« LA RECRUDESCENCE DE L’INSECURITE DANS LA VILLE DE KANANGA PREOCCUPE LA SOCICO/KASAI OCCIDENTAL

JOURNEE DE REFLEXION ORGANISEE A KANANGA VENDREDI LE 23 MAI 2008 SUR LE THEME « LA RECRUDESCENCE DE L’INSECURITE DANS LA VILLE DE KANANGA, QUE FAIRE ? »
Par Ass. Edel Martin KABUTAKAPUA, Président Provincial de la SOCICO/Kasaï Occidental

¨ Monsieur le Représentant du Directeur de Cabinet du Gouverneur de
Province
¨ Messieurs les Membres du Comité Provincial de Sécurité
¨ Madame et Messieurs les Bourgmestres des Communes
¨ Excellence Monsieur le Gouverneur Honoraire et 1er Gouverneur Noir
du Kasaï
¨ Révérends Pasteurs des Peuples de Dieu
¨ Mesdames et Messieurs les chevaliers de la plume
¨ Monsieur le Commandant du Détachement Belge
¨ Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes
Internationaux
¨ Distingués invités
¨ Chers compatriotes
¨ Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs
(Tout protocole observé)

La Société Civile du Congo, SOCICO en sigle, est enregistrée au Ministère de la Justice et Garde de Sceaux de la République Démocratique du Congo sous réf. F92/3787. Elle est composée des Forces Sociales, notamment des Associations Confessionnelles et Religieuses, Associations Syndicales et Patronales, Ordres, Corporations et Associations Socioprofessionnelles, Associations d’Action philanthropique, Humanitaire et Sociale, Associations scientifiques de la recherche, Groupes de réflexion et Sociétés Savantes, Associations d’Action Economique, Communautaire et Organisations Non Gouvernementales, Associations d’action éducative et morale, Associations des familles, Associations des Femmes, Associations des enfants et de jeunes ainsi que les associations d’actions sportives et culturelles ayant pour vocation le progrès social, moral, intellectuel et culturel des populations du Kasaï Occidental. Au nom de toutes ces associations et organisations et en mon nom personnel je vous souhaite une cordiale bienvenue dans cette salle chapelle de la Paroisse Universitaire Saint Marc de Kananga en même temps que je vous remercie pour avoir répondu massivement à notre invitation.
La Coordination Provinciale de la SOCICO/Kasaï Occidental vous a invités à cette rencontre pour une journée de réflexion sur un thème d’actualité, certes, mais de mauvaise actualité, à savoir « L’insécurité dans la Ville de Kananga ». Avant de vous exposer notre analyse et compréhension de la question qui nous préoccupe et qui nous concerne tous, je voudrais faire ici une mise au point : nous ne sommes pas venus ici comme devant un tribunal où on a des accusés d’un côté et des accusateurs de l’autre. Nous sommes ici pour échanger sur ce fléau en vue d’y trouver des solutions durables et rapides.
La SOCICO estime au demeurant que le sujet est d’actualité mais pas nouveau, ses membres ne sont pas les seuls détenteurs de la vérité et leur souci a été d’ouvrir un espace d’échanges pour qu’en sortant d’ici nous espérions des solutions satisfaisantes. Voilà pourquoi j’inviterai toute personne qui a un mot plus fort que le silence à solliciter la parole soit pour enrichir soit pour contredire ce que nous allons affirmer. Nous ne sommes pas ici pour assister à un monologue mais bien à un dialogue franc, respectueux des uns et des autres en vue de trouver des voies et moyens susceptibles d’enrayer le mal qui a élu domicile dans la Ville de Kananga ce dernier temps. Certes, plusieurs autres contrées de l’arrière province sont aussi confrontées à ce drame.
Voilà pourquoi je félicite et je loue en même temps la présence des honorables membres du Bureau de l’Assemblée, des Honorables Députés Provinciaux, de leurs Excellences Messieurs les Ministres, du Directeur de Cabinet de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province et les membres du Comité Provincial de Sécurité dans cette salle. Ceci témoigne non seulement de l’importance qu’ils accordent à la question de sécurité mais aussi du niveau de notre cheminement vers la démocratie. Ne dit-on pas que la démocratie est une discussion.

¨ Monsieur le Représentant du Directeur de Cabinet du Gouverneur de
Province
¨ Messieurs les Membres du Comité Provincial de Sécurité
¨ Madame et Messieurs les Bourgmestres des Communes
¨ Excellence Monsieur le Gouverneur Honoraire et 1er Gouverneur Noir
du Kasaï
¨ Révérends Pasteurs des Peuples de Dieu
¨ Mesdames et Messieurs les chevaliers de la plume
¨ Monsieur le Commandant du Détachement Belge
¨ Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes
Internationaux
¨ Distingués invités
¨ Chers compatriotes
¨ Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs
(Tout protocole observé)
Par souci de clarté, nous avons articulé notre exposé autour des questions suivantes : Quoi ? (l’insécurité), c’est quoi ? (le manque de paix sociale), l’insécurité par qui ?(les bandits) L’insécurité comment ? (à mains armées, volant, violant, tuant, pillant, ..) Qui doit lutter contre l’insécurité ? Comment ? Pour quels effets ? Et finalement, que faire pour enrayer l’insécurité dans la Ville de Kananga ? L’ensemble de toutes ces questions nous amène à articuler notre intervention autour de cinq points principaux ci-après : la définition et/ou l’entendement de l’insécurité, les instances chargées d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens et l’état de lieu de l’insécurité en RDC et à Kananga, les auteurs de l’insécurité à Kananga, les causes de l’insécurité et, enfin, nous allons terminer par quelques recommandations pour lutter contre l’insécurité.

I. De la définition de l’insécurité :

Je vais attirer votre attention sur le fait qu’une définition n’est pas définitive. Son utilité est simplement de nous servir des repères sémantiques. Autrement dit il y a autant de définitions qu’il y a d’auteurs, mais l’essentiel c’est d’avoir la compréhension du concept.
Nous nous abstenons ici des définitions des dictionnaires. Nous préférons vous donner notre entendement du concept.
Quel est alors notre entendement de l’insécurité ?
Par insécurité nous entendons la peur, l’angoisse, l’insomnie, etc. que nous éprouvons en l’absence de la paix et de la tranquillité sociale. L’insécurité est en fait cette menace qui pèse sur les personnes et leurs biens lorsque ces personnes et ces biens ne sont pas protégés ou le sont insuffisamment. Dans cette optique, l’insécurité, c’est aussi le fait de porter atteinte à la liberté, à la paix, à la vie d’une personne et de ses biens.

II. Les instances chargées de la sécurité dans notre pays et l’état de lieu de l’insécurité en RDC et à Kananga.

Comme partout ailleurs, dans notre pays, la République Démocratique du Congo, la mission de sécuriser les personnes et leurs biens revient en premier lieu à l’Etat, particulièrement à la Police (Article 182 de la Constitution de la République Démocratique du Congo).
Quant aux forces armées de la République, le paragraphe 2 de l’article 187 de ladite Constitution stipule, je cite « Elles ont pour mission de défendre l’intégrité du territoire national et les frontières. Dans les conditions fixées par la loi, elles participent, en temps de paix, au développement économique, social et culturel ainsi qu’à la protection des personnes et de leurs biens » (c’est nous qui soulignons).
Il résulte de cette disposition de la Constitution que ce sont la police et l’armée qui sont chargées de garantir la sécurité des Congolais et de leurs biens, c’est-à-dire de les protéger contre toute menace qu’elle vienne de l’extérieur ou de l’intérieur. Cela n’exclut cependant que chaque Congolais soit d’abord le premier protecteur de sa vie, de son corps, de ses biens, de sa famille, de ses enfants et pourquoi pas de sa communauté et de son pays.
C’est dire que tout citoyen a aussi le devoir de protéger son compatriote et ses biens, particulièrement s’ils sont en danger.
Quelle est la situation sécuritaire en République Démocratique du Congo en général et dans la Ville de Kananga en particulier ? (c’est la 3ème préoccupation de notre exposé).
Quand on suit les informations radio-diffusées, on peut recevoir la réponse à cette question par le biais des journalistes à travers les expressions telle « L’insécurité se porte bien dans notre pays ». A l’Est de la RDC, les FDLR et autres forces négatives ont pillé et pris en otage … ». Et dernièrement nous avons appris qu’à Kinshasa, l’Honorable Député ONUSUMBA a été atteint par des balles et se trouve présentement en Afrique du Sud où il suit des soins appropriés. On connaît des groupes encore actifs sur terrain qui sèment la désolation parmi les Congolais : les Mbororo, les Maï-Maï, les CNDD, les LRA, …
A Kananga, notre Ville connue par beaucoup comme « Oasis de paix », nous connaissons ce dernier temps (depuis la fin 2007 et début 2008 à ce jour), non seulement l’insécurité alimentaire (qui est une situation générale en Afrique) mais aussi l’insécurité nocturne caractérisées par des vols à mains armées, des menaces et des tracts, des viols et des meurtres.
Lorsque, hier, je parlais avec un journaliste en séjour à Kananga, il n’a pas caché son étonnement en me posant cette question « Est-ce que à Kananga il y a aussi l’insécurité » ! Voilà dit et reconnu implicitement la légende de Kananga « Oasis de Paix ».
Ce qui est vrai et ce qu’il faut protéger c’est cette identité qui est la notre. Ce n’est pas parce que à Mbuji Mayi, à l’Est, à Kinshasa et ailleurs l’insécurité bat son plein que nous devons accepter que cela devienne normal chez nous. Nous ne devons pas nous laisser contaminer par les autres. L’on sait comment les chefs coutumiers et les mamans ont leur manière propre d’épargner notre Province de guerres et autres troubles.
En vérité, plusieurs cas d’insécurité sont signalés à travers la Ville de Kananga et nous ne citerons que quelques uns: dans la Commune de Lukonga, précisément dans le Quartier Abattoir sur l’avenue Dibatayi où le mari de la maman Marthe a été atteint se trouve dans un état très critique à l’Hôpital Bon Berger de Tshikaji. Dans la Commune de Katoka des cas ont été signalés dans les différents quartiers dont Kele Kele (M. OMONGO FIDO au N° 56 de l’Avenue Kinshasa, M. ONDIO Pierre au N° 81 de l’Avenue Banza Ngungu). Dans la Commune de Kananga des cas de Bikuku (un bradeur a été visité à deux reprises) , Quartier Malandji (le comptable MPANGAYI à Bianki, M. DURI sur l’Avenue Kasavubu 2,, Kamayi. La communes de Ndesha (sur l’avenue Katanga le trafiquant nommé MUKAS a été visité). Et enfin, la Commune de Nganza n’est pas épargnée. Tout le monde en parle et s’en inquiète. Dans plusieurs Quartiers, la population ne dort plus et veille jusqu’au matin. Vous pouvez compléter la liste.
Nous nous posons dès lors cette question : « Qui sème la terreur et la désolation dans la Ville Oasis de Paix ?

III. Les auteurs de l’insécurité à Kananga.
Le plus souvent, il est constaté que les auteurs de telles opérations sont en armes et uniforme. Mais l’expérience du passé nous autorise à affirmer que les hommes en uniformes qui sèment la terreur ne sont pas nécessairement les policiers et les militaires car, les célèbres Paul MUHONA et BUTAKA PUR de triste mémoire n’étaient ni militaires ni policiers, mais ils ont fait vivre encore à notre Ville la situation que nous décrions aujourd’hui.
C’est ainsi que tous ceux que l’on arrête avec des tenues militaires et des armes de guerre ne sont pas toujours des policiers et des militaires.
Toutefois, il y a lieu de dénoncer avec courage l’irresponsabilité de l’Etat dans cette affaire : la circulation facile des tenues, armes et munitions utilisées par les inciviques pour troubler la paix sociale dans notre Ville. L’irresponsabilité de l’Etat dans cette affaire est à relever aussi lorsque, au niveau de l’appareil judiciaire, nous ne connaissons pas la destination de certains malfaiteurs arrêtés par des policiers et militaires patriotes ! Qui relâche ces bandits, parfois sans avoir été jugés ? Et pourquoi ?

IV. Causes de l’insécurité.
Plutôt que d’énumérer les causes du fléau, vous serez étonnés que je procède autrement. En effet, la SOCICO estime mieux aborder la problématique des causes de l’insécurité par une approche participative à l’aide d’un questionnement adressé à tous, particulièrement aux responsables de la police, de l’armée et des services judiciaires. Ces services, qui ont eu à relever le profil des malfaiteurs arrêtés, peuvent nous aider un jour à reconstituer les causes de l’insécurité en milieux urbains. Voici quelques unes de nos questions :
1. Quel est l’âge moyen de ces voleurs à mains armées et autres bandits arrêtés ?
2. Quel est leur niveau d’instruction ? (Y a-t-il des diplômés des humanités et des universités parmi eux ?)
3. Quel métier exercent-ils ? (A-t-on jamais saisi un médecin, un magistrat, un enseignant ou un fonctionnaire, un opérateur politique ou un prêtre parmi les voleurs ou leurs complices ?)
4. A quelle couche sociale appartiennent-ils tous ces voleurs ?(Font-ils partie de l’élite intellectuelle, de la classe moyenne ou des désœuvrés ?)
5. Ces hommes sont-ils mariés ? Ont-ils des résidences fixes ?

La SOCICO se pose aussi d’autres questions qu’elle aimerait partager avec vous. L’insécurité est là. Incontestablement. La police et l’armée sont là aussi. Indiscutablement. Les patrouilleurs existent. On les voit. Mais alors :
1. Comment expliquer la multiplicité des cas de vol et des meurtres la nuit alors que les patrouilleurs sillonnent les rues de la ville dans tous les sens ?
2. Les effectifs des policiers et militaires suffisent-ils à garantir la sécurité dans cette ville vaste et de plus d’un million d’habitants ? Si non, pourquoi ne pas recruter d’autres policiers et militaires ?
3. Ces policiers et militaires sont-ils formés spécialement à la lutte anti-gangsters (ou anti-vol si on préfère) en milieux urbains ?
4. Nos policiers et nos militaires disposent-ils des moyens suffisants pour assurer la sécurité des personnes et des biens contre les bandits armés (je pense aux véhicules, aux moyens de communication et à la logistique en général ? Si non, qu’attend-on pour les équiper ?
5. Peut-on prouver l’éclairage des avenues et des rues peut combattre le banditisme nocturne ? Si oui, qu’attend-on pour éclairer nos voies publiques toute la nuit ?
V. Que faire pour lutter contre l’insécurité ?
La dernière question que nous aimerions attaquer avant d’ouvrir le débat est celle de savoir « Que faire face à cette situation » ? Allons-nous croiser les bras et attendre que les institutions chargées de la sécurité s’occupent de cette mission ?
Notre réponse est que chacun, chacune, là ou il est apporte sa pierre à l’édifice de démantèlement et l’éradication du phénomène insécurité dans la Ville de Kananga.
Comme vous le savez, on dit et j’aime souvent répéter cette sagesse dont je connais la profondeur et la vérité : « Lorsqu’on est mal informé on ne peut que mal réagir ». Mais aussi la sagesse des principes qui stipulent que « L’union fait la force » ou encore « Au choc d’idées jaillit la lumière ».
Une haute autorité policière provinciale, dont je tais le nom pour des raisons stratégiques, me disait il y a quelques jours : « Les bandits, les inciviques ne sont pas les extra-terrestres. Ils vivent avec la population et parfois sont protégés par la même population car, même leurs butins sont gardés par les membres à part entière de la population » fin de citation.
Etant donné que l’insécurité menace la paix et le développement durables des communautés.
Ainsi, la SOCICO estime qu’au moment où le gouvernement provincial, sous l’impulsion du Me Trésor KAPUKU NGOY, Gouverneur de province, se préoccupe de la réalisation du Programme National du développement de la RDC en 5 chantiers initiés par le Chef de l’Etat et du Programme d’actions pour la reconstruction du Kasaï Occidental proposé par le Gouverneur et adopté par l’Assemblée Provinciale, l’insécurité doit être regardée comme une épine dans un doigt. Elle risque de faire perdre aux gouvernements central et provincial beaucoup de temps et de moyens (financiers, matériels et humains) qui auraient pu être consacrés à la reconstruction de notre Province.
De plus, la population, qui a accepté d’aller aux élections dans l’espoir de recouvrer entre autre la paix, la sécurité et le bien-être risque fort de perdre confiance en ses élus et, sans doute, en la capacité des services spécialisés de l’Etat de garantir leur sécurité et celle de leurs biens. On peut deviner les conséquences de la perte de confiance par la population en sa police et en son armée.
Face à tout ce qui précède, nous formulons, en ce qui nous concerne, les recommandations ci-après en vue d’éradiquer le phénomène insécurité dans la Ville de Kananga :
A la population :
· De prendre toutes les mesures qui s’imposent et de s’organiser au niveau de chaque avenue, localité, quartier et commune pour arrêter des stratégies appropriées non seulement en vue de se sécuriser mais aussi de tout faire pour dénoncer les malfaiteurs et tous leurs réseaux auprès des services compétents ;
· Que les structures membres de la Société Civile et les médias s’occupent de la sensibilisation de la population au sens patriotique et à dénoncer tout acte incivique et toute complicité;
· Que les associations diverses soient vigilantes et prêtes à l’échange d’informations avec notre Police et les Forces Armées dans une collaboration et une synergie constructives.

Au Gouvernement Provincial :
· De frapper de manière exemplaire tous ceux qui tomberont dans les filets de la police et des Forces Armées ;
· De coopérer et d’échanger, à son niveau, avec ses pairs de provinces voisines en vue dénicher et de maîtriser tous les inciviques qui viendraient troubler la paix sociale du Kasaï Occidental ;
· D’investir dans l’information et de motiver convenablement nos policiers et militaires patrouilleurs. L’une des forces des Etats-Unis d’Amérique réside dans leur investissement dans l’information. Ne dit-on pas que l’Information est la Source des Ressources ;
A la Police, aux FARDC et aux instances judiciaires de la Province

· D’appliquer la loi dans sa rigueur
· Que la Police et les FARDC jouent pleinement le rôle leur reconnu par la Constitution de la République, celui de « Sécuriser les personnes et leurs biens » ;
· D’afficher sur des places publiques les noms et les images de tous les malfaiteurs dénichés. Comment peut-on combattre un ennemi que l’on ne connaît pas ?
· De respecter, dans leur intégrité, les Droits de l’Homme, pour que la confiance du peuple s’instaure et la coopération de la collectivité s’en trouve facilitée. Il deviendra possible de poursuivre les criminels et délinquants devant les cours et tribunaux.

A la Communauté Internationale

· Etant donné la conjoncture économique difficile de la RDC, la SOCICO recommande à la Communauté Internationale d’aider notre pays à équiper notre police et notre armée en logistique conséquente. L’insécurité en RDC ne menace-t-elle pas la sécurité dans le monde ?

¨ Monsieur le Représentant du Directeur de Cabinet du Gouverneur de
Province
¨ Messieurs les Membres du Comité Provincial de Sécurité
¨ Madame et Messieurs les Bourgmestres des Communes
¨ Excellence Monsieur le Gouverneur Honoraire et 1er Gouverneur Noir
du Kasaï
¨ Révérends Pasteurs des Peuples de Dieu
¨ Mesdames et Messieurs les chevaliers de la plume
¨ Monsieur le Commandant du Détachement Belge
¨ Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes
Internationaux
¨ Distingués invités
¨ Chers compatriotes
¨ Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs
(Tout protocole observé)

Voilà notre analyse et compréhension du phénomène « Recrudescence dans la Ville de Kananga, que faire ? ». Je l’avais déjà souligné au début qu’en organisant cette journée, la SOCICO ne prétendait pas détenir le monopole et encore moins les clefs de la lutte contre l’insécurité. La question étant brûlante voire sensible, notre mérite aura été d’avoir ouvert ou créé un cadre d’échanges entre gouvernants et gouvernés en vue des solutions durables et efficaces mais aussi de diminuer tant peu soit-il les tensions et rumeurs à travers la population qui ne comprend pas comment certains compatriotes militaires et policiers passent des nuits entières à la belle étoile ! Notre population veut voir le Gouverneur de Province mettre rapidement fin à ce fléau pour permettre aux citoyens de dormir paisiblement et de se consacrer entièrement à la reconstruction de la Province.
Ici au Kasaï on dit que « Mu tshialu mmu ndina » (dans l’assemblée des gens c’est dans un puit où l’on peut tomber ou se perdre). Je voudrai à présent laisser la parole à qui voudra la prendre et ouvrir ainsi le dialogue. Toutefois, je voudrais signaler que toute déclaration, toute affirmation faite au cours de cette conférence n’engage que son auteur.

J’ai dit et je vous remercie pour votre attention soutenue.

DES ECHANGES
Après l’exposé du Président Provincial de la Société Civile du Congo, l’heure est venue pour les participants (venus nombreux) qui ont eu à poser des questions et enrichir la communication de Monsieur Edel Martin KABUTAKAPUA.
Des questions posées par différents intervenants ont tourné autour des préoccupations ci-après :
1. Pourquoi la police ne parvient pas à remplir convenablement sa mission de sécuriser les personnes et de leurs biens ?
2. Comment la population civile non armée pourra-t-elle faire face devant des bandits armées ?
3. Pourquoi l’autorité urbaine de Kananga avait refusé la proposition faite par les mamans en vue de sécuriser la Ville, celle d’usage des cérémonies traditionnelles permettant de traquer tous les malfaiteurs où qu’ils se trouvent ?
4. Qui fournit les tenues, bottes, armes et minutions aux bandits ?
5. Est-ce que il y a communication entre population et l’autorité chargée de la sécurisation des personnes et de leurs biens ?
6. Ne peut-on pas faire le bouclage en vue de récupérer toutes les armes qui traîneraient encore au sein de la population ?
7. Est-ce que les patrouilleurs sont formés ? Est-ce qu’ils sont motivés ?

Des enrichissements faits, on a noté des suggestions, des recommandations et des déclarations ci-près:
· Il faut mettre la tête du malfaiteur à un prix : si le malfaiteur paye celui qui le protège ou le cache pourquoi l’Etat ne peut promettre de payer toute personne qui dénoncera le bandit et ses complices !
· Que l’autorité policière qui a la mission de sécuriser les personnes et leurs biens rassure la population de Kananga en ayant au moins un temps par mois où il communique la situation sécuritaire, les malfaiteurs arrêtés, ce qu’on a fait d’eux, ce que la police attend de la population, etc.
· Que le Général de la police augmente, si c’est possible, le nombre des sous-ciat dans les communes et quartiers.
· Que l’on fasse la moralisation au niveau de la police. Une chose banale est racontée : quelqu’un était dans un état de danger, il a appelé à un des 7 numéros de secours qui sont communiqués sur les chaînes de radios locales en vue d’être secouru. La réponse lui a été donnée par la femme ce dernier (entre parenthèse) qui disait que son mari était dans un état d’ivresse et par conséquent il faut appeler d’autres personnes !
· Depuis un mois les cas de viols ne font qu’augmenter sur la ville de Kananga : à l’Hôpital Bon Berger de Tshikaji le Docteur a enregistré 7 cas le premiers jour, 10 le deuxième et 1é cas le troisième jour suivant ! Ces viols sont exercés surtout sur des fillettes mêmes celles de moins de deux ans par des hommes âgés entre 22 et 45ans! Il faut signer un mémorandum et le diriger vers l’Assemblée Provinciale pour qu’une lois soit votée contre la liberté provisoire (qui, en RDC, signifie la liberté définitive) que l’on accorde aux auteurs des violences sexuelles et qui encourage cette pratique dans la ville de Kananga ce dernier temps.
· L’insécurité est créé par les services de l’Etat. Même les patrouilleurs et les chefs de quartiers qui les conduisent sont beaucoup dans les coups de nuit !
· Qu’on nous remette à notre ancien système où nous disposions de nos petites armes et calibres 12 pour notre propre auto-défense.
Il y a lieu de signaler que plus de 100 participants ont pris part à cette conférence qui s’est déroulée de 15H30’ à 18H45’.

Fait à Kananga, le 23 mai 2008.
La coordination provinciale de la SOCICO