LA SOCICO A ORGANISE UN SEMINAIRE ATELIER PREPARATOIRE A UN GRAND FORUM DE LA SOCIETE CIVILE

L'organisation Société Civile du Congo (SOCICO) et l’Organisation pour la Paix, la Démocratie et la sécurité dans les Pays des Grands Lacs (OPDGL) en partenariat avec l’Institut pour la Justice et la Réconciliation de la République Sud – africaine, a organisé ce lundi 07 avril 2003, un séminaire – atelier axé sur la problématique de la Paix et Réconciliation nationale, la Démobilisation et la Réinsertion des groupes armés en République Démocratique du Congo pendant la période de transition.Ce séminaire a été organisé en prélude d'un grand forum qui se tiendra très prochainement dans une ville qui reste à choisir.Ce forum aura pour mission le renforcement des capacités de la SOCIETE CIVILE congolaise dans la gestion de la chose publique pendant cette période importante de l'histoire de la RDCongo.
Ce séminaire – atelier tenu au Centre NGANDA, à Kinshasa / RDC a connu la participation de 123 Animateurs et représentants de différentes associations de la Société Civile du Congo.
Aussi, faut-il souligner la contribution directe des représentants de l’Institut pour la Justice et Réconciliation de la RSA en l’occurrence le Docteur ZOLA SOKONSI, Directeur du Programme Afrique et Monsieur TYRONE SAVAGE, Coordonnateur du même programme au sein de cette institution.
Le Comité organisateur du Séminaire – atelier se présente comme suit :
1. Président : Prof. BAHATI LUKWEBO
2. Vice – Président : Me TSHILENGI wa KABAMBA
3. Modérateur Principal : Cherubin OKENDE SENGA
4. Rapporteur Général : Dr LUBOYA KASONGO MUTEBA
5. Secrétaire : KAMUYI MUKWANGA
6. Membre : Honoré NDUSHABANDI
7. Membre : Willy DIABASSANA

Le programme des travaux du séminaire – atelier a été arrêté de la manière suivante :
- Présentation de la délégation sud – africaine ;
- Prière ;
- Hymne national ;
- Mot d’introduction prononcé par le Vice – Président de la SOCICO et Modérateur Principal du Séminaire, Monsieur Chérubin OKENDE SENGA ;
- Allocution d’ouverture du Président National de la SOCICO, le Professeur BAHATI LUKWEBO ;
- Mot de circonstance de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de la RSA en RDC, Monsieur SISA NGOMBANE ;
- 1er EXPOSE : Réconciliation nationale
par Monsieur TYRONE SAVAGE
- 2ème EXPOSE : Démobilisation et réinsertion des groupes armés
par le Docteur ZOLA SOKONSI
- Débat en plénière ;
- Travaux en atelier ;
- Rapports des travaux en ateliers ;
- Présentation et adoption du rapport final ;
- Clôture par l’allocution du Président National de la Société Civile du Congo ;
- Prière de clôture.
Ce séminaire – atelier Organisé en partenariat entre la Société Civile Sud – Africaine à travers l’Institute for Justice and Reconciliation (IJR) et la Société Civile du Congo a comme objectif principal, le renforcement des capacités de la Société civile congolaise pour une implication optimale dans le déroulement de la transition en mettant à profit l’expérience sud – africaine.

En effet, les impératifs d’une gestion consensuelle et apaisée de la transition en République Démocratique du Congo après un conflit armé aux dimensions complexes¸ recommandent aux acteurs des forces - vives la maîtrise de leur rôle car l’efficience du processus de paix doit également impliquer toute la population congolaise et intégrer les aspects relatifs à la paix, à la réconciliation, à la démobilisation et à la réinsertion des groupes armés.
L’intérêt des organisateurs du séminaire – atelier s'étend également aux problèmes relatifs à l’organisation des institutions d’appui à la démocratie notamment les médias, le processus d’élections libres et transparentes, la lutte contre la corruption et la délinquance, la promotion et la défense des Droits de l’homme.
Cependant, les contingences du calendrier ont juste permis aux participants de s’appesantir sur l’essentiel à savoir :
- La problématique de la Paix et Réconciliation ainsi que de la démobilisation et réinsertion des groupes armés ;
- Les modalités pratiques de la réalisation d’un forum national pour le renforcement des capacités de la Société civile ;
- Les termes du partenariat actif et permanent entre l’Institut pour la Justice et la Réconciliation de la RSA et la Société civile congolaise.
En définitive, trois ateliers de travail ont été retenus :
Atelier 1 : Médias, paix et réinsertion
Atelier 2 : Elaboration du programme de partenariat et organisation du forum national
Atelier 3 : Démobilisation et réinsertion des groupes armés.
La Délégation Sud – africaine comprend les personnalités suivantes:
§ Dr ZOLA SOKONSI, Directeur du Programme Afrique à l’Institut pour la Justice et la Réconciliation/RSA ;
§ Mr TYRONE SAVAGE, Coordonnateur du Programme à l’Institut pour la Justice et la Réconciliation/RSA ;
Il vous souviendra, en effet, qu’avec la conclusion de l’Accord global et inclusif le 17/12/2002, une étincelle d’espoir pour une gestion consensuelle et apaisée de la transition dans notre pays a été allumée. Il faut entretenir cette étincelle et permettre aux acteurs de la Société civile / Forces vices en l’occurrence, de mieux jouer leur rôle. L’efficience du processus de paix doit impliquer impérativement la population congolaise pour espérer une quelconque chance de succès.

Ce séminaire – atelier doit nous aider à :
- saisir la problématique de la Paix et Réconciliation ainsi que de la démobilisation et la réinsertion des groupes armés en nous inspirant de l’expérience sud – africaine ;
- fixer les modalités pratiques de la réalisation du forum pour le renforcement des capacités de la Société Civile en fonction des termes de référence à retenir, du lieu, des participants et autres besoins logistiques et financiers requis ;
- définir les termes du partenariat actif et permanent entre la Société Civile / Forces Vives congolaises et l’Institut pour la Justice et la Réconciliation.
Pour atteindre les objectifs fixés dans ces travaux préparatoires¸ trois groupes de travail ont été mis sur pied :
Atelier 1 : Médias, paix et Réconciliation
- Modérateur: Monsieur Joseph LOSANGANYA
- Rapporteur: Claudine TSHIMANGA
Atelier 2 : Elaboration programme et organisation Forum
- Modérateur: C.T. MUMBALA NZAKU
- Rapporteur: KALUNGALA KALAMBAYI
Atelier 3 : Démobilisation et réinsertion des groupes armés
- Modérateur: ONOKOKO OKENDE
- Rapporteur: TAMBWE NGONGO Maurice
Les travaux se déroulés dans l'ordre suivant:
- L’allocution de circonstance du Président National de la SOCICO ;
- L’exposé du Commissaire Général chargé du processus de paix dans les pays des Grands-Lacs ;
- L’allocution de Son Excellence monsieur l’Ambassadeur de la RSA en RDC ;
- Les exposés :
§ sur la Réconciliation nationale
§ sur la démobilisation et réinsertion
- Le débat en plénière ;
- Les travaux en atelier ;
- Les rapports des travaux des ateliers en plénière ;
- L’adoption du rapport général ;
- La clôture.

II. ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRÉSIDENT NATIONAL DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DU CONGO
Eminence, Excellences, Honorables,
Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,
Chers camarades de la Société,
Comme vous le savez, la Société Civile/Forces Vives à l’instar d’autres composantes et entités qui ont participé au Dialogue inter congolais commence une nouvelle ère. Une ère hautement politique au cours de laquelle nous allons tous individuellement et collectivement assumer de hautes responsabilités d’Etat.
Il serait hasardeux de croire qu’il suffit d’être élevé à une fonction pour que tout marche aisément. Au contraire, il existe un fossé entre la formation scolaire ou académique et la pratique professionnelle. Tout comme quelqu’un qui change de métier a toujours besoin d’un briefing si pas d’une formation appropriée. Il n’y a pas de honte à le reconnaître.
Si l’on ne considère que la démobilisation et la réinsertion des groupes armés ou tout simplement leur conversion à la vie civile, une méthodologie s’impose pour affronter les questions liées à l’identification des combattants même lorsqu’il s’agit de volontariat, leur localisation, le secteur vers lequel il faut les orienter, les moyens à mettre à leur disposition, l’impact social, le mécanisme de monitoring et d’évaluation, etc. Bref, une complexité de problèmes auxquels il faut faire face.
Il en est ainsi dans tous les domaines confiés à la Société Civile. D’où, il est impérieux d’aborder toutes ces questions et mettre de ce fait des outils de travail à la disposition de ceux qui vont nous représenter dans les Institutions de la transition.
L’expérience du passé a démontré qu’une commission électorale indépendante est une véritable machine politique et administrative tant en ce qui concerne le nombre de membres tant au niveau national, provincial que local qu’en ce qui concerne les tâches à accomplir.
Comment ne pas évoquer la délicate mission de la commission de l’éthique et de lutte contre la corruption. Dans ce dernier aspect, en comparant les missions à celles de la commission des biens mal acquis de la Conférence Nationale Souveraine, nous réalisons qu’il y a un aspect policier qui nécessite un certain nombre d’outils de travail et une précaution sécuritaire.
C’est sur toutes ces questions que les participants au prochain forum vont se pencher et dégager des thèmes clairs et des propositions de textes législatifs de régulation. Les mêmes participants identifieront les personnes ressources capables de formuler des pistes d’action en vue de rendre efficiente la mission de nos mandataires
Pour aborder ces questions en toute sérénité, nous nous rassemblerons en trois groupes de travail. Il s’agit de
· Groupe 1 : Médias, Paix et Réconciliation nationale
· Groupe 2 : Démobilisation et Réinsertion des groupes armés et des enfants soldats
· Groupe 3 : Elaboration du programme et choix de thèmes de collaboration avec la Société Civile sud – africaine – Organisation et fonctionnement du forum : lieu, date, composition cible, coût et objectifs,…
· Nous vous souhaitons donc une cordiale bienvenue et un bon travail.

III. MOT DE CIRCONSTANCE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR L’AMBASSADEUR DE LA RSA

En ce moment crucial où la transition en RDC a commencé, l’Ambassadeur de la RSA en RDC a lancé un message pathétique d’exhortation des animateurs de la Société Civile au travail. « Il y a un temps pour tout : un temps pour la guerre, un temps pour la parole (le dialogue), un temps pour la paix et bien entendu, un temps pour le travail » a-t-il fait observer.
Le temps qui commence en RDC, après un dialogue inter congolais très laborieux, après la conclusion de l’Accord global et inclusif et ses annexes, après la promulgation de la Constitution de la transition par le Président de la RDC, est celui du travail. Pendant les 24 mois de la transition, la responsabilité de la Société civile est aussi engagée dans la gestion de cette période. Par son travail, la Société civile a le devoir de consolider le processus de paix et le processus démocratique qui devront déboucher sur les élections libres et transparentes.
Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur a relevé que la RSA a aussi traversé des moments très difficiles avant les élections. La tâche qui attend les Congolais et particulièrement, les animateurs de la Société civile, est une tâche très ardue qui exige de la persévérance, du courage, de la ténacité et de la détermination. Toute la communauté internationale espère que par son travail, la Société civile jouera pleinement son rôle pendant la transition.
Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur a, en tout état de cause, salué l’initiative prise par la SOCICO et l’Instute for Justice and Reconciliation en sigle IJR pour un échange direct d’expériences.

IV. EXPOSE 1 : RÉCONCILIATION NATIONALE
PAR MONSIEUR TYRONE SAVAGE

Monsieur Tyrone SAVAGE a remercié les animateurs de la Société civile congolaise participants au Séminaire – atelier pour l’accueil chaleureux réservé à la Délégation sud – africaine.
Aussi, a-t-il relevé l’intérêt que la Société civile sud – africaine, en général et l’Institut pour la Justice et Réconciliation, en particulier manifestent à l’égard de la transition en République Démocratique du Congo.
La tenue du Dialogue inter – congolais a fait prendre conscience à la communauté sud – africaine du futur, de l’avenir commun de toute l’Afrique. Le temps est donc au travail et au partage d’expérience. En abordant le thème de la réconciliation nationale, l’intervenant a souligné qu’il n’existe pas un modèle – type de réconciliation. Chaque peuple, en tenant compte des particularités de la situation, doit être l’artisan de sa réconciliation nationale. Il appartient donc aux Congolais eux-mêmes de forger le modèle de leur réconciliation.
Pour autant que la démocratie n’est pas un produit d’exportation, la réconciliation nationale ne peut pas non plus être exportée. La contribution de l’expérience particulière de la RSA dans le processus de la réconciliation nationale en République Démocratique du Congo consistera à soulever des repères qui peuvent stimuler la réflexion et l’analyse susceptibles de dégager des pistes de solutions appropriées pour le Congo.
Il s’agit de considérer que :
a) La réconciliation nationale n’est pas un événement dont la survenance permet d’envisager d’emblée la conclusion. C’est plutôt un processus souvent parsemé d’incertitude car il faut y intégrer des dimensions complexes comme l’amnistie, la démobilisation, la réinsertion, la réparation morale des préjudices, etc.

b) La réconciliation nationale n’est pas synonyme de « Pardon » comme une nécessité préalable. Elle doit traduire un cheminement partant des aveux et témoignages sincères aux moindres détails des torts commis, jusqu’à la reconnaissance et éventuellement à la réparation des préjudices dans la mesure du possible. Ainsi, le pardon interviendrait en dernier ressort ;
c) La réconciliation nationale est une nécessité politique susceptible de permettre l’inversion de l’ordre de priorité entre les auteurs des torts et les victimes. L’expérience sud – africaine a permis de donner une place sociale primordiale aux victimes par rapport aux auteurs ;
d) La réconciliation nationale suppose également une relation adéquate entre les particularités de différents contextes de la crise.

V. EXPOSE 2 : DÉMOBILISATION ET RÉINSERTION DES GROUPES ARMÉS.
PAR LE DOCTEUR ZOLA SOKONSI

Après avoir remercié les partenaires congolais pour l’invitation leur adressée, il a souligné d’entrée de jeu, que l’intégration dans l’Armée sud – africaine n’a concerné que 30 % des membres des anciens groupes armés. 70 % des personnes n’ont pu être pris en compte en raisons de manque des ressources. Cependant, des programmes spécifiques concernant, notamment l’appui aux activités agricoles et à la formation sont en cours jusqu’aujourd’hui pour permettre aux anciens combattants de se prendre en charge. Ceci était rendu nécessaire pour éviter la prolifération des groupes des bandits.
Il faut par ailleurs signaler que la situation n’était pas facile à résoudre. En effet, on rencontrait deux catégories des mouvements armés :
1) Les groupes formels constitués par les anciens mouvements de libération organisés ;
2) Des groupes non organisés qu’il était difficile d’identifier et d’en évaluer le nombre. Les premiers étaient faciles à encadrer et à intégrer tandis que pour les seconds, il y avait, il va de soi, des difficultés importantes à surmonter. Certains d’entre eux, l’utilisation des armes dans les activités illégales notamment le banditisme leur permettait de se procurer des ressources substantielles dont ils ne pouvaient pas se passer.

Beaucoup d’organisations ont participé à ce travail de réintégration :
- le Gouvernement
- les Organisations non gouvernementales
- La Communauté internationale.

Dans les campagnes, les chefs traditionnels et surtout les femmes ont beaucoup œuvré et contribué énormément à la réintégration des groupes informels.
En terminant, il a souligné que les détails seront apportés aux participants dans les débats et dans les ateliers tout en soulignant la nécessité et l’obligation de s’occuper très minutieusement des groupes informels.
Après ces exposés concis, précis et clairs, les questions posées et les réponses y réservées ont été incluses dans les rapports des ateliers.

VI. RAPPORTS DES TRAVAUX EN ATELIER

6.1. ATELIER 1 : « MÉDIAS, PAIX ET RÉCONCILIATION »

Modérateur : Monsieur Joseph LOSANGANYA KATOMANGA
Rapporteur : Mademoiselle Claudine TSHIMANGA
Membres : Voir la liste en annexe

L’atelier s’est penché sur deux sous thèmes ; les médias et Paix et Réconciliation.

1. MÉDIAS
1.1. ETAT DE LIEU DES MÉDIAS
En RDC, il existe deux types de médias : le média officiel et le média privé, composé chacun de la presse audio – visuel et la presse écrite.

L’analyse de la situation des médias en RDC a indiqué les faits suivants :
- La presse audio-visuelle est orientée, subjective et partiale ;
- la présentation des informations est quelque fois subjective ;
- l’information est inaccessible à une grande partie de la population suite à la langue utilisée, le français qui n’est pas comprise par l’ensemble de celle-ci ;
- La presse écrite est inaccessible à toute la masse suite à son coût élevé par rapport au pouvoir d’achat de la population ;
- l’information est censurée ;
- le contenu des informations diffusées est quelque fois creux par rapport aux titres pompeux qui les annoncent ;
- Les programmes proposés ne s’adaptent pas à la situation que traverse le pays (faim, guerre, insécurité, etc.) ;
- La presse ne joue pas le rôle d’éducateur ;
- La liberté des journalistes est limitée (tracasseries, fermeture des chaînes de télévision) ;
- La couverture de l’information est limitée à certains coins du pays ;
- La presse congolaise n’est pas fiable, d’où l’extraversion de la population vers la presse internationale qui semble être plus viable ;
- Le sous-équipement limite la couverture de la chaîne nationale à l’ensemble du pays ;
- La paupérisation de journalistes conduit au mépris de l’éthique ;
- Les journalistes ne sont pas recyclés pour les adapter au contexte actuel ;
- Il existe un financement sélectif des médias ;
- Les programmes ne s’adaptent pas aux réalités actuelles du pays ;
- L’application de la loi sur la presse se fait de manière injuste.

1.2. THÈMES PROPOSÉS

Face à tous ces faits, l’atelier n° 1 propose les thèmes ci-après en ce qui concerne les médias :
1. Problématique de la gestion des médias publics ;
2. Ethique et déontologie de l’information et de la communication ;
3. Problématique de la formation et du recyclage des personnels des médias ;
4. Amélioration des conditions socioprofessionnelles du journaliste ;
5. Problématique d’information et de formation des masses en langues nationales ;
6. Droits humains et médias ;
7. Problématique d’équipement et de financement des médias ;
8. Le rôle éducatif des médias.

2. PAIX ET RÉCONCILIATION
2.1. ETAT DE LIEU
Les obstacles à la paix et à la réconciliation dans notre pays, sont de deux types :
- Les obstacles internes ;
- les obstacles externes.

Au niveau interne, les faits suivants ont été notés :
- l’homme politique congolais ne joue pas franc jeu, il a souvent une double facette ;
- une volonté délibérée de faire obstacle à la paix et à la réconciliation par des comportements ambigus, la prédominance des ambitions personnelles ;
- la paupérisation de la population ;
- la mauvaise gestion de la chose publique ;
- le manque d’intégrité morale et de patriotisme ;
- le non-respect des textes légaux et des engagements ;
- La haine ethnique et tribale ;
- la répartition inégale des richesses ;
- la mauvaise foi des acteurs politiques et de la Société civile.

Au niveau externe, nous avons noté :
- le non-respect de la politique de bon voisinage ;
- La non implication des commanditaires externes de la guerre au processus de paix ;
- Les intérêts des sociétés multinationales (domaine minier) qui créent des seigneurs de guerre ;
- la convoitise des grandes puissances et des pays frontaliers.

2.2. THÈMES PROPOSÉS
Face à tous ces points, l’atelier n° 1 propose les thèmes suivants :
q Par rapport aux obstacles internes :
- Ethique et déontologie de l’homme politique ;
- Les politiciens congolais et la culture politique ;
- Questions de bonne gouvernance et démocratie ;
- Les méfaits des conflits ethno-tribaux dans la gestion du pays ;
- Le rôle de la Société civile dans la recherche de la paix, de la réconciliation et de la cohabitation dans les grands lacs.

q Par rapport aux obstacles externes, nous proposons l’organisation d’une conférence internationale sur les pays des grands lacs.

6.2. ATELIER 2 : « L'ÉLABORATION DU PROGRAMME ET L’ORGANISATION DU FORUM »

Modérateur : CT MUMBALA NZAKU
Rapporteur : KALUNGALA KALAMBAYI
Les Membres : Voir la liste en annexe

L’atelier avait pour mission de réfléchir sur l’élaboration du programme du Forum sur la gestion de la transition en RDC et le choix de thèmes de collaboration avec la Société civile sud – africaine.
Au point de vue méthodologique, deux sous-groupes ont été créés :
- Elaboration du programme et choix des thèmes ;
- Organisation et fonctionnement du forum.

1. ELABORATION DU PROGRAMME ET CHOIX DES THÈMES

Il a été composé de 15 personnes qui se sont choisies un Président en la personne de Monsieur NGONDWA MOLAKOLAKO et d’un Secrétaire en la personne de Monsieur TSHINANGA NGELU.
Ce sous – groupe a relevé les quatre sous – thèmes ci-après :
1. Les enjeux de la Réconciliation nationale

- La paix, la sécurité des biens et des personnes, la réconciliation, le développement et la démocratisation du pays.
2. Les facteurs favorables à la réconciliation nationale
- Création de la Commission de la réconciliation ;
- Création de la Commission de Démobilisation et réinsertion ;
- Société civile jouant réellement sont rôle de groupe de pression ;
- Emergence d’un état de droit.
3. Les obstacles prévisibles à la réconciliation nationale
- Le sous-développement culturel et mental ;
- La pauvreté ;
- Le manque de conscience nationale ;
- Des soldats exclus par les différents régimes (Ex Faz) ;
- Le tribalisme et le favoritisme ;
- La marginalisation des femmes et de certains groupes vulnérables ;
- Les problèmes des minorités ethniques qui sont marginalisées (cas des pygmées).
4. Les stratégies et les moyens d’action pour réussir le processus de la réconciliation en RDC.
- Mise en place de la Commission vérité et réconciliation ;
- Mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut en ce qui concerne le choix des animateurs ;
- Redynamiser la Société civile dans son rôle ;
- Prise en charge psychologique des victimes des différentes guerres ;
- Indemnisation des victimes des conflits de différentes guerres ;
- Accompagnement des victimes des conflits ;
- Que la Société civile se prenne en charge et joue son rôle de groupe de pression.
2. ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU FORUM

Le deuxième sous-groupe, composé de neuf membres et supervisé par Monsieur Célestin NGALAMULUME, Président, secondé par Albert TSHIAMBI comme rapporteur, a eu la mission de déterminer les ressources humaines, matérielles et financières, susceptibles d’aider la SOCICO à organiser le futur forum sur la réconciliation nationale.

A) ORGANISATION
1. S’agissant des personnes humaines, le sous-groupe a mis l’accent sur les membres de la Société civile, des ONG des Droits de l’homme, de développement, les représentants des Institutions publiques, des partis politiques, des organisations internationales, des Confessions religieuses, des Médias.
Quant aux participants, le nombre de 600 personnes a été proposé dont 300 devraient provenir de la Société civile.
En ce qui concerne le lieu, l’atelier n° 2 propose deux villes à savoir : Kinshasa ou Lubumbashi. Pour la date du futur forum, le sous-groupe a estimé la date probable du démarrage du Forum au 20 avril 2003 pour une durée de 5 jours.
2. RESSOURCES MATÉRIELLES
- Logement des participants : 25$ x 600 x 5 jours = 75.000$
- Transport : 15 grands bus x 150$ x 5 jours = 6.250$
- Restauration : 30$ / jours x 600 x 5 jours = 90.000 $
- Communication : achat cartes de communication de 1.000 unités x 50 personnes x 10 jours x 10 jours = 2.500 $
- Bureautique : location 4 ordinateurs, 2 photocopieuses, personnels d’appoint, achat consommables, Agents de sécurité, protocole (hôtesses), couverture médiatique (RTNC, Raga, TKM, Tropicana, RTGA, CFI, Télé Kintuadi : 50$ x 8 x 5 = 2.000$
Détail
- Location : 4ordinateurs : 150$ x 5 jours x 4 = 3.000$
- Deux photocopieuses
- Consommables : 5.000$
- 6 agents de bureau : 50$ x 6 x 10 = 3.000$
- 30 hôtesses : 30$ x 30 x 5 = 4.500$
- Sécurité : 20 personnes x 20$ x 5 jours = 2.000$
Imprévus : 10 % du montant global.

Toutefois, l’atelier demande aux instances dirigeantes de la SOCICO de chercher le financement.

b. FONCTIONNEMENT

Ce forum aura pour objectifs :
- Sensibiliser le peuple congolais à la réconciliation sincère, véritable et durable en vue de la reconstruction de la RDC ;
- Demander aux opérateurs politiques de respecter les accords signés ;
- Produire un document reprenant les recommandations et les suggestions à soumettre aux animateurs de la transition ;
- Doter les institutions de la transition des instruments juridiques pour le fonctionnement des futures institutions.

6.3. ATELIER 3 : « DÉMOBILISATION ET RÉINSERTION DES GROUPES ARMÉS »

Modérateur : Monsieur ONOKOKO OKENDE
Rapporteur : Monsieur TAMBWE NGONGO
Membres : Voir la liste en annexe

1. DE LA DÉMOBILISATION DES GROUPES ARMÉS

Dans cet ordre, l’atelier devait répondre à trois préoccupations :
- Qui démobiliser ?
- Comment démobiliser ?
- Par qui démobiliser ?

a) Qui doit être démobilisé ?

Les groupes cibles suivants ont été retenu :
- Les cinq catégories déjà dégagées sous le régime du décret n°066 du 09 juin 2000 portant démobilisation des groupes vulnérables des forces combattantes à savoir : les enfants – soldats, veuves et orphelins, malades chroniques, invalides de guerre et les personnes âgées. En vue de se conformer au nouvel environnement politique, de réconciliation, de paix, de l’unité nationale et - sur le plan militaire – de la création d’une armée nationale restructurée, républicaine et intégrée, la Commission a eu la latitude de mettre en exergue d’autres catégories suivantes : les volontaires à la démobilisation, les déserteurs, les forces négatives (TSHUMA TSHAMOYO au Katanga, MACCABEE, les FAP,…), les condamnés des crimes de guerre.

b) Comment démobiliser ?

Votre groupe de travail s’est appesanti sur les préalables suivants :
- Disponibiliser les moyens devant permettre la démobilisation de ces groupes ;
- Préparer psychologiquement les communautés locales devant accueillir les démobilisés d’abord et les intéressés à démobiliser ensuite grâce notamment au concours des chefs traditionnels et des églises.

En dehors de ces préalables, le groupe de travail a relevé les étapes ci-après dans le processus d démobilisation :
- L’identification et le recensement des groupes à démobiliser,
- La vérification du cheminement en vue d’en estimer les résultats,
- L’établissement de l’acte de démobilisation,
- Le désarmement des personnes démobilisées sur les listes des effectifs des militaires réguliers.

c) Par qui démobiliser ?

Le gouvernement demeure l’acteur principal de cet important programme de démobilisation appuyé par la communauté internationale et les organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales.
2. DE LA RÉINSERTION

La réinsertion est une question difficile et délicate qui nécessite l’élaboration d’un programme national qui tienne compte des réalités et du contexte du pays. C’est dire que cette réinsertion des groupes démobilisés doit se faire en connexion avec les autres programmes de développement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.
Conditions de réalisation de la réinsertion

Pour réussir ce programme, il importe de :
- Faire l’état de lieu des provinces dans tous les secteurs de réalisation d’activités favorisant la réinsertion ;
- Evaluer le potentiel humain de groupe bénéficiaire au cas par cas ;
- Elaborer des programmes adaptés d’orientation et de formation professionnelles pour une prise en charge effective des personnes réinsérées.

3. RECOMMANDATIONS

Le groupe recommande :
- La tenue d’un atelier national dans le but de produire le programme national de démobilisation et de réinsertion ;
- L’identification et le renforcement des capacités des animateurs de la Société civile oeuvrant dans ce domaine ;
- Procéder o la réinsertion de tous les déplacés de guerre disséminés dans toutes les provinces de notre pays.

4. RÉSULTATS ATTENDUS
- La réinsertion efficace de ces groupes devra constituer un facteur de la consolidation de la paix et du développement.