite marche, c’est parce qu’il y avait de part et d’autre la volonté sincère d’en finir avec des animosités.
Pour la petite histoire, c’est le 15 septembre 1959 que ledit conflit avait pris la forme d’une confrontation cruelle.
Au délà des horreurs qu’il serait inutile d’évoquer ici, en ma qualité de Président Général des Lulua-Frères et Président Provincial du Kasaï, j’entrepris les démarches pour pacifier le Kasayi et réconcilier les frères ennemis de 1959.
La tâche était délicate car ceux avec qui je devais négocier, notamment Albert KALONJI MULOPWE, étaient catégoriques. D’abord à Tananarive où nous nous étions rendus pour discutter de la forme de l’Etat congolais en mars 1961. Les négociations sur la forme de l’Etat n’ayant pas abouti à Tananarive, il avait fallu les poursuivre à Bandaka en mai de la même année.
Là aussi, je saisis l’occasion de relancer mon problème de réconciliation avec les Baluba. Le même Albert KALONJI me réserva une suite de non recevoir.
Pendant ce temps, dans le camp Lulua on me traitait de corrompu surtout que certains Lulua mettaient même en doute mon appartenance à la famille lulua du fait de mon post-nom de NSUMPI considéré comme propre aux Baluba, notamment aux BAKUA NSUMPI. Mais, à ma connaissance, chez les Lulua quiconque porte le nom de MUKENGE est automatiquement appelé « NSUMPI ».
Malgré toutes ces tergiversations, Dieu merci pour moi que deux mois après la conférence de Bandaka, le Parlement a soutenu ma thèse de mettre un terme au conflit sanglant Lulua-Baluba comme évoqué dans l’ouvrage de Grégoire LUNTUMBUE MUENA MUABO intitulé « L’histoire de la Luluwa ».
Donc, c’était par un pacte de sang que nous devrions mettre un terme qui nous opposait à nos frères depuis 1959 comme déjà dit dans mon ouvrage à moi intitulé « De la lutte de libération du peuple Luluwa ».
La cérémonie s’était déroulée en deux temps :
1°. D’abord le 21 octobre 1961 à Ntenda où chèvres, moutons et chiens furent égorgés mais leur chair calcinée fut enterrée et ce, de la manière ci-après :
Des hommes les plus vieux présents à NTENDA, égorgèrent un mouton, une chèvre et un chien qu’ils avaient brulés en présence des chefs coutumiers. Ils avaient enterré la viande calcinée. Les grands chefs coutumiers prononcèrent les paroles ci-après, précédées d’un proverbe luba suivant : « Tudi bana ba Mutanga, nansha batanda balua (baluangana), bulanda buetu mbushale ». Ce qui veut dire : « nous sommes les enfants du même père (Mutanga), nous nous sommes battus, nous nous sommes faits la guerre certes ; mais notre amitié reste. Jamais personne ne peut verser encore le sang de son frère (Muluba ou Luluwa) et vice versa ».
Dans le temps lointain, on se faisait des tatouages soit sur le bras soit sur la main pour se succer quelques gouttes du sang mutuellement. Où entre des individus qui manifestaient entre eux l’amour était au comble ou tout à zimith. Ces deux personnes, disons-nous, se changeaient leurs femmes au moment de la cérémonie entre elles où l’homme et la femme se léchaient.
Celui qui irait à l’encontre de ce pacte, qu’il soit Luluwa ou Muluba, exposerait son ethnie aux conséquences incalculables voire à l’extermination des siens !
Le pourquoi de ce pacte, j’en suis l’auteur pour avoir penser que je suis responsable à la tête du Kasaï, je dois tout faire pour que ces frères se réconcilient au lieu de rester ennemi à jamais malgré ce qui s’est passé entre nous. C’est alors que le problème, soulevé à Tananarive où Albert KALONJI ne voulait plus m’entendre, ensuite à Mbandaka avait trouvé un issu heureux grâce à ma perseverance et mes démarches depuis 1960 et 1961.
2°. Ensuite, le 22 octobre 1961 à Kananga, alors Luluabourg, furent organisées des manifestations grandioses avec défilé en présence du Chef de l’Etat, feu Joseph KASAVUBU, en vue de célébrer avec pompe cette réconciliation.
En clair, notre souci était de voir chacun vivre chez lui, sur son sol mais tout en entretenant des relations fraternelles et amicales empruntes surtout du respect de l’autre.
Voilà ce que je sais du processus qui avait permis le retour de la paix non seulement au Kasaï mais surtout et également dans les coeurs des acteurs politiques de l’époque en général et de la population en particulier.
Mon objectif est d’amener ceux qui me liront à se faire eux aussi les messagers de la paix.
A ce sujet, nous allons terminer par cette mise en garde tirée de « la Remise en question » de MABIKA KALANDA, page 45, 1er paragraphe : « Il est vain, en effet, de ressusciter le passé et d’éveiller par là des passions négatives. Il est plutôt mieux de susciter chez les jeunes le sens de l’histoire. Ceci parce qu’on reproche à l’Africain d’avoir manqué des conditions et des moyens d’approfondir, les connaissances humaines. Demeuré en général bon enfant, il est très à la flatterie, surtout quand elle vient des anciens maîtres.
Réunis pour célébrer une Semaine de la Paix, je ne peux que souhaiter la pérénisation de cet exemple que je considère comme l’unique voie capable de conduire le Kasaïen à se réconcilier avec lui-même s’il veut réellement construire ou reconstruire ce don des ancêtres aujourd’hui ménacé par nos querelles inutilement égoistes.
J’ai dit et je vous remercie.

2ème exposé : « LA PALABRE ET LA CULTURE DE LA RECONCILIATION
EN AFRIQUE.
Par le Professeur Ordinaire Honoré MUKADI Luaba Nkamba .

Dans le cadre de l’articulation de l’homme avec la société d’une part et la nature d’autre part, les rites africains de réconciliation se présentent, dans leur projet ou visée, comme des modalités, des forums des réponses à des questions réelles, vécues, que se posent les hommes dans leur milieu (1). La culture de la réconciliation s’était développée dans toutes les sociétés de l’Afrique traditioonelle. Il s’agisait d’un projet d’ordre pour défendre ou restaurer l’être individuel et social dégradé et accroître son potentiel vital.
L’Afrique contemporaine est devenue le foyer des conflits dans les différentes régions. La région africaine des Grands Lacs illustre ce cas des conflits actuels qui nécessitent des solutions pour procurer la paix à la population qui est tracassée par de nombreuses guerres.
Pour résoudre le problème des conflits en Afrique, les points de vue sont divergents, les uns prônent la violence. Ils proposent l’usage des moyens violents pour obliger les autres à se soumettre à leurs désirs (2). Les autres pensent qu’en aucun cas la violence ne saurait aboutir à un résultat juste, et que donc son usage ne saurait être justifié. Ils trouvent que les méthodes non violentes dans la solution de conflits ont le plus de chance de réussir. Elles visent à atteindre et éveiller l’humanisme commun de tous ceux qui sont impliqués, tout en travaillant aussi activement à arrêter ou à empêcher le comportement destructeur. Tout en partageant ce point de vue, je trouve qu’il faut appliquer des actions qui visent à empêcher la violence dans la résolution des conflits.
Parmi les travaux récents dans ce domaine, nous résumons l’article de Jonas KOUDISSA (3) qui propose la stratégie non-violente de résolution des conflits en Afrique, celle d’user la palabre et la culture de la réconciliation jadis en vogue en Afrique traditionnelle.
Il est un fait que l’Afrique traditionnelle avait développé la culture de réconciliation pour mettre fin aux conflits. Dans toutes les éthnies africaines, les rites de réconciliation prenaient des différentes formes selon les cas et constituaient un patrimoine religieux important.
La culture de la réconciliation par des voies pacifiques représente un apport que l’Afrique peut offrir au projet de la mondialisation. Nous allons nous atteler au cas spécifique de la palabre comme moyen de règlement des conflits en Afrique. L’approche terminologique de la palabre africaine s’avère indispensable.

I. L’approche terminologique de la palabre africaine.
En Afrique, la palabre est une culture spécifique de la discorde, elle règle les conflits par le recours à la parole, par l’art du discours et du contre-discours.
Cette tradition est encore vivante, car elle est toujours pratiquée et règle la vie quotidienne de nombreux peuples africains.
Le philosophe camérounais, Fabien EBOUSSi Boulaga, a montré que l’organisation des conférences nationales souveraines visant la réconciliation des peuples des pays africains concernés illustre la reprise de la palabre négro-africaine (4). Ces conférences ont réussi au Bénin, au Mozambique, au Mali et en Afrique du Sud.
Les exemples moins réussis comme ceux du Togo, du Gabon, de la République Démocratique du Congo, du Tchad et de la République Centrafricaine s’expliquent par une mauvaise gestion de la palabre ou du remaniement de sa pratique. La nature et les objectifs de la palabre se présentent ainsi :
a) Une logothérapie.
On peut concevoir la palabre comme une logothérapie. Elle prend ses racines dans le système traditionnel de règlement des conflits.

b) Une audition qui oblige.
Dans la société négro-africaine, suivant la situation de crise, la famille, le clan, tous les villages ou plusieurs communautés villageoises sont convoqués à participer à une audition qui prend des décisions ayant force de loi.

c) L’effet stimulant de la palabre.
Ce qui a été débattu et promis pendant la palabre produit un effet constituant et stimulant. Le mot parlé est sacramentel, c’est-à-dire performant, car il réalise ce à quoi il aspire. En ce sens, dans la palabre, la parole prend déjà valeur de la réalité.

d) Règlement non-violent des conflits.
Se parler vise à renoncer à la violence. La parole doit refreiner la peur, détourner la violence et de cette manière échapper au cercle vicieux violence-vengeance-représailles. La réparation de la faute s’effectue alors par des expédients tiers (rançon, punition), ou symboliquement par des offrandes et des cadeaux.
e) Rétablissement de l’harmonie originelle.
La palabre rétablit déjà symboliquement l’ordre rompu dans la mesure où elle vise à inciter les différentes parties concernées à s’unir. La palabre aspire à l’harmonie et au consensus.

f) L’exécution de la thérapie.
Le consensus atteint se traduit par une thérapie qui vise à implémenter de façon réelle l’ordre rétabli de manière symbolique et rituelle. Tous les membres de la communauté ressentent l’obligation de réparer leurs fautes envers la collectivité. Ils sont prêts à fournir leur contribution personnelle pour redresser leurs torts et être à nouveau intégrés à la vie du village.
La cérémonie rituelle de la solution est négociée. La solution prise est avalisée par une cérémonie rituelle ponctuée oar des offrandes, la purification par le lavage des mains et le sermon formel.
Tous ceux qui sont concernés par le processus de réconciliation doivent participer à ce rituel et tous doivent en représenter l’esprit à l’extérieur.

II. Les pré-requis d’une palabre réussie.
Les pré-requis d’une palabre réussie sont notamment :
• Savoir se parler ;
• Reconnaître sa culpabilité ;
• Négocier la solution ;
• Reconnaître le primat de la communauté sur ses membres ;
• Reconnaître les valeurs fondamentales des participants : la franchise et la confiance mutuelles sont des valeurs fondamentales qui sous-tendent la palabre.

III. La structure d’une séance de palabre.
Elle se présente ainsi :

1. La présidence.
Elle est généralement placée sous la direction du chef de village qui joue le rôle du président du conseil. Il se fait assister par un porte-parole et au besoin par des guérisseurs.
L’autorité de la présidence du conseil repose sur la confiance et la reconnaissance que lui témoignent tous les interpellés et se fonde sur les liens initerrompus avec les ancêtres. Personne ne la remet sérieusement en question.

2. Le (les) accusé (s).
L’accusation peut mettre en cause une ou plusieurs personnes. On lui (ou on leur) impute l’injustice ou le mal subi. La palabre doit les inciter à reconnaître leur culpabilité, à se repentir du mal qu’ils ont fait, à se racheter et à redresser les tprts qu’ils ont faits.
Tout l’art de la Présidence du conseil consiste à convaincre les accusés de s’exécuter.

3. Les accusateurs.
Ce sont en général les victimes elles-mêmes ou des parents ou des amis des victimes.

4. La collectivité.
Elle a, dans le processus de la palabre, non seulement le rôle de spectateur mais aussi d’être un acteur collectif. Elle compte également parmi les victimes, puisque chaque conflit ruine l’harmonie de l’ensemble.

IV. La palabre comme moyen de règlement des conflits en politique en Afrique.
La palabre se déroule en présence de toutes les parties concernées, en l’occurence en présence des accusés.
Dans la palabre, tous les interpellés sont pris au sérieux, même les méchants. Discréditer les accusés ou les cantonner à des simples figures d’alibi, comme ce fut le cas dans certaines conférences nationales en Afrique, pèse sur l’ordre nouveau ardemment souhaité et condamne d’entrée de jeu la palabre à l’échec.
Les piliers de la théories de la palabre sont la franchise, la confiance mutuelle, l’harmonie, la réconciliation, la renonciation à la violence et la thérapie.

Concluons avec Kourad Weib qui trouve que la réconciliation est un processus lent et laborieux qui passe par de nombreux écueils et de nombreux détours.
Les rencontres entre victimes et coupables ainsi que la réflexion commune sur les atrocité du passé sont des éléments substantiels de la réconciliation.

Références bibliographiques.
1) BUAKASA, T.K.M., « Le projet des rites de réconciliation », in Cahiers des Religions Africaines, Kinshasa, P.U.Z., 8 (1974) 6, p.199.
2) FISHER, S. & alii, Cheminer avec le conflit, compétences et stratégies pour l’action, Nottingham (Royaume Uni), Russel Press, 2002, p.12.
3) KOUDISSA, J., « Palabre et culture de la réconciliation en Afrique », in Réconciliation en Afrique et en Europe, Bonn, Ed. F.B.S., 2004, pp. 11-19.
4) IBIDEM, p.12.

3ème exposé : « LA PAIX ET LA RECONCILIATION DANS LE CONTEXTE
POLITIQUE DU RWANDA APRES LE GENOCIDE DE 1994 »
Par le Professeur François MPAMBA.

Pour bien comprendre la question de la paix et la réconciliation au Rwanda après le génocide de 1994, il est important d’examiner d’abord le contexte socio-politique général dans les pays des Grands Lacs à partir de l’année 1990. Pourquoi l’année 1990 comme référence du début ? C’est qu’à partir de cette année, on note un événement de portée mondiale avait eu lieu en ex-URSS, à savoir la Perestroïka. Il s’agit d’un changement politique d’envergure qui fut initié en URSS par GORBATCHEV, alors Président de cette Union. L’URSS disparaissait en tant qu’union des pays socialistes au profit de la démocratisation des différentes entités qui la constituaient. Le mouvement de la Perestroïka gagna les pays des Grands Lacs. Plusieurs régimes dictatoriaux d’Afrique furent contrains à se démocratiser. Parmi eux figuraient les pays des Grands Lacs. Voilà ce qui explique que nous considérions l’année 1990 comme le terminus « a quo » de notre communication.
Notre exposé va porter sur trois points, à savoir la situation socio-politique dans les Grands à partir de 1990, ensuite les voies pour la paix et la réconciliation politique au Rwanda, enfin quelques recommandations.
1. La situation socio-politique dans les pays des Grands Lacs à partir de
l’année 1990.
Avec le vent de la Perestroïka à l’Est de l’Europe, le mur de Berlin tombe, le communisme vole en éclat. L’heure de la démocratisation sonna sur le continent africain.
En République Démocratique du Congo (alors Zaïre), feu le Président Mobutu proclama le multipartisme le 24 avril 1990 après la consultation populaire organisée à travers tout le pays. Le 07 août 1991, la Conférence Nationale Souveraine (CNS) s’ouvre. Elle se termine en décembre 1992. Commença alors une longue période de Transition au cours de laquelle MOBUTU s’illustra par des manipulations pour continuer à contrôler le pouvoir dans la violation massive des droits de l’homme. Le 16 février 1992, les chrétiens qui reclamaient paisiblement la réouverture de la CNS furent massacrés par les soldats de Mobutu. Au Katanga, Mobutu soutint l’expulsion des populations originaires du Kasaï qui furent dépossedées de leurs biens et dont plusieurs perdirent la vie. « A l’Est de la RDC, les dignitaires de Mobutu encouragèrent les luttes tribales » (Migabo Kalere, J., 2002 : 21). Les résolutions de la CNs furent bloquées par la volonté de Mobutu contre les attentes de la population.
Dans les pays voisins, notamment le Burundi et le Rwanda, la situation ne fut guère calme. Au Burundi, le Président Melchior Ndadaye, un Hutu démocratiquement élu est assassiné le 23 octobre 1993. Les massacres des Tutsi burundais s’ensuivirent. Au Rwanda, le Président Habyarimana est tué le 05 avril 1994 dans un avion en provenance des négociations d’Arusha. Son avion fut abattu au dessus de l’aëroport de Kigali. Avec lui, mourut également le Président burundais, Cyprien Ntaryamira qui avait succédé à Ndadaye. Un génocide fut déclenché au Rwanda : près d’un million de Tutsi et Hutu modérés furent tués. Le Front Patriotique Rwandais (FPR) composé surtout des Tutsi réussit à prendre le pouvoir à Kigali en juillet 1994.
La France organisa l’opération turquoise qui emmena plus d’un million des Hutu rwandais en RDC. Parmi ces réfugiés, on comptait les anciens militaires de l’armée rwandaise et des miliciens Interahamue dont plusieurs avaient pris part au génocide. A partir des camps des réfugiés, les anciens miliciens faisaient régulièrement des incursions au Rwanda (Idem :22).
Au Burundi , le Président Ntaryamira tué avec Habyarimana fut remplacé par Ntibantunganya. Le 25 juillet 1996, le major Tutsi Pierre Buyoya prend le pouvoir à Bujumbura. Des miliers des Hutu burundais furent massacrés par l’armée à majorité tutsi. Plusieurs Hutu burundais entrèrent en RDC du côté d’Uvira.
« La présence des réfugiés hutu rwandais et burundais au Nord et Sud Kivu constituait une bombe à retardement sur le sol congolais. Leur coexistence avec les Tutsi congolais engendra des conflits alimentés par le régime de Mobutu qui s’illustra par des violations massives des droits de l’homme » (Ibidem). Lorsque la première guerre de libération éclata en RD Congo en octobre 1996, l’armée rwandaise en profita pour poursuivre les vaincus de la guerre du Rwanda qui s’étaient réfugiés au Congo (Ndaywell e Nziem, 2004 :29).
La présence rwandaise en RDC se manifesta aussi bien pendant la guerre de libération que pendant la guerre d’agression. Pendant la guerre de libération en effet, profitant de l’entrée de Laurent Désiré Kabila en octobre 1996, l’armée rwandaise déclencha une attaque contre les camps des réfugiés rwandais à l’Est de la RDC. Plusieurs milliers de ces réfugiés se dispersèrent dans les montagnes et les forêts congolaises de l’Est, d’autres se dirigèrent vers le Rwanda à partir du camp de Mugunga à l’Ouest de Goma. Au début de cette guerre, le Président rwandais Bizimungu avait déclaré que les frontières zaïro-rwandaises devaient être revues en faveur du Rwanda. Il cherchait à aggrandir le territoire rwandais au détriment de la R.D.Congo. Cette manière de voir les choses fut rejetée par la Communauté Internationale. Le Rwanda évoquait constamment la présence de ces réfugiés au Congo pour justifier ses violations du territoire congolais.
Pendant la guerre d’agression en RDC, la situation s’était encore empirée. Le Rwanda avait continué à violer le territoire congolais. En novembre 1998, le Président Paul Kagame reconnaît pour la première fois la présence des troupes rwandaises aux côtés des rebelles congolais du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). En janvier 1999, le Secrétaire Général de l’OUA, Salim Ahmed Salim, déclara inappropriée l’intervention du Rwanda et de l’Ouganda en RDC.
Pour certains chercheurs, tel Admara Haddad, le Rwanda avait un agenda économique caché sur les richesses de la RD Congo. Par ailleurs, par ses résolutions 1294 et 1304 relatives à la guerre en RD Congo, le Conseil de Sécurité de l’ONU condamna la présence des forces étrangères sur le territoire congolais. Il affirmait que cette présence « constitue une menace pour la paix et la sécurité internationale » (Conseil de Sécurité : 1999 et 2000).
De tout ce qui précède, nous pensons affirmer que la situation socio-politique dans les pays des Grands Lacs s’est fortement dégradée en quinze dernières années avec le génocide de 1994 au Rwanda, les deux guerres en RD Congo et l’instabilité politique au Burundi.
Pour parler du Rwanda, il y a lieu de retenir que le génocide de 1994 a déversé sur le sol congolais des milliers des réfugiés dont les anciens soldats et les miliciens hutu rwandais. La présence de ces derniers en RDC constitue un danger permanent pour la RDC et pour le Rwanda. En effet, ces miliciens tuent chaque jour les populations congolaises de l’Est ; ils pillent les paisibles paysans et violent leurs femmes. Ils se sont constitués en mouvement appelé « Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda » (FDLR). Celles-ci expriment des revendications politiques vis-à-vis de leur pays le Rwanda où ils ils entendent jouir de leurs droits politiques. Ces FDLR sont une épine dans le pied aussi bien pour la RDC que pour le Rwanda. La réconciliation politique au Rwanda passe aussi par la réconciliation avec ces FDLR. Mais quelles sont les voies de cette réconciliation ?

2. Les voies de la paix et la réconciliation politique au Rwanda.
Les voies d’une réconciliation politique au Rwanda peuvent être envisagées à deux niveaux : au niveau régional, ensuite sur le plan international.
D’abord au niveau régional. Nous avons montré que l’entrée au Rwanda du Front Patriotique Rwandais (FPR) à majorité tutsi lors du génocide de 1994, et la prise de pouvoir au Burundi en 1996 par le Major tutsi Pierre Buyoya avaient entraîné un grand nombre de Hutu rwandais et burundais sur le sol congolais. Au Nord Kivu, ces Hutu rwandais comptaient parmi eux des anciens soldats rwandais et des miliciens Interahamwe qui ont formé par la suite le mouvement politique FDLR. Etant donné que ces FDLR ont des révendications politiques vis-à-vis du Rwanda, la sortie de la crise politique au Rwanda passe par la réconciliation avec les FDLR. Cette réconciliation rwando-rwandaise permettra de résoudre également le problème de la présence nuisible des FDLR au Congo puisque celles-ci devront être rapatriées dans leur pays. A propos de leur présence en RDC, le Président Joseph Kabila a déjà dit que le temps de carottes est terminé et qu’il faut passer à la force pour faire déguerpir ces gens. La paix et la réconciliation au Rwanda est liée à la réconciliation rwando-rwandaise avec les FDLR sur le plan régional.
Au niveau International, la Communauté Internationale peut aider à retrouver la paix dans les pays des Grands Lacs. En effet, nous svons que lors du génocide au Rwanda en 1994, la France avait organisé l’opération turquoise qui avait fait entrer les anciens soldats et les miliciens rwandais au Congo. A cause de cela, la Communauté Internationale peut agir en synergie avec la MONUC pour que ces miliciens rwandais rentrent chez eux et qu’ils y trouvent un espace politique favorable.
Enfin, nous proposons quelques recommandations pour la paix et la réconciliation au Rwanda et dans les Grands Lacs d’Afrique.

3. Des recommandations pour la paix et la réconciliation au Rwanda.
Pour que la paix et la réconciliation s’établissent dans le contexte politique au Rwanda, nous proposons les recommandations suivantes :
1. Que le dialogue politique et interethnique rwando-rwandais ait lieu au Rwanda entre le pouvoir en place et les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) qui doivent quitter la RDC et se rendre dans leur pays ;
2. Que les Eglises du Rwanda et des Pays des Grands Lacs d’Afrique initient les projets de réconciliation dans tous les pays des Grands Lacs. Qu’elles veillent à l’exécution de ces projets pour qu’ils aient des effets multiplicateurs ;
3. Que la jeunesse des pays des Grands Lacs, à l’instar du RJMP, mette en place des initiatives de rencontres. Ces rencontres peuvent avoir lieu à tour de rôle dans chaque pays des Grands Lacs. Elles seront alors porteuses d’espoir pour la paix et la réconciliation ;
4. Enfin, que les femmes des pays des Grands Lacs montent des stratégies pour organiser des symposiums pour la promotion de la paix et la réconciliation dans les Grands Lacs. Ces activités pourront produire l’effet « boule de neige » dans chaque pays des Grands Lacs. De la sorte, la paix et la réconciliation adviendront également au Rwanda.
.../...
Bibliographie.
1. Conseil de Sécurité de l’ONU, Résolution 1234, New York, 9 avril 1999.
2. Idem, Résolution 1304, New York, 16 juin 2000.
3. Haddad, A., Pistes de réflexion sur : les causes internes et externes des conflits dans la région des Grands Lacs, Presses Universitaires de Lubumbashi, 1999.
4. Migabo, Kalere, J., Génocide au Congo ? Analyse des massacres des populations civiles, Bruxelles, 2002.
5. Ndaywell e Nziem, « La République Démocratique du Congo et ses constitutions successives », dans Comprendre la Transition, Fored, Kinshasa, 2004.
------------------------

4ème exposé : « LA RESTITUTION DES ACQUIS DE LA
FORMATION DE MOUNDOU/TCHAD »
Par l’Assistant Edel Martin KABUTAKAPUA.

La formation de Moundou/Tchad a été organisée et dispensée par l’Université de Paix en Afrique –UPA-, un organisme basé en Allemagne. C’est la 5ème session de formation organisée par ladite université et à laquelle ont pris part 16 participants venus de plusieurs pays d’Afrique.
Avant de faire la restitution de cette importante et pertinente formation, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Missio München dont l’appui financier d’une valeur de trois milles euros (3.000qui

MOT DE CIRCONSTANCE DU PRESIDENT ADMINISTRATEUR DU RESEAU « JEUNES DANS LE MONDE POUR LA PAIX (RJMP/ONGDH), MONSIEUR EDEL MARTIN KABUTAKAPUA NANSH’A TSHIBUABUA, PRONONCE A L’OCCASION DE LA CLOTURE DU « RJMP COUPLE 2007: SEMAINE DE LA PAIX- ASSEMBLEE GENERALE », A KANANGA, LE 22 DECEMBRE 2007.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------

• Monsieur le Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province,
• Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
• Monsieur le Commandant du Détachement Belge ici représenté,
• Distingués invités,
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
• Tout protocole observé,

Au moment où les lampions s’éteignent sur le « RJMP couplé 2007 : Semaine de la Paix et Assemblée Générale », au nom du Conseil d’Administration et de tous les membres du RJMP, je me fais le devoir de vous saluer très chaleureusement et de vous remercier pour votre présence à nos côtés en cet instant.
Je remercie tout particulièrement l’Autorité Provinciale, ici représentée par Monsieur le Directeur de Cabinet de Monsieur le Gouverneur de Province, à qui je rends hommage pour son implication à la réussite de ces assises qui s’achèvent ce jour.
Je rends aussi hommage à Pax Christi International et à tous nos partenaires impliqués à l’oeuvre de construction de la paix, de la prévention et de la gestion de conflits.
Je remercie enfin les auteurs des communications et les participants non seulement pour avoir rendu cette semaine de la paix possible, mais aussi et surtout pour la qualité du travail accompli.

• Monsieur le Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province,
• Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
• Monsieur le Commandant du Détachement Belge ici représenté,
• Distingués invités,
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
• Tout protocole observé,

Le RJMP est persuadé que la paix est la clé du développement et du bonheur des hommes puisque sans elle, tous les projets échouent. C’est pourquoi depuis sa création en 1999, le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » ne ménage aucun effort pour vulgariser les cultures des droits humains et de la paix en RDC et dans la Province du Kasaï Occidental par la sensibilisation et la formation de ses membres, par les contacts avec les partenaires étatiques et para-étatiques, par les pladoiries, les dénonciations, les actions de lobbying et ce, dans le but de promouvoir lesdites cultures.
Au RJMP, nous sommes conscients de l’âpreté de notre mission, puisque « la paix est un processus sans fin », comme l’affirme Oscar Arias Zanchez. Mais jamais nous ne nous lasserons de lutter.
Aujourd’hui, je puis déclarer solennellement la grande joie du RJMP de savoir que Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province a inscrit la défense et la promotion des Droits de l’Homme en bonne place dans son Programme d’actions. Je le félicite d’avoir pris en compte cette dimension importante de la bonne gouvernance. Le RJMP lui offre son expérience de terrain en vue d’asseoir la paix dans notre Province. Les peuples qui se développent sont ceux qui ont su cultiver d’abord le climat de paix dans les esprits et dans les actes. Le jour où tout l’espace ouest-kasaien vivra la paix, le peuple s’adonnera au travail, et les conditions de vie des masses changeront inévitablement.
Pendant ce temps, la situation des Droits de l’Homme en République Démocratique du Congo en général et au Kasaï Occidental en particulier demeurent morose. L’insécurité et la guerre à l’Est, l’insécurité à Kinshasa, les vols, viols et l’insécurité à Kananga, meurtres à répétition à Tshikapa et à Ntenda, autant de sujets d’inquiétude qui doivent nous interpeler tous, la paix étant l’affaire de tous.
Il revient donc à chacun de nous d’apporter sa pierre à l’édifice, comme l’ont fait ces dignes fils de notre pays que nous allons proclamer « Lauréats Artisans de la Paix, édition 2007 ». Ces compatriotes méritent cette dignité pour leurs actions en faveur de la paix dans notre Province.
En effet, la nouvelle pédagogie de promotion des Droits de l’Homme initiée par le RJMP consiste, non seulement à dénoncer les auteurs des violations des droits humains et à plaider en faveur des victimes, mais aussi à reconnaître et à étaler au grand public les mérites des compatriotes qui, par leurs discours et surtout par leurs actions – insignifiantes soient-elles – ont contribué à cultiver la paix dans les esprits des Congolais. Le RJMP les présente comme des modèles à suivre. Dans ce sens, les brevets prévus et que nous allons leur descerner ce jour doivent être lus comme un encouragement, un stimulus à la recherche de la paix parmi les hommes.
Ces brevets, reconnus par des Organisations Nationales en faveur de la paix (à l’instar de la Ligue Nationale pour les Elections Libres et Transparentes –LINELIT-) et des Organisations Internationales (comme Pax Christi International et l’Université de Paix en Afrique –UPA- ) ne s’achètent pas. Ils ne s’obtiennent pas par pression. A chaque fin d’année, le Conseil d’Administration du RJMP délibère librement, sur base des critères objectivement arrêtés et vérifiables, pour désigner les compatriotes qui, par leurs actions méritent cette attestation. Tout à l’heure, comme à l’acoutumée, nous donnerons des justifications de désignation de chacun des lauréats de cette édition.
Aux participants de « la Semaine de la Paix 2007 », je recommande l’engagement et l’abnégation dans lutte pour la paix dans notre pays. Nous avons tous besoin de cette paix pour notre reconstruction. Vous avez donc le devoir non seulement de cultiver la paix dans vos milieux respectifs, mais aussi de restituer les enseignements reçus à la base. J’ose compter sur vous et je vous souhaite déjà un franc succès dans votre lourde tâche.

• Monsieur le Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province,
• Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
• Monsieur le Commandant du Détachement Belge ici représenté,
• Distingués invités,
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
• Tout protocole observé,

Je me réjouis de la tenue de la « Semaine de la Paix 2007 au Kasayi » à quelques jours de la commémoration de la naissance du « Prince de la Paix », j’ai cité « Notre Sauveur Jésus-Christ ».
C’est pourquoi, au nom du Conseil d’Administration et de tous les organes du RJMP, au nom de tous partenaires acquis à la cause de la paix dans le monde et en mon nom personnel, je terminerai ce mot par exprimer à chacun de vous et à vos familles nos voeux de Joyeux Noël. Encore une fois JOYEUX NOEL !
Je vous remercie.

PRESENTATION ET REMISE DES BREVETS AUX LAUREATS ARTISANS DE LA PAIX, EDITION 2007 A L’OCCASION DE LA CLOTURE DU « RJMP COUPLE 2007: SEMAINE DE LA PAIX- ASSEMBLEE GENERALE »,
A KANANGA, LE 22 DECEMBRE 2007.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------

• Monsieur le Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province,
• Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
• Monsieur le Commandant du Détachement Belge ici représenté,
• Distingués invités,
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
• Tout protocole observé,
Comme je venais de vous le dire, le Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix » - RJMP/ONGDH- va procéder à la remise des attestations aux lauréats-artisans de la paix 2007.
Selon notre tradition inaugurée il y a une année, nous justifions brièvement la désignation de chacun à cette dignité. C’est ce à quoi je vais me livrer à présent.

1er lauréat : M. BAFE BOKAU BAFOKU, Procureur Général du Kasaï
Occidental.
Monsieur le Procureur Général est un véritable Artisan de la paix dans notre Province dans la mesure où il réagit toujours positivement à toutes les correspondances voire à toutes les communications téléphoniques du RJMP en matière de défense et de promotion des Droits de l’Homme. En avril 2007, il avait adhéré et suggéré les propositions faites à l’Archevêque de Kananga par le RJMP sur le conflit qu’il a (le Procureur Général a) lui-même qualifié de nébuleux et scabreux, lequel conflit opposait les religieux et religieuses de la Mission Catholique Mashala. Le même mois, il avait déjà réagi à la lettre du RJMP adressée à l’Auditeur Militaire de Garnison de Kananga sur la situation des droits de l’homme très préoccupante à Dimbelenge. Il avait aussi bien compris et rétabli la paix en rendant la justice juste au sein de la Mutuelle des Ressortissants de Dimbelenge à Kananga –MUREDI- au sein de laquelle le conflit de leadership opposait les frères du même Territoire.
En juillet 2007, il a réagi très rapidement et positivement au rapport de mission du Président Administrateur du RJMP dans la Ville de Tshikapa, rapport très critique quant à l’administration de la justice et la détention des détenus dans cette contrée de la Province. Sa réaction à ce rapport, dans sa référée N° 619/PG.072/040/KGA/SEC/2007 du 25 juillet 2007 adressée au Chef du Parquet Secondaire de Tshikapa avec copies au Procureur de la République à Luebo et au Gardien de la Prison de Tshikapa à Tshikapa, est éloquente quand il écrit à ses collaborateurs en ces termes, je cite:
« J’ai l’honneur de vous faire parvenir en annexe, photocopie certifiée conforme du rapport de mission du Président Administrateur de la (sic) R.J.M.P. du 23-26/5/2007.-
Je vous demande de le faire lire à tous les Magistrats et Inspecteurs de Police Judiciaire de votre ressort pour que chacun en ce qui le concerne puisse faire changer cette mauvaise image de la justice dans cette partie du pays.-
Les faits soulevés à la page 2 point VI, paragraphe 2, page 3 et 5 doivent attirer l’attention de tous.- », fin de citation !
Monsieur le Procureur Général est persuadé que sans justice il n’y a pas de paix dans une communauté. Voilà un exemple d’administrateur de justice à suivre.
Le RJMP ne pouvait pas rester indifférent à ses actions en faveur de la justice sans laquelle il n’y a pas de paix. Et j’invite Monsieur le Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur du Kasaï Occidental, à lui remettre officiellement l’attestation délivrée par le RJMP avec ses partenaires pour l’encourager.

2ème lauréat : BALYANA MASTAKI Nestor, Administrateur du
Territoire de Dimbelenge.
Ce compatriote du Sud-Kivu est un véritable activiste des Droits de l’Homme et, de surcroît, un artisan de paix dans l’administration publique dont nos villages ont besoin.
En effet, au moment où ses collègues se précipitent et exigent des sommes importantes d’argent et des chèvres pour résoudre les conflits, l’AT Nestor prend la Bible et s’y réfère pour entamer la réconciliation et la médiation entre, par exemple, les frères d’une même famille qui se disputent un pouvoir coutumier. Ce faisant, cet administrateur arrive à calmer parfois les tensions entre les membres d’une même famille et entre les villages. On l’a vu en conflit avec des policiers à qui il reproche souvent le traitement corporel inhumain et dégradant à l’endroit des paisibles villageois, les arrestations arbitraires, les escroqueries et extorsions des biens, le viol, le manque de respect à l’endroit des autorités coutumières, etc.
Comme on peut le constater, le RJMP trouve en l’Administrateur Nestor BALYANA un modèle d’administrateur dont la République Démocratique du Congo a besoin pour la construction de la paix à partir de la base, surtout à cette période de la décentralisation.
Puis-je demander à présent à Monsieur le Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Me Trésor KAPUKU NGOY, Gouverneur de la Province du Kasaï Occidental, de remettre solennelement l’attestation délivrée par le RJMP avec ses partenaires au représentant du lauréat concerné.

3ème lauréat : Général Gédéon KIBONGE MULOMBA, Commandant de l’Académie Militaire à Kananga.
Né à Kananga, le Général KIBONGE a grandi et obtenu la majorité de ses grades au service militaire à Kananga. Il a donné le meilleur de lui-même au profit de la paix dans l’Ouest Kasaï durant les périodes très critiques telle des pillages, des insurrections militaires et pendant d’autres moments où la paix était menacée. Le RJMP retient de lui l’ouverture, l’humilité et l’esprit d’écoute grâce auxquels il comprend et résoud les problèmes que ses interlocuteurs soumettent à sa compétence.
Le RJMP se souvient avoir dérangé son sommeil en lui téléphonant une nuit à 2 heures du matin pour lui demander d’intervenir contre un groupe de bandits qui opéraient au niveau de l’Avenue des Manguiers à Kamayi Athénée. Quelques minutes après, grâce à son intervention rapide et énergique, les inciviques furent arrêtés tandis que la pauvre femme et toute sa famille furent sauvées.
Voilà un modèle de militaire dont le pays a besoin pour sa reconstruction. Et une raison de plus, pour le RJMP, de demander au Représentant de l’Autorité Provinciale du Kasaï Occidental de lui remettre officiellement l’attestation qui lui a été réservée.

4ème lauréat : M. Stéphane LOMBELA POYO, Promoteur du
Complexe Scolaire MULUNDU.
Vers les années 82-83, les parents de la Ville de Kananga s’inquiétaient, au point d’avoir des insomnies, sur le sort des études de leurs enfants. Les capacités d’accueil et les conditions de travail des écoles publiques ne permettaient ni la scolarisation de tous les enfants, ni de leur offrir un enseignement de qualité.
C’est en ce moment précis que Monsieur Stéphane LOMBELA POYO a eu l’initiative de créer la première école privée à Kananga (et certainement au Kasaï Occidental) : le Complexe Scolaire Mulundu. Il a ainsi aidé l’Etat à scolariser de nombreux enfants et jeunes, et à baisser les tensions nerveuses qui gagnaient plusieurs parents.
Depuis cette date le Complexe Scolaire Mulundu dispense un enseignement de haute qualité. L’attestent les 3 premiers prix remportés par ses élèves au concours d’éloquence organisé par la MONUC-KANANGA en 2006, et les 100% des réussites à la dernière session d’examens d’Etat alors que dans l’ensemble les résultats sont mauvais dans notre Province.
Monsieur Stéphane LOMBELA est le véritable pionnier des écoles privées au Kasaï Occidental et un modèle d’homme d’initiatives.
C’est pourquoi, je prie Monsieur le Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur du Kasaï Occidental, de bien vouloir lui remettre officiellement cette attestation destinée à primer ses efforts.

5ème lauréat :Joseph MUBENGAYI SOMBAMANYA, Promoteur de la
Radio-Télévision Kasaï Horizons.
Un autre modèle d’homme d’initiatives dans notre Province est Monsieur Joseph MUBENGAYI SOMBAMANYA.
Autour des années 93-94, la Ville de Kananga en particulier et le Kasaï Occidental en général vivait dans l’ignorance totale des événements du pays. La Station Provinciale de la Voix du Zaïre à cette époque n’émettait qu’à peine. La station-mère de Kinshasa n’atteignait plus l’Ouest-Kasaï. La population ouest-kasaienne, coupée des informations locales et nationales et même de la détente, s’énervait, s’inquétait, ....
C’est en ce moment que Monsieur Joseph MUBENGAYI, alias MUBES, a installé, grâce à ses propres moyens – sans crier financement – la Radio KASAI HORIZONS dans les installations de l’Alliance Franco-Congolaise et avec du matériel de fortune.
Technicien lui-même, l’Ingénieur MUBES a donné la preuve que pour construire son pays, il ne faut pas nécessairement être un universitaire ou un ministre. Il suffit de connaître les besoins de ses compatriotes et d’y répondre pour qu’ils vivent dans la paix. Ainsi, il a fait valoir cette sagesse qui stipule que « les oiseaux volent non pas parce qu’ils ont des ailes mais qu’ils ont eu des ailes parce qu’ils ont voulu voler ».
Aujourd’hui, la Radio-Télévision Kasaï Horizons a son propre siège et elle engage un certain nombre des compatriotes, leur permettant ainsi de vivre dans la paix.
Et l’exemple de Joseph MUBENGAYI est suivi de nombreux compatriotes. Ce qui contribue davantage au progrès de la communication et de la paix en République Démocratique du Congo.
Vive Joseph MUBENGAYI SOMBAMANYA pour qui j’invite pour la nième fois Monsieur le Directeur de Cabinet à descerner officiellement l’attestation d’artisan de la paix, édition 2007, à son représentant.

6ème lauréat : Monsieur NGALAMULUME KATUMBA, Chef de la
Division Provinciale des Droits Humains du Kasaï Occidental.
Ancien Coordinateur Régional des Ecoles Conventionnées Protestantes et Syndicaliste, le RJMP retient de Monsieur NGALAMULUME Katumba de nombreuses interventions et de visites des cachots pour la défense des Droits de l’Homme, spécialement les droits des détenus. Chef de la Division Provinciale des Droits Humains, Monsieur NGALAMULUME Katumba est un modèle de son genre. Le Réseau le reconnait encore en tant que « homme de et sur terrain » : toujours debout, il divorce souvent d’avec sa chaise de bureau pour réagir positivement soit aux informations d’activistes des droits de l’homme soit aux appels au secours à lui lancés par les victimes des droits humains.
Ne pouvant pas rester indifférent aux actions positives de cet ancien président du Syndicat des agents et fonctionnaires de l’Etat du Kasaï Occidental, le RJMP, qui a reconnu ses mérites, sollicite à Monsieur le Représentant du Gouverneur de la Province du Kasaï Occidental la remise officielle ce jour de l’attestation qui lui a été réservée.

7ème lauréat : Général OBED RWIBASIRWA, Commandant de la 4ème
Région Militaire.
Au moment de la passation de commandement à la 4ème Région Militaire entre le Général Etienne KASEREKA SINDANI (partant) et le Général François OBED RWIBASIRWA (entrant), le peuple ouest-kasaien en général, invité à la cérémonie, et le RJMP en particulier se demandaient si la Province aurait encore la chance d’avoir à sa tête un commandant qui militerait pour la paix comme le Général Etienne KASEREKA ! A peine entré en fonction, le Général OBED François a impressionné le RJMP en voyageant par route à Tshikapa, Kamonia et Kamako (distance de plus de 400 KM sur une route non praticable) et ce, avec un dispositif de sécurité qui rassurait les villages situés sur ce trajet. Ce voyage du Commandant Région avait permis de ramasser et de mettre à la disposition de la justice militaire de Tshikapa tous les éléments indisciplinés des FARDC qui semaient la terreur sur cette route insécurisée ! C’est aussi, ce voyage qui lui avait permis de se rendre compte de l’insécurité grandissante et qui l’avait amené jusqu’à la fontière de notre pays avec l’Angola, créant l’orgueil et la fierté dans les coeurs des compatriotes congolais vivant à la frontière, satisfaits d’avoir une armée bien équipée et outillée, avec des généraux crédibles!
Ne dit-on pas que les premières impressions ont toujours été les plus marquantes ! Partout où la paix a été menacée dans notre Province, le Général OBED n’a pas hésité à se présenter sur les lieux pour la rétablir. Nous l’avons encore vu voyager par route à Tshikapa, à Ilebo, à Mweka, etc. Et partout où il se présente, il s’entretient et réserve une bonne place aux chefs coutumiers, il se fait respecter, il se fait écouter. C’est certainement ce charisme qui lui a permis d’imposer la discipline militaire à ses hommes de troupes tant à Kananga qu’à l’intérieur de la Province.
Des témoignages abondent pour attester que le Général OBED est un modèle de militaire acteur de la paix et de développement.
Qu’il plaise au Directeur de Cabinet, Représentant personnel de Son Excellence Monsieur le Gouverneur du Kasaï Occidental, de remettre officiellement cette attestation à un général présent dans cette salle pour ala transmettre au Général OBED.

8ème lauréat : Monsieur l’Abbé Pierre TSHIMBOMBO MUDIBA,
Prêtre, Professeur Ordinaire et Directeur Général de l’ISP/Kananga.
L’ancien Directeur Général de l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR/Tshibashi) et l’actuel Directeur Général de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP/Kananga) depuis 2000, l’Abbé Pierre TSHIMBOMBO est le prototype même de cultivateur de paix, de courtoisie, d’amour, de fraternité et de respect.
Partout où il a été, jamais il n’a répondu aux provocations, ni aux injures. Au contraire, il a toujours recherché le dialogue et la réconciliation entre les parties en conflit.
Le RJMP retient de lui sa haine contre le tribalisme. Il ne s’intéresse qu’à la compétence et non aux origines géographiques ni aux classes sociales. Ce sont ces valeurs qu’il conseille aux jeunes à qui il s’adresse.

Conclusion.
Les brevets que nous venons de décerner aux lauréats-artisans de la paix 2007 ne constituent pas la fin d’un parcours. C’est pourquoi le RJMP exhorte ces heureux lauréats à oeuvrer davantage à l’instauration de la culture de la paix, à donner le meilleur d’eux-mêmes et à servir de modèle pour que vivent notre Province, notre pays, notre Afrique et notre monde entier.
Je vous remercie.
Pour le RJMP

Edel Martin KABUTAKAPUA
Président Administrateur

MOT DU REPRESENTANT DES LAUREATS ARTISANS DE LA PAIX, EDITION 2007 REMIS A LA REDACTION DU RJMP/ONGDH.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------
• Excellence Monsieur le Gouverneur de Province,
• Excellence Mgr l’Archevêque,
• Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
• Honorables Députés Provinciaux,
• Excellences Messieurs les Ministres Provinciaux,
• Monsieur le Président-Administrateur du RJMP,
• Monsieur le Bourgmestre de la Commune de Kananga,
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Au nom de mes amis lauréats de ce jour qui avons reçu le brevet d’artisans de paix 2007, je tiens à remercier les organisateurs de la manifestation spécialement le Président du RJMP pour avoir pensé à nous pour cette haute distinction.
La paix dans le monde est une condition sine qua non pour que la vie des gens se passe normalement.
L’Eglise Catholique s’est beaucoup impliquée dans la recherche de la paix dans le monde.
Il est de tradition depuis Sa Sainteté le Pape Paul VI que le 1er janvier de chaque année soit célèbrée une journée mondiale de prière pour la paix et le magistère de l’Eglise livre au monde un message de paix à cette occasion.
De ces divers messages sont nés une science de la paix et un lexique de la paix dont je vous lis quelques titres ci-après :

• 1979 : Pour parvenir à la paix, éduquer à la paix ;
• 1980 : La vérité, force de la paix ;
• 1981 : Pour servir la paix, respecte la liberté ;
• 1982 : La paix, don de Dieu confié aux hommes ;
• 1983 : Le dialogue pour la paix, un défis pour notre temps ;
• 1984 : D’un coeur nouveau naît la paix ;
• 1985 : La paix et les jeunes marchent ensemble ;
• 1986 : La paix, valeur sans frontières ;
• 1987 : Développement et solidarité, deux clés pour la paix ;
• 1988 : La liberté religieuse, condition pour vivre ensemble la paix ;
• 1989 : Pour construire la paix, respecter les minorités ;
• 1990 : La paix avec Dieu Créateur, la paix avec toute la création ;
• 1991 : Si tu veux la paix, respecte la conscience de tout homme ;
• 1992 : Croyants : tous unis dans la construction de la paix ;
• 1993 : Si tu cherches la paix, vas à la rencontre des pauvres ;
• 1994 : De la famille naît la paix de la famille humaine ;
• 1995 : La femme, éducatrice de la paix ;
• 1996 : Donnons aux enfants un avenir de paix ;
• 1997 : Offre le pardon, reçois la paix ;
• 1998 : De la justice de chacun naît la paix pour tous ;
• 1999 : Le secret de la véritable paix réside dans le respect des droits humains ;
• 2000 : Paix sur terre aux hommes, que Dieu aime !;
• 2001 : Dialogue entre les cultures pour une civilisation de l’amour et de la paix ;
• 2002 : Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans pardon ;
• 2003 : « Pacem in terris » : un engagement permanent ;
• 2004 : Un engagement toujours actuel : éduquer à la paix ;
• 2005 : Ne te laisse pas vaincre par le mal mais sois vainqueur du mal par le bien.

Excellence Monsieur le Gouverneur,
Excellence Mgr l’Archevêque,
Honorable Assemblée,

Le Pape Benoît a fait un témoignage éloquent en disant ceci : « J’ai voulu m’appeler Benoît XVI pour me rattacher un esprit au vénéré Pontife Benoît XV qui a guidé l’Eglise au cours d’une période difficile en raison du premier conflit mondial. Il fut un courageux et authentique prophète de paix et se prodigua avec un courage inlassable, d’abord pour éviter le drame de la guerre, puis pour en limiter les conséquences néfastes.
La paix doit être le grand souci de nous tous et nous sommes invités à être des artisans de paix partout où nous oeuvrons.
Merci encore une fois et que Dieu bénisse notre Pays et notre Province.

Pour les lauréats

Professeur Ordinaire Abbé Pierre TSHIMBOMBO MUDIBA
Directeur G de l’ISP/Kananga

DECLARATION FINALE DES PARTICIPANTS AU « RJMP COUPLE 2007: SEMAINE DE LA PAIX- ASSEMBLEE GENERALE » SUR LE THEME
« LA PAIX EST POSSIBLE, CONSTRUISONS-LA »
----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Nous, participants à la « Semaine de la Paix 2007 au Kasayi » et à l’Assemblée Générale 2007 du RJMP, composés respectivement des structures de la Société Civile du Kasaï Occidental et des membres du RJMP ;
A l’issue de notre participation à la Semaine de la Paix au Kasayi sur le thème « La paix est possible, construisons-la », convaincus que la paix est le moteur de tout développement humain durable ;
Instruits que le conflit est une manifestation d’un besoin non satisfait et que toute démarche de réconciliation et/ou de reconstruction de la paix doit au préalable découvrir les besoins réels de chacune des parties en conflit ;
Préoccupés par la guerre à l’Est de notre pays ainsi que par la recrudescence de l’insécurité et des meurtres à Ntenda, dans les villes de Tshikapa et de Kananga et ce, avec toutes les conséquences fâcheuses que cela engendre ;
Renforcés par les communications de haute facture faites par les conférenciers invités pour la circonstance et la restitution, par le Président Administrateur du RJMP, des différents modules de la formation assurée à Moundou (Ville économique du Tchad) du 12 novembre au 1er décembre par l’Université de Paix en Afrique ;
Conscients des efforts que déploient les autorités politico-administratives nationales et provinciales en faveur de la paix ;
Persuadés que de la justice de chacun naissent la paix et le développement durables pour tous ;
Nous, participants bien entendu, faisons la déclaration ci-après sous forme des recommandations :

A. AUX AUTORITES POLITICO-ADMINISTRATIVES
NATIONALES.
• De déployer davantage les efforts pour mettre un terme à la guerre au Nord-Kivu et à l’insécurité grandissante dans plusieurs parties de notre pays et de rassurer nos compatriotes en leur procurant le bien-être social propice à leur épanouissement ;
• D’analyser minutieusement la situation sur terrain pour découvrir les vrais commenditaires et les racines de la guerre qui sévit à l’Est en vue d’une solution appropriée et durable ;
• Encourageons l’organisation prochaine de « la Conférence sur la paix et la sécurité au Nord et Sud-Kivu » et émettons notre voeu ardent de voir les participants à ladite conférence aborder profondément la question de la paix, se parler sincerèment, franchement et dans le respect mutuel en utilisant un langage non-violent dans les négociations de la paix ;
• De respecter, d’appliquer et d’étendre, les promesses du barème de MBUDI à tous les fonctionnaires de l’Etat et de permettre la reprise effective des cours dans tous les établissements de l’Enseignement Supérieur et Universitaire du pays ;
• De favoriser la bonne gouvernance et la démocratie à tous les échelons du pays et de mettre fin à la culture d’impunité ;

B. AUX AUTORITES POLITICO-ADMINISTRATIVES
PROVINCIALES DU KASAI OCCIDENTAL.
• De ne ménager aucun effort pour mettre fin à tout foyer de tension et d’insécurité à travers la province du Kasaï Occidental et particulierèment à Tshikapa et à Kananga ;
• De favoriser la bonne gouvernance et la démocratie à tous les niveaux de la province et de faire le suivi sur la destination de la paie des agents de l’Etat (dont surtout les policiers de l’intérieur sont toujours victimes )souvent détournée et/ou emputée par les responsables de paie qu’il importe de maîtriser ;
• D’appuyer le RJMP pour la restitution effective et des effets multiplicateurs de la formation du Tchad aussi bien dans les centres urbains que ruraux à travers les sessions de formation, les conférences-débats, les émissions radio diffusées et télévisées, etc. ;
• De mettre fin à la culture d’impunité en réservant des sanctions exemplaires à tous les violateurs des Droits de l’Homme et à leurs commanditaires ou leurs sponsors.

C. A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE.
• D’intervenir et de s’investir pour que le dialogue politique et interethnique rwando-rwandais ait lieu au Rwanda entre le pouvoir en place et les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) pour qu’elles quittent la République Démocratique du Congo et retournent dans leur pays ;
• D’aider les organisations des jeunes des pays des Grands Lacs comme le RJMP à mettre en place et à exécuter des initiatives des rencontres porteuses d’espoir pour la paix et la réconciliation entre les pays des Grands Lacs. Ces rencontres peuvent avoir lieu à tour de rôle dans chaque pays des Grands Lacs ;

D. AUX EGLISES ET A LA SOCIETE CIVILE DES GRANDS LACS.
• Que les Eglises des Grands Lacs initient les projets de réconciliation dans tous les pays des Grands Lacs et qu’elles veillent à l’exécution et au suivi de ces projets pour que ces derniers aient des effets multiplicateurs ;
• Que les Organisations de la Société Civile des Grands Lacs s’investissent davantage et jouent pleinement leur rôle de catalyseur des consciences des gouvernants qui doivent être au service des peuples, de sensibiliser ces derniers à prendre part active à la construction de la paix et à contribuer au développement de leurs communautés respectives.
Fait à Kananga, le 22 décembre 2007.

LES PARTICIPANTS

MOT DE CIRCONSTANCE PRONONCE PAR MONSIEUR WENU BECKER, DIRECTEUR DE CABINET ET REPRESENTANT PERSONNEL DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DU KASAI OCCIDENTAL, A L’OCCASION DE LA CLOTURE DE LA « SEMAINE DE LA PAIX ET ASSEMBLEE GENERALE » A KANANGA, LE 22 DECEMBRE 2007.

• Honorable Président de l’Assemblée Provinciale,
• Excellence Monseigneur l’Archevêque de Kananga,
• Monsieur le Président-Administrateur du Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix (RJMP),
• Distingués invités,
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

De la capitale de la République où il achève une mission officielle au service de notre Province, Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province a suivi avec une grande satisfaction le déroulement des travaux de la « SEMAINE DE LA PAIX » organisée par le Réseau jeunes dans le Monde pour la Paix (RJMP en sigle), en partenariat avec Pax Christi International.
Très satisfait, le Chef de l’Exécutif Provincial l’est d’abord de la pertinence du thèmes général de la « SEMAINE DE LA PAIX 2007 » à savoir « La paix est possible, construisons-la ». Il l’est ensuite de la remise des Brevets d’Artisans de Paix aux Ouest-Kasaïens et de l’admission d’une Organisation Non Gouvernementale de défense et de promotion des droits de l’homme de notre Province, en l’occurence le RJMP, dans ce Réseau International pour la Paix dans le monde, Pax Christi.
Certes, cette admission est une fierté pour notre Province. Mais l’Autorité Provinciale est davantage satisfaite de ce que les activités du RJMP rejoignent parfaitement et cristallisent l’une des priorités de son Programme quinquenal d’actions et, cela va de soi, un des cinq chantiers du Président de la République, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE.
Voilà pourquoi le Gouverneur de Province m’a chargé de saluer chaleureusement tous les organisateurs et les participants des assises qui viennent de se tenir, de remercier et de féliciter aussi bien les responsables du RJMP, ceux de Pax Christi que les conférenciers, les uns pour leur souci de restaurer la paix dans notre Province, les autres pour l’excellente facture de leurs communications en faveur de la paix.
Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province m’a chargé aussi de transmettre ses félicitations aux lauréats des Brevets d’Artisans de la Paix 2007. Il espère vivement qu’ils vont contribuer effectivement à asseoir la culture de la paix dans notre Province et à favoriser la reconstruction rapide du Kasaï Occidental.

• Honorable Président de l’Assemblée Provinciale,
• Excellence Monseigneur l’Archevêque de Kananga,
• Monsieur le Président-Administrateur du Réseau « Jeunes dans le Monde pour la Paix (RJMP),
• Distingués invités,
• Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

La problématique de la reconstruction nationale du pays postule la nécessité de la restauration d’une paix durable sans laquelle tout projet de refondation n’est que mirage. La dialectique de paix comme soubassement du développement s’impose singulièrement à notre Province, que l’on range aujourd’hui parmi les Provinces pauvres du pays, et qui tient à quitter cette zone sinistre pour caracoler parmi les régions riches. Or, aucun travail n’est possible lorsque les populations sont acculées aux déplacements constants, ou lorsqu’ils vivent sous la pesanteur de l’angoisse existentielle faute de paix et de sécurité. Quoi qu’il en soit, tous les hommes de bonne foi substituent de plus en plus au sophisme selon lequel « Qui veut la paix prépare la guerre », cette sagesse digne de notre siècle : « Qui veut la paix prépare la paix ».
C’est précisément dans cette optique que Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province salue les efforts du RJMP sur terrain en faveur de la promotion et de la défense de la paix dans notre Province. C’est dans cette même optique qu’il se réjouit de la proclamation d’artisans de la paix au Kasaï Occidental.
Je saisis cette opportunité pour porter à votre connaissance que le Gouverneur de Province entreprend les démarches en vue de connaître et de comprndre l’univers des Organisations Non Gouvernementales Ouest-Kasaïennes. Ces démarches visent la maîtrise des projets et des activités des ONGs opérants au Kasaï Occidental par rapport au Programme d’actions pour une meilleure orientation des actions en faveur des populations.
Ainsi, en matière de promotion et de défense des droits de l’homme, le Gouverneur de Province pourra compter sur le savoir-faire et l’expérience de terrain du RJMP.

Chers participants et bien aimés compatriotes,
Des communications que vous venez de suivre tout au long de cette semaine, vous avez acquis un certain nombre d’informations et de stratégies de haute valeur susceptibles de contribuer à l’ensemencement d’une culture de paix. Cette culture, j’ose l’espérer, vous aiderez l’Autorité Provinciale, à l’enraciner dans les coeurs des Ouest-Kasaïens pour qu’elle se formalise dans leurs actes quotidiens. Autrement dit, nous attendons l’impact visible des enseignements que vous venez de suivre cette et non les brevets pour eux-mêmes.
Tous les Ouest-Kasaïens, qui n’aspirent qu’à la paix et au mieux-être, vous en seront gré, puisque vous aurez posé en leur faveur le jalon d’un développement durable. Et la postérité retiendra votre contribution mémorable.
Pour l’instant, au nom de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province, je réitère mes sentiments de remerciement aux organisateurs et responsables du RJMP et à ceux de Pax Christi International pour les efforts à l’instauration de la culture de paix dans notre Province. Je réitère les mêmes sentiments aux orateurs de ces assises et à tous les participants pour leur disponibilité.
Et au nom du Gouverneur de Province, je déclare closes la « SEMAINE DE LA PAIX ET L’ASSEMBLEE GENERALE 2007 » organisées par le RJMP.
Je vous remercie.

Les adresses de contact du Conseil d'Administration du RJMP/ONGDH
23, Avenue SHABUNDA/Ex Macar (cfr. Immeuble Tshiebue au croisement des Avenues SHABUNDA/Ex Macar et Noëla De Roover/Ex de la Mission, Commune de Kananga
Email : rjmp_3269@yahoo.fr, edm_kanatshi@hotmail.com
Téléphones : +243 997 406 289/+243 898 594 833/+243 851 329 668


Fichier attachéTaille
Semaine de la Paix 2007 au Kasayi 003.jpg1 Mo
Semaine de la Paix 2007 au Kasayi 017.jpg1.14 Mo
Semaine de la Paix 2007 au Kasayi 003.jpg1 Mo
Semaine de la Paix 2007 au Kasayi 007.jpg1.16 Mo